‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 2 sur 459 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Les lèvres du prêtre garderont la science, et c'est de sa bouche qu'on réclamera rexposition de la loi. Mal. II. 7. Mais, comme la mémoire de l'homme est infiiièie, ce n'est point assez pour garder la science, d'avoir étudié autrefois, comme le dit St Liguori. L'expérience l'apprend, en effet, les connaissances les plus utiles et quelquefois les plus nécessaires échappent à celui qui abandonne l'élude, pendant plusieurs années. II faut donc étudier, étudier encore, et cela jusqu'à la fin de sa vie.

Les livres, qui traitent longuement de la théologie et de la philosophie chrétienne, abondent ; mais, quelquefois le temps de les lire fait défaut ; et cependant la doctrine sainte doit toujours être présente à l'esprit de ceux, que Jésus-Christ a établis pour porter des fruits de salut, eu enseignant tout ce que le Maître a ordonné.

C'est pourquoi, il nous a semblé qu'il serait vraiment utile de publier un livre, où seraient résumées, d'une manière pratique^ la doctrine dogmatique et morale et les principales questions de philosophie et de droit canon, de telle soi le, que tout prêtre, même absorbé par les soins du saint ministère^ puisse le parcourir en entier en uue année, en en lisant chaque jour deux ou trois pages, et qu'en demi-heure il puisse souvent revoir tout un traité.

Nous avons donc entrepris ce travail^ après plus de vingt ans de ministère dans les missions. L'ayant achevé avec l'aide de Dieu, nous l'avons publié en latin en LSHT. Cette édition a été accueillie favorablement. Toutefois un bon nombre de nos confrères dans le sacerdoce, nous ont invité à la traduire en français ; nous assurant qu'elle aurait ainsi plus de lecteurs, et que les notions philosophiques seraient par là mieux comprises des prêtres anciens, qui n'ont pas suivi la philosophie scolastique.

Ce n'est pas sans quelque hésitation que nous nous sommes décidé à celte traduction. Le latin est si bien la langue de l'Eglise, ainsi que de la philosophie et de la théologie chrétiennes, qui ont leurs termes propres, difficiles à transporter dans la langue française ! Le français, du reste, n'a pas la même précision ; et c'est augmenter ce volume déjà fort ,quc de le traduire. C'est donc l'uniiiue désir d'être utile à nos confrères, et de céder à des demandes amies, qui nous persuade de publier aujourd'hui en français celte seconde édition de notre Compcndiuiii.

b PREFACE

Du reste, St Liguori lui-même n'a pas craint de publier, en langue vulgaire, Le bon confesseur des gens de la campagne ; et le cardinal Gousset a publié en français les Principes du droit canon et la théologie dogmatique et morale. On sait le succès, qu'ont obtenu ces ouvrages, qui sont entre les mains de presque tous les ecclésiastiques. Toutefois depuis que cet éminent prélat les a publiés, ont paru les Décrets du Concile du Vatican, la comûlulionApostolicœ Sedis et une foule de décisions nouvelles, que les prôtres ne peuvent ignorer. Nous ne pensons pas qu'on ait édité en France, aucune théologie française, qui les ait recueillies. Nous l'avons fait nous même, dans cet abrégé, dont la traduction a par là-même sa raison d'être.

Nous n'avons rien omis pour rendre cette nouvelle édition plus complète encore et plus soignée que la précédente. Non seulement nous avons tenu compte des critiques et des observations bienveillantes qui nous ont été faites sur notre édition latine, mais encore nous y avons fait des additions notables, surtout dans ce qui touche au droit canon. Nous n'avons point travaillé seul à ce livre ; mais, aidé de plusieurs de nos confrères, nous avons étudié, afin de le compléter, outre plusieurs traités de Franzelin et de Suarez, toute la somme théologique de St Thomas, les théologies dogmatiques de Perrone, d'Hurter, de Knoll, de Gousset, de Bonal, deSchouppe, de Dubillard, les théologies morales de St Liguori, de Gury, (soit l'édition annotée par Ballerini^ soit celle publiée par le père Dumas), de Marc, de Lehmkulil, les traités de Droit canon du cardinal Soglia, du cardinal Tarquini, de Craisson, d'Huguenin, de Ferrente, l'exposition des principes du droit canon de "Mgr Gousset. Pour la philosophie, nous avec s consulté toux à tour San-Severino, Zigliara, Vallef. Il n'est aucune proposition dans ce livre (jui ne soit appuyée sur l'autorité de quelques-uns de ces auteurs, bien que nous ne renvoyions pas toujours à leurs ouvrages, afin de ne pas surcharger de notes ce volume, déjà plus étendu que nous ne l'aurions voulu. Souvent néanmoins on y trouvera des renvois abrégés. A l'aide de ces renvois et de la table d'abréviations que nous donnerons après la préface, on pourra recourir aux auteurs que nous avons étudiés, en ayant soin, sauf indication contraire, de chercher dans leurs ouvrages le traité correspondant à celui d'où partent les renvois.

Il arrive parfois, qu'en renvoyant à un auteur, nous n'exposons pas pour cela la doctrine qu'il professe lui-même, mais certaines opinions, qu'il regarde comme plus ou moins probables. S'il nous est arrivé d'émettre sur certaines questions, un sentiment que nous n'ayons pas trouvé dans les auteurs, nous avons eu soin de l'indiquer assez clairement.

.\prês une étude si soigneuse, c'est avec une certaine- confiance que' nous oiïrons ce livre aux ecclésiastiques, soit à ceux qui exercent le ministère dans les paroisses, les conunuuaulés, ou les missions, soit à ceux

qui étudient encore dans les séminaires. Nous demandons sincèrement à Dieu qu'il leur soit utile et serve au salut des âmes, à la gloire de la Vierge Marie et de notre divin Sauveur et Seigneur Jésus-(ihrist.

Il est loin de notre pensée, en publiant cet ouvrage^ de vouloir l'aire abandonner des auteurs plus développés. Mais nous pensons pourtant, qu'à l'aide de cet Abrégé, les jeunes prêtres, et ceux qui achèvent leurs cours de théologie, pourront avec grand fruit, coordonner et embrasser d"ua coup d'œil, tout ce qu ils ont appris ailleurs, et même le compléter, car les auteurs élémentaires ont parfois des lacunes ; et les prêtres, qui ont de grandes occupations, pourront avec ce volume se rappeler et conserver facilement les connaissances si nécessaires, qu'ils ont acquises autrefois.

Aussi prions-nous humblement et instamment nos confrères dans le sacerdoce, qui n'ont pas le temps de parcourir des volumes plus étendus, de lire du moins fréquemment cet ouvrage.

Visant à la brié'.eté, nous n'avons pas répété plusieurs fois les mêmes choses. Il faut don'', que nos lecteurs, s'ils veulent avoir une idée complète d'un point de doctrine, aient soin de lire tous les numéros de ce livre auxquels nous les renvoyons.

Nous avons bien prévu que certaines questions métaphysiques, bien qu'exposées le plus clairement possible, paraîtront de prime abord obscures à quelques-uns de nos lecteurs. Nous n'avons pas cru pour cela pouvoH' les omettre. Il est si utile que ceux qui les ont étudiées ne les oublient point ! Une fois comprises, elles éclairent merveilleusement la doctrine ; et ceux à qui elles déplairaient peuvent facilement passer outre, sans s'y arrêter.

Si dans la multitude de questions, que nous avons traitées, il s'était, ce qu'à Uieu ne plaise, glissé quelque erreur, nous la désavouons et la condamnons ; et c'est, avec une piété toute filiale, que nous soumettons sans réserve, tout ce qui est contenu dans ce hvre, au jugement du St Siège apostolique, la colonne et l'appui de la vérité.

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