‹ Accusation contre Maximilien Robespierre /Chapitre 1 sur 1 · Accusation contre Maximilien Robespierre / · texte numérisé non relu

Accusation contre Maximilien Robespierre /

^ NB grande conjuration publique avoit un instant menacé de peser sur ia France , et avoit trop long-îenips pesé sur Pans. Vous arnvates; nous crûmes que votre%résence mettroit un terme aux fureurs des ambitieux , e-t iiirimideroit Jes consorV

trompés : JVlat où nous sommes annonce que les complots nont été qu'un instant interrompus

ïvS"'' liaûooaie , représentée par î assemblée legislative , étoit méconnue , avilie , foulée aux pieds.

uj( uiT 101 on s altacbe de même à décrier cette assemblée “ on emploie de semblables moyens pour l’avilir. Sur Jes places pubuques , au î alais de la révolution , et ailleurs , vous m en-^ tendez: que dis je 1 jusque sur ia terrasse des Feuillaos , jusqu aux portes de ce temple des loix , on préciie 1 insurrecîion contre vous, contre Jes représentans du peuple en convemion!

est temps de savoir s il existe une fadtion ou dans sent à imit spiembres ae cette assemblée, ou dans les sept cent trente autres

qui la combattent. îî fent que de cette lutte insolente vous sortiez vainqueurs ou avilis, il faut que vous rendiez compte à la France des raisons qui vous font conserver dans votre s^in cet iionmie sur lequel f opinion publique se déVeloppe avec horreur, il faut , et je crains pas de le dire i ou nous délivrer de sa pi esence , ou ■, par un décret soiemiiel, insulter a la raison publique, et le proclamer innocent.

il n’est pas moins pressant que vous preniez des mesures et contre cette coinmune‘ désorganisatrice qui proioîq^e une ai^torilé usurpée , et contre les agitateurs qui senient le trouble par leurs discours et par leurs placards, rtn \ ain pro'iigueriez- vous des mesures partielles , si vous n attaquez j-as le inrd dans le mal même, c’est-à dire dans les hommes qui en sont Les auteurs ; et c’est ici que l’on sent combien est fausse la maxime que i on a eu soin Vie jeter à l’avance dans cet e discussion. On vous a dit qti il faut s’occuper des choses , et non pas des personnes : mais dans une conjuratron publique , les choses et les hommes sont intimement liés et je de fie bien qu on puisse dénoncer une conjuration sans dénoncer les conjurés. C’est aussi le moment de relever une absurdité politique, bien mai-adroitenient avancée ; c’est que , dans une république , il ne peut exister de factieux ; tandis que l’expérience des siècles atteste que les factions sont les maladies presque périodiques des républiques. On vous a dit qu il ne faiioit pss accuser ia ville de Paris. Un sentiment contraire m’anime. Ceux-là ont calomnié ie peuple de Paris , qui lui ont attribué les horreurs commises par quelques personnes couvertes de son masc[ue et de son nom. Leur masque, je l’arracherai; leur nom, je le dirai : je vais rendre à chacun ce qui iui appartient.

Dans une de vos premières séances , on vous dénonça des tentatives criminelles faites par quelques ambitieux , pour changer le gouvernement; et si vous passâtes à l’ordre du jour, ce ne fut pas que vous n’eussiez point un commencement de preuves , ni que l’accasation ne vous parût très-grave, mais parce que vous voulûtes fermer les peux sur un péril passé, et jeter un voile sur des complots avortés , que votre présence scmbloit devoir emnêcher de renaître. Moi-même je lus entraîné par ces flatteuses espérances. Autrement,' on m'auroit mis en ' pièces plutôt que de me faire consentir à reléguer dans le portefeuille ces dénonciations toutes prêtes."

Je vais donc aujourd’hui les révéler leurs complots ; je les prouverai, non par des pièces , mais par des faits. Les pièces sont au comité de surveillance ; elles sont pvar-tout ; Paris tout entier sera mon témoin. Je dénoncerai les projets de subversion , d’anarchie , d’envahissement , de destruction de ia re-

présentation nationale , que quelques hommes a\ oient conçus, et qu’lis osent nourrir encure. Je m’efforcerai d’être court, éoutenez-moi de votre attention-j et vous, citeyen-président.

tâchez qu’on ne m’interrompe point; cnr dès qne je toucherai le Hirtl.on criera. J’ai à dire des vérités qui déplairont niorteiiemeïiî à quei€[ues-uiis.

Encore une courte réHexion. Je pourrois d’abord rn’ëtonner que Danton que personne n’attaquoit, se soit élancé à cetl© tribune pour déciarer qu’il est inattaquable ; qu’on soit venu tout d'un coup et d’avance désavouer un collègue ,, comme si on ne s’eti étoit pas servi pour quoique chose dans celle combinaison vaste d’un grand complot qui a existé ; et j’observe oue si I on a bihV expérience du mauvais t:empérame?tt; de ceî lioniiîie , on no doit pas en être toui-a-fait quitte , pour j^éclarer maintenani qu’on y renonce. On /vous a rappelé les o’Dservations d’an mmiüt.re, sur les événemens du coinmenoenient de septembre. Je pense en effot qu’on y a trouvé un grand mérite ; mais moi , qui considère depuis un an ces mouvemens du peuule de Paris , et ceux qui l’agitent , je ne me lais serai pas égarer par une éloquence trop subtile. Celle du nouveau ministre de la justice l’a entreiné ; il a fait des rappra» eh mens plus ingénieux que solides : les faits vont le démontrer.

Je comparerai à la révolution du, lo août , celle du 2 sep- ■temhre.

- Robespierre , c’est de l’ensemble de vos actions et de votre -conduite que sortira l’accusaticn.

Ce fut dès le mois de janvier dernier, que dans un lieu où se rassembioient mille à quinze cents hommes , jugés les meilleurs ou les plus ardens patriotes de Paris ; dans un lien qu’à cause du res- ^pect qu’il lui faut porter pour d’immenses services antérieurement; i'endus à la pairie , je vous de nie dispenser de nommer (i). Ce fut au mois de janvier dernièr qu’on dut remarquer aux Jacobins un parti, foible de nombre et de moyens , fort d audace et de toute espèce d’immoralités; un parti qui s’étoit venu jeter au milieu de nous pour couvrir de notre nom g orieux son nom justement suspect; pour s’empafer du bien que nous avions Dit et se l’attribuer ; pour propager dans notre local plus commode qu@ le sien , sa doctrine qu’il disoit être la nôtre ; pour pervertir notre institution a 'son prolit et contre nous-mêmes ; pour inquiéter , fatiguer, écarter par tous les moyens de hr pins vile tactique , cjuiconqueessaieroit de ramener à sa pureté primitive cet établissement aujourd’hui si mécoxonoissable , qui! ne lui reste , en vérité, que son titre, dont les usurpateurs abusent pour appeler et

(i) Ici la grande majorité insista pour qu’il ne fût pas permis d user de CCS petits ménagemens indignes d’un Répub’icain : je nomtnai donc d-s Jacobins .

Retenir ao milieu d’eux quelques hommes de bien qu’ils trompent indignement.

Ce tut dès le mois de janvier , qu’on vit succéder aux discussions profondes ou brillantes qui nous avoient honorés et servis dans l’Europe ^ ces misérables débais qui aurolent pu nous y perdre. Ce Ru alors qu à travers les inculpations inhni-

ment iustrs

dont

une cour traiiresse niéruoit d’éîre

po

ur-

suî\2v^ , on eut soin de jeter uidirecîenient eontre l’excellent côté gauche de rassemblée légulative les accusations les plus étranges, dont le ^erme devoir se développer terrible, quand le jour des catojnines directes sero t arrivé." Alors on vit quelques personnes, assurt^ment privilégiées, vouloir parler, parler sans cesse, excRisivr me .t parler, non pour éclairer les membres de l'aggn gabion , mais pour jeter entr’eux des semences de division toujours renaissantes, ra-is sur-tout pour être entendus de quelques centaines de spectateurs dont il^^parut qu’on cherchoit à conquérir les^ applaudissemens , à quelque prix que ce fût : alors on vit qu’apparemirient il étoii convenu que tourà-tour les alKdés se relayeroient pour présenter tel ou tel décret , tel ou tel individu du côté gauche de l’assemblée à l’aniraadyersîoo de ces spectateurs crédules, et au contraire à leur aomiration de nulle manières provoquée , tel constituant dont les partisans fougueux faisoieut constamment le plus fastueux éloge, a moins qu'il ne le fit lui-même. Nous cependant , demeurés eu petit nombre à cause des xlégoius dont on nous envîrono..u ; nous, observateurs assidus malgré les persécutions naissantes , nous nous sentions oppressés d’étonnement beaucoup plus que d'inquiétude. Nos v^eux ne s’étoient p>as tout à- Rit ouverts ; nous nous bornions à gtmir sur l’iiuRiaine fûiplcsse de quelques personnages que nôus voulions encore estimer assez pour les croire seulement travaillés de jalousie vive envers autrui , d’estime désordonnée pour eux-mêmes.

Mais apsès la Rmeuse journée du lo mars , Lessart ayant été trappe u accusati<'»n , et des patriotes se trouvant saisis des renes du gouvernement , quelle fut notre surprise d’entendre ceux qu alors nous reconnûmes pour des agitateurs , déclamer contre un ministère jacobin , avec plus de chaleur cent fois qmlsnen avoient mise à surveiller un minisfère conspirateur! A cette époque ils ne craignirent pas de laisser t<:'mber un premier masque devenu trop iueoinmode ; les harangues ne furent permises qu’à celui qui drnigroit les meilleurs décrets emporti s rmr le courage du côté gauche de l’assemblée ; qu’à ce ni qui cajomniojt tel pmiosophe , tel écrivain , tel orateur pa*p-iotes ; qu’à celui qui déciaroit avec le plus d’impudeur , qu un tel etoit en France le seul homme vertueux , "le seul à qui i oippûf confier le soin de sauver la patrie: qu’à celui qui piouiguoit les plus basses flatteries à quelques ceiUaines

de Citoyens d’abord qualifiés le peuplé dé Paris, et puls''absd'5, îument le peuple , et puis le souverain ; qu’à celui' qui pré^ sentoit à des hommes réputés libres , une idole ; et sur tout elles ne furent permises tju’à l’idole même , qu’à cet usurptv teur superbe, de qui déjà sa faction disoit presque qü’il étoïC iin dieu ; et qui lui-même répétant l’éternelle éniirneratioa cltîs rrtérites , des perteciions , des vertus sans nombre dont ii se recoïinoissoit pourvu , ne manquoit jamais , après avoif vingt fois attesté la force, la grandeur, la bonté, la souveraineté du peuple, de protester qu’il étoit peuple aussi t ruse aussi grossière que coupable , au moyen de laquelle confondant ensemble et l’idole , et les adorateurs , et le pré~ tendu souverain , on parvenoit à les rendre , pour ainsi dire inattaquables : de sorte que quiconque avolt encore assez de courafje^pour contester au clief radoré , je ne dis pas le moindre de ses mérites , mrais seulement la pius absurde ou la plus ca»*lomnieuse rie ses opinions , étoit aussitôt poursuivi comme ayant outragé le peuple ; ruse grossière , mais qu’on ne doit pas, quelque méprisable qu elle soit , repousser par le seul mé-^ pris ; car on sait trop que c’est elle qui a réussi à tous les usurpateurs , à tous, depuis César jusqu’à Cromwel , Depuis Sylla jusqu’à Mazanielle,

Alors , représentons du peuple , tous ceux qui ne voulurent pas rester dans i’aveualement , durent voir, il devenoit incontestabi© qu’entre ces hommes toujours plus unis , plus into»; lérans , pius audacieux dans feurs calomnieuses persécutii.ms j plus rampans dans leurs popuiacières flagorneries , plus impu-^ tiens dans leurs ridicules apothéoses , à mesure qu’elle s’avan-^ çoit plus inévitable et pius sainte, celte insurrection que d’autreâ aussi provoquoient , mais dans des intentions bien différentes^ il devenoit incontestable , qu’entre ces hommes il existoit un. pacte secret dont ~le but devoit être , puisqu’ils poursuit oient de toutes parts les talens et les vertus , de fair© tourner au profi t de leur ambu ion personnelle ia révolution qui se préparoit ; d’oppiimer le peuple , puisqu’en feignand d’en, éclairer une portion ils ne cherGhoient qu’à les égarer tou'es; d’anéantir la représentation nationale, puisqu’afin de l’avilir ils décnoicMt tous ses actes ; enfin , puisqu’ils vouloienÉ qu’on adorât leur clief, de se constituer sous lui, avec lui * et bientôt peut-être sans lui ; au r-uoment où. le roi traître ailoit tomber , de se constituer rois eux-mêmes , rois , ou trie buns , ou dicîateurs , ou triumvirs , qu’importe le nom ? ^

Nous , cependant , membres anciens de l’aggrégation presque détruite , nous conslamra^^nt demeurés fidèles aux principes d© l’austère ég^iiié , convaincus des mauvâis desseins ne cette horde de faux-fiéres Gonjurés , inquiets de la marche qu’ils comptoieol suivre , et nous demandant quek étoient leurs

moyens , nons avancions de notre côté dans la carrière révolutionnaire ; nous avancions frappant ensemble une cour traîtresse et de traîtres agitateurs (i) ; et sur-tout redoublant d’efforts pour que la considération également due au caractère et à la conduite de deux cents et quelques députés que nous regardions comme les dignes repréaentans de la nation , ne pût leur être ravie ; pour qu’ils en restassent environnés pendant cette commotion violente, où il étoit si nécessaire de conserver un cemre d’union autour duquel pussent se rec nl'ioître et se rallier tous les amis vrais de la liberté ; nous av^ancions , bien résolus , quoi qu’il pût arriver , à ne jamais consentir qu’on substituât au saint amour de la patrie , fido^ latrie sacrilège d’un homme ; bien décidés à ne courber un front soumis que devant la majesté de tout un peuple legitiïTiement représenté ; et , nous flattant d’ailleprs qu’après avoir îenverse 1 ancien tyran , la tmite - puissance nationale sauroit bien abattre les tyrans nouveaux.

Certes , et pourquoi le nierois-]e ! ils ont , dans la journée nu îo août , contribué pour quelque chose à la chute de celui qu'lis comptoient remplacer, hiais l’utilité de leur secours sufhroit-elle pour en effacer la tache? Ou je n ai qu’une fausse îdee des moeurs républicaines , ou la liberté , pure comme la vertu , son inséparable compagne , réprouve ceux qui l’ont servie par des motifs indignes d’elle : et d’ailleurs comment ne pas punir leurs complots , lorsqu ils en reprennent fexé-

Keprésentans^ du peuple , une journée à jamais glorieuse, celle du ÎO août , venoit de sauver la France. Deux jours encore s’: toient éxoulés ; membre de ce conseil-général provisoire (?/. , j’étois à mes fonctions; un homme entre, et tout-àcoup li se fait un grand mouvement dans fasserriblée. Je regarde et ] en crois à peine mes yeux : c’étoit lui , c’étoit lui-méme ' il venait s asseoir au milieu de nous... Je me trompe; il étoit a ie déjà se placer au bureau : depuis long- temps il n’v avoit d égalité pour lui.... Et moi , dans une stupeur

pius

stupeur profonde ,

poignards de la Cour et de lÉtat Major parisien , i'écrivois jeoenonçois avec queique énergieLafayettectLouisXVI:

Sauck. ^ Asscinolee , toujours attaque par Vido/e et ses idolavcs. Ce fut

=’<S!evoicnt , j’en ai deviné la cause ; j’ai dit à aetois pas resté dans ce conseil - général, plus de to à P^'^suaae que perois que les sakitaires convulsions de la révolution

o"a ^ternte qu’elles fe prolongeoient au-delà

des ne^é r prompte retraite m’avoit valu des calomnies

PariF con‘>’p ’ ^ occasion qu’ils ont voulu soulever le peuple de

toui^nra apjaneù„?““’ je me fais gioitc d’avoir

je m’interroge sur cet évènement , imprévu je l’avoue. Quoi ! r.obespierre , l’orgueilleux Robespierre , qui , dans des jours de péril , avoit abandonné le poste important où la confiaDce de ses concitoyens i’avoit appelé, qui , depuis, avoit pris vingt fois l’engagement solemnel de n’accepter aucune fonction publique , qui seulement un soir , devant quinze cents témoins, avoit bien voulu s’engager à se faire le conseiller du peuple , pourvu, que le peuple en témoignât le vif désir : le conseiller du peuple! pesez l’expression , ]e vous prie : Robespierre se commettant au point de devenir comme nous un officier municipal ! De ce moment il me fut, démontré que ce conseii-gméral devoir sans doute exé.üter de grandes choses, et que plusieurs de ses membres éioient appelés à de hautes destinées.

Mais reposons- nous un instant sur cette révolution du lo août. Vous savez , représentant , qu’ils s’en attribuent f honneur; et certes , je m’étonne que ceux-là qui se portent sans cesse les défenseurs du peuple , et paroissent ne se complaire qu’j vanter sa prudence et sa force, veuillent aujourd’hui lui disputer la gloire de cette journée , et ne craignent pas de soutenir que sans leur appui foibie , il alloit tomber dans l’abyme. La révolution du lo août est l’ouvrage de tous ; elle appartient à nos faiixbourgs qui se levèrent tout entier , à ces braves fédérés qu’il ne tint pas aux chefs des agitateurs qu’on ne reçût point dans nos murs u). Elle appartient à ces. deux cents courageux députés qui, là meme , au bruit des décharges de l’artillerie, rendirent le décret de fa suspension de Louis XVI, et plusieurs aiùres que la commission des vingt-un tant calomniée tenoit tout prêts ; elle appartient ,, et grâces leur soient rendues , à la vaillance des généreux guerriers du Finistère , à i’intrépidiîé des dignes enfans de la fière Marseille ; elle appartient à tous , la révolution du loaoût. Mais celle du 2 septembre ! conjurés barbares , elle est à vous ; elle n’est qu’à vous 1 et vous-mêmes , vous vous en êtes glorifiés. Eux-mêmes , avec un mépris féroce , ils ne nous désignoient que les patriotes du, 10 août ; avec un féroce orgueil ils se qualifioient les pasriotos du, 2 septembre. Ah! qu’eibe leur reste cette distinction digne de l’espèce de courage qui leur est propre; qu’elle leur reste pour notre justification durable et pour leur long opprobre!

Messieurs , nous voici donc à l’époque fatale : pourrai-je contenir mon indignation ? Les prétendus amis du peuple ont voulu rejeter sur le peuple de Paris les horreurs dont la première semaine de septembre fut souillée ; ils lui ont fait le plus mortel outrage ; iis l’ont indignement calomnié. Je le

(i) Ici une voix a crié : Cela n’est pas vrai. J’ai répondu ; Cela est si vrai ,que pendant deux séances consécutives au.x Jacobins, il a déclamé contre k camp de z®,coo ho.mmes ; je l’ai entendu.

lO

connefs , le peuple de Paris . car je suis né » j’ai vécu au miije» Im : il est brave ; mais, comme les braves, il est bon;

est mij atient , mais il est généreux : il ressent vivement une iRfore mais après la victoire il est magnanime. Je n’enfends î* *as par.er de telle ou telle portion quon égare, mais de l’iramajorité , quand on la laisse à son heureux naturel.

^ 11 sait combattre , le peuple de Paris ; il ne sait point assassmer. li est vrai qu’on le vit îout entier le lo août devant le chaîeau des Tuileries; il est faux qu’on l’ait vu le 2 septembre clr^ant les prisons. Dans leur intérieur , combien les bourreaux «toiem-i.s Dmx cents, pas deux cents, peut être; et au dehors, que pouvoiî-on compter de spnctateurs , attirés par une curiosité véritablement incompréhensible ? Le double , rout-au-plus (1).

Mais , a f-on dit, si le peuple n’a pas participé à ces meurtres, pounmoi ne les a t-il pas empêchés? Pourquoi? osrce

Ilo^ de Petion étoit enchaînée^ parce que

lloDnd parloit en vam ; parce que le ministre de la justice ne

presidens des quarante huit sections, P ^es a réprimer tant d’affreux désordres , alten doieiit des régui< smons que D commandant - général ne fît pas; parce que des oJhciers municipaux , couverts de leurs écharpes , prcsiLient à

^ «ss^nibiée 1 gisîative ? l’assemblée législative. Representans du peuple, vous la vengerez. L’impuissance ou vos prédécesseurs étoient réduits , est , à travers ant de crimes , le plus grand de ceux dont ü faut punir les Xoiceries que je vous dénonce. L’assemblée législative î elle étoit jonrneliement tourmentée , méconnue , avilie par un insolent démagogue qui venoit à sa barre lui ordonner des décrets * oui ne retournoit au conseil généra! . que pour la dénoncer qui revenoit ju.sques dans la commission des vingt-un menacer du oc&in (2); qui toujours l’injure , le mensonge et les proscriptions

(r) Ob m’a intermmpu , j’ai dit : niez- vous ? Eh bien , qu’on interroge fa ™ j’avance , je le tiens de Petion , c’est Petion qui me

murmuré , comme si le fait avancé eût été au.x J ai demande la parole, a dit Lacroix, pour attester un fait avancé

SL 1 présidence 3 Rassemblée legislative , j’avois

cede le fauteuil a Hérault vice-president. Robespierre, à la ?e te d’une députation du conseil-genera. de la commune , vint demander à Rassemblée rationale ae confirmer 1 aneanmsement , déjà npere , de cetté commune 6c du directoire du deparrement. J eus le ceu âge de combattre cette proposition, & de faire ceLe de passer a Rordre du j ru-, qui fut décrété.' En descendant d. .a tnoune , )e me retirai dans Rextremité du côté gauche i 6c là , Robesîuerre^me ait que si Rassemblée nationale ne f-ifoit pas de bonne volonté

* V fàiiroir bien le lui faire faire avec le tocsin.

,i X> apres cette menace qui fut repétée par plusieurs menrbres du canseil ce la commune, 6c entendue par plusieurs de mes c -'iegue^ , je quittai mj pia.c , 6c je vins a la tribune dénoncer le fait 6c faire cette îépon&e î L»

à la bouche ; accnsoit les plus dignes reprësentans du peiip d’avoir vendu la France à Brunswick, et les accusoit , la veilîfô du jour où le glaive des assassins alioit se tirer; qui, ne pou-^ vani arracher tous les décrets , en faisoit lui-même ; et, contr© une loi formelle , teooit les barrières fermées , et conservoït son conseil-général muiileinent cassé par un decret. C’est ainsi que déjà ce despote approchoit du but proposé ; celui d’ho- Kiilier devant les pouvoirs de la municipalité , dont il étoiî ' réellement le ciiif , l’autorité nationale , en attendant qu’il pù£ l’anéantir : oui , l'anéantir ; car en même-temps , par ce trop célèbre comité de surveillance de la ville , des conjurés couvroient la France entière de cette lettre où toutes les communes étoient invitées à l’assassinat des individus ; et , ce qui est plus horrible encore. !... donnez ici toute votre attention à l’ensemble de leurs forfaits ; et, ce qui est plus horrible encore! à l’assassinat de la hberlé , puisqu’il ne s’agissoit de rien moins que d’obtenir la coalition de toutes les municipalités entre elles , et leur réunion à eelie de Paris , qui devenoit ainsi le centre de la représentation “commune , et renversoit de fond en comble la forme de votre gouvernement. Tel étoit assurément leur système de conjuration , que vous les voyez mainrenant même poursuivant encore ; tel étoit leur plan exécrable ; et s’il peut rester quelque doute , sachez ou rappelez vous qu’alors nos murs furent déshonorés par déa placards d’un genre inconnu dans Thistoire des nations les plus féroces. C’éîoit-la qu’on lisoit qu’il fahoit piller, massacrer sans cesse ; c’étoit la qu’on trouvoit d’affreuses calomnies contre les patriotes les }dus purs, visiblement destinés à une mort violente ; c’étoit-là que Petion, d^gae lui , bien digne de sa popularité , qu’au reste on s’étoir efforcé mille fois de lui ravir ; c’étoit-îa que Pélion , dont riuHexible vertu' devenoit trop gênante , étoit journellement attaqué ; c’étoit-là qu’on désignoit comme des -traîtres que la justice du peuple devoit se hâter de sacrifier , les nonveaux ministres, un seul excepté, un seul , et toujours le même.... Et puisses - tu, Danton , te justifier de cette exception devant la postérité ! Enfin, c’étoit-là qu on osoit essayer de préparer l’opinion publique à ess grands changemens

commune peut bien nous faire assassiner, mais nous faire manquer a notre devoir, jamais. Puisieuis de mes collègues sont parmi nous , iL peuvent me rendre justice.

Pludeurs membres se sont levés & ont attesté la vérité de ce fau.

Lacroix a ajenté. Et je dois à l'assemblée nationale la justice de dire que, malgré cette menace réitérée du locsiq , elle passa encore à l’ordre du joue Alors les membres de la commune s’en furent dénoncer rassemblée nationale , &c mes c U'egues me prièrent de ne pas m’en aller chez moi par les FeuîhaKs, parce qu’on m’attendoit pour m’égorger.

sî ardemment désirés, à Firslittition de la dictature, on, ce qui f ût mieux accordé les nouveaux despotes , à l’institution du triumvirat.

Et réespérez pas nous donner le change en désavouant aujoura hui cet enfant perdu de l’assassinat. S’il n appa^tenoit point à votre faction , qui donc lui donna tout-â coup la hardiesse de sortir vivant du sépulcre auquel lui -même ii s'éioit condamne,? Si vous ne deviez ] accueillir et le pjotéger , qui lui inspira cette confiance, h lui de qui vous nous lai-siez croire, quelques semaines auparavant , que son exister ce étoit un prob:éme^? S'il îi’éioit pas des vôtres, qui donc lui fournit, dans la misère exiiême venoit d’avouer (i) , qui lui fournit les fonds nécessaires à tant de dépenses exorbitantes ? SM n’éioit pas initié à tous vos projois d’oppre.ssion ; si son dévouement à 'les servir ne lui avrit jjas mérité quelque recompense , pourquoi le proüuisites- vous dans cette assemblée électorale que vous dominiez par rinEîigue et par l’effroi... . (2). à qui vous ortionriaies sps suffrages pour- lui , et du sein de laquelle vous le Jetâtes au milieu de nous , cù il est encore . mais où, s’il y a qimlque ju-ticesur la terre, ii ne restera pas?

Revenons à ses maîtres : Par quelle voie espéroient - ils accomplir leurs snpiénies destinées par celle à travers laquelle ils s'avançoient déjà cruellement enorgueillis ; par de nouveaux nia«;sacres li en falloit encore pour que la terreur fût complète, et pour écarter quiconque, en ces jours de deuil et de subversion, plus attaché à la liberté qua la vie, tentoit d opposer quelque résistance à leurs triomphes exécrés. Aussi nous entendîmes bientôt, jusques dans les places publiques , des voix impies réclamant une immense liste où se pressoient entassés cies milliers de signatures , la plupart sur^irises k une aveugle creuLiliié; des voix impies qui déjà soîiicitoient les biens el le

(î) Ici j’ai cité sa lettre à Roland , dans laquelle il demandoit 1^,000 îiv. peur le pai vre patriote Marat.

fl) Encore une interruption ici. Obligé deXrr.’erpîiquer , j’ai dit : Oui , Ivobespierre , dans un meme dise urs a i’a-.serr.blée eleciroiale , dénigra Priest ey f-c produisit Marat non pas nominativement, mais il le désigna si bien cu’on ne le put inéconnoîire. Citoyens, on devoir discuier les candidats, ceux-là sur-tout contre lesquels il pouvoi- s’élever des reproches: eh bien ! plusieurs oeu'anderent la parole cont.e cet étrange candidat^ m.oi aussi je la demandai, gersenne^ne l’obtint i & comme ie sertois , je fus entoure de ces hommes a gros baron, & à sabres dent le futur dictateur marchoit îonjours environné : des gaides-dii'Corps de Rooe-spierre. Ils m.e m, nacerent j iis me dirent, ( et remarquez que c etoit dans les jours de l’assassii. at } iîs me dirent en propres termes : Ava,nt ycu tu y pastcas.

^ Ainsi 1 on etoit iiore dans cette assemblée , eu sous les poignards on voioit a haute voix î

Non que j’entende attaquer tous les choix de l’assemblée électorale : certainement plusieurs soip bons; mais Cvux-là ent été surpris à la faction^ qui B ailleurs n’en a pas dégubé son niécontentenient. ^

iô

sfing de Finnornbral)!© fouis tics proscrits. Alors Ici constcrîîîi" tion fut générai^. Pendant quarante -liuit heures , etoo,coo faraillés désolées seront mes témoins , chacun trembla pour Poojet de ses affections les plus chères : des épouses , des enfrins en pleurs , venoient nous conjurer d'épargner la vie de leurs 05^ (I0 leurs époox. îdeias ! a travers i mutile piieie , nous sentions le reproche déchirant ,* nous d.einan>.ler d empêcher les assassinats à commettre , c etoit nous acciiseï des assassinats commis. Los empêcher ! comment i’aqrions - nous pu nousîiiémes nous étions sous tes poignards, fous ceux qui a voient défendu les droits «lu peuple avec constance , courage et désintéressement , éioient calomniés , poursuivis , menacés. Grands dieux ! où donc étions -nous? Lorsqu’en regardant autour de moi je VIS les plus purs patriotes pers^ eûtes ^ une visne outrapearite et du. plus inenaç nit augure , faite chez un énergujue républicain , dont les ccrivams agitateurs , comme naguère ceux de Louis XVl , vouloierit que le nom devînt une iajure ; des ra.andat^ d’amener préparés contre ceux qui , dans l’assemblée léoislative , avoient rais en état de suspension le despove précipité des Tuileries au Temple; et pour comble d’horreur,

un mandat d’arrêt contre Roland, confie cet nomme !

son vertueux courage est au-dessus des éloges d un homme. Quand je vis tant d’atrocités libei licides , je me deniandai si j avois , dans journée du 10 août , rêvé notie victoiie , ou si déjà Brunswick et ses cohortes contre - révolutionnaires étoient dans nos murs. Non ; mais de farouches conjures venoient de cim'^'nter pa.r le sang leur autorité nais^saote ^ et pour l’affermir, li leur falloit encore vingt-Iiuii mille cadavres! Alors je me ressouvins de Sylla , qui commença par frapper dans Rome des citoyens détestés , et qui bientôt fit porter sur les places publiques et sur la tribune aux harargues , les têtes des citoyens les pins recommandables 'par leurs vertus et leurs taiens. Ainsi la faction désorganisatdce , escortée ds la terreur et toujours précédée des placards de 1 liomiue de san^, s’avançoit rapidement vers son but; ainsi les conjurés aihuent sur les débris de tv>ut.-s les autorités et de toutes les réputations, commencer leur règne ; ainsi tu marchois à grands pas, Robespierre , vers ce pouvoir dictatorial dont la soif te dévoroit , mais où fattendoient enfin plusieurs hommes de quelque résolution , et que , n en doute pas , ils 1 dvoient juré par Brntus , tu n’aurois pas gardé plus d un jour.^

Qui les arrêta cependant ? ce furent quelques citoyens coura^mx qui se serrèrent ; ce fut la force d’inertie que Petion leur opposa ; ce fut la force d’activité que leur opposa Roland, qui mît à les dénoncer devant toute la France , plus d intrépidité qu’il ne lui en avoit Mu pour démasquer le plus fourb®

^es ro!s ; ce forent encore le mauvais succès de cette lettre du corolle ce sarveidaiice , dont les anarcliiques invitations fuient repousstes avec iiorreur jiar ies lumières ou le bon sens de tontes

« “ . parti de toutes

ies exaemites de 1 empire , vim retentir jusqu’au centre ; et

le preniiexes espérances que lit concevoir üumouriez , trop

to b e encore pom- arrêter l’ennemi, mais assez heureux ücjd

Fr/iu^ triquieiem ce fut sur tout ce génie protecteur de la

rie ® ’ <1“' P®roît avoir veillé sur elle pendant trois années

narit;^ P"» Sa sauve garde

moii'o '®re ce Pans , le centre et le foyer de loiites les com- ^ ons violentes , ce Paris que . dans les circonstances où nous O mes, il don sauver encore, pour peu que vous l’aidier.

les ob ’ i’® Jo'‘g temps calomnié

pense rr„rrn ’ patrtotes ; je t’en accuse , car je

06^01 ’ • h®”’’"®®*' bons citoyens et des représentans du

peuple ne t appartient pas,

de calomrîié les mêmes hommes, avec plus

cV*:t . ^ ^ époque des premiers jours de septembre ,

nro^rr' r' temps où tes calomnies etoient des

proscriptions.

nerf méconnu,

roéroenfo' ® /®P='®seniatlon nationale , et de l avoir fait

Hîeconnoltre , persécuter, avilii>;

nhipr de t etre continuellement produit comme un

îu éfn-c \ souffert que devant toi Ton ciir que

U etois le seul homme vertueux de ia France, ie seul qyi

toi-méme^^ ^ patrie, et de 1 avoir vingt fois donné à entendr©

tyrannisé l’assemblée électorale de Paris pdç tous les moyens dinirigue et d’effroi.

voii^ d’avoir évidemment marché au suprême poule nr^r m ®st au milieu de vous un antre homme dont

■nas h«^ houche , un homme que je n’ai

S vm! "" r lui-même. Lui-même denr Opinion étoit qu’il faiioit faire tomber

t inilleùêtes; lui - même il vous a avoué

Te-^r\n ’ ^ ^ pouvoit nier , qu’il avoit conseillé la sub-

d’n fn’b r.' oejUfcnt , qu il svoit provoqué rétablissement

vr dictature, du triumviraî : mais quand U

J ’ 'ous ne connoissiez peut être pas encore

îion-1. ! circonstances qui reridoient ce délit vraiment na-

s’ei Llî vous! et ia France

vous ’• * -b-urope s en étoiine. Elles atiendent ou#

TOUS pronoBciêi. ^

J e demande que vous charmez un comité d’examiner la conduite d@ Robespierre.

Et pour prévenir désormais , autant que possible, des coni'u»* rations semblables à celle que je vous dénonce , je demande que V(Dus fassiez examiner , par votre comité de constitution, la question de savoir si , pour le maintien de la liberté publique, devant lequel tout intérêt particulier doit disparoître , vous ne porterez pas , comme dans l’ancienne Grèce , une loi qui condamne au bannissement tout homme qui aura fait de son nom un sujet de division entre les citoyens.

J’insiste sur-tout pour qu’à l’instant vous prononciez sur un homme de sang dont les crimes sont prouvés : que si quelqu’un a le courage de le défendre , qu’il monte à la tribune ; et croyez-moi, pour notre gloire, pour l’honneur de la patrie, ne noos séparons pas sans l’avoir jugé. Je demande sur l’heure un décret d’accusation contre Marat.... Dieux! je l’ai nommé!

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