A 1. GR
Il est doncprobable qu'il y a eu, pendant la période embryonnaire, intoxication de la jeune femme malgré des résultats négatifs de Wasserman et de Hecht pratiqués dernièrement.
Au sujet de l’embryologie, nous pourrions invoquer certaines théories qui eurent grande vogue il y a quelques années; telle est la théorie de la biogénèse, celle de la Mosaïque ou de Roux, d’après laquelle l’action se fait sentir tout à fait au début de la fécondation, d’où l’on admet que chaque blastomère ou cellule issue de segmentation de l’œuf, a pour fonction de présider à la formation de tel ou tel organe déterminé du corps /de l'embryon.
Chaque blastomère serait donc prédestiné à accomplir des rôles fixes chez l'embryon au cours de son développement. Ainsi, d’après cette théorie, la cellule a par exemple donnera la moitié droite de la tête et à la moitié droite du corps; dans ce cas, la cellule qui aurait donné naissance au sein disparu, aurait avorté au cours du développement embryonnaire.
Mais il est évident que cette théorie, n’est ici qu’une formule hypothétique!
M. Colas-Pelletier 4
Peut-on invoquer les phénomènes endocriniens comme auteurs des perturbations embryologiques envisagées ici ?
La cellule qui croît, se multiplie et se différencie, a besoin de vivre dans un équilibre physico-chimique.
Or les cellules ne se multiplient que si elles trouvent au complet les alimentsnécessaires à leur développement : sels minéraux indispensables et, pour les cellules animales : hydrates de carboneet acides aminés qu’elles ne peuvent synthétiser elles-mêmes.
La privation de certains matériaux entraîne en conséquence des déformations particulières.
Le phénomène le plus difficile à interpréter est en effet l'arrêt de développement qui se déclare par- fois : amastie vraie.
Cet arrêt n'est pas toujours complet, car il y a çà etlà des zones germinatives qui fonctionnent : amastie incomplète, Mais, s’il y a dés influences d'ordre nutritif chimique, il existe des troubles endocriniens qui donnent fréquemment les déplacements accidentels du point d'équilibre de développement.
E. Gley a montré que « dans la période embryonnaire, alors que le système nerveux n’est pas encore formé, le développement ne peut dépendre d'in-
Lg jrs
fluences nerveuse et doit être commandé par des actions purement chimiques. »
Y a-t-il quand même, dans ces conditions, un centre nerveux qui intervienne auprès des phénomènes de développement tout comme ilya des
centres qui règlent le métabolisme de l'eau et des graisses ?
s agit-il, au contraire,d’un métabolisme humoral, glandulaire É
N’est-il pas classique aujourd’hui d'admettre que la disparition des ébauches glandulaires produise, indubitablement, un syndrome caractérisé par l'arrêt de cr oissance U
D'autre part, il serait reconnu que certaines hormones rapidement développées, agiraient sur le développement de certaines parties anatomiques.
Cette question présente encore bien des obscurités et l'action endocrinienne de l'ovaire par exemple, reste confuse malgré des recherches savantes.
Pourtant A.Pezard signale deux résultats, dont la comparaison semble suggestive.Ill s’agit du déterminisme de la mamelleet de l'instinct sexuel (acceptation du mâle)
Dans une série de travaux Allen, Doisy, Franck, Champy, ont montré que l'injection de liquide folliculaire,qui remplit la cavité du follicule au moment de la maturation de l’ovule, provoque chez la lapine, même après la castration, les manifestations du rut,
PT a
ra
acceptation du mâle, et le développement de la mamelle.
Durant la phase lutéinique, le corps jaune (dont les cellules se développent, après la déhiscence du follicule, aux dépens de la granulosa) continuerait l’action sur la mamelle du liquide foliculaire.
Ce fait résulte d'expériences déjà anciennes de Bouin et Ancel. Les auteurs font couvrir une lapine par un mâle ardent, mais vasectomisé, donc stérile. La ponte ovalaire se produit sans gestation possible, et provoque la formation du corps jaune : la mamelle se développe
Or, au bout d’une quinzainede jours,le corps jaune entre en regression et la mamelle rétrocède à son tour : coïncidence intéressante sans doute, mais ne permettant pas encore de conclure. :
Cela établi, Bouin et Ancel recommencent l’ex-: périence et détruisent au thermocautère le corps jaune durant son évolution. De ce fait ils arrétent le développement de la mamelle. Ainsi le corps Jaune tiendrait sous sa dépendance un moment donné de
l'évolution de la glande mammaire.
Doit-on penser à la syphilis héréditaire comme * facteur inhibiteur à l'origine de ces développements tératologiques ? ie Les anomalies, dit E. Rabaud, dépendraient d'un état constitutionnel mal défini, et d’ailleurs indéfi-
ANS nissable, la dégénerescence. De nombreux auteurs, à toutes les époques, ont rapporté des observa- « tions d'anomalies multiples », et si l’on passait en revue tous ces cas, on conviendrait que les « anomalies » les plus diverses setrouvent associées d’une façon qui paraît absolument quelconque, comme si les parties de l'organisme s'étaient formées ou développées d’une manière indépendante, au hasard des processus.
Or il ne suffit pas de noter les ébauches qui changent ou ne se développent pas, mais l’ensemble de toutes celles qui constituent l'organisme.
En supposant même que ces ébauches renferment enelles, avant que d'exister, la cause de leur différenciation, on ne peut cependant admettre que chacune reste indépendantedes autres. |
Il existe des relations médiates, ou immédiates,et l’on a toujours constaté une synergie évolutive.
Darwin en a rapporté maints exemples.
L'organisme est un tout, pour lequelil n'existe que des troubles d'ensemble pouvant se manifester par des changements morphologiques divers. Ceuxci sont nécessairement localisés dans telle ou telle région, et c'est cette localisation,phénomène secondaire, qui attire l'attention.
Les modifications qui nous frappent résulteraient d’une modification fondamentale de l’état général, qui serait, croyons-nOUS, l'influence de la syphilis héréditaire, dont nous avons retrouvé les stigmates
au cours de notre observation personnelle.
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Les variations morphologiques de certaines parties, et le fonctionnement de certaines autres n’en seraient alors que la simple traduction.
En résumé, nous n’allons pas jusqu’à considérer cettesyphilis héréditaire comme une maladie fœtale ; mais nous émettons l'hypothèse qu'elle doit être probablement responsable des troubles de métabolisme humoral et glandulaire qui paraissent agir dans la modification des processus embryonnaires au début de la vie intra-utérine.
Elle existe sans doute au point de départ complexe qui oriente la différenciation des tissus vers une phase non habituelle, supprimant l’ébauche germinative des régions anatomiques atteintes, ou arré-
tant son accroissement,