‹ Absorption par les plantes de quelques sels solublesChapitre 49 sur 59 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Nous avons déjà insisté sur ce point que les plantes prennent indifféremment du potassium, du sodium, du calcium, du magnésium, lorsque la solution ne renferme qu'un seul de ces mélaux. Il est donc probable que les nitrates de métaux différents traversent la membrane protoplasmique avec la mème facilité. D’après Graham, le nilrale de potassium se diffuse un peu plus vite que le nitrate de sodium; les temps d’égale diffusion sont entre eux comme 1.4 et 1.7. Mais la différence de vitesse est trop faible pour expliquer la disproportion que l’on observe généralement entre les quantités de potassium et de sodium contenues dans les plantes. Cherchons comment les choses se passent lorsque plusieurs métaux se trouvent en présence des racines.

Les métaux devront être unis au mème radical acide pour éviter les doubles décompositions et pour que la nature du radical n’influe pas sur l'absorption. Il était tout indiqué de se servir de solutions de nitrates, car ces composés sont absorbés très aisément et la présence dans les plantes de grandes quantités d'azote nitrique n’est aucunement nuisible.

Pour rendre les conditions aussi simples que possible, on opérait avec des solutions ne renfermant que deux métaux. Les poids de sels introduits étaient proportionnels à leurs équivalents, de façon qu'il y eût la même quantité d'azote nitrique unie à chaque métal.

Les solutions employées dans cette série de recherches étaient sensiblement plus concentrées que celles qui nous avaient servi précédemment; elles contenaient deux, trois ou quatre fois autant d'azote nitrique. En effet, pour doser du potassium, du sodium, du calcium, il faut opérer sur des poids de matière supérieurs à ceux qui suffisent pour la détermination de l'azotenitrique ou du chlore.

D'autre part, il ne faut pas s’adresser à des liquides trop concentrés; dans ce cas on n’observerait que de faibles différences relatives.

La solution des sels purs élait d’abord analysée, et on vérifiait si les nombres obtenus se rapprochaient de ceux indiqués par la théorie ; 100 ou 150 c.c. de liquide étaient alors mis en contact avec les racines des plantes. La durée de l’expérience ne doit pas être trop longue; si l’un des métaux est pris de préférence à l’autre, la solution changera nettement de composition, c'est ce qu'indiquera une analyse faile après peu de temps; mais si on laisse les choses en l’état, la solution deviendra de plus en plus pauvre en métal préféré et les plantes se saisiront alors de l’autre métal; par suite, les différences s’atténueront. Il faut donc faire l'analyse après peu de jours, mais cependant attendre assez longtemps pour qu’un changement sensible se soit produit dans la composilion du liquide.

Lorsque l’on décidait de mettre fin à l'expérience, on pesait le vase de culture, de façon à connaître l’évaporation; puis on procédait à lanalyse; nous donnons dans chaque cas la méthode employée. On dosait non seulement les métaux restant en solu- Uon, mais aussi l'azote nitrique qui avait persisté ; ce qui donne une vérification. En effet, puisque, comme je l’ai montré, les nitrates sont absorbés sans modification par les végétaux, le poids d'azote nitrique trouvé dans le liquide doit être égal à celui qui correspond aux poids des métaux trouvés aussi par l'analyse. Des poids d'azote et de métaux introduits au début on retranche les quantités retrouvées dans le liquide restant et on a ainsi ce que nous cherchons, les poids de substance absorbés. Si l'analyse a été bien faite, l’azote nitrique déterminé directement doit être égal à l'azote nitrique correspondant aux métaux absorbés et calculé d’après les équivalents.

On verra que les nombres sont peu différents; s'ils ne sont pas identiques, cela tient d’abord à des erreurs d'analyse; les dosages ont été faits sur des poids de matière d'autant plus faibles qu'une partie de la solution servait à la détermination de l’azole nitrique et une autre à la détermination des métaux. De plus, il est certain que le verre qui sert de support aux plantes cède un peu de sodium et de calcium au liquide, de sorte que le liquide final renferme plus de ces métaux qu'il ne devrait en

contenir et que l’azote nitrique qui leur correspond est supérieur à l’azote nitrique trouvé; pour les quantités absorbées, c’est l’inverse. Quoi qu'il en soit, les différences sont assez faibles pour que l’on considère les nombres comme très salisfaisants. Dans les tableaux qui se rapportent à ces expériences, nous avons indiqué : 1° le poids de chaque métal absorbé; 2° cette même quantilé rapportée à 100 de métal introduits au début dans la solution d’après le chiffre donné par l'analyse, et non d’après le chiffre théorique; 3° le poids d'azote correspondant au poids de métal absorbé et la somme pour les deux métaux; 4° le poids d'azote absorbé, déterminé par l'analyse de la solution et qui doit être égal à la somme précédente; 5°, le rapport des poids d'azote correspondant aux poids des deux métaux absorbés; ce rapport est le même que celui des poids des deux métaux absorbés pour 100 introduits; c’est ce nombre qui représente le rapport de sélection entre les deux métaux considérés. C’est le rapport des nombres d’équivalents absorbés, et non de molécules; pour deux mélaux de même atomicité le quotient est le même; pour des atomicilés 1 et 2 le rapport des nombres des molécules sera moitié de celui des nombres d’équivalents.

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