Scène du Calvaire
Saint Jean agenouillé, et la tête levée vers la croix, soutient
dans ses bras la Vierge à terre et évanouie. A droite, le
pied de la croix, embrassé par la Magdelaine ,- à côté de la
> croix se tient un vieillard debout et cachant sa tête dans le
pan de son vêtement.
Admirable composition, qui nous paraît être un tableau complet et non pas un fragment; le groupe de saint Jean et de la Vierge est un centre parfait et suffit à remplir l'espace. Cela nous paraît d'autant plus vrai qu*au verso se trouve un torse de femme, entièrement nu, saâs tète et dans jambes,
assis et tourné à gauche, qui se trouve exactement au milieu de la feuille , ce qui prouverait que ce n'est pas un morceau coupé d'une plus grande. Ce torse est^ du reste, de la plus grande beauté, offrant le type à la fois pur et plein que Le Sueur affectionne dans ses figures de femmes. — La scène du Calvaire ne serait-elle pas la composition du tableau de Jésus-Christ, pleuré par les siens au pied de la croix, qui est indiqué par M. Charles Blanc comme élant en la possession du comte de Shrewsbury ? — A la pierre noire, sur papier brun. En hauteur. Cabinet Denon» n^ 814 du catal. de sa vente. {CoUecL de M. de la Salle.)
L'embaumement du Christ.
Le corps nu du Sauveur est étendu sur une table couverte d'un linge; un disciple lui frolte avec une éponge le bras gauche sur lequel il verse une liqueur ; un disciple avec une torche; la Vierge debout à ses pieds, que baise la Madeleine. A gauche, un homme penché verse de Teau dans un bassin. — A la mine de plomb et lavé d'encre de Chine, sur papier blanc. En travers. — Au Louvre, n® 9,516.
* La Pentecôte.
Dessin lavé à l'encre de Chine. Catalogue du cabinet de l'abbé Campion de Tersan (1819, in-8, n« 723).
* Jésus près d'une statue de femme, représentant la
Loi nouvelle.
Gravé dans le Landon, pi. 21, d'après un dessin à la pierre noire sur papier blanc, qui était alors dans le cabinet de M. Horel de Vindé, propriétaire de la coHeçtion Paignon- Dijonval. (N» 2,705 de ce catai.)
* Saint Jean écrivant l'Apocalypse.
Dessin cité par Guillet, et dont le tableau fut exécuté. — L'abbé Campion de Tersan (n« 724 de son Cat., 1819, in-8) avait un saint Jean évangéliste au crayon noir.
* (( Saint Pierre ressuscitant la veuve Tabilhe.
a Composition remplie de figures, finement dessinée à la <i plume et lavée de bistre, par Eustacbe Le Sueur. Le
« tableau original appartient à M. Folio. Hauteur 10 pouces « 6 lignes. Largeur 6 pouces 9 lignes. » — N* 301 du Catalogue de la vente de Huqaier, 1772. Vendu 8â liv.
Saint Paul guérissant un possédé.
Dessin définitif pour la composition peinte par Le Sueur pour la Communauté de Saint-Luc. £n hauteur. Très-grand dessin aux trois crayons, lourd et maladroit par parties, mais très -important parce qu'il représente Le Sueur déjà dégagé de Tinfluence du YouGt, quant au goût de la composiiion, ayant trouvé sa composition et son génie, mais n*ayant pas encore trouvé son exécution. — Appartient à M. Despcret. — Le Catalogue Nourri (1785, in-8, n® 987) indique un saint Pierre guérissant un possédé qui pourrait bien être ce dessin même.
* Saint Sébastien.
Il est soutenu par deux anges et Irène panse ses plaies. Peut-être pour le tableau de Tours. ^N"» 386 du Catalogue Silvestre, 1810. (No 388, Tétude d*uu saint Sébastien.)
Le martyre de saint Laurent.
Première pensée, toute différente du tableau conservé au Louvre. Le seul mouvement du saint est le môme; le gril occupe toute la largeur du dessin, et le tribunal est à gauche.— Au crayon, sur papier blanc. — Au Louvre, n» 9,742. M. de Chennevières a aussi de ce sujet une autre première pensée.
* Un Martyre.
« Des soldats entraînent le saint, aux pieds duquel des (( femmes se précipitent. A gauche les licteurs et les chefs « à cheval, vingt-trois figures. Composition de premier <( ordre et qui rappelle le Poussin et Raphaël. Très-ter- « miné à la plume, lavé de bistre et rehaussé de blanc, sur « papier gris. » — N* 521 de la vente de M. Villenave, 1842, in-8.
* Saint Gervais et saint Protais, conduits au temple.
* Le martyre de saint Gervais.
* Le martyre de saint Protais.
Ces trois dessins, dont les deux derniers ont été exécutés en vitraux, sont cités par Guillet de Saint-Georges. — Mariette (n<^ 1,371 de son Catalogue) avait trois grands sujets en travers des martyrs saint Gervais et saint Protais, qui furent achetés par Fournel :295 liv. Deux de ces dessins, la Résistance à Tadoration des faux dieux et la Flagellation, figurent dans la vente du cabinet Lebrun, en avril 1791, n" 2S8 du Catalogue. Cependant, comme le Catalogue de Mariette dit ces dessins exactement de la grandeur des estampes d'Audran, et que le Catalogue Lebruu les indique comme précieusement finis, il se pourrait que ce ne fussent pas les dessins dont parle Guillet, à moins que Le Sueur ne les eût faits ou plutôt ne les eût fait faire pour la gravure. — Le Catalogue Neyman (1776, n*^ 436) avait une esquisse du martyre de saint Gervais, à la pierre noire.
M. J. Boilly possède un grand et magnifique dessin du tableau de saint Gervais et saint Protais qui est à Lyon, et que la mort ne permit pas à Le Sueur d*aehever. Ce dessin, qui présente quelques différences avec la composition définitive, telle que Texécuta le beau-frère de Le Sueur, notamment dans le groupe à droite, dans la draperie du prêtre païen , et dans la figure de l'enfant accroupi au second plan, offre la même curiosité de lignes perspectives tracées à la plume, que nous remarquons plus loin encore à propos du dessin du tombeau de Nitocris.