‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 89 sur 459 · I. q. 109, a. 1 et a · texte numérisé non relu

I. q. 109, a. 1 et a

455. IV. Avec le monde et AVEC LES HOMMES. Voir ce qui a été dit aux n^^ 429, 430. Dieu se sert du ministère des démons, pour punir les hommes, soit quelquefois en cette vie, soit dans la vie future. St Thomas enseigne que chaque réprouvé a, dans l'enfer, un démon pour le tourmenter. Poussés par la haine de la justice de Dieu et par leur jalousie, les démons veulent entraîner les hommes à la perdition ; et ils ont une action, soit sur les âmes, soit sur les corps.

456. P Sur les âmes, ils peuvent exercer des tentations, soit ordinaires, soit extraordinaires 1) Des tentai ions ordinaires.

Dieu le permettant ainsi, les démons ont la fonction de tenter les hommes. C'est cerlain: Notre ennemi le démon, comme un lion rugissant, rode, cherchant qui dévorer (I. Pet. V. 8.) Dieu le permet, pour faire éclater la puissance de sa grâce, pour augmenter l'humilité et les mé-

DIEU CREATEUR

riles (le l'homme, poiirliumiiier le (léiTion, qui, vaiiuineiir dans le paradis lerreslre, est Ions les jours vaincu par les sainis.

\t\l. Selon une (ipinion assez coninnine, cliiuiiic lioninie a un (l(!'mon ))our le lenler. Cependant, ce démon, (|uand il est vaincu, se relire parfois pour revenir ensuite à la charge (B.

i'i'.i. T. 1. q. Hi, a. 8). Il y a des auteurs qui pensent que toutes les tentations viennent du démon ; les autres le nient ; car il est écrit : Chacun est tenté par ien'.ralnement delà concupiscence. Jac. I. 14. (T. I. q. dU, a. 3) 15. -ItJl. Quoi(]u'il en soit, que votre cœur ne se trouble pas. ni ne tremble pas. Dieu est l'uléle et il donne son secours dans la tentation. (ICor.

X. 13). .I.-C. est venu pour arracher ceux qui croient en lui à la puissance du démon, selon ces paroles de l'Évangile : Le prince de ce monde sera ckassé.ic. Xll. (T. III, q. 4i, a. I)

Toutefois, résistons avec toute la force de noli-e foi, car personne n'est couronné, s'il n'a légitimement combattu ; et nous pouvons toujours vaincre, car il est certain que la tentation n'enlève pas la liberté.

On résiste par la vigilance, vigilale, c'est-à-dire, fuyez les occasions. V. n» Y.Vl'i et suiv. So\jez sobres. Le corps (|ui se corrompt aggrave l'àme. Travaillons, car l'oisiveté engendre tous les vices. Prions, orate. Dieu, la Vierge, les anges el les saints, nous servant des invocations appelées oraisons jaculatoires, qu'il est bon de redire souvent dans le péril. Munissonsnous du signe de la croix. 11 est utile aussi de dire des injures au démon et (le le maudire non on tant (ju'il est créature de Dieu, mais en tant qu'il est mauvais, comme l'a fait J.-C. Vat-en, en arrière Satan, ce que lu m'otl'res, est mauvais ; bois toi-même tes poisons.

Il faut repousser par des actes contraires les tentations qui offrent une •satisfaclion aux sens, ])arce qu'on est exposé à s'y complaire ; telles sont les tentations contre la sainte vertu, la charité, les pensées d'envie et de vaine gloire ; mais il n'est pas nécessaire d'e résister d'une manièi'C positive à celles qui ne tlattenl pas les sens, comme les pensées de blasphème, les doutes contre la foi, les pensées impies. Même certaines personnes de conscience délicate, que les tentations de ])remicre catégorie efl'rayent trop, feront bien de se contenter de les mépriser au lieu de les comliallre. On peut s'exposer aux occasions de tentation

désagréables, comme de colère, de haine; mais non aux occasions agréables comme celles des péchés contre la sainte vertu, contre la tempérance dans le boire et le manger.

458. 2) Des leutaiiouf^ c.rlranrdtmtires. — Il n'est pas douteux que les démons ne puissent, par leur puissance naturelle, faire et connaître des choses merveilleuses, pour séduire les hommes.

(T. 1,'q. 114. a. 4). C'est manifeste par la Sainte Ecriture; et le démon peut opérer ces prodiges, par le moyen d'hommes pervers qui sont en commerce avec lui.

Or un pacte avec le démon peut être exprès ou tacite. Le pacte est e.vprès si on invoque le démon, ou si on fait quelque chose avec l'intention formelle, que le démon se mêle à l'action, qu'on lui promette quelque chose ou non. C'est là un péché certainement grave qui n'admet pas de légèreté de matière. (L. liv. 3. do). C'est clair par la Ste Ecriture. Celui qui consultera les Mages sera e.rterminé du milieu de mon peuple. I.cv. XX. (î. Le pacte est implicite ou tacite, quand pour obtenir un etVet merveilleux, on emploie des moyens vains, qui n'ont aucune aptitude naturelle à le produire, el qui n'ont point été établis par Dieu dans ce but. 11 est clair, que par le fait, on attend que le démon produise cet efl'et, bien qu'on proteste qu'on n'invoque pas le démon. Celle protestation n'enlève la malice de l'acte que dans le cas où l'ou donlfi si l'olTcl est naturel ou non. (G. 1. !2(>i). Le pacte implicite est en soi un p ché grave de supcrslilion, par Iciiuel l'homme s'expose à être le jouet (\\i^ ruses du démon. Cependant l'ignol'ance, ou la simplicité, peuvent excuser de faute grave. (L. I. ii.ir,). Sur les diverses espèces de superstition, voir le n" :2"278 et suiv.

450. 2" .4 l'égard (les corps. — Le démon peut obséder, c'est-àdire attaquer et molesler extérieurement le corps de l'homme; il peut aussi le posséder, c'està-dire s'y établir intérieurement el le tourmenter. C'est cerlain de par lu foi:, et c'est évident, parce (|ue nous dit le Si Evangile, des possédés délivrés par N.-S. et par la pratique de

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