‹ Abrégé des œuvres de ProudhonChapitre 127 sur 170 · AMORTISSEMENT GENERAL — CONCLUSION · texte numérisé non relu

AMORTISSEMENT GENERAL — CONCLUSION

De tout ce que nous venons de dire, une chose résulte, claire comme le jour, irréfragable comme la nécessité: c'est que le travail, ayant trouvé le secret de se commanditer lui-même, n'a plus que faire du crédit des privilégiés. Que la collectivité acquière donc la conscience

d'elle-même, et au lieu de servir à l'exploitation individuelle, elle ne voudra plus produire que pour soi. Alors les institutions de crédit, les services publics, les corporations ouvrières, au lieu d'agir au profit de quelquesuns, travailleront pour tous. La propriété, comme l'Etat, sera révolutionnée.

De génération en génération, le propriétaire perçoit sa rente, sans se trouver le moins du monde dessaisi pour le loyer des maisons et pour les emprunts d'argent ; ainsi l'Etat a bientôt payé en annuités le capital de sa dette sans l'avoir par là exonérée d'un centime.

Si l'on entend par Révolution la réforme progressive et sans fin des sociétés, la réduction des privilèges et le développement de l'égalité, nous espérons en la Révolution. En voyant ce qui se passe, il est pardonnable de croire à une rétrogradation, et de pleurer avec certains écrivains, trop préoccupés de la surface pour regarder au fond de notre décadence.

Décadence de caste, à la bonne heure ! C'est le règne de Louis XV, des bourgeois. « Cela durera bien autant que nous, disent-ils, et après, le déluge! » Nous ne leur souhaitons pour châtiment que le remords d'apprendre avant de mourir que la base de toute spéculation honnête et féconde, c'est le travail.

p. J. PROUDHON.

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