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Suite, dans la belle étude qu'il a consacrée à Acadia : «Il régnait un mystère dans le narré des faits. Il y avait donc place pour un ouvrage donnant la clef de ce mystère. Edouard Richard s'est donné la mission de le découvrir, et il a trouvé ce qu'il cherchait. . . Les criminels sont désormais connus, marqués, et le dernier d'entre eux, Parkman, ne sera pas le moins notoire \ »
Et donc, si nous nous plaçons au vrai point de vue de ce que l'auteur d^icadie avait à faire, il serait insensé de la blâmer de n'avoir pas pris pour guides les seuls documents inédits. Il serait tout aussi inéquitable de lui reprocher l'accent de passion qui vibre tout au long de son œuvre. L'impartialité est-elle l'indifférence? Pour être juste et intègre, faut-il nécessairement que l'historien soit froid et apathique à l'égard des matières qu'il traite? Les critiques qui ont blâmé chez Richard son ton de justicier, ont confondu les notions essentielles. Si parva licet componere magnis, quel est le chrétien, le penseur qui peut parler sans frémissement d'indignation des iniquités légales du procès fait à Notre-Seigneur Jésus-Christ? L'indignation qui le secoue, devant les abîmes d'horreur de ce drame, l 'empêche-t-elle d'en suivre les phases, d'en apprécier l'issue avec un libre jugement? Comme le rôle de l'historien serait ingrat s'il lui était défendu de se laisser affecter par ce que son sujet peut avoir de douloureux et de tragique! Dans l'historien, il y a l'homme; et le charme de son œuvre sera d'autant
4. Cette étude avait paru en trois articles dans le Monde Illustré de Montréal.
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plus pénétrant que le cœur et l'esprit de l'homme en animeront les pages, et leur donneront l'éclat et la vie.
Pour nous, là n'est pas le grief contre l'auteur d^Acadie, mais plutôt dans le fait qu'il a négligé d'indiquer ses références, et que ses citations échappent totalement à la méthode reçue en la matière. Nous avons donc tâché de relever par le menu toutes ses sources, de trouver l'origine précise de ses informations et de la marquer exactement. Et ce travail nous a permis de rétablir la lettre même des textes, de les compléter, car l'on dirait que souvent Richard cite de mémoire, tellement la teneur de son texte est différente de l 'original ; il donne le sens ; il s 'inquiète peu de la précision. Pour ce qui est des documents français qui nous sont parvenus, au lieu que Richard les modernise, nous les avons donnés tels quels, en en respectant l'orthographe, et même, suivant le cas, la savoureuse barbarie. Il y a tel document officiel portant l'empreinte de la langue de l'époque, laquelle n'est plus tout à fait la nôtre, on le sait; il y a aussi telle lettre ou telle supplique, émanée de ces chers Acadiens qui n'avaient guère de lettres, et où règne une absence totale des règles du langage. Il nous a paru préférable de reproduire les uns et les autres tels que nous les possédons, soit avec leur parfum d'archaïsme, soit avec leurs inexpériences et leur primitivisme d'expression. Ernest Havet, pour un, nous eût blâmé de ce respect des formes antiques dans la réimpression des vieux textes : « Je ne puis lire, écrivait-il en effet, nos classiques imprimés avec l'orthographe de leur temps sans un sentiment désagréable ; il me