I. On compte onze émaux, savoir
Deux MÉTAUX,
L'Or, qui est jaune, et V Argent, qui est blanc ;
Cinq Couleurs, Le Rouge ou Gueules, Le Bleu ou Azu7\ Le Vert ou Sinople, Le Noir ou Sable, — et Le Violet ou Pourpre ;
Et quatre Fourrures ou Pannes,
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La Couleur naturelle, pour les animaux et les plantes, — et
La Carnation, pour les figures humaines*.
II. Les émaux se représentent sans peine par la peinture ; mais il a fallu imaginer des signes de convention pour les distinguer, quand ils ne sont pas destinés à recevoir la nuance qui leur est propre. Autrefois, on les désignait par leurs initiales : ainsi, 0 voulait dire or; A, argent; G, gueules, et ainsi des autres. Depuis le xvii® siècle, on emploie un système de signes d'une grande simplicité , et dont l'usage est aujourd'hui universel. Suivant ce système,
Vor se représente par un pointillé (fig. 2);
V argent, par un fond uni (fig. 1);
Lé gueules, par des hachures verticales (fig. 6);
Vazur, par des hachures horizontales (fig. 3);
Le sinople, par des hachures diagonales de droite à gauche (fig. 4, A);
Le pourpre, par des hachures diagonales de gauche à droite (fig. 4, B);
i. Les héraldistes anglais admettent en outre la san* guine ou couleur de chair, et l'orangée, sannée ou aurore, qu'ils représentent dans la gravure , celle-ci par des diagonales de gauche à droite qui croisent des perpendiculaires, celle-là par des diagonales de droite à gauche qui en coupent d'autres de gauche à droite.
Et le sable, par des hachures horizontales et verticales qui se coupent à angles droits (fig. 5).
La carnation et la couleur naturelle n'ont pas de signes particuliers, parce qu'elles se font suffisamment connaître seules.
Quant aux fourrures, les figures 27 à 30 montrent comment on les figure.
Christophe Butkens passe pour avoir fait , en 1626, le premier usage du système de signes que nous venons d'exposer, et, suivant M. Imbert de la Phalecque , les Recherches des antiquités et noblesse de Flandre ^ de Philippe de l'Espinoy, Douai. 1631, semient le premier ouvrage où on l'aurait régulièrement employé.
III. Une règle fondamentale du blason est qu'il ne faut jamais mettre métal sur métal, ni couleur sur couleur*. Par conséquent, si le champ est de couleur, les figures doivent être de métal, et réciproquement^. Il n'est fait exception à cette règle que pour les animaux dont le bec, les
1. Par la raison, disent plusieurs héraldistes, qae le blason ayant pour base le costume militaire , les couleurs représentent l'étoffe du yétement, et les métaux Tarmure métallique, et que, dans ce costume , l'étoffe et les métaux étaient toujours alternés.
2. Toutefois, le pourpre, étant un émail mixte, se met indifféremment sur tous les émaux.
griffes et la langue sont d'un autre émail que celui du corps *. Dans un écu qui renferme des partitions, si un quartier est de couleur, celui qui lui est adjacent doit être de métal.
Les fourrures se mettent indistinctement sur les métaux et sur les couleurs ; mais on ne doit pas mettre fourrure sur fourrure.
Les armoiries de métal sur métal ou de couleur sur couleur sont dites à enquerre, du vieux mot enquerre, s'enquérir, s'informer, parce que, comme elles sont contraires aux lois héraldiques, elles donnent occasion de denjander pourquoi on les porte ainsi ^. A ce sujet, Le Laboureur fait observer que Tusage des armoiries étant plus ancien que les (( préceptes des héraults » , plu-
\. Les brisures jouissent aussi de cette exception, à moins qu'elles ne soient des pièces honorables.
2. De ce nombre étaient les armoiries de Godefrov de Bouillon : D'argent, à une croix potencée (Tor cantonnée de quatre croisettes du même. Cette violation des règles héraldiques fut faite, dit-on, à dessein, par délibération expresse d'un conseil tenu après la prise de Jérusalem, pour marquer l'excellence de cette conquête. Citons encore les Michaëli, de Venise, qui portaient 2t besants d'or sur des fasces d'argent, parce que , dit le père Ménétrier, le dope Domenico Michaëli , se trouvant à la croisade et l'argent ayant manqué, il fit faire, pour payer les soldats, des monnaies de cuir, qu'il remboursa plus tard avec de la monnaie d'or.
sieurs maisons qui» à Tépoque où les lois héraldiques furent formulées, se trouvèrent avoir des armes mal blasonnées « selon les règles nouvelles », aimèrent mieux « retenir leurs anciens blasons, pour la révérence de Fantiquité, que de se soumettre à des lois et coutumes nouvelles à leur égard, et qui les pouvaient faire passer, en quelque façon, pour des nouveaux nobles, en quittant la marque et le caractère de leur ancienne noblesse. »
On donne le nom i'écu plein à Técu qui n*a point de figures. On dit alors qu'il est d'or plein, de gueules plein, etc., ou simplement rf' or, de gueules. Les armoiries de cette classe sont excessivement rares.