CHANT XXXI
Junon cherche de nouveaux moyens de nuire au fils de sa rivale. Elle descend aux enfers pour y trouver Proserpine, qu'elle veut intéresser à sa vengeance, et
pour soulever les Furies contre Bacchus. Proserpine acquiesce à sa demande, et lui accorde Mégère. Junon part avec elle, fait trois pas, et au quatrième elle arrive sur les bords du Gange. Là elle montre à Mégère des monceaux de morts, malheureux débris de l'armée des Indiens. La Furie se retire dans un antre, où elle se dépouille de sa , figure hideuse et de ses serpents, et se change en oiseau : de nuit, en attendant que Junon lui fasse annoncer le sommeil de Jupiter. Iris va trouver Morphée, et engage ce dieu à verser ses pavots sur les yeux du maître du tonnerre, afin de servir la colère de Junon. Le dieu du sommeil obéit, et Iris va dans l'Olympe rendre compte à Junon de son message. Celle-ci prépare déjà d'autres artifices, pour s'assurer de Jupiter et le séduire. Elle va trouver Vénus sur le Liban, et lui expose le sujet de ses chagrins. Elle la prie de lui prêter son secours, pour qu'elle puisse réveiller l'amour de Jupiter pour elle, et pendant son sommeil aider les Indiens.
CHANT XXXIl
Vénus se prête aux désirs de Junon, qui aussitôt prend son essor vers l'Olympe, où elle va faire sa toilette. Elle approche ensuite de Jupiter, qui en devient amoureux. Tandis qu'ils se livrent aux plaisirs de la plus délicieuse jouissance, et qu'ils s'abandonnent ensuite au sommeil, la furie, qui en est instruite, s^arme contre Bacchus et, sous la forme d'un lion furieux, elle se précipite sur lui et lui communique sa rage. En vain Diane veut le guérir ; Junon s'y oppose. Ici est la description des terribles effets de cette rage, qui fait fuir les amis de Bacchus. Dériade profite de cet instant de désordre pour attaquer les bacchantes. Mars, sous la figure de Morrhéus, échauffe le carnage et combat pour les Indiens. Ici est le catalogue des morts. Un grand nombre des compagnons de Bacchus prennent la fuite, et se sauvent dans les forêts et les
cavernes. Les naïades se cachent à la source de leurs fontaines, et les hamadryades dans les arbres de leurs forêts.
i CHANT XXXUI
Tandis que le fils deSémélé, tel qu'un taureau furieux, se laissait emporter par les accès de sa rage, la Grâce, fille de Bacchus et de Vénus, intéresse sa mère au sort de son malheureux père. Venus fait venir Gupidon, et lui fait part de ses volontés et de ses alarmes sur Bacchus. Elle l'engage à inspirer à Morrhéus, chef des Indiens, un violent amour pour la belle Galchomédie, une des bacchantes qui servaient dans l'armée de Bacchus. L'Amour, docile aux ordres de sa mère, décoche un trait brûlant contre le héros indien, qui devient éperdument amoureux de la belle bacchante ; Morrhéus ne pense plus aux combats. Subjugué parl'Amour, il consentirait volontiers à porter les fers de Bacchus. Il poursuit la nymphe qui se dérobe à ses recherches, et qui veut se précipiter dans la mer, plutôt que de l'épouser. Thétis sous la forme d'une bacchante, la détourne de ce projet. Elle lui conseille de tromper le fier Indien par une condescendance apparente ; elle dit que c'est le seul moyen de sauver l'armée des bacchantes.