I. De la NATURE DE LA
jusTiFiCATio\. Voici sur ce sujet, la doctrine du saint Concile de Trente: « La justification, ce n'est pas la seule rémission des péchés, c'est encore la sanctification et la rénovation intérieure de l'homme, par la réception volontairedelagrâceetdes dons, de telle sorte que l'homme d'injuste qu'il était, devientjusle. La justification a pour cause finale, la gioiredeDieuetdu Chrisletla vie éternelle; pour cause efftcienie, le Dieu miséricordieux qui lave et sanctifie gratuitement ; pour cause méritoire son très cher Fils Unique, N. Seigneur J.- Christ, qui, par sa sainte passion sur le bois de la croix, nous a
mérité la justification, et a satisfait pour nous à Dieu son Père; pour cause msirumenlale le sacrement de baptême qui est le sacrement de la foi, sans laquelle jamais personne n'a été justifié; enfin pour cause formelle l'unique justice de Dieu, non pas celle, par laquelle il est juste lui-même, mais celle par laquelle il nous rend justes, celle qui est un don qu'il nous fait et par laquelle nos âmes sont renouvelées ; et non seulement nous sommes réputés justes, mais nous sommes nommés et nous sommes en réalité justes, recevant en nous la justice, chacun selon la mesiwe que le St- Esprit lui fait, selon son bon plaisir et selon la disposition et la coopération propres de chacun. » Ses. 6, c. 7.
Il y a dans la justification deux points qui demandent à être plus solidement établis contre les Protestants.
712. lo Dans la justification les péchés ne sont pas seulement recouverts, ou non imputés ; mais ils sont vraiment remis et détruits. C'est defoicontre Luther.
Pr. 1.) Il ny a aucun sujet de' damnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. Rom. VIII. 1. 2) Si les péchés étaient encore dans le juste, comment Dieu pourrait-il ne le pas haïr ? 3) « Si quelqu'un dit que dans le baptême,tout ce qui a vraiment et proprement la raison de péché, n'est pas enlevé, mais est seulement rasé ou non imputé, qu'il soit anathème. » Tr. ses. 5, ca.
5. Il faut en dire autant des péchés actuels remis par le sacrement de pénitence.
713. Est-ce par sa propre vertu intrinsèque, ou seulement par la volonté de Dieu, que la grâce etTacc le péché? Sur cette question, il y a controverse entre les théologiens. L'opinion la plus probable enseiarne que c'est par sa pri)-
LA GRACE HABITUELLE
pre nature que la grâce remet les péchés, de telle sorte que Dieu lui-même ne pourrait pas unir, dans une même âme, la grâce et le péché. Quelle communication peiU-ii !i avoir entre la justice et l'iniquité'/' Quelle société entre la lumière et les lénéhres ? Il Cor. VI. 14. Toutefois dans l'état dénature, dit Hurter, Dieu eut pu remettre le péché à l'homme, sans l'élever à l'état surnaturel ; ce n'est donc que par une disposition divine que dans l'état surnaturel, les péchés ne sont remis que par la grâce ; et Suarez enseigne qu'absolument parlantDieu pourrait adopter d'une certaine manière pour enfant celui qui n'aurait pas la grâce ; mais il ne le fait jamais. (Hu.)
71 -4. 2° Les impies, les pécheurs ne sont pas justifiés, par cela seul que la justice de J.-C.
leur est imimtée, ni par la seule rémission des péchés ; mais Us le sont par la grâce sanctifiante et la charité qui demeurent en eux et qui ne sont pas une pure faveur extérieure. C'est de foi. Pr. 1) Il nous a sauvé par le bain de régénération et de rénovation du Sl-Esprit, qu'il a répandu en nous afin que justifiés par aa grâce nous soyons leshéritiers,e\c. Tit. III-5.
2) Il nous a appelésàson admirable lutnière, mais comment expliquer ce passage à la lumière, si on ne sort pas des ténèbres?
3) ï Si quelqu'un dit que les hommes sont justifiés par la seule imputation de la justice de J.-C, ou par la seule rémission des péchés, à l'excjusion de la grâce et de la charité qui demeurent dans leur cœur, ou que la grâce par laquelle nous sommes justifiés n'est qu'une pure faveur de Dieu, qu'il soit anat. »
Tr. ses. 6, c. 11.
li"). La justification est-elle la plus grande œuvre de Dieu? Voici la réponse de St Thomas à cette question :
une œuvre peut être appelée grande de deux manières: I) à cause du mode dont elle est faite; et à ce point de vue, la plus grande œuvre de Dieu, c'est la création, par laquelle Dieu fait quelque chose de rien ; 2) à cause de la
grandeur de l'œuvre en elle-même; et à ce point de vue, la justification du pécheur qui se termine au bien éternel de la participation à l'essence de Dieu, est une œuvre plus grande que la ciéation, qui se termine au bitn de la nature changeante. T. i.^. q. 113. a. 9.
Le saint docteur ajoute que la justification est une plus grande œuvre que la glorification, car il y a moins de proportion entre l'iniquité et la justice, qu'entre la justice et la gloire.
71G. II. Des dispositions a la