CHAPITRE PREMIER
Premiers Acadiens réfugiés à Bécancourt. (b)
Les premiers Acadiens qui cherchent refuge à Béc-ancourt et qu'on y trouve dès l'automne de 1758, viennent principalement de Beaubassin, et paraissent pour la plupart alliés entre eux ou à la famiUe Cormier. Ce sont: Jacqu^i Bourg, marié à Marguerite Cormier; Pierre Bourg, marié à Anne Richard; Joseph Richard, marié à Françoise Cormier; Pierre Cormier, marié à Judith Galant; Etienne Aligneau, marié à Madeleine Cormier; Charles Gaudet, veuf de Marie Cormier; Madeleine Bourg, veuve de Pierre Richard; Antoine Bélony Bourg, veuf de Marie-Joseph Hébert; Claude Hébert, marié à Marguerite Robichaud; Jean-Bte Hébert, marié à Marie Anne Amiran, François Robichaud, marié à Cécile Thibodeau; Simon Darois, marié à Anne Thibodeau; François Doucet, marié à Marie Poirier.
Puis, ce sont quatre grands enfants de feu Pierre Cormier et de défunte Marie Cyr, François, Pierre, Marie et Marguerite (La Blanche; , beaux-frères et bellessœurs de Charles Gaudet et de Jacques Bourg; trois enfants d'un autre défunt Pierre Cormier et Marguerite Cyr, Jean, Marie, Madeleine et Rosalie, beau-frère et belles-sœurs de Joseph Richard, et quelques célibataires, fils de famille, séparés du reste de leurs parents, comme Jean-Bte Bourgeois, Jean-Bt© Alaiin, Simon Bourg, etc., etc.
A ces familles de Beaubassin, il faut en ajouter quelques-unes de Port-Royal, comme: Jean Part, marié à Marie Roy; François-Régis Part, marié à Marie
(a) Les Acadiens de l'île St. Jean furent à leur tour dispersés en 1758, après la prise de Louisbourg.
(6) Pour le moment, je me contente de signaler les chefs de famille. Nous ferons plus tard connaissance avec leurs enfants.
Belliveau; Joseph Leprince, veuf de Anne Forestj son frère Jean Leprince, veuf (le Judith Richard; leurs belles-sœurs, Isabelle Forest, veuve de Honoré Leprince, avec ses enfants et Félicité Bourgeois, veuve de Pierre Leprince avec une fille; Madeleine Leblanc, veuve de Joî^eph Richard avec deux enfants; Hélène Hébert, veuve de Grégoire Richard avec trois ou quatre enfants; Amant Thibeau, etc., etc.
Enlin Joseph Michel, marié à Madeleine Comeau, et son frère Jean-Bte Michel; Amant Guilbeau, veuf de Françoise Poirier; Alexandre Guilbeau, veuf de Marguerite Girouard ; Elisabeth Breau, veuve de Pierre Aucoin ; Amant Richard, marié à St-Pierre en 1760 avec Marie Gaudet et Charles Chandonnay, marié à Cédile Bellefeuille, venant de la rivière St-Jean, appartiennent aussi à ce premier groupe de réfugiés acadiens.
On peut aussi coneidéier comme appartenant a ce groupe: Jean- Jacques Leblanc, marié à Marie Héon; Pierre Arseneau, marié à Jeanne Héon; Charles Héon, marié à Madeleine Lebauve et deux de ses frères, Pierre et Joseph Héon. Car la présence de ces Acadiens se constate à Champlain, en même temps que celle des autres à Bécancourt. Cependant, il n'y eut que Jean-Jacques Leblanc qui se fixa définitivement à Champlain. Comme il lui restait encore quelques épargnes quand il arriva en 1758, il y ouvrit un petit commerce qui prospéra si bien qu'il fut bientôt en état d'établir avantageufenient ses quatre garçons, Etienne et Joseph dans le commerce, David et Amable dans l'Agriculture. Ses beaux-frères allèrent rejoindre leurs compatriotes à Bécancourt.
D 'après une tradition conservée dans plusieurs de ces familles, ces Acadiens prétendaient être passés au Canada une couple d'années avant la dispersion générale de leurs compatriotes. Mais les recherches que j 'ai faites pour déterminer l'année précise de leur immigration, m'ont convaincu qu'il y avait ici une erreur dans leur tradition. Le plus tôt qu'ils ont dû arriver à Bécancourt ne serait qu'au printemps de 1758; car la plupart de ces familles, atteintes de la petite vérole à leur arrivée au Canada, ont laissé dans le cimetière de Québec, du 27 novembre 1757 au mois de mars 1758, quelques-uns de leurs membres.
Toutes ces familles appartenaient donc au groupe que l'abbé Leguerne avait réussi à soustraire à la griffe du lion britannique, et dont il raconte lui-même les alarmes et les misères dans une lettre ou mémoire, trouvé dans les archives de la cure de Québec et publié en 1889 par Mgr C. O. Gagnon. Evidemment la conviction qu'avaient ces Acadiens d'être passés au Canada avant la dispersion générale de leurs compatriotes, venait tout simplement de ce qu'ils avaient devancé plusieurs de leurs parents et de leurs connaissances qui, s 'étant d 'abord réfugiés à l'île St-Jean, eu furent proscrits de nouveau en 1758, par les gouverneurs d 'Halifax, après la prise de Louisbourg. Ce sont ces proscrits de l 'île St-Jean et surtout les déportés aux colonies anglaises qui vinrent les rejoindre quelques années plus tard, notamment en 1767.