ABSORPTION COMPARÉE DE.L'AZOTE NITRIQUE ET DU CHLORE
de chlore, soit aussi 0 mol. 75; les deux liquides ont même concentralion moléculaire et contiennent par suite le même poids absolu de calcium. La solution de nitrate B est deux fois aussi concentrée que À; elle contient deux fois autant de calcium que n’en contient À ou la solution de chlorure.
Comparons d’abord A avec la solulion de chlorure. L’absorption de chlore est supérieure à celle d’azote nilrique; ici se manifeste l'influence du poids de l'élément offert aux plantes; en tout, 15 mg. 1 d'azole ont été pris contre 19 mg. 7 de chlore. Si nous envisageons maintenant les poids de calcium absorbés, nous trouvons que lorsque le métal se trouve à l’état de nitrate il est absorbé en quantité plus forte que lorsqu'il est combiné au chlore; les premiers nombres sont sensiblement doubles des seconds, au total 21 mg. 6 et 11 mg. 1, quoique les deux liquides renferment la même quantité de métal.
Passons maintenant à un liquide plus riche en nitrate de calcium; la solution B contient 42 mg. 2 d'azote nitrique, chiffre qui se rapproche du poids de chlore du chlorure de calcium. L'absorption de l’azote a été semblable à celle du chlore; mème les lotaux sont identiques et égaux à 19 mg. 7. Naturellement les poids de calcium pris en même temps que l’azote sont encore plus élevés que précédemment.
Ainsi, dans le cas de solutions renfermant poids égaux de calcium, le métal est absorbé en bien plus forte proportion lorsqu'il est associé à l’azote nilrique que lorsqu'il est à l’état de chlorure, Les plantes prennent plus de chlore que d’azote, parce que le poids moléculaire du chlore est supérieur à celui de l'azote, et que, par suite, pour un même poids de calcium du liquide, les poids de chlore et d'azote sont différents ; en augmentant la teneur du liquide en nitrate, l'absorption d’azole devient égale à celle du chlore.
Comparant les nombres de molécules prélevés, nous trouvons que, en solutions équimoléculaires, les plantes ont pris exactement deux fois autant de molécules d'azote que de molécules de chlore.
Nous pouvons rapprocher ces faits de ce que l’on sait sur la vilesse de passage d’un corps dissous au travers de parois perméables, vivantes et inertes. Pour les parois vivantes, la perméabilité est variable avec la nature du corps dissous : la glycérine passe assez aisément dans le suc cellulaire, l’urée passe moins
vite, enfin, le protoplasma est peu perméable au saccharose et aux sels minéraux ; rappelons toutefois que ces expériences de De Vries ont été failes avec des solutions relativement concentrées et que l’on n’a pas comparé divers sels entre eux. En ce qui concerne les parois inertes, cette comparaison avait élé faile par Graham; en appelant temps d’égale diffusion le temps que met un même poids de substance dissoute à parcourir le même chemin, et en prenant ce temps égal à 1 pour la potasse causlique, on trouve que les sels à acides monobasiques d’un même métal présentent des temps de diffusion égaux, 1.4 pour ceux de potassium et d’ammonium, 1.7 pour ceux de sodium. Pour les sels à acides bibasiques, la vitesse de passage est plus faible, les temps trouvés sont 2et 2.45 pour les métaux indiqués.
Dans notre cas nous avons dit que, dans le même temps, il entrait moins de molécules de chlorure de calcium que de nitrate dans les plantes; il en est de même si l’on considère les poids absolus de calcium. Pour les poids de chacun des sels absorbés on trouve : 30 milligr. de chlorure de calcium, contre 88 mg. 5 et 116 mg. 4 de nitrate. Enfin, 37 p. 100 du chlorure ont pénétré; 72 p. 100 du nitrate de À équimoléculaire du chlorure, et 66.6 p. 100 du nitrate de B ont passé dans les plantes. De quelque façon que l’on définisse la vitesse de passage, on trouve des différences; elles sont toujours en faveur du nitrate. Nous avons cependant fait remarquer que dans des solutions équimoléculaires le poids de chlore prélevé est supérieur à celui de l'azote nitrique.
Nous avons cherché à résoudre la question par une méthode qui est théoriquement la plus simple, mais la réponse obtenue est d’aulant moins calégorique qu'il est difficile d’avoir deux cultures rigoureusement comparables. Nous sommes alors conduits à envisager un cas plus complexe : nous mettrons les plantes en présence d’un mélange de nitrate et de chlorure d’un même métal et nous chercherons les absorptions d’azote et de chlore. En n'introduisant qu’un métal unique nous n’aurons pas de double décomposition.