CHAPITRE X
Azote.
propriétés, — Ses combinaisons avec Toxigèney Thy* drogène, le chlore, Viode et le carbone,
il, , , i ' . •
• En traitant des propriétés chimiques de l'air atmosphérique, nous avons déjà eu l'occasion de signaler là présence de ce gaz, et4 d'examiner quelques-unes de ses propriétés les plus générales. Nous allons dans ce chapitre étudier ses caractères et les combinaisons qu'il peut former avec les corps, que nous avons précédemment décrits. •< . ,
On extrait ordinairement le gaz azote de l'air atmosphérique en absorbant l'oxigène par le phosphore. Pour l'obtenir à l'état de pureté, il est quelques précautions qu'on ne doit pas négliger, et que nous allons indiquer succinctement.
À cet effet , on se procure une cloche de trois à quatre litres de capacité, et on dispose à la surface de l'eau une petite capsule ou soucoupe de porcelaine, dans laquelle on met trois à quatre grammes de phosphore. Après avoir enflammé celui-ci, on recouvre la capsule avec la cloche contenant de l'air, en ayant soin de 1,'enfoncer à quelques ponces au-dessous du niveau de jl'eau , sur laquelle flotte Ja capsule. On empêche ainsi l'air extérieur de pénétrer, en même temps qu'on tient renfermé celui qui est dans la cloche. La combustion du phosphore, qui continue quelque temps dans cette quanti té d'air limitée, produitde la chaleur, qui dilate d'abord Pair et en expulse une partie hors de la cloche , sous forme de grosses bulles blanches
tgo Abrégé élémentaire
mêlées de vapeurs d'acide phosphorique. Cette pression intérieure momentanée force à maintenir la cloche avec la main pour qu'elle ne puisse se renverser -, mais bientôt l'eau absorbe les vapeurs dacidephosphorique et remonte d'une certaine quantité. Le gaz azote qui reste après que la combustion est terminée, ne peut pas être regardé comme pur*, il contient encore de petites quantités d'oxigène, un peu de vapeur de phosphore, qui lui donne* une odeur alliacée et tout l'acide carbonique qui existait dans Fair. Pour le dépouiller du premier, on y introduit plusieurs bâtons de phosphore , fixés à l'extrémité de tubes de verre , et on les y laisse jusqu'à ce qu'ils ne paraissent plus lumineux , même dans l'obscurité. Après les «voir retirés, on fait passer dans le gaz azote une petite quantité de chlore r qui se combine avec la vapeur de phosphore, et produit un chlorure qui se dissout dans l'eau ; enfin on l'agite dans des flacons de verre avec une solution de potasse caustique, qui absorbe l'excès de chlore employé et l'acide carbonique qui reste. Lorsque le gaz azote a été ainsi préparé , on doit le conserver dans des flacons de verre bouchés à l'émeri et renversés de manière à maintenir le goulot dans Feau. • *
Propriétés. L'azote pur est toujours à l'état de gaz. Il est incolore et inodore , et sans action sur la teinture de tournesol. -Ce gaz ne peut être respiré par les animaux sans qu'ils soient asphyxiés-, c'est par cette raison qu'on lui a donné le nom à* azote y qui est dérivé de deux mots grecs , a privatif, Ç«u , vie. Il est aussi impropre à la contfeution. Sa densité est, d'après MM. Bérzélius et Dulong, de 0,9760. Ce gaz étant simple ne peut être que dilaté par le calorique; il n'a aucune action sur Tair, ni à froid ni à chaud , il s'y mêle en toutes proportions.
L'eau pure, suivant les observations de M. Dal ton , peut en dissoudre ~ de son volume à la température de + 1 5°.
DE CHIMIË. I9t
Azote et oxiçène.
L'azote peut s'unir en différentes proportions avec l'oxigène, mais jamais directement en mélangeant ces deux gaz. Néanmoins on peut , en soumettant leur mélange à l'action prolongée d'une série d'étincelles électriques, en opérer la combinaison dans certains rapports, comme l'ont observé Priestley et Cavendisch.
On connaît aujourd'hui cinq composés d'azote et d'oxigène. Parmi ces combinaisons , il y a deux oxides et trois acides. Tous ces composés sont remarquables par le rapport simple qui existe entre leurs élémens, et qui prouve ce que nous avons dit déjà sur les lois qui président aux combinaisons chimiques.
Ces cinq composés , rangés ci-dessous dans l'ordre in« Terse de leur quantité d'oxigène, ont reçu les noms suivans: t° Protoxidc d'azote, 2° Deutoxide d'azote, 3e Acide hyponitreux, 4" Acide nitreux, # 5B Acide nitrique.
Les noms des trois derniers composés ne sont pas en liarmonie avec les règles de la nomenclature admise aujourd'hui. On voit évidemment qu'ils ont été formés du nom donné à l'acide qu'on a retiré pour la première fois du nitre, et qu'on a désigné alors sous le nom à'acide nitrique. Les composés acides d'azote et d'oxigène, autres que celui-ci, ont du être distingués, d'après leur analogie avec certains acides, par les mots nitreux et hypo- Tiitreux. 11 serait plus régulier et plus conforme de clonner à ces composés acides les noms d'acide azotique, d'acide azoteux et & acide hypoazoteux. Ces mots seraient plus d'accord avec les principes de la nomenclature oderne.
Nous commencerons l'étude de ces composés par l'a-