SIXIÈME SECTION
BRISVBES
En termes de blason , on appelle Brisure toute modification introduite dans les armoiries pour distinguer les branches d'une même famille, tant les branches légitimes que les branches bâtardes, et les branches cadettes que les branches aînées. Dans toute maison noble, l'aîné a seul le droit de porter les armes de sa famille , pleiiies ou pures^ c'est-à-dire sans aucune altération ; les cadets et les bâtards sont obligés de les briser, en d'autres termes, de les modifier de manière à les faire reconnaître.
On peut briser de plusieurs manières :
1*> En changeant les pièces et conservant les émaux * ;
20 En changeant les émaux et conservant les pièces ^ ;
1. Les ducs de Bourgogne, de la première branche^ sortis de la maison de France, se contentèrent d'en garder les émaux et prirent : bandé ô.*or et à'azur de six pièces à la bordure de gueules.'
%. Les Clermont de Dauphiné, portant : De gueules, à
30 En changeant la position d'une ou de plusieurs pièces * ;
4»» En diminuant lé nomlare des pièces semblables * ;
5^ En augmentant le nombre de ces mêmes pièces ' ;
6° En introduisant une nouvelle pièce * ;
7° En adoptant des partitions ou des écartelures^;
8° En changeant la forme des figures • ;
deux clés en sautoir ô.'argent , les Glermont de Savoie, qui aTaient la même origine, prirent : D'or, à deux clés en sautoir de sable.
1. Les aines de Bon, à Venise, portant : Parti de gueules et d'argent f les cadets prirent : Parti ^'argent et de gueules.
2. La maison de Foix portait : De gueules, à trois pals d*or , tandis que celle de Barcelone , dont elle se disait issue , avait : De gueules, à quatre pals d'or.
3. La maison de Glare portait : D'or à trois chevrons de gueules; les comtes de Pembrok , issus de cette maison, remplirent leur écu de chevrons.
4. C'est la manière la plus commune de briser. Il en sera question bientôt.
5. Ainsi , on écartèle les armes de sa maison avec celles d'une famille dans laquelle on est entré. Bourbon-Saint- Paul écartelait de Bourbon et de Luxembourg; Orléans- Longueville , de Longueville et de Bourbon.
6. La maison de La Baume porte : D'or, à la bande d'azur, taudis que la branche de Montrevel porte : D'or, à la bande vivrée d'azur.
9° En modifiant le cimier*.
L'addition d'une pièce nouvelle aux armes pleines d'une famille est la manière de briser la plus communément employée, surtout en France. On se sert pour cela de plusieurs figures ordinaires, telles que les croissants, les étoiles, les molettes d'éperon, les besants , les coquîlles, \es croisettes, le canton, la bordure^, etc., qui ont l'avantage de ne pas altérer considérablement les armoiries principales, et de quelques pièces particulières, nommées Bâton péri en bande. Bâton péri en barre et LambeL
1° Le Lambel est une pièce de longueur ou tringle ordinairement ornée de trois pendants, un au milieu et un à chaque extrémité. On n'exprime le nombre des pendants que lorsqu'il y en a plus ou moins de trois. Le lambel sert à distinguer une branche cadette, et, comme les bâtons péris, ne donne point sujet à enquerre, c'est-àdire qu'il peut être de couleur sur couleur, ou de métal sur métal, sans violer les règles
1. C'est le système généralement adopté en Allemagne^ où les branches d'une môme famille ne se distinguent ordinairement que par la difiFérence des cimiers.
2. Dans la maison de Montmorency, la branche de Laval brisait par des coquilles; celle de Montberon, par une étoile en cœur, etc.
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Enfin , nous ferons remarquer que les brisures ne sont jamais un avantage dans le blason , car, ainsi que le dit Baron, <( en fait d'armoiries, c'est un principe très-certain que qui porte le moins est le plus. »
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Portugal : D'argent, à cinq ècus d'azur posés en croix, et chargés de cinq besants du champ rangés
Fig. 169.
en sautoir, à la bordure de gueules chargée de sept châteaux d'or (fig. 169).
Toutefois, il faudrait les spécifier immédiatement avant la pièce principale, si cette pièce en couvrait une partie .
Fig. no.
Vendôme : D'argent, au chef de gueules, un lion d'azur, armé, lampassè et couronné d'or, brochant sur le tout (fig. 170).
6. Quand il y a plusieurs pièces principales placées Tune au-dessus de l'autre, c'est par la plus rapprochée du haut qu'il faut commencer ;
3* Quand Técu à des partitions, on blasonne chacune d'elles, comme si elle était seule et en suivant l'ordre indiqué par les figures 8 à 23.
a. Si reçu est parti, on dit : — De..,, parti de, ou bien : — Parti, au l®*" de..., au 2"»® de.... D'après cela, l'écu d'Oudinot, représenté fig. 140, peut se blasonner : — De gueules , à 3 casques d'argent tarés de profil; parti d'argent, au lion de gueules tenant de la patte dextre une grenade de sable, allumée de gueules; ou — Parti : au l®"", de gueules, à 3 casques d'argent tarés de profil , au 2"®, d'argent, au lion de gueules, etc.
Si l'écu est coupé, on dit : — Coupé de.,., et de....; ou bien: — De...., coupé de...; ou encore : — Coupé : au 1", de..., au 2; de..., et ainsi de suite pour les autres partitions simples.
b. Pour Yécartelé, si tous les quartiers sont différents, on dit : É car télé , au \^^ de..., au 2"« de... etc., en blasonnant isolément chaque quartier. Si au contraire, les quartiers 1 et 4, 2 et 3 sont semblables, on les décrit ensemble et l'on dit: — Écartelé de... et de..., si les quartiers semblables sont sans figures ; et — Écartelé : aux 1 et 4, de.... ; aux 2 et 3, de.... s'ils renferment des figures. Enfin, si l'écartelé a un Sur le tout, c'est par ce dernier que l'on termine, et s'il y a
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à la croix de gueules chargée de 5 coquilles d'ar*' gent, cantonnée de 16 alérions d'azur; au Zi*, d'azur à 3 fleurs de lis d'or, au lambel de 3 pendants d'argent; au 5®, d'argent à la guivre d'azur en pal, issante de gueules et couronnée d'or; au 6®, paie d'or et de gueules de 6 pièces ; au 7®, faMè d'argent et de sable de 6 pièces; au 8«, losange d'or et de gueules (fig. 178).
3° On doit, en blasonnant^ éviter de nommer un émail déjà exprimé. Si, par exemple, une famille porte : — D'or, à la fasce d'azur accompagnée de deux étoiles également d*azur, il faut dire : — D'or, à la fasce d'azur accompagnée de 2 étoiles du même, ces mots du même se rapportant au dernier émail dont il vient d'être question. Si une autre famille portait : — D'or à la fasce de gueules accompagnée en chef de 3 billettes de gueules et en pointe dé 3 étoiles aussi de gueules, il faudrait dire : -^ D'or, à la fasce accompagnée en chef de 3 billettes et en pointe de 3 étoiles , le tout de gueules. Enfin si un écusson portait : — D'argent au pal de sable chargé de 3 molettes d'argent, on le blasonnerait arnsi : — ïï argent, au pal de sable chargé de 3 molettes du même émail que le champ, ou de l'émail du, champ, ou encore du premier émail.
Les expressions du second émail et du troisième émail s'emploient dans les cas analogues pour éviter de répéter un émail déjà nommé. Si, par exemple, une famille portait : — D'azur, au chevron d'or, accompagné en chef d'une étoile d'or; l'étoile accostée de deux roses d'argent ; sous le chevron deux roses d'argent , surmontées d'une étoile d'or, on devrait dire : — D'azur, au chevron accompagné en chefdu^e étoile, le tout d'or; l étoile accostée de deux roses d'argent; sous le chevron deux roses du troisième émail surmontées d'une étoile du second.
Quand une famille porte : — D'azur, à trois fleurs de lis d'or posées 2 et 1, on dit, pour abréger : — De France, parce que c'est ainsi que se représente l'écu des rois de France postérieurs à Charles V. Si cette même famille portait : — D'azur, semé de fleurs de lis sans npmbre , on abrégerait en disant : — De France ancien, parce que c'est ainsi que se figuraient les armes des souverains français antérieurs au xiv^ siècle.
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