‹ ACHIVES DE L'ART FRANCAISChapitre 18 sur 61 · Scène de la vie d'une sainte · texte numérisé non relu

Scène de la vie d'une sainte

Une sainte, agenouillée devant un autel, va recevoir une

croix des mains d'un ange enfant. Derriôrc elle un guerrier esl renversé par Tapparilion céleste. Au fond, sous une arcade, un bourreau va trancher la tête de la sainte. — A la pierre d'Iialie, lavée d*encre de Chine. En hauteur et mis aux carrés. — Tout à fait dans le goût du Vouêt. Appartient à M. Desperet.

Les apprëls du martyre d*une sainte(saiDte Honorine?).

Elle est agenouillée; un jeune homme lui présente un plat de figues ou de poires. Le proconsul est assis à droite. En arriére, des soldats, dont un porte renseigne romaine. Au fond, la décollation de la sainte. — Dessin capital au crayon et légèrement lavé de bistre. En hauteur. A appartenu à M. Deoon ; lithographie dans son grand ouvrage, pi. S90, et u* 813 du catalogue de sa vente; il fait maiutesant partie du cabinet de M. Gatteaux, membre de Unstitut.

Le corps presque nu d'un martyr décapité, transporté au ciel par trois anges.

Dans le paysage qu'on voit au-dessous', une tour et une rivière avec un ponu

Ce dessin, légèrement lavé àFencre de Chine sur crayon, parait évidemment de Le Sueur; les airs de tête et les extrémités le montrent pleinement. Nous le faisons remarquer d'autant plus qu'on lit à gauche, d'une écriture du XTii* siècle, le nom de C. Dauphin. Nous croyons que le dessin n'est pas de lui, mais lui a appartenu. En largeur. Sur papier blanc. {Collection de M, de la Salle.)

La messe de saint Martin.

Première pensée, entièrement différente de détails. Sur les marches cinq religieux. Le fond d architecture est trèslourd et très-rapproché ; il est à voûte d'arêtes. Au crayon, lavé d'encre de Chine et mis aux carrés. — On lit derrière, à la sanguine : 4 pieds 5 pouces et 8 de bordure font S pieds 1 pouce. En hauteur. Sur papier blanc. (OHUeUan éi M. éBlÊ aaUê.)

Suite de dessins pour la vie de saint Bruno, peinte dans le petit cloître des Chartreux.

tout le monde connaît cette belle collection qui a été exposée au Louvre, dans une salle arrangée pour elle sous Louis-Philippe; je n*ai pas à entrer ici dans le détail» puisque je fais ce travail surtout pour indiquer des compositions, et que celles-ci sont trés-connues. On trouverait encore ailleurs d autres dessins du saint Bruno; ainsi un saint Bruno en prière (n<> 386 du Catal. Sylvestre), le docteur qu'on voit contre le bord du tableau au fond du sujet du concile (collect. de M. Reiset, n^' 292 de son Catalogue. }« etc. Le dessin du saint Bruno, refusant la mitre d'archevêque, a été gravé en manière noire, par Coqueret, dont la planche existe à la chalcographie du Louvre (n^ 814 du nouveau livret). Mais je préfère donner la note suivante placée sur le premier feuillet du volume qui a été relié en maroquin rouge avant d'être dépecé et exposé :

«c Ces tableaux qui dépérissaient, à cause de Thumidité du ce lieu, viennent d'estre donnés au Roy par les Chartreux (c (en 17t6). Sa Majesté a bien voulu les accepter à dessein c( de les faire restaurer. Il faut espérer que Thabile artiste « qui sera chargé de celte opération, aura le même succès « que Carie Maratte qui restaura les peintures de Raphaël c< au Vatican.

(( Cette précieuse collection de desseins avoit été formée à ce ï^aris, par Francazani, parent et élève de Salvator Rosa. ce M. Crosat en fit l'acquisition dont il enrichit son célèbre ce cabinet de desseins (1); après son décès ils furentachep lés ce àsa vente, en 1741, parM. leMarquisdeGouvernet,à la « mort duquel, arrivée en 1774, M. Paillet, peintre et marée chand de tableaux, s'en rendit adjudicataire. Enfin ils

(1) Crozat possédait 146 dessins, savoir : 22 premières pensées pour les ubUaux de la Vie de saint Bruno, et 124 éludes, laites d'après nature pour ces tableaux. C'est le n*" 1,024 de son Catalogue, et le tout fut vendu 902 llv.

c sont passés entre les mains de M. Lebnin, peintre, qui, « touché de la manière négligée dans laquelle ces desseins « étoient toujours demeurés entre les mains des premiers «L possesseurs, les a confiés au S' Glomy pour les arranger « et ajuster afin de conserver à la postérité les savantes a pensées d'un ouvrage qui a immortalisé le célèbre Le « Sueur et a fait tant d'honneur à Técole française. Il est « aisé de voir dans ces études le goût simple, correct et « majestueux, qui rend cet excellent peintre si semblable a au fameux Raphaël qu'on le croirait plustot sorti de « l'école de ce grand matire, que de celle du Vouet; cepena dant on apperçoit dans ses desseins le maniement du « crayon ferme et plein d'effet qu'il tenoit de son maître, « en s'écartant de son goût de composition souvent trop ce maniéré.

a Le Sueur commença le cloître des Chartreux en 1645, et le « finit en 1647, âgé de vingt-huit ans. »

— Bien que la note suivante ne se rapporte qu'aux tableaux du saint Bruno, nous ajouterons, comme détail curieux, ce qu'on lit (tome II, p. 184-7) dans l'ouvrage anglais de Rogers, déjà cité au commencement de ce Catalogue : « Un grand protecteur des arts dans notre pays , Sa Grâce « le duc de Richmond possède d'admirables dessins de <K tout le cloître ; il a donné au monde d'élégantes grâce vures de deux de ces dessins (la Prédication du docteur tt Raymond et son terrible réveil, gravés par Soubeyran), « et l'on désire beaucoup que la magnificence de ce sei- « gneur et son amour pour ces beaux modèles le puissent « amener à compléter cette très-importante entreprise. » Reprenant ce très- légitime souhait dans un sens un peu différent, nous émettrons à notre tour le vœu que dans la suite des fac-similé^ exécutés pour la chalcographie du Louvre, l'on en fasse faire de quelques-unes de ces belles figures de Le Sueur, dont le Louvre est si riche. Elles auraient même, outre leur intérêt, une utilité matérielle incontestable , celle d'être pour les écoles de dessin des

modèles non-seulement excellenls et sérieux, mais je dirai même nécessaires pour remplacer les innombrables lithographies qui y régnent maintenant sans partage pour le plus grand appauvrissement du goût.

* Le Ravissement de sainte Thérèse.

N« 386 du Catalogue Silvestre, 1810.

La sainte Vierge, tenant sur ses genoux son fils mort, apparaît à César de Bus, fondateur de Tordre de la Doctrine chrétienne, agenouillé devant son prie- Dieu.

Au crayon noir, sur papier blanc. En hauteur. — Gravé par Gouvay. — Des commencements de Le Sueur. {Collection Mariette, n» 1,367 ; au Louvre, n» 9,743.)

Cérémonie religieuse.

De jeunes néophytes, couronnés de fleurs, portent sous un dais le Saint-Sacrement. Sur le passage du cortège les fidèles sont agenouillés et prient avec ferveur. —A la pierre noire et lavé d'encre de Chine. En largeur. {Collection du général Griois, maintenant dans celle de M, Reiset, no 274 de son Catalogue^— Un des lots de dessins de la dernière vente Silvestre (17 décembre 1851) renfermait de ce dessin une copie contemporaine. La composition, lithographiée dans le Denon, pL 291, est moins dans le sentiment que dans la disposition de celle-ci.

Prise de voile.

Une jeune fille, agenouillée sur les marches d*un autel, va recevoir le voile d'un évoque. A gauche, sur le devant, deux jeunes acolytes dont Tun, vu de dos, est agenouillé, et l'autre tient un cierge. De l'autre côté de l'évoque, deux autres acolytes, dont l'un touche à la flamme du flambeau de l'autel. Au fond, des colonnes avec une balustrade, au delà desquelles la campagne. — A la pierre noire. En largeur. — Sur papier, plutôt gris. {Collection de M. de la SalU.)

Deux jeunes gens agenouillés pieusement devant un autel sur lequel une croix et une tête de mort.

Au crayon, sur papier blanc et mis aux carrés ; à la sanguine. Forme carrée. Fait comme un bas-relief et sans doute pour un camaTcu. — La môme exécution que la Vierge montant les degrés du temple. Appartient à H. Desperct.

SUJETS HTTHOLOGiaUES ET HISTOEIQUES,

Offrande à Diane.

Des jeunes filles avec des corbeilles sont groupées à gauche; les deux premières, agenouillées sur des marches, offrent leurs corbeilles à Diane , debout à droite et accompagnée d'un grand lévrier. — Délicieuse composition, dans le goût de celle» peintes en bas-relief dans la chambre des bains à Thôtel Lambert. — Légèrement lavé d'encré de Chine, sur crayon, sur papier blanc et en travers. — Au Louvre, n® 0,748.

Le Sueur avait traité ce sujet d'une façon différente; car je trouve dan» un Catalogue d9 vente, publié en 1764 par Remy, et composé d'objets provenant de la succession du peintre J.-B, de Troy, rarlicle suivant : « N' 83. Eusiache a Le Sueur. Un sacrifice k la Tonne (sic), peint à Timita- 4 tion d'un bas-relief de marbre. Ce tableau, qui est peint a sur toile, de 3 pieds 4 pouces de haut ^ur ^ pieds 7 pouce ces de large, est très-estimable; la composition en est ce riche et élégante, et le dessin très-coulant. »

"" Les enfants de Niobé tués par Apollon et Diane.

A la plume et seulement au traii. En hauteur» (Catalogne Paignon-Dijonval, n» 2,706.)

Apollon et les neuf Muses.

Composition circulaire et peinte évidemment pour un plafond. Il est assis un peu plus haut qu'elles sur un rocher; elles sont assises plus bas; trois à gauche, sIk à droite; Pégase s*envole dans le fond. — - Lavé de bistre sur crayon. Sur papier blanc. — Appartient à M. Desperet.

MÎDerve instruisant les Muses ou le Parnasse.

PlafoDd peint au Louvre, dans la chambre de la Reine. Le dessin, qui fait Tobjet de cet article, est identiquement la composition de la lourde gravure, faite par Gœlemans dans le cabinet Boyer d'Aiguilles, et indiquée comme faite d''aprës un dessin. Il n^est même pas douteux pour nous que le dessin du Louvre ne soit celui qui avait appartenu à Boyer d^AiguilIes; non-seulement les détails, mais les dimensions elles-mêmes sont identiques et le dessin du Louvre est entièrement passé à la pointe ; en même temps il est original, et il n'est pas probable qua Le Sueur ait fait deux fois un dessin aussi important et aussi terminé. — Au crayon et légèrement lavé d'encre de Chine. Sur papier blanc. En travers. — Au Louvre, n» 0,747. — Il était auparavant dans le cabinet de M. de Saint-Mauris, n** 317 de son Catalogue, 1785, in-8. Vendu 599 liv. 19 sous. — Dans les Impostures innocentes, pi. 45, une eau-forte du Parnasse d'après l* esquisse de Le Sueur,

Scènes mythologiques.

Dessin divisé en trois compartiments, séparés par une guirlande de fleurs et de fruits. Le sujet du milieu représente Bacchus couronnant Ariane, tandis que les faunes et les bacchantes se livrent à la danse. A gduche, Saturne dévorant un enfant; à droite, Vercure traversant les airs. — Peut-être pour un plafond. — A la plume. En largeur. {Coltection de M, Reiset^ n° 279 de son Catalogue.)

* Le lever de T Aurore.

N'> 387 du Catalogue Silvestro, 1810.

* Le concert de Psyché,

Gravé dans le Landon, pi. 05, d'après un dessin qui était alors dans le cabinet de H. Morel de Vindé ( n? 2,707 du Catalogue Paignon- Dijon val).

Le Musée du Louvre possède (n® 9,749) un dessin au crayon et mis aux carrés, représentant Psyché agenouillée et regardant avec douleur l'Amour s'envoler ; à droite, nn Fleuve

couché. Il est assez méchant et n^a jamais été de la main de Le Sueur, sous le nom duquel on Ta mis. Peut-être est-il un de ces sujets de Psyché peints par lui dans la chambre de la reine. Ce dessin serait alors de quelqu*un de ceux par qui Le Sueur faisait commencer Texécution de ses travaux. Quant au dessin de M. Morel deVindé, il devait certainement faire partie de ces sujets de la chambre de la reine ; sa forme ne peut être que celle d'un panneau de lambris et non d'un tableau.

L'Éloquence, la Musique et l'Harmonie assises sur des nuages.

(Voyez YAppendice VI de la seconde partie.) -^ Au crayon et lavé d'encre de Chine, sur papier blanc. En travers et mis aux carrés. {Collection de JUarietLe^ n® 3,637.) — Au Louvre, n<» 9,753.

* La Justice et la Renommée.

No 387 du Catalogue Silvestre, 1810.

Le Temps enlevant au ciel une femme drapée et entourée de Génies.

Doit être certainement le dessin du plafond ovale indiqué par l'Inventaire de Bailly comme peint au Louvre dans le cabinet des bains ; la femme y avait un lis à la main , et symbolisait la France. — Ovale, lavé à l'encre de Chine sur crayon. (Coll, de M. de la Salle.)

Composition allégorique.

Une femme appuyée sur un globe ordonne à Minerve, qui plane dans les airs à côté d'elle, de frapper un homme déjà renversé; la femme, assise à gauche sur les nuages, tient à la main un glaive nu. Dans les airs, une femme ailée va couronner la figure principale. — Doit être la composition du tableau de la Monarchie française, peinte par Le Sueur pour la chambre du roi, au Louvre.^Au crayon, sur papier blanc , et mis aux carrés. En hauteur. — Au Louvre, n» 9,751.

Pensée première de cette composition , plus chargée, mais

plus vive : ITiomme renversé est étendu sur une quantité d*accessoires , la figure ailée tient sa couronne bien plus au-dessus de la tôte de la France ; dans le fond du ciel , on aperçoit à gauche s'élever le char du Soleil. — A la pierre d'Italie, sur papier blanc et mis aux carrés. En hauteur. — Au Louvre, n» 9,752.

Le ministre parfait.

Mercure, Minerve, la Prudence et le Silence autour d'un homme véiu à l'antique, et qui représente le Conseil. Tableau fait pour M. Planson. Il était chez M. Lacurne de Sainte-Palaye quand il a été gravé par Tardieu , dont la planche est conservée à la chalcographie du Louvre, n° 812 du nouveau Livret. Plus tard, il appartint à Randon de Boisset( n° 171 de son Catalogue), à la vente duquel il fut payé 10,000 livres; à M. le duc de Chabot (n"* 60 de son Catalogue), et il fut vendu 8,901 livres. En 1788, il figurait au Catalogue de la vente du marquis de (Montesquieu), n«» 188. Nous ne l'avons pas suivi plus loin. — Composition ovale, au crayon, sur papier blanc. En hauteur et mis aux carrés. — Au Louvre, n° 9,754.

* Cléobis et Biton traînant leur mère au temple.

Gravé dans le Landon, pi. 105, d'après un dessin qui était alors dans le cabinet de M. Morel de Yindé.

Darius faisant ouvrir le tombeau de Nitocris.

Ce dessin est très-curieux, en ce qu'il offre à la fois le nu, la draperie dessinée par-dessus à la plume, et tout le travail de perspective avec les mesures notées, aussi dessiné à la plume. —Au crayon et à la plume, sur papier blanc. En hauteur. — Au Louvre, n° 275 du nouvel Inventaire; acquis en décembre 1851, à la vente de M. Silvestre. — Le n° 12,655 (83) est la composition définitive, et mise aux carrés pour l'exécution. Au crayon.

Première pensée de l'Alexandre de M» de Nouveau.

Dans le sens opposé de la gravure de Benoît Audran. Alexandre ici, comme certainement dans le tableau, tient la

coupe de la main gauche. A la place du jeune éehanson, de la table ronde, des guerriers assis derrière elle, et des deux figures d'hommes qui se désolent dans le fond. Ton voit ici deux femmes, et en avant Tindication d'un grand meuble en perspective. Composition circulaire, à la plume et au crayon par parties, avec les indications perspectives et ces lignes écrites en haut par Le Sueur : Le point de dU" tance est à six pieds neuf pouces du point de vue; et à droite : Le point de distance est à six pied du point de veue. — Appartient à M. Desperet.

Curtius se précipitant dans le gouffre.

A gauche, sur le bord de Tabtme, un très-beau groupe de spectateurs : un homme écartant les bras, un autre qui les élève et une femme qui tient par la main son enfant et se détourne. Sujet peint pour M. Planson. — Au crayon, sur papier blanc. Mis aux carrés. — Au Louvre, n"" 9,746.

* La mort de Lucrèce.

A la plume, lavé d*indigo. Catalogue Nourry, 1785, n® 988.

Mariage à Tantique.

Au crayon, lavé de bistre. En largeur. — Appartient à M. Des- - peret. — Encore dans le goût du Vouêt.

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