Loc. cit. P
8. Le MS. original — fol. 478 — contient ici la note suivante: "Avant les ouvertures de la capitulation, une bombe lancée par les assiégeants était tombée sur une des casemates qui servait de prison, et avait tué quatre français, et M. Hay, un officier anglais prisonnier. Cet officier avait été, quelques jours avant,
« 1° Le commandant, officiers, état-major et autres employés pour le roi et la garnison de Beauséjour, sortiront avec armes et bagages, tambour battant.
2° La garnison sera envoyée directement par mer à Louisbourg aux dépens du roi de la Grande-Bretagne.
3° Pour les Acadiens, comme ils ont été obligés de prendre les armes sous peine de perdre la vie, on leur pardonnera pour le parti qu'ils viennent de prendre.
4° La garnison sera pourvue de provisions en quantité suffisante pour lui permettre de se rendre à Louisbourg.
5° La garnison ne portera point les armes dans l'Amérique pendant l'espace de six mois.
6° Les termes ci-devant sont accordés, à condition que la place sera rendue aux troupes de la Grande-Bretagne, aujourd'hui, à sept heures du soir, le 16 juin 1755. »
(Signé) Robekt Monckton 9.
Cette capitulation entraînait également celle du Fort Gaspereau, sur la Baie Verte. Ce dernier n'était défendu
capturé par les sauvages qui s 'apprêtaient à le scalper, lorsqu 'il fût arraché de leurs mains par un Acadien nommé Brassard, et conduit au Fort où il fût traité avec beaucoup d'égards."
Cf. à ce sujet Journal of col. John Winslow, in Coll. of N. S. H. S. /or 1884, vol. IV, page 149. — Murdoch II, 264 et seq. D'après Murdoch, c'est un nommé Beausoleil qui arracha Hay des mains des sauvages. — Parkman. Montcalm and Wolfe. I, 260. — Pichon, dans son fameux Mémoire que nous citons plus loin, parle des nommés "Brossards, dits Beausoleil". — C. F. T. II, p. 130.
9. Can. Arch. N. S. (1894) P. 205. B. T. N. S. H. 303, H. 304. Le MS. original — fol. supra — met en note: "Pièce omise dans le volume des Archives. ' '
Sur la capitulation de Beauséjour. Cf. A. C. Ile Boy. C. G. 1775, vol. 35. M.
que par un petit nombre de soldats, et ne constituait à proprement parler qu'un entrepôt d'approvisionnements et de munitions de guerre. Vergor donna ordre à M. de Villerai, qui y commandait, de le livrer, ce qui fut fait les jours suivants.
Beauséjour fut tout de suite occupé par les troupes anglaises, et son nom changé en celui de Cumberland. Dans les dix jours qui suivirent la capitulation, tous les Acadiens vinrent à tour de rôle remettre leurs armes au colonel Monckton. Peu de temps après, les Français évacuèrent également le fort de la rivière St-Jean; en sorte qu'il ne restait plus rien de la domination française au nord de la Baie de Fundy, si ce n'est des postes de commerce à Miramichi et sur les côtes du Golfe, dans le voisinage de la Baiedes-Chaleurs. Le Loutre s'était prudemment esquivé avant l'occupation du Fort Beauséjour, et, sur la route de Québec, à travers les solitudes de la rivière St-Jean, il pouvait méditer à son aise sur l'instabilité des choses humaines10. De
de Drucourt, gouv. c. 11. Juin 34. Le long des côtes de l'Acadie, à 12 lieues d'Halifax. Le lieutenant de Loppinot au Ministre. Folio 314. — 3% pp.
Can. Arch. (1894) P. 205. 1755. June 28. Halifax. Lawrence to Lords of Trade. ' ' Beauséjour surrendered af ter 4 days bombardment, before a single gnn was mounted on the batteries. ' '—H. 300. B. T. N. S. vol. 15.
10. Cette phrase est irrespectueuse et d'une ironie mal placée. Le Loutre protesta jusqu 'à la fin contre la reddition de Beauséjour : son courage n 'eût pas raison de la lâcheté de Vergor et de Vannes. La capitulation de la place s 'étant faite contre son gré, il n'avait qu'à s'enfuir pour ne pas tomber aux mains d'un ennemi trop facilement vainqueur, et dont il ne pouvait reconnaître l'autorité. Eût-il dû partager la honte qui frappait le faible commandant Vergor, quand il avait au contraire prêché la résistance jusqu'à la mort? En s'en allant, il dégageait sa responsabilité d'une capitulation qui était une infamie. L'auteur (L'Acadie insinue que, dans son voyage vers Québec, LeLoutre pouvait méditer à loisir sur l'instabilité des choses humaines, comme si ce vrai prêtre •ût jamais couru après la furtune, les honneurs, la puissance, et que ses ambi-
Québec, il s'embarqua pour la France dans le mois d'août suivant; mais un autre malheur l'attendait en chemin: le vaisseau sur lequel il se trouvait fut capturé en mer par les Anglais, et lui-même enfermé au château Elizabeth, dans l'île de Jersey, d'où il ne recouvra sa liberté que huit ans après, à la conclusion de la paix.
Cet exploit — la prise de Beauséjour — était au fond l'œuvre de Pichon. C'était la lettre, authentique ou non, de Duquesne qui avait donné lieu à cette expédition. Suivant ce qui avait été convenu entre lui et le capitaine Scott, au lieu de suivre la garnison française à Louisbourg, Pichon fut gardé quelque temps prisonnier à Beauséjour, puis dirigé au Fort Edward à Pigiquit, et finalement à Halifax, où il était apparemment captif, mais où sa vraie mission était de se mêler aux officiers qui y étaient détenus ou qui y seraient amenés, et de tâcher de surprendre ainsi les projets des Français.
Or, le temps était venu pour ce traître de réclamer plus amplement le prix de ses services. Le mémoire qu'il adressa à cet effet au secrétaire du gouverneur 1X porte, comme bien
tions eussent enfin sombré! C'est ainsi que les historiens protestants, un Murdoch, un Parkman, apprécient la carrière de ce missionnaire ; leur jugement n'a pas de quoi nous étonner. Comment pouvaient-ils comprendre la sublimité du sacerdoce catholique? Mais Eichard pensait autrement, et il nous semble que la phrase en question a dû lui échapper, car elle est peu digne de lui. Si la perte de Beauséjour a profondément affligé l'âme de Le Loutre, ce n'est certes pas pour des raisons personnelles ni intéressées; ce n'est même pas parce que la France, qu'il aimait de tout son cœur, allait voir diminuer d'autant son prestige; c'est qu'il voyait dans ce fait le prologue immédiat du sombre drame au cours duquel la petite nation acadienne serait étouffée.
11. Doc. inéd. sur l'Acadie, Can. Fran. II, pièce 88, page 127 et seq. — Correspondence between Pychon (or Tyrel) with the British officers. — Pychon or Tyrel either to BulTceley or Henshelwood. Du British Muséum. Browa MSS. Add. 19073, f. 21, no 24, 1753-1755, Mr. A. B. Grosart fait précéder ce document des
l 'on pense, l'empreinte de la bassesse de son caractère et de la cupidité qui l'animait. Les gens de cette espèce ne peuvent guère avoir qu'une habileté de second ordre, très savante peut-être lorsqu'il ne s'agit que de l'exécution de leur rôle, mais puérile et boiteuse, lorsqu'il devient question d 'eux-mêmes : car, en ce cas, la bassesse dont ils sont pétris éclate de toutes parts. Le mémoire de Pichon, à travers les flatteries dont il est parsemé, contient une longue énumération des services qu'il a rendus et des pertes qu'il a encourues 12 :
« . . .Trompé grossièrement par l'homme que j'avais accompagné à l'Isle Royale (le comte de Raymond,) je projettai dès lors de me retirer auprès d'une nation que j'aime et que je savois être la plus raisonnable et la plus généreuses de toutes celles qui subsistent sur l'une et l'autre hémisphère. . . Après le départ du comte de Raymond qui avoit affecté d'ignorer ce qu'une généreuse équité exigeoit de lui, je fus envoyé par l'Intendant de l'Isle Royale à Beauséjour pour y faire les fonctions de Commissaire, d'Ordonnateur et de Subdélégué de l'Intendance. Peu de jours après mon arrivée Mr. Scott que j 'a vois vu à Louisbourg, et qui me connoissoit d 'ailleurs de réputation, me fit complimenter sur ces nouveaux grades et m'invita à le visiter dans
notes suivantes, de sa propre main: "Thèse are invaluable papers as they reveal Pychon 's state of mind during his traiterous correspondence. . . The whole is in the original French: and is annotated throughout from the documents in the Council Records. . . Extends over twenty 4to pages. ' '
12. A l'endroit du MS. original — fol. 480 — où commence l'extrait du Mémoire de Pichon, le traducteur a mis en marge au crayon : ' ' Est-ce une citation textuelle?" — La citation est textuelle, sauf en un ou deux passages que nous avons rectifiés. Il était nécessaire, pour l'intelligence de ce curieux mémoire, de le citer un peu plus longuement que Richard n'a fait: aussi nous sommes-nous permis de compléter l 'extrait.
son commandement du fort Lawrence, Des nos premières conversations sur les intérêts respectifs des deux couronnes dans l'Amérique Septentrionale, il me dit qu'il pouvoit occasionner ma fortune si je voulois. . . Il me prouva si bien que je n'aurois pas lieu de me repentir de m 'être dévoué pour ce qu'il me proposoit, que sur les assurances qu'il me donna. . . de me mettre dans le plus agréable bien-être. . . je me livrai entièrement à tout ce qu'il desiroit de moi. . . Ne pourrois-je donc pas à présent paroître désirer l'accomplissement des promesses qui m'ont été faites, de me procurer un état solide et avantageux? . . .Représentez que j'avois un état en France, où j'ai encore du bien, que cette année la Cour m'avoit chargé des trois subdelegations de l'intendance pour Beauséjour, la Rivière et l'Isle St-Jean. . . Ces postes m'auroient été fort avantageux; que je les abandonne, ainsy que tout ce que j 'ai en France, où je ne dois plus penser à retourner; que j'ai perdu l'acquisition que j'avois fait à prix d'argent auprès du fort de Beauséjour d'un très vaste terrain, de deux maisons et jardins les mieux situés ; que par la prise de ce fort j 'ai encore perdu deux chevaux de prix, quantité de provisions, de meubles, linges, hardes, livres, etc.
« Il est des circonstances ou il doit être permis de parler avantageusement de soi et ou l'on a intérêt de se faire connoître et de rappeler les services qu'on a rendus. . . Ceux de l'espèce dont sont les miens, ont été jusqu'ici également utiles et essentiels. »
« Je connois très bien tout le pouvoir de Mr. l'Amiral et les avantages que j 'aurois lieu d'espérer de son illustre protection et de celle de son Excellence Mr. le Gouverneur. Ne pourrois-je pas demander l'honneur de leur recommandation auprès de Mr. le G-eneral Sherley, ainsy que des autres
gouverneurs et chefs des différentes provinces Angloises de ce Continent pour les engager à exercer leur générosité en faisant du bien à l 'homme le plus dévoué au service de toute la nation Britannique? L'essentiel serait de supplier leurs Excellences de me favoriser de leur puissante protection auprès de la cour d'Angleterre et du Ministère pour m'en faire obtenir des grâces. . . Je m'en rapporte à vous, Mr., sur tout ceci. Je suis à un âge déjà avancé et ou les besoins deviennent ordinairement plus grands. . . »
Th: Tyeell.
A Halifax le 26 7bre 1755. »
Parmi les services rendus, Pichon citait entr 'autres celui d'avoir provoqué la capitulation de Beauséjour, en persuadant aux Acadiens qui étaient dans le fort de refuser absolument de combattre, et d'exiger sa reddition immédiate 13. Nous ne voudrions pas baser quoi que ce soit sur les dires de Pichon, surtout lorsque, comme dans le cas présent, il avait à cœur de grandir ses services; mais, en réduisant à sa juste mesure la part qu'il s'attribuait dans toute cette affaire, et tout en atténuant un rôle qu'il avait intérêt à exagérer, il reste que son affirmation pourrait bien être vraie quant au fond, — les moyens de la contrôler ne faisant d'ailleurs pas défaut. Ceci posé, comme nous avons déjà la preuve que la grande majorité des Acadiens refusa de
13. "...Lorsque ce premier fort (Beauséjour) se trouva investi en quelque façon, et que l'effet des bombes se fut fait sentir, les habitans au nombre de plus de cinq cens que l'on avoit renfermés pour aider à le défendre, forcèrent par mon conseil le commandant Vergor de demander a capituler et ce fut ce qui abrégea beaucoup ce siège. Ce fut aussi par mon conseil que le capitaine Vellerai (sic) commandant du fort Gasparau,(sic)se rendit sur le seul (sic^ lettre qui lui fut portée par un habitant et que j'avais aidé à dicter. . ." (Loc. oit.)
prendre les armes, nous aurions également la preuve que ceux qui les prirent forcément, sous le coup de cruelles menaces, lorsqu'ils se trouvaient, par leur situation particulière, sous la dépendance absolue des autorités, provoquèrent cependant la capitulation de Beauséjour par leur refus de combattre au moment suprême. Quant aux Acadiens, disait un article de la capitulation, comme ils ont été forcés de prendre les armes sous peine de mort, on leur pardonnera. Comme l'on a pu s'en rendre compte d'après ce qui précède, Lawrence ne se trompait pas, lorsqu'il écrivait aux Lords du Commerce, au commencement de son administration : « Je crois que la grande majorité des habitants se soumettraient à n'importe quelles conditions plutôt que de prendre les armes d'un côté ou de l'autre 14. » L'on voit par là qu'il les connaissait bien, et qu'il jugeait fort correctement de ce que serait leur attitude, le cas échéant. Cette opinion de Lawrence doit cependant paraître étrange. Pourquoi les Acadiens n'auraient-ils pas pris les armes en faveur des Français? N'étaient-ils pas les sujets de la France, et à ce titre n'avaient-ils pas le droit de servir sa cause? Evidemment oui! La plupart d'entre eux habitaient cette partie du pays depuis des générations 15 ; les autres se composaient de ceux à qui Cornwallis, en révoquant le compromis de 1730, avait permis d'opter entre le serment sans réserve ou le départ, c'est-à-dire entre l'allégeance anglaise ou l'allégeance française: «Mes amis, leur avait-il déclaré,
14. Extr. from a letter of Gov. Lawrence to Lords of Trade. Halifax, Aug. lst 1754. — Nova Sco. Doc. AUns. P. 214.
15. Le MS. original — fol. 482 — porte "depuis un temps immémorial' \ C'est trop dire. Car les origines acadiennes ne se perdent tout de même pas dans la nuit des temps. L'édition anglaise (I, 391) a mis had dwelt for générations, — expression bien préférable et que nous adoptons.
dès l'instant où vous avez manifesté le désir de vous en aller et de vous soumettre à un autre gouvernement, notre détermination a été prise de n'empêcher personne de suivre ce qu'il pensait être son intérêt 16. » Et, lors même qu'il ne leur eût pas fait cette déclaration, il va de soi qu'en révoquant la condition mise à leur séjour, il les rendait libres de partir, et, en partant, ces habitants demeuraient sujets français, s'ils s'en allaient demeurer sur le territoire de la France. Il importait peu que cette partie, du pays où ils se réfugiaient fut disputée par les deux couronnes. L'essentiel était qu'elle fût occupée par la France: cela suffisait pour déterminer leur qualité de citoyens français, en vertu des notions les plus élémentaires du droit public, et particulièrement de la formule diplomatique uti possidetis.
Pourquoi donc Lawrence, en dépit de leurs droits évidents à le faire, se croyait-il sûr que les Acadiens ne prendraient pas les armes contre lui? C'est qu'il savait qu'une question de cette nature, claire pour lui-même, ne se présenterait pas à leur esprit avec toute la clarté nécessaire pour satisfaire pleinement leur conscience; c'est qu'il savait que les scrupules dont ils seraient assiégés seraient assez forts pour les retenir dans l'inaction; c'est qu'il savait que le serment qu'ils avaient jadis prêté, et l'habitude de se regarder comme sujets anglais, seraient d 'un puissant effet sur eux ; c'est encore parce qu'il savait qu'une longue paix leur avait fait perdre le goût des combats, et qu'ils craindraient d'ailleurs, en prenant les armes, de provoquer, contre leurs frères de la péninsule, les rigueurs du tyran qui les opprimait. Pour rendre encore plus certain l 'accomplissement de
16. Nova Scotia Doc. ATcins, p. 189. Translatée! from the French.
ses prévisions, Lawrence avait eu la précaution de faire publier une proclamation, dans laquelle il avertissait les Acadiens qu'ils demeuraient toujours sujets anglais, qu'ils n'étaient pas déliés de leur serment de fidélité, et que, s'ils étaient pris les armes à la main, ils seraient traités comme des rebelles 17.
Les prévisions de Lawrence se trouvèrent pleinement justifiées. Malgré les efforts des Français et leurs menaces, trois cents Acadiens seulement, sur quinze cents, prirent les armes; et encore, nombre d'entre ceux qui s'armèrent réussirent à déserter; finalement, ceux qui restaient refusèrent de combattre, et Beauséjour dût capituler 18.
Pour celui qui considère les faits sous leur vrai jour, ces Acadiens s'étaient acquis, non-seulement le pardon, comme le comportait la capitulation, mais encore une éternelle reconnaissance de la part de l'Angleterre, pour une conduite qui valait à celle-ci gloire, prestige et accroissement de territoire. A tout événement, s'ils étaient pardonnes en vertu de l'article de la capitulation qui les concernait, leur sort
17. Nov. Sco. Doc. AJcins. P. 241-2. Gov. Lawrence to Capt. Murray. Halifax, 27th May, 1755.
18. L'édition anglaise (I, 392) porte ici une note à quoi rien ne correspond dans le MS. original — fol. 484. Nous la traduisons: "De Vergor et de Villeray furent, trois ans plus tard, traduits devant un conseil de guerre à Québec, pour répondre de leur lâcheté dans le siège de Beauséjour et de Gaspereau. "De Vergor et de Villeray, disent les Mémoires sur le Canada, furent acquittés; le premier expliqua sa faible défense par le fait que les Acadiens refusèrent de lui prêter secours et provoquèrent une mutinerie. ' '
Cf. au sujet de ce procès: Ferland, II, ch. XXXVIII. P. 556. Et surtout, Chapais, Montcalm, ch. X. P. 324 et seq. — Ce conseil de guerre fut tenu à Québec les 22 et 24 octobre 1757. Montcalm avait refusé d'en faire partie. Le procès fut dérisoire — Le récit de M. Chapais nous semble donner de cet incident une idée définitive.— Cf. A. C. Ile Boy. C. G. 1755. vol. 35, ch. 11, nov. 10, 1755. Louisbourg. Drucourt au ministre.
devait se trouver définitivement réglé pour tous les faits antérieurs. Or, nous verrons plus loin qu'il n'en fût pas ainsi, et, qu'en l'absence de motifs réels, Lawrence invoqua les faits que nous venons de raconter pour déporter tous les Acadiens de la péninsule.
Retenons-bien ces faits : ils nous aideront à mieux comprendre ceux dont nous nous occuperons plus tard. Quoiqu'il en soit, il convient d'examiner séparément la conduite des Acadiens situés de l'autre côté de la frontière et celle des Acadiens restés en territoire anglais.
Nous traiterons d'abord la question des Acadiens demeurés en territoire anglais dans la péninsule.