ONZIÈME LETTRE D'APOLLODORE
[ Le 25 juin 346 avant J. C. ] C'en est fait de ia Pliocide et de ses habitans. L'assemblée générale se tenait aujourd'hui au Pirée : c'était au sujet de nos arsenaux. Dcrcylus , un de nos députés , a paru toutà-coup. 11 avait appris à Chalcis, en Eubée, que peu de jours auparavant les Phocéens s'étaient livrés à Philippe, qui va les livrer aux Thébains. Je ne saurais vous peindre la douleur, la consternation etl'iépouvante qui se sont emparées de tous les esprits.
Les généraux , de l'a^^is' du sénat , <)fit' convoqué une assemblée extraordinai're.
Elle ordonne de transporter au plus tôt de la campagne les femmes, les enfans, les meubles , tous les effets ; ceux qui sont en-; deçà de cent vingt stades , dans la ville et au Pipée ; ceivix qui sont au-delà, dans Éleu-, sis,Chisée,Aphidné,RhamnonteetSunium; de réparer le^ murs d'Athènes et autres places fortes , et d'offrir des sacrifices k\ Hercule , comme c'est notre usage dans les. calàmnités publiques.
•• 'SSo\.\^ n'avons à pi:ésent , pialgré toutes
nos précautions, d'autre ressource que l'indulgence ou la pitié de Philippe. La pitié ! Mânes de Thémistocle et d'Aristide î En nous alliant avec lui, en concluant toutà-coup la paix , dans le temps que nous invitions les autres peuples à prendre les armes , nous avons perdu nos possessions et nos alliés. A qui nous adresser maintenant? Toute la Grèce septentrionale est dévouée au roi de Macédoine. Dans le Péloponèse, l'Élide , l'Arcadie et l'Argolide , pleines de ses partisans , pourraient- elles , ainsi que les autres peuples de ces cantons , nous pardonner notre alliance avec les Lacédémoniens. Ces derniers , malgré l'ardeur bouillante d'Archidamus leur roi, préfèrent la paixàla guerre. De notre côté, quand je jette les yeux sur l'état de la marine , de l'armée et des finances , je n'y vois que les débris d'une puissance autrefois si redoutable.