C. Cabinet des Muses ou chambre à Vitalienne
La vue de ce cabinet a été gravée par Picart,
Au plafond. — Phaëton vient demander à Apollon la conduite de son char que les Heures attèlent. Apol* Ion acquiesce à ses vœux et lui met sur la tête sa couronne de lumière. L'Aurore ailée et tenant un
(1) Extrait en entier des Recherches sur la vie et les ouvrages de quelques peintres provinciaux^ par de Ghennevières-Pointel, 2 vol. in-8°. Chapitre : La chamtn'e de Le Sueur,
flambeau devance le dieu du jour, et sur sa gauche on voit le Temps qui suit sa course avec rapidité. Au-dessous sont les Saisons. Au côté opposé on voit l'antre d'Ëole et les vents commençant à s'agiter. Un génie qui est au-dessus présente à Apollon le globe de la terre. H. 2,87. — L. 3,74.
Gravé par Cti, Dupuis. — Au Louvre. — Mis sur toile.
Dessîcs de cheminée. — Mercure, en présence de Vénus, arrache les ailes à TAmour et lui donne en échange son caducée.
Vénus. I Deux tableaux sur fond d'or. — Ces trois tableaux Vulcain . j ^^ ^^^^ P^^^ ^ Thôtel Lambert.
A la frise. ^— Enfants qui soutiennent des festons.
Ornements de grotesques, sur fond d'or. — Sont encore à Fbôtel Lambert.
PauTieaux de la porte. — Figures de femmes de coloris.
A lliôtel Lambert.
Plafond de T alcôve. — Diane sur son char.
Grave par Duflos. — A Thôtel Lambert, mais en tableau.
Lambris de l'alcôve. — Les Muses (les paysages sont de Patel).
Ces 5 tableaux ont été gravés par Audouin. — ChatiUon a lithographie les têtes des Muses.
Clio, Euterpe et Thalie. H. 1 ,32. — L. i ,30.
Gravé par Duflos. — Au Louvre.
Melpomène, Erato et Polymnie. H. 1 ,32. — L. 1 ,38.
Gravé par Duchange, — Au Louvre.
Uranie. H. 1,46. — L. 0,75.
Gravé par B. Picart. — Au Louvre.
Terpsichore. H. 1,16. — L. 0,75.
Gravé par B. PicarL — Au Louvre.
Calliope.H. 1,16.— L. 0,75.
Gravé par B. Picart^ — Au Louvre.
Grisailles du plafond , des pilastres du lambris ; (décoration ravissante en arabesques) ; grisailles des panneaux du stylobate; ornements des portes.
Encore à Tbôtel Lambert; ont été exécutées par Le Sueur ou sur ses dessins.
Dans le sahn qui précède le cabinet des Muses, trèsbelles grisailles sur les volets et sur les montants du lambris, et au plafond deux femmes couchées (en grisailles), chacune sur un bas-relief de bronze.
Encore à Thôlel LamberL
D. Chambre des bains ou Cabinet de Voltaire.
Ces admirables peintures, les dernières faites à Fhôtel par Le Sueur, sont encore en place.
Au plafond. — Quatre bas-reliefs de grisaille soutenus par des Termes, également de grisaille, représentant :
Le triomphe de Neptune ;
Le triomphe d'Amphitrite ;
Diane surprise par Actéon ;
Calisto dont la grossesse est découverte par ses compagnes.
Aux angles, huit figures de coloris représentant des divinités de la mer et des eaux, et des enfants qui jouent avec des branches de corail.
Tout ce plafond a été gravé par Duflos,
E. Divers ouvrages dans sa première manière.
Au plafond £une pièce au re^e-^hau^sée. — Le festin des Dieux; et quatre enfants en médaillons.
N'est pas grave dans Duchange. — Se trouve encore à Tbôtel Lambert.
Au plafond d*une chambre. — Jupiter , qui tient Vénus dans ses bras, est accompagné d'Apollon, de Mars et d'Hercule.
PTest plus à I*hôtel Lambert.
Dessus de cheminée. — Enée qui emporte son père Ânchise.
N'est plus à rhôtel Lambert.
Au lambris. — Quatre panneaux où sont peints des enfants.
Je n'ai pas pu les retrouver à Thôtel Lambert.
Au-dessus de ces panneaux. — Deux bas-reliefs de
grisaille représentant :
La peinture et la sculpture ; La Prudence.
Ne sont plus à Fhôtel Lambert.
Au plafond d'une autre chambre. — L'enlèvement de Ganymède.
Ce tableau est aujourd'hui au Louvre. — Gravé par Beauvais.
Au plafond de la chapelle. — Le Père Éternel dans la Gloire céleste.
Ce plafond n'existe plus.
Au plafond de la première pièce après la galerie. —
Quatre dessus de portes et ornements en grisaille du plafond .
Sont encore à Tbôtel Lambert.
F. Grisailles faites sur les dessins de Lesueur. Au vestibule oval du V^ étage. — Grisailles du plafond, du pourtour et des portes.
La grisaille à gauche de la porte d^entrée de la galerie a été gravée par E.-A. Petitoty architecte (1). — Encore existantes : très-belles ; ont été réparées avec respect et beaucoup d'intelligence en 1843, par M. Eug. Delacroix. Celle qui est à droite de la porte d'entrée de la galerie a été presque entièrement refaite par M. Delacroix. Elle était à peu près détruite.
A la chapelle. — La Vie de la Vierge.
Le lambris de la chapelle était peint en camaïeux sur les dessins de Le Sueur qui y avait représenté différents sujets de la vie de la Vierge. (Voy. Duchange) — Ces peintures n'ont pas paru , dit-il , assez intéressantes pour mériter d'être gravées. — Ces camaïeux ont été enlevés et dispersés (^j.
Au vestibule oval du 2^ étage. — Les grisailles du pourtour.
Encore existantes.
Antichambre à droite de ce vestibule» — Les dessus de portes, dont les sujets peints de stuc, ont rapport aux arts et aux sciences.
Encore existantes.
(1) Comme frontispice de son ouvrage : Ornements peints dans la maison de M. le Président Lambert, etc. La Bibliothèque nationale (Estampes) ne possède que ce frontispice.
(2) Un panneau de bois en camaïeu, peint à l'outremer, représentant l'adoration des bergers, et provenant de cette chapelle, appartenait à M. Wilson; cf. de Chennevières, toc, cit., p. 126 et 129.
Petit salon du re%-de-chaussé6. — Grisailles dans les panneaux du stylobate.
Encore existantes.
a. Pour la chambre du roi.
Un tableau représentant sous des figures allégoriques la monarchie française appuyée sur un globe couronné.
Quatre bas-reliefs représentant les quatre parties du monde.
b. Pour un cabinet à côté.
Un tableau représentant la figure de TAutorité élevée sur un trône.
c. Pour r appartement des bains d'Anne d'Autriche.
1<* DANS LA CHAMBRK ▲ COUCHER hE LA RBUfB.
Au plafond. — Un tableau oval représentant trois enfants couronnés de fleurs et qui tiennent des guirlandes à la main.
Grotesques sur fond d'or aux panneaux de menuiserie du plafond.
Dans les deux dessus de portes. — Vases de fleurs et
enfants qui font des guirlandes.
Embrasures des portes. In.
-- , 1 , . , f Grotesques pemts sur
Embrasures de la croisée. > p , ,,
l fond d or.
VoUets. )
Dans V alcôve. — Plusieurs tableaux de l'histoire de Junon .
2* DANS LE CÀBITfBT DBS BÀllfS.
Au plafond. — Jupiter donnant ses ordres à Mercure. Minerve qui préside rassemblée des Muses.
Gravé par /. Cœlemam sous le titre du Parnasse.
Dans les panneaux du lambris. — Les Vertus royales, peintes de bleu sur fond d'or.
Au plafond de l'enceinte où sont les bains. — 1® Dans les panneaux : plusieurs sujets de Gupidon et Psyché, peints de bleu sur fond d'or. — 2® Dans les panneaux du lambris. — Plusieurs petites figures de Nymphes et de divinités des eaux, avec divers ornements, peints de bleu sur fond d'or.
^0 GRAVURE A l'eAU FORTE, PAR LE SUEUR.
On connaît de Le Sueur une sainte famille, gravée à l'eau forte et très-rare. M. Robert Dumesnil l'a décrite dans le premier volume de son Peintre-Graveur français (1, 159-160). Elle a de hauteur 5 pouces 5 lignes; de largeur 7 pouces 5 lignes, y compris 4 lignes de marge. Au bas de la gauche, on lit l'inscription suivante, qui n'est pas de la main de Le Sueur, mais de celle d'un graveur en lettre : Eusta. Le Sueur Inu et fe. Le second état offre à droite : F. Bourlier exe. eu. pri. Reg. Ch. A Paris. A dire le vrai, la gravure est plus rare que remarquable, et, sans la signature, il ne serait pas possible de la donner à Le Sueur. Comme goût de composition c'est tout à
fait du Blanchard. Sous le rapport de l'exécution, elle tient à la fois de Vouët et de Lahyre ; moins grossière que chez le premier, moins sèche et aussi moins fine et moins légère que dans le second. Si elle est de Le Sueur, et il n'y a aucune raison d'en douter, elle doit être de sa jeunesse et lorsqu'il était encore très* près de Vouët.
9^ ESSAI DE CATALOGUE DES DESSINS DE LE SUEUR (i).
 la suite d'une biographie de Le Sueur, aussi complète que celle de Guillet, à la suite aussi des éclaircissements de tout genre qui ont pu lui être joints, il est nécessaire de ne pas oublier les dessins de Le Sueur; c'est dans les dessins seulement que l'on peut retrouver les compositions des tableaux perdus ou ignorés, celles aussi qui n'ont pas été exécutées, et leur détail ne peut qu'ajouter à l'éclaircissement de l'histoire de ce beau génie et à l'admiration pour sa fécondité. Nous n'avons pas la pensée d'être complets, mais nous avons donné ce que nous avons vu, ce que nous pouvons affirmer être de Le Sueur. Notre travail se réduit donc à vrai;dire au détail de ce qui se trouve dans la collection du Louvre et dans les admirables collections de M. Frédéric Reiset, conservateur des dessins du Louvre, et de M. His de la Salle. Ce
(1) Il a été rédige par M. Anatole de Montaiglon, attache à la conservation des dessins du Louvre.
catalogue aura donc au moins ce mérite, que Ton y pourra avoir confiance ; nous avons vu tout ce que nous décrivons. Nous n'y avons introduit que quelques indications prises dans un certain nombre de catalogues célèbres et dignes de foi » mais en indiquant soigneusement, par une astérisque, tout ce que nous n'avions pas vu nous même, d'ailleurs sans avoir fait d'une manière complète ce dépouillement qui nous eût entraîné trop loin, et qui eût peut-être compris bien des dessins plus ou moins douteux. Il existe en effet, surtout pour les études de figures , des copies contemporaines, faites certainement auprès du maître, par Gousse peut-être ou quelques aides de Le Sueur, qui sont très-belles et vraiment étonnantes, tant elles sont dans le caractère général, sans cependant reproduire la fermeté et la netteté des originaux. Mais, même en mettant de côté ces répétitions, qui ont été nombreuses, le nombre des dessins que Le Sueur a laissés n'est pas moins incroyable que leur beauté ; aussi furent-ils très-connus, très-estimés de bonne heure et tellement qu'on ne put s'empêcher d'en parler d'une manière toute spéciale ; nous trouvons dans un des manuscrits (le n^ 1) le passage suivant sur ses dessins : « Les études de Le Sueur sont le plus ordinaire- « ment sur du papier gris à la pierre noire, légère- <c ment rehaussées de blanc (1); son trait est pur, il
(1) Le papier des études de Le Sueur est moins gris que d'un brun assez foncé, piqué de taches et à vergures très-apparentes;
(( est simple , et ses draperies ont les perfections de (( justesse et de grandeur de plis ; il paroit même <( qu'il a été plus occupé dans toutes ses études à bien <( disposer ses draperies qu'à disposer exactement le <( nud; il étoit persuadé, et il pouvoit s'appuyer sur (( des autorités respectables, quil est plus aisé de desa siner une figure nue, que de disposer convenable- « ment une draperie. Ce grand homme avoit encore (( un soin dont je ne puis m'empêcher de faire l'éloge, « parce que cette exactitude me paroit fort négligée ff aujourd'hui, c'étoit celle de bien établir ses figures (( sur leurs plans ; il ne s'en écartoit jamais, non seule lement par une suite de la connoissance parfaite qu'il <( avoit de la perspective, mais on s'en apercevoit (( encore jusques dans les premières esquisses de ses (( compositions, où l'on voit l'échelle perspective qui « lui servoit à poser ses figures juste à la place qu'elles <( dévoient occuper; il avoit à faire dans son tems à « des gens extrêmement sçavants dans la perspecu tive, et qui n'épargnoient point ceux qui pèchoient
il a peu de corps et se détruirait facilement s'il n'était pas doublé. Elles sont en général à la pierre noire, parfois au fusin, presque toujours rehaussées de blanc. Ses compositions sont au contraire sur du papier blanc ou un peu gris, à la pierre d'Italie ou à la mine de plomb, et parfois lavées de oistre ou d'encre de Chine, mais d'une façon toujours très-légère. Ses dessins à la plume sont beaucoup plus rares ; quant aux dessins à la sanguine ils le sont encore bien plus, et l'on n'en trouvera pas un dans le catalogue suivant. M. de la Salle possède de cette façon une étude de Christ parmi les docteurs, qui peut être de Le Sueur ; si elle est de lui, ce serait la seule sanguine que nous aurions vue de sa main.
« contre les règles. Il ne vouloit pas éprouver les cria tiques humiliantes qu'il entendoit faire des ouvrages « de Lebrun son émule. »
Le catalogue suivant prouve en détail l'exactitude de cette appréciation ; car, dans les dessins qui le composent, il s'en trouve avec ces indications de perspective , et n se rencontre aussi beaucoup de ces études drapées que Gaylus admire avec tant de justice.
Maintenant, avant de passer à leur désignation qui m'a paru devoir être faite avec quelques détails pour qu'on puisse reconnaître et différencier les compositions, je n'ajouterai plus qu'un détail, consigné dans G. Brice (Description de Paris^ 1725) et tout à fait de notre sujet, c'est que le sieur Logé avait rassemblé les plus beaux dessins de Le Sueur et qu'après sa mort ils avaient été dispersés dans les cabinets de plusieurs curieux. C'est de là sans doute que vient originairement la plus grande partie de ceux qu'on retrouve en si grand nombre dans les cabinets du xvm® siècle, et de ceux qui sont maintenant au Louvre, de ceux surtout — et ce n'est pas la moindre part — qui y sont entrés à l'époque de la révolution.