‹ Abrege elementaire de geographie physiqueChapitre 1 sur 123 · RUE JACOB, N · texte numérisé non relu

RUE JACOB, N

PRÉFACE

La Géographie n’est point une science nouvelle, et l’auteur qui veut écrire sur cev sujet est obligé de répéter ce qui a été dit avant- lui. La géographie descriptive s’enrichit tous les jours par les voyages savants que les gouvernements font exécuter; mais la géographie physique fait peu de progrès, et l’on a peu de chose à ajouter à ce qui a été dit à son sujet. Le voyage de M. Baudin a bien fait connaître des observations faites à Timor, une des Moluques : observations qui révèlent la formation de certaines côtes nouvelles; mais, depuis lors, la géographie physique n’a fait aucune conquête importante. Elle réclame le secours de la géologie pour bien connaître l’organisation de notre globe, mais la géologie elle-même marche lentement, et cependant la géographie physique lui demande des lumières plus étendues sur le volcanisme en général, sur la nature des corps qui soutiennent les masses de granit dont nos continents sont couronnés, et qui semblent braver les efforts du feu. Elle voudrait connaître les substances intermédiaires entre le centre du globe et l’incendie interne qui tour à tour ravage et revivifie notre séjour : sub-

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stances qu’on ue reconnaît pas dans les matières vomies par les volcans, plie désire connaître la profondeur de la caverne qui recèle cet incendie; mais elle désire surtout qu’on lui donne des informations positives sur l'épaisseur de la croûte que nous habitons, sur son organisation , sa conformation intérieure et la nature des couches supposées concentriques qui la composent. C’était là ce que souhaitait Maupertuis , quand 41 demandait un trou jusqu’au centre de la terre pour résoudre une quantité de questions physiques et géologiques. Cette idée n’avait rien de ridicule que la supposition de l’exécution, et ne méritait pas les sarcasmes de Voltaire. Nous sommes un, peu entiché de l’idée de Maupertuis, dont nous nous glorifions d’être le concitoyen , et nous osons assurer que le trou qu’il désirait serait très-bien reçu du monde savant, et qu’on s’empresserait d’aller y puiser à coup sûr des lumières dont une petite quantité pourra jaillir d’une longue suite d’observations bien authentiques et répétées sur tous les points du globe. Nous n’avons pu prendre en considération le petit nombre d’études de ce genre qui sont parvenues à notre connaissance , parce que nous n’aurions pu en tiref des conséquences générales. Il ne faut donc s’attendre à trouver , dans cet ouvrage , qu’un très-petit nombre d’idées nouvelles.

La question de la retraite des mers, sur laquelle

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on a tant écrit , nous a fourni deux manières de la considérer. Elle est incontestable et écrite sur nos continents à de grandes élévations; et les observations journalières, le témoignage de l’histoire, nous ont fait connaître la marche lente et graduelle que suit cette retraite, qui résulte de ce* que les continents envahissent la mer à l’embouchure de tous les grands fleuves , de ce que l’océan organise sans cesse des bancs, soit de corail, qu’il s adosse aux anciennes côtes, soit de tous les détriments qu’il entraîne et qu’il dépose contre les obstacles que ses eaux rencontrent en leur cours; et enfin de ce que le fluide diminue sur lp globe. Mais bientôt passant à des considérations d’un ordre plus élevé , nous avons vu cette retraite s’opérer brusquement et en grandes masses par des causes volcaniques qui, engloutissant des continents, ont creusé les bassins actuels des océans, et donné asile aux eaux qui couvraient auparavant nos montagnes, où elles ont laisé des tracps de leur séjour. Nous en avons retiré une conviction personnelle sur les grands naufrages volcaniques passés et futurs. Nous vqyons les restes de ces catastrophes dans la Méditerranée et dans tous les archipels connus, que nous considérons comme les débris d’un grand corps dont le feu a dévoré les fondements. Ainsi $p sont formés les océans Pacifique , Atlantique et Indien. Nous conviendrons que

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ce n’est là qu’un système, mais il a les caractères de la probabilité.

Nous aurions pu entrer dans quelques calculs pour traiter plus à fond la question de l’accourcissement probable du rayon de la terre, question que nous nous sommes borné à laisser entrevoir. Nous aurions pu ouvrir un nouveau système sur les conséquences de cet accourcissement perpétuel, sur la mort et sur le genre de mort de notre planète , sur les résultats astronomiques qui pourraient précéder et suivre cette catastrophe ; mais c’eût été nous jeter tout-à-fait dans le vague systématique, et renoncer à notre titre d’abrégé élémentaire; et, si nous avons bien osé nous livrer à des méditations sur cet objet, nous avons cru prudent de les garder pour nous, et d’en abandonner le développement à des mains plus habiles.

C’est avec la même réserve que nous nous sommes abstenu de faire connaître notre opinion sur quelque catastrophe volcanique future et même probable dans l’hémisphère méridional, hémisphère dont l’abbé de La Caille a trouvé le rayon plus long que celui de l’hémisphère du nord : catastrophe nécessaire pour rétablir l’équilibre entre les deux hémisphères, équilibre qui peut-être ramènerait notre globe à des mouvements plus réguliers, et qui pourrait peut-être bien anéantir ce balancement perpétuel connu en astronomie sous le nom de nutation de

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l’axe de la tçrre. Ces questions sont du ressort de la physique la plus transcendante , et nous avons dû éviter avec soin d’y entrer. Nous n’avons voulu faire qu’un livre élémentaire et pour la jeunesse, faire connaître l’état physique de uotre globe tel qu’il est, *et d’après les meilleures autorités anciennes et modernes; et nous reconnaissons, avec la modestie dont tout nous fait la loi , que si nous avons quelque mérite dans cette rédaction, c’est d’avoir réduit à des calculs tout simples tout ce qui concerne l’astronomie. Cet aveu de notre part fait voir que nous n’avons pas écrit pour les savants: notre ouvrage est débarrassé de toutes les difficultés qui pourraient arrêter un commençant; nous avons voulu écrire pour tout le monde ; même pour un sexe aimable, qui n’est aujourd’hui étranger à aucun genre d’instruction. Nous avons eu grand soin de faire connaître les systèmes lorsque leur vraisemblance nous a engagé à en prendre connaissance ; mais nous avons pris soin de tenir nos lecteurs en garde, en ne les leur donnant pas pour des théories. Enfin la jeunesse y trouvera des recherches toutes faites, qui lui épargneront une grande perte de temps. Ce motif seul nous eût décidé à publier notre travail ; et s’il peut être de quelque utilité publique, nous éprouverons une douce satisfaction : ce sera terminer, d’une manière flatteuse pour nous, une longue et laborieuse car-

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rière; ce sera bien mériter de la patriet Ce fut toujours l’objet de nos vœux.

Nous devons avertir que c’est à dessein que nous avons suivi dans certains noms une orthographe qui n’est pas reçue en France: par exemple, nôus écrivons Iceland et non pas Islande; parce que le premier est général en Europe, et signifie terre déglacé ; nous disons aussi Tatarie et non pâs Tartarie , parce que Tatar est le vrai mot. Nous disons la Sibirie etNçon Sibérie, parce que c’est le pays ÿont fijblryétaA la capitale.

j* Nonseq /agi‘)|ons autrement quand nous parlons o^un lieu qm n’a pas d’alphabet; alors nous transcriVorjg^Le manière à rendre le son sensible dans notre langue : par exemple, nous écrivons Anamouka,et non Anamooka comme les Anglais; mais nous écrivons Cook et non pas Couk, parce que nous devons donner ce nom propre conforme k l’orthographe du pays auquel il appartient, et possédant une orthographe reconnue.

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