A LA CONVENTION NATIONALE
yi la séance du Octobre
f MPRIAÎÉE PAR ORDÉE DE LA CONVENTION NATlONALÉl
Une grande conjuration publique avoiî un instant nieftaté ds peser^sur la France , et avoit trop long-temps pesé sur Paris. Vous arrivâtes : nous crûmes c[ne votre présence mettroit un terms aux fureurs des ambitieux, et intimideroit les conspirateurs. N'ouâ nous étions, trompés : l’état où nous sommes annonce que i^.s complots n’ont été. qu’ün instant interrompus.
, Quand vous arrivâtes , l’autorité nationale ^ représentée par rassemblée législative étoit méconnue , avilie , foulée aux pieds;, Aujourd’hui on. s’attache de même à décrier cette assemblée ; on emploie de semblables moyens pour l’avilir. Sur les places publi» ques , au palais de la Révolution , et ailleurs , vous m’entende.^, : que diS'i^ 5 jusque sur la terrasse des Feuilians, jusqu’aux portai de ce teiTiple des loix, on prêche l’insurrection contre vous, contré les représenans du peuple, en convention 1
Il est temps de savoir s’il existe une faction ou dans sept à .huit membres de cette assemblée , ou dans les sept cent trente antres' qui la combattent. Il faut que de cette lutte insolente vous sortie* Vainqueurs ou avilis. Il faut que vous rendiez compte à la France (Je? qui Yoys font- eoqsirrfr dati;® votre sein cet
I®T lequel Fopïmoa ptiiilique se développe avec horreur. ÎI tir je ne crains pas de le dire, ou nous délivrer de sa présence^ ou, par un décret solemnel , insulter à la raison publique, et le .proclamer innocent.
Il n est. pas morns pressant que vous preniez des mesures et contre cette commune désorganisatiice qui prolonge une autorité jUsurpee , et contre les agitateurs qui sèment le trouble par leurs discours et par leurs placards. En vain prodigueriez -vous des mesures partielles, si vous n attaquez pas le mal dans le mal même, o’est-à-dire dans les hommes qui en sont les auteurs j et c’est ici que l’on sent combien est fausse la maxime que l’on a eu soin de jeter à l’avance dans cette discussion. On vous a dit qu’il .faut is’occiiper des choses , et non pas des personnes : mais dans une conj'nration public[ue , les hommes et les choses sont intimement liés ; et je délie bien qu’on puisse dénoncer une conjuration sans dénoncer les conjurés. C’est aussi le moment de relever une absurdité politique, bien mal -adroitement avancée; c’est que , dans une république , il ne peut exister de factions ; tandis que l’expérience des siècles atteste ctue les factions sont les maladies presque périodiques des républiques. On vous a dit qu’il ne falloit pas accuser la ville de Paris. Un sentiment contraire m’anime. Ceux-là ont calomnié le peuple de Paris, qui lui ont attribué les horreurs commises par quelques personnes couvertes de son. masque et de son nom. Leur masque , je l’arracherai ; leur nem , je le dirai : je ft'ais rendre à chacun ce qui lui appartient.
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VOS premières seancs
nença des tenc , pour changer du
Dans un
tatives criminelles faites par quek’ues ambilis’ îe pouvernentent : et si vous passâtes à l’ordr fut pas que vous n eussiez point un commencement de preuves, ni que l’accusation ne vous parut très-grave , mais parce que vous voulûtes fermer les yeux, sur un péri! passé , et jeter un voile sur des complots avortés , que votre présence sembloit devoir empêcher de renaître. Moi-même je fus entraîné par ces flatteuses espérances. Autrement, on m’auroit mis en pièces plutôt oue de tne faire consentir àveléguer dans le pcîte-feuiiie ces dénonciations-
vais donc aujourd’hui les tévcler leurs complots ; je les-' prouverai, non par des pièces, mais par des faits. Les pièces sont au comité de surveillance ; elles sont par-tout ; .Paris tout entier «era mon témoin.' Je dénoncerai les projets de subversion , d’anarchie , d’envahissement , de destruction de la représentation nationale, que quelques hommes avoient conçus, et qu’ils osent nourrir «ncore. Je m'efforcerai d’être court. Soutenez-moi de votre atten-
ïiopi.fiî 8 citoyen-j3rç;^ident tâchez.. c]u’oa m’interrompe.
toutes prêtes.
Je
|§.oint ; car Jès que je toucherai le mal , on criera. Fai à dlré
vérités qui déplairont moi-îeUenaenî à quelques-uns.
Encore une courte réflexion. Je pourrois d’abord m’étonne# que Danton que personne n’attaquoit, se soit élancé à cette tri-, foime pour déclarer qu’il est inattaquable ; qu’on soit venu tout d'un coup et d’avance désavouer un collègue , comme si, on ne s’en ctoit pas servi pour quelque chose dans cette combinaisotî vaste d’un g-rand comnlot qui a existé : et j’observe que si l’on a raiî V expérience du mauvais timpérarnent de cet homme , on ne doit pas en être tout-à-fait quitte , pour déclarer maintenant qu’on y renonce. On'vôns a rappelé les observations d’un ministre,» sur les événemens du commencement de septembre. Je pense eit effet qu’on y a trouve un grand mérite ; mais moi qui considérés depuis un an ces mouvemens du peuple de Paris , et ceux qui l’agirent , je ne me laisserai pas égarer par üna éloquence trop subtde. Celle du nouveau ministre de la justice, (i) l’a entraîné; il a fait des rapprochemens plus ingénieux que -solides ; les fait? vont le démontrer.
Je comparerai à la révolution du ïo août, celle du 2 septembre J
Robespierre , c’est de l’ensemble de vos actiens et de vot:e
conduite que sortira l’accusation.
Ce fut dès le mois de janvier dernier, que dans un lieu où sé rassembloient mille à quinze cents hommes, jugés les meilleurs clï les plus ardens patriotes de Paris; d^ns un lieu qu’à cause du respect qu’il lui faut porter pour d’immenses services antérieurement rendus à la patrie, je vous prie de me dispenser de nommer {%). Ce fut au mois de janvier dernier qu’on dut remarquer aux Jacobins un parti , foible de nombre et de moyens , fort d’audaceen de toute esoèce d’immoralités ; un oaitl aui s’étoit venu jeter au milieu de nous pour couvrir de notre nom glorieux son non^ justement suspect; pour s’emparer du bien que nous avions fi'e et se l’attribuer ; pour propager dans notre local plus commode que le sien , sa doctrine qu’il disoit être la nôtre ; pour perverti? notre institution à son proùt et contre nous-mêmes ; pour inquiéter, fatiguer , écarter par tous les moyens d-C la plus vile tactique-.,' quiconcjue essayeroit de ramener à sa pureté primitive cet établissement aujourd’hui si méconnoissable , qu’il ne lui reste , en vérité , que son titre , dont les usurpateurs abusent pour appeler
( I ) Garat.
( 2 ) Tci la grande majorîté insista pour qu’il ne' fût pas pSr.T.is d’user de ce.s petits rat'najsir.eHS ipdigrASS 4’un E.dpif.Ecaiu : js notiunai donc Jdcoùins, , ■
î-etêhîf: au ïnilku d’eux quelques homniss de bien qu’ils trompeni îndignement.
'• ^ Ce lut dès le mois de janvier , qu’on vit succéder aux discus» sions profondes ou brillantes qui nous avoient honorés et servis „<3ans l’isivrope , ces misérables débats qui auroient pu nous y fperdre. Ce fur alprs qu’a travers les inculpations infiniment justes dont une ,çour traîtresse m*éritoit d’etre poursuivie , on eut soin de^ jeter indirectement contre l’excellent côté gauche de rassemblée legislative les accusations les plus étranges, dont le gerîns devoir se développer tervible , quand le jour des calomnies directes serqit arrive. Alors on vit quelques personnes, assurément privilégiées^ vouloir parler, parler sans cesse, exclusivement parler, ïion^pour éclairer les membres de l’aggrégation , mais'pour jeter «ntreux des semences de divisions toujours renaissantes, mais sur-tout pour Être entendus de quelques centaines de .spectateurs dont il parut qu on cherchoit a conquérir les appîaudisseniens , à .quelque prix que ce fût : alors on vit qu’apparemment il étoit convenu que tour-a-tour les affidés se relayeroient pour présentor ou tel decret , tel ou tel Individu du côté gauche de l’assemblée a l animadversion de ces spectateurs crédules, et au contraire a leur admiration de mille manières provoquée , tel' constituant dont les partisans fougueux faisoient constamment le plus fastueux eloge , à moins qu il ne le fit lui-même. Nous cependant, demeuies en petit nombre a cause des dégoûts dont on nous environnoit; nous , observateurs assidus malgré les persécutions naissantes , nous nous sentions oppressés d’étonnement beaucoup plus que d inquiétude. Nos yeux ne s’étoient pas îout-à-fait ouverts : nous nous bornions a gémir sur l’humaine foiblesse de quelques personnages que nous voulions encore estimer assez pour les croire seulement travaillés de jalousie vive envers autrui , d’estime désordonnée pour eux-mêmes.
Mais après la fameuse journée du îo mars, Lessart ayant été frappé d’açcusation , et des patriotes se trouvant saisis des rênes du gouvernement , quelle fut notre surprise d’entendre ceux %u’aloi's nous reconnûmes pour des agitateurs , déclamer contre un ministère jacobin, avec plus de chaleur cent fois qu’ils n’en ^voient mise à surveiller un ministère conspirateur ! A cette époque ils ne craigaiFcnt pas de laisser tomber un premier masque devenu trop incommode : les harangues ne furent permises qu’à celui qui denigroit les meilleurs décrets emportés par le courage du côté .gauche de ^assemblée j qu’à celui qui calomnioit tel philosophe , \el écrivain ,, tel orateur patriotes , qu’à celui qui déclaroit avec plus d impudeur , qu’un tel éfoit en France le seul homme verr ^ le seul 4 I’qp. pût confier le soin de sauyer la patrie.'^
^ü’à celtiï qui prodlguoit les plus basses fîa’tfenës â qneîqu^ centaines de citoyens d’abord qualifiés le peuple de Paris / et puis absolument le peuple, et puis le souverain ; qu’à celui qui présentoir à des hommes réputés libres , une idole ; et sur-tout elle» ne furent permises qu’à l’idole même ; qu’à cet usurpateur superbe de qui déjà sa faction disoit presque qu’il étoit un dieu ; et quîlui-même répétant l’éternelle énumération des mérites, des perfections , des vertus sans nombre dont il se reconnoissoit pourvu ne manquoit jamais , après avoir vingt fois attesté la force , la grandeur, la' bonté, la souveraideté du peuple, de protester qu’ib étoit peuple aussi : ruse aussi grossière que coupable , au mayerï, de laquelle confondant ensemble et l’idole et les adorateurs , et laprétendu souverain, on parvenoit à les rendre, pour ainsi dire, inattaqua’oies : de sorte que quiconque avoit encore, assez de courage pour contester au chef adoré , je ne dis pas le moindre d-a ses mérites , mais seulement la plus abkirde ou la plus calomnieuse:’ de ses opinions , éto^t aussitôt poursuivi comme ayant outrager le peuple ; ruse grossière , mais qu’on ne doit pas , quelque méprisable qu’elle soit , repousser par le seul mépris; car on sait îropf' que c’est elle qui a réussi à tous les usurpateurs, à tous, depuis^ César jusqu’à Cromv/el , depuis Sylla jDsqu’à Ma-zamelle.
Alors , représentans du peuple , tous ceux qui ne voulurent pav rester dans l’aveuglement , durent voir. Il devenoit incontestable qu’entre ces hommes toujours plus unis , plus intolérahs , plusr audacieux dans leurs caiomBieuses persécutions , plus rampans dansr leurs populacières flagorneries , plus impadens dans leurs ridicules' apothéoses , à mesure qu’elle s’avançoit plus înévitahle et p!u<ÿ sainte, cette insurrection que d’autres aussi provoquoient , mass dans des intentions bien differentes ; il devenoit i/Ucontestahle ou’entre ces. hommes il existoit un pacte secret dont' le but devo:t être , nuisciu’ils rroursuivoient de toutes parts les talens et les vertus
puisqu ils poursuivoient cie toutes parts les t , de faire tourner au profit de leur ambition personnelle la révolution qui se préparoît ; d’opprimer le peuple, puisqu er» feignant d’en éclairer une portion , ils ne cherchoient qu’à les égarer toutes ; d’anéantir la représentation nationale , puisqu’afhï de l’avilir ils décrioient tous ses actes ; enhn , puisqu’ils vouloienç qu’on adorât leur chef, de se constituer sous lui, avec lui, c& bientôt peut-être sans lui , au moment où le roi traître alloit tomber , de se cohstituer rois eux-mêmes; rois ou tribuns , ou dicta^. teurs , ou triumvirs , qu’importe le nom ?
Nous , cependant , membres anciens de l’aggrégation pre-squë détruite , nous constamment demeurés fidèles aux principes de Faustère égalité , convaincus des mauvais desseins de cette hort® 'de faux-frères conjurés , inquiets de la marche qu ils comptoienS'
“ et îpiSs clemanJant quels ctoîent îeurÉ rifdj^ens no'Sf avancions de notre coté dans la carrière révolutionnaire ; nouf? avancions trappant ensemble une cour traîtresse,, et de traîtres (î) ; et sur-tout redoublant d’elForts pour que la consi- <iérati©n également due au caractère et à la conduite de deux cents et quelques députés que nous regardions comme les dignes teprésentans de la nation, ne pût leur être ravie, pour c[u’i]s en pestassent environnés pendant cette commotion violente , où il etoit^si nécessaire de conserver un centre d’union autour duouel pussent se reconnoîtrè et se rallier tous les amis vrais de la liberté; îîous^ avancions , bien résolus , quoi qu’il pût arriver , à ne |amais consentir qu’on substituât au saint amour de la patrie ^ ^dolatrie sacrilège d’un homme ; bien décidés à ne courber un fiont soumis que devant la majesté de tout un peuple légiîiïTiement représenté ; et , nous flattant d’ailleurs qu’après avoin renversé 1 ancien tyran , la toute-puissance nationale sauroit bien; abattre les tyrans nouveaux.
Certes et pourquoi le nierois-je î ils ont, dans la journée: dip îo août , contribué pour quelqije chose à la chute de celui qu ils comptoient remplacer. Mais rutilité de leur secours suffiroit-ede pour en eftacer la tache ? Ou je n’ai qu’un® fausse lo-je des mœurs républicaines , ou la liberté , pure comme la veiru , son inséparable compagne , réprouve ceux c[ui l’ont servie par des motifs indignes d’elle ; et d’ailleurs comment ne pas punir leurs complots , lorsqu’ils en reprennent l’exécrable trame ?
Reppsentans du peuple , une journée à jamais glorieuse celle cu^ 10 août , venoit de sauver la France. Deux jours encore s’étoient écoulés ; membre de ce conseil -général provisoire (2) , j’éiois à mes lonctions ; un homme entre, et'tout-àcoup il ^s-faitsun grand mouvement dans l’assemblée. Je regarde, et j’en crois à peine mes yeux r c’étolt lai, c’étoit lui-même!
( I ) Sous les püipr.iirds de la Cour et de l’Etat Major parisien , j’écrivois {abc7mncUi^, ou je cienonçois avec quelque cnergie Lafayette et Louis XYi , Jiiais en mqme-îî:ups je sogtenois de mes fuibîes efforts le crédit du côté gauche de lAssemulee, toujours attaqué par VidcU et ses idolâtres. Ce fat mon crime a leu'rs yeux ; ils n’o,soient m’en accuser , mais ils ne me le pardonnoient pa.s,
( ^ murmures s’élevoient, j’en ai deviné la cause ; j’ai dit à
i assemblée que js n-éto.is pas resté dans ce conseil-général, pins de 10 à 12 jours persuadé que j’étois que les salutaires Convulsions de b révAlution- I P/us necessaire devenoisnt funestes des qu’elles se prolongeoient au - delà ou terme. J ai dit que ma prompte retraite m’avoit valu des calomnies ôc des persecutions. Cest à cette occasion qii’il,s ont voulu soulever le peuple de Fans contre la Section des Lombards, k laquelle je me fais gloire d’avoiy appartenu jusqu alors. - “
lî veno't s'asseoir au milieu de nous.?.', le me trompe ; îî étolf allé déjà -se placer au bureau : depuis long-temps il n’y avojt plus d’égalité pour lui..... Et moi , dans une stupeur protonde , je m’interroge sur cet évènement, imprévu je l’avoue. Quoi î Robespierre, l’orgueilleux Robespierre, qui, dans des jours ds péril , avoir abandonné le poste important où la confiance ds ses concitoyens l’avoit appelé , c|ui depuis avoit pris vingt fois l’engagement solemnel de n’accepter aucune fonction publique , qui seulement un soir, devant quinze cents témoins, avoit biett voulu s’engager à se faire le conseiller du peuple , pourvu que le peuple en témoignât le Vif désir : je conseiller du peuple I pesez l’expressicn , je vous prie : Robespierre se commettant au' point de devenir comme nous un officier municipal 1 De ce moment il me fut démontré que ce conseil - général devoit sans doute exécuter de grandes choses , et que plusieurs de ses membres croient appelés à de hautes destinées.
Mais reposons - nous un Instant sur cette révolution du i(3 août. Vous savez , représentans , qu’ils s’en attribuent l’honneur; et certes, je m’étonne que ceux-là qui se portent sans cesse les défenseurs du peuple , et paroissent ne se complaire qu’à vanter sa prudence et sa force , veuillent aujourd’hui luî disputer la gloire de cette journée , et ne craignent pas de soutenir que sans leur appui foible , il alloit tomber dans l’a-' byme. La révolution du lo août est l’ouvrage de tous ; elle appartient à nos fauxbonrgs c[ui se levèrent tout entier , à ces braves fédérés qu’il ne tint pas aux chefs des agitateurs qu’on ne reçut point dans nos murs (i). Elle appartient à ces deux cents courageux députés qui , là même , au bruit des décharges de l’artillerie, rendirent le décret de la suspension de Louis XVI, et nlusieurs autres que la commission des vinet-un tant calomniée tenoit tout prêts ; elle appartient , et grâces leur soient rendues , il la vaillance des généreux guerriers du Finistère, à l’intrépidité des dignes enfans de la flère Marseille ; elle appartient à tous , la révolution du lO août. Mais celle du a septembre ! conjurés barbares, elle est à vous; elle n’est qu’à vous ! et vous-m.emes , vous vous en êtes glorifiés. Eux-mêmes , avec un mépris féroce, ils ne nous désignoient que les patriotes du lo août; avec un féroce orgueil ils se qualifioient les patriotes du z septembre. Ah î qu’elle leur reste cette distinction digne de l’espèce de courage
( I ) Ici une voix a crié ; Ceia n’est pas vrai. J’ai répondu ; Cela est si vrai que pendant deux séances consécutives aux Jacobins, il a déclamé contre lî çamp de îOjOOo hommes ; je l’ai entejîdu,
lenr est pfopre ; qu’elle leur reste pour notre jastifieatîon 'durable et pour leur long opprobre !
Messieurs , nous voici donc à l’époque fatale : pourrai - je contenir mon indignation ? Les prétendus amis du peuple ont ^oulu rejeter sur le peuple de Paris les horreurs dont la première «emaine de septembre fut souillée ; ils lui ont fait le plus mortel outrage ; ils l’ont indignement calomnié. Je le connois ; le jieuple de Paris, car je suis né, j’ai vécu au milieu de lui; il est brave ; mais , comme les braves , il est bon : il est impatient , «nais il est généreux ; il ressent vivement une injure, mais après ta victoire il est magnanime. Je n’entends pas parler de telle ou ®ellc porttion qu’on égare , mais de l’immense majorité , quand on la laisse a son heureux naturel. 11 sait combattre le peuple de Paris ; «I ne sait point assassiner, il est vrai qu’on le vit tout entier le ,f ô août devant le château des Tuileries ; il est faux qu’on l’ait vu le 2 septembre devant les prisons. Dans leur intérieur, combien les bourreaux étoient-ils ? Deux cents , pas deux cents, peut-être ; et au-dehors , que pouvoit-on compter de spectateurs, attirés par une curiosité véritablement Incornpréhenslble ? Le double , tout- «u-plus (î).
Mais , a-t-on dit , si le peuple n’a pa^ participé à ces meurtres, pourquoi ne les a-t-ii pas empêchés ? Pourc[iioi ? parce qtre l’autorité tutélaire de Petion étoit enchaînée ; parce que tâoland parlolt en vain ; parce que le ministre de la justice ne ^xtrlolr pas ; parce que les présidens des quarante-huit sections, prêtes à réprimer tant d’affreux désordres, attendoient des réqui- «lîions que le commandant - général ne fit pas ; parce que des officiers municipaux, couverts de leurs écharpes, présidoient à ces atroces exécutions. Mais l’assemblée législative ? L’assemblée legislative ! Représentans du peuple , vous la vengerez. L’impiussance où vos prédécesseurs étoient réduits, est, à travers tant de crimes , le plus grand de ceux dont il faut punir les forcenés que je vous dénonce. L’assemblée législative l Elle étoit journellement tourmentée , méconnue , avilie par un insolent démagogue qui venoit à sa barre lui ordonner des décrets; qui SIC retcurnoit au conseil- général , cjue pour la dénoncer; qui revenoit jusques dans la commission des vingt -un menacer du toçsîa (2); qui toujours l’injure, le mensonge et les proscriptions
( I ) On m’a interroinpn , j’ai dit ; niez-vous ? Et bien , qu’on interrog» la vertu; le fait que j'avance , je le tiens de Petion , c’est Petion qui me l'a dit, (2) Ici plusieurs raenibres ont murmure, comme si le fait avancé eût é:é feux. J’ai demandé la parole, a dit Lacroix, pqur attester un fait avancé j[iar Louvet , un soir , pendant ma présidence à l’assemblée législative , j’avois 13^ le ïauteuii à Kéranlî , vice-presiclsut. R-obespierre , à la tète d’uue dépu*
t la bonclie accusoit les pins dignes représentans du peuplé d’avoir vendu la France à Brunswick, et les accusoit, la veille, du jour où le glaive des assassins alloit se tirer j oui , ne pou- 'Vs.Vit arracher tous les décrets , en fsjsoît lui-meme ; et , contre une loi formelle , tenoit les barrières fermées , et conservoit son conseil - pénéral inutilement cassé par un décret. C’est ainsi que déjà ce despote approchoit du but proposé celui d’iiumilier devant les pouvoirs de la munic'.palite , dont il etoit rés'iement le chef , l’autorité nationale , en attendant qu il puî i’anéamir : oui, l’anéantir; car en même -temps, par ce trop célèbre comité de surveillance de la ville , des conjures couvroienî la France entière de cette lettre ou toutes les conir munes étoient invitées à l’assassinat des individus ; et , ce qui est -plus horrible encore !.... donnez ici toute votre attention a î’ensemble de leurs forfaits ; et , ce qui est plus horrible encore ! à l’assassinat de la liberté, puisqu’il ne s’agissolt de rien n’ioins que d’obtenir la coalition de toutes les municipalités entre elles, et leur réunion à celle de Pans , qui devenoir ainsi le centre de la représentation commune , et renversoit de fond en comble la forme de votre gouvernement. Tel étoit assurément leur système de conjuration , que vous les voyez maintenant meme poursuivant encore ; tel étoit leur plrm execrable ; et s il peut rester quelque doute , sachez ou rappelez vous c[u alors nos murs furent déshonorés par des placards d’un genre inconnu clans l’histoire des nations les plus féroces. C étoit - la qu on bsoit qu’il falloit piller , massacrer sans cesse ; c’étoit la qu’on trouvoit d’affreuses calomnies contre les patriotes les plus purs , visiblement destinés à une mort violente; c’étoit-ià que Pétion, digne
f.ation du conseil- général de la communs, vint d.emander à 1 assembiee nat.onaîe de confirnier rancTntissenient , ‘dejà opéré , de cette coi-îiiiune & uyi directoire du département. J’eus ,1e courage de combattre cette proposition , & de faire celle de passer à l'ordre du jour , sui fut décrété. En descendant de la tribune , je me retirai dans l’extrémité du côté gauche ; & là , Robespierre me dit que si l’assemblée «atioaale ne faifoit pas d3 bonne volonté ce qu’il
demando^t , on fauroit bien le lui faire faire avec le tocsin. .
D’après cette menace qui fut répétée par plusieurs membres du censeil de la commune, & entendue par plusieurs de mes collègues, je quittai ma place, & je vins à la tribune dénoncer le fait St faire cette réponse: La commune peut bien nous faire assassiner , mais nous faire manquer à notre devoir , jamais. Plusieurs de mes collègues sont parmi nous , ils peuvent ma rendre justice. , - , , r-
Plusieurs membres se sont levés & ont atteste la vente de ce lait.
Lacroix a ajouté. Et je dois à l’assemblée nationale la justice de dire que , îTialoré cette menace réitérée du tocsin , elle passa encore à l’ordre du jour Alors les membres de la commune s’en fureat dénoncer l’assemblée natio-< ‘(paie, & içss collègues me prièrent de ne jeas m’eu îJiiê£ clisz Cjoi par ^euiUsns , parce qu’on m’attçndoit pour gj’égorgeig *
!ar lîi^en digne de sa popularité, qu’au teste on s'étolt e^orc5 mille fols de lui ravd ; c’étoit-là que Pétion , dont l’inflexibù; ^ertu^deveiioit trop gênante, étoit journellement attaqué ;c’é5oitr 8a ou on désignoit. comme des traîtres crue la iustice du peuole
’tlevoit se hâter de sacrifier , les
nouveaux ministres , un seul
^ ^ ^ UIA CV-lvX.
^scepîe^, un seul ^ et toujours le même.... Et puisses-tu , Danton , te justifier de cet^e exception devant la postérité ! Enfin , c’étoira qu on osoît essayer de préparer lopinion publique à ces grands cuartgemens ardemiment désirés , à l’institution de la dictature , ce qui eut mieux acccordé les n«uveau.x despotes, à l’institution du triumvirat.
• esperez pas nous donner le change en désavouant au-
jourd hui cet entant perdu de î’assasinat. S’il n’apparîenoiî point 2 votre^ faction , qui donc lui donna tour-à-coup la hardiesse de ^rtir vivant du sépulcre auquel lui -même il s’étoit condamné?
r vous ne deviez l’accunillir et le protéger ,■ qui lui inspira ccite confiance , à lui de qui vous nous laissiez croire, quelques s..mai nés auparavant , que son existence étoit un problème?
U n étOit pas des vôtres, qui donc lui fournit, dans la misère extrême qujl venoit d’avouer (i), qui lui fournit les fends ^ dépenses exorKtantes ? S’il n’étoit' pas ini-
■fie a tous vos projets d’oppression; si son dévouement à les S-tVir ne^ lui avoit pas mérité quelque récompense , pourquoi P^^fi^aisîtes - vous dans cette assemblée électorale crue v'oiis
tiommiez par l’intrigue et par l’effroi (2). A qui vous
ordonnâtes ses suffrages pour lui , et du sein de laquelle vous î- jetâtes au milieu de nous, où il est encore, mais où, s’il y s quelque justice sur la terre , il ne restera pas.
( X ) Ici j ai cité’ sa lettre à Roland , dans îaqnalle il demandeit i y,ooo lis', /x'iT p-.zu-rm patriote Marat.
. . . » qu'c...
put ir.éconnoitre. Citoyens, on devoit^jsciiîer les candidats, ceux-là ^i-kOuî contre lesquels il pouvoit s'élever dés reproches: eh bien! plusieurs 4is.nia.r!dercn.î la^pyoîe contre cet étrange candidat; moi aussi ie la demandai , ptisonneye lo»tint; & comme le sortois , je fus entouré de ces hommes a gros bâton & à sabres dont le futur dictateur marchoit toujours entironné ;
g2rdes-ü'a-corps de Robespisrrg. Ils me menacèrent; ils me dirent, (et cniarquez que céioit dans les jours de l’assassinaî) ils me dirent en propres
termes : Avant pe:i tu y passeras..
..msi 1 on étoit libre dans cetîs assemblée , 6ù sous lès poignards on vetoit à feauîe VOIX ! . '
Non que j entende attaquer tous les choix de l’assemblée électorale ; certainetnent plusieurs sont bons ; mais ceux-là ont été surpris à la facùÿs., qui d’aillsui'3 ■ « CE 3 pas déguisé x)»
-Rerenons à les maîtres ; par quelle vole espérolenî - Ils sæ* complir leurs suprêmes destinées ? Par celle à travers laquell® ïîs s’avsnçoient déjà cruellement enorgueillis : par de nouveaux rnassaores ; il en falloit encore pour que la terreur fût ecmplète , et pour écarter quiconque, en ces jours de deuil et da subversion , plus attaché à la liberté qu'à la vie tentoit d’oppoier quelque résistance à leurs triomphes exécrés. Aussi nous entendîmes bientôt, jufques dans les places publiques, des vois inîpies réclamant une imrsense liste ou se pressoient entasses des milliers de fignatures , la plupart surprises à une aveuc;]» crédulité ; des voix impies qui déjà solücitoient les biens sang de l’innombrable foule des proferits. Alors la consternatioiï fut générale. Pendant quarante-huit heures, & trente mille familles désolées seront mes témoins , chacun trembla pour Pobjet de ses affections les plus chères : des épouses, des enfàtr^ en pleurs, venoient nous coujnrer d’épargner la vie de leurs pères et de leurs époux. Pîélas I à travers i’inuîile prière, nous sentions le reproche déchirant : nous demàndér d’empêcher le» assassinats à commettre , c’étoit nous accuser des assassinats commis. Les empêcher 1 comment l’aurions ~ nous pu Noue-m.êmes nous étions sous les poignards. Tous ceux qui avoient détendu les droits du peuple avec constance, céufage‘-et désintcreriément , étoient calomnié
ies
dîeux ! ou donc étions - nous ? Loi-; moi je vis les plus purs patriotes périéculeè
pouriiuvis , mehàdésr Grandi;
•gea nte ré oubli cain
et du plus menaçant - aügiu-e faite
qu en, regàrd-ant autour de une yifîtè 'oiitra-
dont
cuea- un enfrgîque les écrivains agitateurs , cG’mfhe^Tiaç^'u'èré Cf^ux Gû Louis iÀ.V i , vouloieni que le nom dicvint i'îîi'é'*tnjnrc j des mandats d’amener préparés contre ceux qui, dan"s- rassemblée: législative, avoient mis en état de suspension le déspoté précipité des l'uileries au Temple ; et pour comh-le d’herreur un mandat d’arret contre Roland , contre cet -homme ! ....
Son vertueux Quand je vis
courage
j’avois
est au — désslis ces elottes d’un hotume tant ci’atrocités , libérticldes , je""me demandai si
notre victoire , eu
clans la journée du lo août , rêvé §1 déjà Brunswick et ses cohortes- contre-révolutiennaircs étoient dans nos murs. Non ; mais de laiouchcs conjurés venoient de cimenter par le fang leur autorité naissante ; et pour l’afrermir ' il leur falloit encore vingt-huit mille cadavres! Alors je me Sylla, qui commença par frapper dans Rome
ressouvins
de
des citoyens détestés, et qui bientôt £t. porter sur les placépubliques et sur la tribune aux harangues , les têtes des citoyens les plus recommandables par leurs vertus et leurs falens. Ainsi iâ dssQi-gaipsatrice , escortée de U terreur et toujoqrjS,
|jrécédée îles placards de l’homme de sang s’üvançoît rapidement vers son but ; ainsi les conjurés alloient sur les débris de toutes les autorités et de toutes les réputations , commencer leur règne ; ainsi tu marchois à grands pas , Robespierre , vers ce pouvoir dictatorial, dont la toif te dévoroit, ntais où t’at- 1-endoient enfin plufieursboinm.es de quelque résolution, et que^ «l’en doute pas, ils l’avoient juré par Brutus, tu n’aurois pas gardé plus d’un jour.
Qui les arrêta cependant ? ce furent quelques citoyens courageux qui se serrèrent ; ce fut la force d’inertie cjue Pétion leur opposa ; ce fut la force d’activité que leur opposa P».oland ^ cjui mit à les dénoncet devant toute la France , plus d’intrépidité qu’il ne lui en avoit fallu pour démaiquer le plus fourbe lies rois ; ce fut encore le mauvais succès de cette lettre du comité de surveillance , d-ont les anarchiques invitations furent répoussées avec horreur par les ium.ières ou le bon sens de toutes les communes; et ce cri d’indignation qui , ;^àrti de toutes les extrémités de l'empire, vint retentir jusqu’au centre; et les premières espérances que fit concevoir Dumouriez , trop foibic 'encore pour arrêter l’ennemi , mais assez heureux déjà pour f’inquiiter ; ce fut sur tout ce génie protecleur de la France , iqui paroît avoir veillé sur elle: pendant trois années de révo-
lutions successives , gui cans
les
plus furieux orages sernbloit
gusqu’à présent avoir toujours pris sous sa sauve-garde particulière ce Paris , le centre et le foyer de toutes les commotions violentes., ce Paris que , dans les circonstances où nous sommes R doit sauver encore , peur peu que vous Paidiez.
Ftebespierre , je t’accuse d’avoir depuis long-temps - calomnié les plus purs, les meilleurs patriotes; je t’en accuse, car je pense. c[ue l’hcnneiir des bons ci'toyens et des représentans du peuple ne t’appartient -pas.
Je t’accuse d’avoir calomnié les mêmes hommes , avec plus \le fureur , à l’époque des premiers jours de septembre , c’eft- ^-dire, dans un temps où tes càlotenies éteient des preferiptions.
Je t’accuse d’avoir , autant cpa’il étoit en toi , méconnu , persécuté , avili la représentation nationale , et de l’avoir fait mé- ^onnoitre , persécuter , avilir.
Je t’accuse de t’être continuellement produit comme un 5objet d’idolâtrie ; d’avoir fouflert que devant toi l’on dit que ;tu étois le seul homme vertueux de la France, le seul qui |pût sauver la patrie , et de l’avoir vingt fois donné à entendre foi-même.
Je t’accusS d’avoir tyrannisé l’assemblée élçcîorable de Mar tons ks rnoyQns d’iiitvieuç d’efiVoB 1
î accuse daroi-r évidemment marché su suprême poû'fol?^^
Législateurs , il est au milieu de vous un autre homme , dont le nom ne souillera pas ma bouche , un homme que je n’aî pas besoin d’accuser, car il s’est accusé lui-même. Lui-même li vous a dit que son opinion étoif qu’il failoit faire tomber ceux ^cents somante raille têtes; lui- meme li vous a avoué ce qu au reste il ne pouvoit nier, qu’il avoit conseillé la subversion du gouvernement, qu’il avoit provoqué l’établissement ^u trmunal, de la dictature , du triumvirat : mais quand il vous bt cet aveu, vous ne connoissiez peut-être pas encore toutes les circonstances qui rendoient ce délit vraiment national • es cet homme est au milieu de vous! et la France s’en indigne et 1 Furope s’en étonne. Ellés attendent que vous prononcæz '
Je demande que vous chargiez un comité d’examiner la co*<ir duite de Robespierre. ■“ '
Et pour prévenir désormais, autant que possible, des coniurations^semblables a celle que je vous dénonce , je demande que vous fassiez examiner, par votre comité de constitution b question de savoir si , pour le maintien de la liberté publique devant lequel tout intérêt particulier doit disparoître f vous ne porterez pas, comme dans l’ancienne Grèce, une loi qui con, damne au bannissement tout homme qui aura fait de son nom un sujet de division entre les citoyens.
J’insiste sur -tout pour qu’à l’instant vous prononciez sur mv homme de sang dont les crimes sont prouvés : que si quelqu’uiî a le courage de le défendre, qu il monte à la tribune; et croyezmoi , pour notre gloire pour l’honneur de la patrie , ne nous séparons pas sans i avoir jugé. Je demande sur l’heure un décret, «accusation contre Marat.. . . Dieux ! je l’ai pomuié l '