SECONDE SAISON OU L ETE
Le poète nous transporte au solstice d'été, et au lieu le plus élevé de la course du Soleil, qui répond au signe du Lion, et dont le lever est précédé de celui du Cancer, qu'il traverse avant d'atteindre le Lion, lieu de son domicile, et où est le siège de sa plus grande puissance. Le nom du Cancer est Astacos ; le poète en fait un fleuve d'Asie, l'Astacus, qui coule effectivement en Bithynie. Gomme le solstice est le lieu oii l'astre du jour remporte son plus beau triomphe, il suppose qu'il y fait la conquête d'une jeune nymphe, appelée Victoù^e, qui avait un lion à ses pieds ; et parce que le solstice est le terme du mouvement ascendant du Soleil, le poète suppose que des amours de Bacchus avec la nymphe Victoire il naît un enfant appelé Terme ou Fin. Mais le passage du Cancer ou de l'Astacus lui est disputé par le peuple indien, ou par celui qui est placé sous le tropique. Il faut livrer combat contre le chef de ce peuple appelé Astraïs, dont le nom contient une allusion aux astres. C'est après l'avoir défait que Bacchus trouve enfin la nymphe Victoire, à laquelle il s'unit. L'allégorie perce de toutes parts dans ce morceau. Reprenons : Nonnus nous peint l'audacieux Indien qui range ses troupes sur les rives de l'Astacus, et de l'autre côté la contenance fière des guerriers que conduit Bacchus. Celui-ci franchit enfin le fleuve, dont les eaux sont changées en vin. Une partie de l'armée indienne est détruite ou mise en fuite : l'autre,
étonnée de sa déroute, boit des eaux du fleuve, qu'elle prend pour du nectar.