‹ Abrégé du Voyage du jeune Anacharsis en GrèceChapitre 22 sur 65 · J ) VI · texte numérisé non relu

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? Tout retentissait ici du bruit des armes j -Tin mot de Philippe les a fait tomber de 'Hos mains. Il prit Olynthe, et nous ne iespirâmes que la guerre. Bientôt après , ■cleux de nos acteurs , Aristodème et INéoptolème , que ce prince traite avec bonté, nous assurèrent, à leur retour, qu'il persistait dans ses premières dispositions , et ^ous ne respirons que la paix. . .

î^ous venons d'envoyer en Maeédoîne dix députés, tous distingués par leurs taleus. Ils doivent convenir arec Philippe des principaux articles du traité , et l'engager à nous envoyer des plénipotentiaires pour le terminer ici. Il faut, pour obtenir sa bienveillance qu'ils aient le bonheur de lui plaire. L'un d'eux, l'acteur Aristode-me , avait pris des engagemens avec quelques villes qui devaient donner des spectaeles j OE va chez elles , <le la part du sé/iat,

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les prier, à mains jointes , de ne pas le condamner à l'amende , parce que la République a besoin de lui en Macédoine } et c'est Démoslliène qui est l'auteur de ce décret, lui qui , dans ses harangues , traitait Philippe avec tant de hauteur et de mépris.

LETTRE DE CALLIMÉDON.

Nos ambassadeurs ont fait une diligence incroyable : les voilà de retour. Je vais vous raconter quelques anecdotes sur leur voyage.

Démosthène , dont la vanité les faisait beaucoup souffrir , ne cessait de leur promettre d'ouvrir, devant le roi, les sources intarissables de son éloquence. « Ne craigliez point Philippe, disait-il; je lui coudrai si bien la bouche , qu'il sera forcé de nous rendre Amphipolis. m

Quand ils furent à l'audience de Philippe, Ctésiphonet les autres s'exprimèrent en peu de mots; Eschine , éloquemment et longuement; Démosthène.... vous l'allex voir. Il se leva mourant de peur : ce n'était point ici la tribune d'Athènes, ni cette multitude d'ouvriers qui composent nos assemblées ; Philippe était environné de ses courtisans, la plupart gens d'esprit; tous avaient entendu parler des magnifiques

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promesses de Démosthène ; tous en attendaient l'effet avec une attention qui acheva de le déconcerter. 11 bégaie, en tremblant, tiu exorde obscur: il s'en aperçoit, se trouble , s'égare et se tait. Le roi cherchait vainement à l'encourager : il ne se releva que pour tomber plus vite. Quand on eut joui pendant quelque temps de son silence , Je héraut fit retirernos députés.

Quelque temps après , on les fit rentrer. <^uand ils furent assis , Philippe discuta , par ordre ;, leurs prétentions , répondit à leurs plaintes , s'arrêta surtout au discours d'Eschine , et lui adressa plusieurs fois la parole ; ensuite , prenant un ton de douceur et de bonté , il témoigna le désir le plus sincère de conclure la paix. Pendant tout ce temps , Démos ihène s'agitait pour attirer l'attention du prince ; mais il n'obtint pas un seul mot, pas même un regard.

Après leretour des députés , il s'est bien conduit à l'assemblée du sénat. La lettre de Philippe , ayant été remise à celte compagnie, cet orateur a félicité la République d'avoir confié ses intérêts à des députés aussi rocommandables par leur éloquence que par leur probité. 11 a proposé de leur décerner une couronne d'olivier, et de les inviter le lendemain à souper au Pry tauée ,

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Le sénatus-cousulte est conforme à ces conclusions.

Je ne cachèterai ma lettre qu'après l'assemblée générale.

J'en sorsB l'instant : Démosthène a fait des merveilles. Les députés venaient de: rapporter chacun , à leur tour, différentes circonstances de l'ambassade. Eschine avait dit un mot de l'éloquence et de l'heureuse mémoire de Philippe j Ctésiphon , de la beauté de sa figure , des agrémens de son esprit , et de sa gaieté quand il a le verre à la main. Ils avaient eu des applaudisse-' mens. Démosthène est monté à la tribune >' le maintien plus imposant qu'à l'ordinaire. f( Comment , a-t-il dit , s'entretenir de mi-' nuties dans une affaire si importante ? Je vais de mon côté , vous rendre compte de l'ambassade. Qu'on lise le décret du peuple qui nous a fait partir, et la lettre que le roi nous a remise. «Cettelecture étant achevée, Voilà nos instructions , a-t-il dit j nous les avons remplies. Voilà ce qu'a répondu

Philippe j il ne reste plus qu'à délibérer

Je vais proposer un décret. Le héraut de Philippe est arrivé j ses ambassadeurs le suivront de près. Je demande qu'il soit permis de traiter avec eux , et que Ift prytanes convoquent une assemblée qui se

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tiendra denx jours de suite , et dans laquelle on délibérera sur la paix et sur l'alliance. Je demande encore qu'on donne des éloges aux députés , s'ils le méritent , et qu'on les invite pour demain à souper au Prjtanée. » Ce décret a passé presque tout d'une voix, et l'orateur a repris sa supériorité.

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