‹ Abrégé du Voyage du jeune Anacharsis en Grèce (volume 2)Chapitre 27 sur 82 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

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« J'en ai déjà vu passer plusieurs, lui dîsje. — Ce sont des hérauts, me répondit-il. Leur personne est sacrée : ils dénoncent la guerre, proposent la trêve oula paix, publient les ordresdu général, prononcent les commandemens, convoquent l'armée, annoncent le moment du départ, l'endroit où il faut marcher, pour combien de jours il faut prendre des vivres, etc. »

Nous passâmes ensuite au lycée , où se faisait la revue de la Cavalerie. Elle est commandée de droit par deux généraux , qui ont sous leurs ordres des chefs particuliers. Elle n'est composée que de douze cents hommes. Chaque tribu en fournit cent vingt, avec le chef qui doit les commander. Le nombre de ceux qu'on met sur pied se règle , pour l'ordinaire, sur le nombre des soldats pesamment armés , c'està-dire qu'on joint deux cents chevaux à d'eux mille oplitcs. Il n'y a que les gens riches qui peuvent entrer dans la cavalerie. De là vient la considération qui est attachée à ce service. On ne peut y être admis, sa:ns obtenir l'aîrrément des généraux, des chefs particuliers et surtout du senat^ qui veille spécialement à l'entretien et à l'éclat d'un corps si distingué. Ses armes sont le casque, la cuirasse, le bouclier, l'épée, la

lance ouïe javelot, un petit manteau, etc.

Les jours suivans furent destinés à exercer les troupes- Nous trouvâmes près du mont Ancliesmus un corps de seize cents hommes d'infanterie pesamment armés, rangés sur seize de hauteur , et cent de front. A ce corps était joint un certain nombre de soldats armés à la légère.

On avait placé les meilleurs soldats dans les premiers rangs et dans les derniers. Les chefs de file surtout ^ ainsi que les serrefdes, étaient tous gens distingués par leur J#avoure et leur expérience. Un des officiers ordonnait les mouvemens. « Prenez les armes, s'écriait-il ; valets, sortez de la phalange ; haut la pique • bas la pique j serre-files, dressez les files ; prenez vos distances ; à droite, à gauche; la pique en dedans du bouclier ; marche ; halte j doublez vos fiiesj remettez-vous; lacédémonienne évolution j remettez-vous, etc. »

A la voix de cet oflicier , on voyait la phalange successivement ouvrir ses files et ses rangs, les serrer, les presser de manière que le soldat, n^occupant que l'espace d'une coudée (dix-sept pouces), ne pouvait tourner ni à droite ni à gauche. On la voyait présenter une ligne, tantôt pleine , tantôt divisée en des sections dont les intervalles

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étaient quelquefois remplis par des armés à la légère; on la voyait enfui prendre, par les évolutions prescrites, toutes lesforanes dont elle est susceptible , et marcher en avant , disposée en colonne , en carré parfait, eu carré long, soit à centre vide, soit à centre plein.

Ces manœuvres étaient à peine achevées , que nous vîmes au loin s'élever un nuage de poussière. Les postes avancés annoncèrent l'approche de l'ennemi. C'était un second corps d'infanterie qu'on venait d'exercer au lycée , et qu'on avait résolu de mettre aux mains avec le premier, pour offrir l'image d'un combat. Aussitôt on crie aux armes, et les soldats courent prendre leurs rangs. Bientôt la trompette donne le signal ; les troupes entonnent l'hymne guerrier , et le général pousse le cri du combat. Après lui tous les soldats répètent Eleleu! Eleleu! Après l'action, les vainqueurs firent retentir de tous côtés le mot Âlalé! C'est le cri de victoire.

Nous nous retirâmes vers le milieu de la nuit. Lelendemain,et pendant plusieurs ^ours de suite, nous vîmes les cavaliers se iivrerà différens exercices, au lycée et auprès de l'académie.

L'armée se disj)Osail à partir. Plusieurs

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familles étaient consternées. Pendant que les mères et les épouses se livraient à leurs craintes, des ambassadeurs de Lacédémone nous entretenaient du courage que les femmes Spartiates avaient fait paraître en cette occasion. Un jeune soldat disait à sa mère, en lui montrant son épée : « Elle est bien courte ! — Eh bien ! répondit-elle, tu feras un pas de plus. » Une autre, en donnant le bouclier à son fils, lui dit : « Reviens avec cela, ou sur cela, a

Les troupes assistèrent aux fêtes de Bacchus avec le sénat , un nombre infini de •citoyens de tout état, et d'étrangers de tous pays.

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