‹ Acte général des visites canoniques faites dans le vicariat de Saint Albert du mois de juin à fin novembre 1883Chapitre 20 sur 20 · AUX OBLATS DU VICARIAT DE SAINT-ALBERT · texte numérisé non relu

AUX OBLATS DU VICARIAT DE SAINT-ALBERT

Paris, le 15 Octobre 1883.

Monseigneur et bien bon Père, Mes bien chers Pères et Frères,

J'ai reçu hier la lettre que yous avez eu la bonne attention de m'écrire à la date du 14 septembre dernier.

Par l'esprit et par le coeur j'étais au milieu de vous, m'unissant à vous pour célébrer les Noces d'Argent de Ms"" Grandin, votre digne et vénéré Vicaire. Que le Seigneur répande ses plus abondantes bénédictions sur ce bien aimé Prélat et qu'il le conserve longtemps encore à notre affection pour le bien des âmes, des œuvres et de la Congrégation , dans ces pays qu'il a arrosés de ses larmes et de ses sueurs apostoliques.

Que votre affectueuse reconnaissance, que votre zèle toujours plus dévoué entourent ce bien aimé Prélat des consolations les plus douces et les plus désirables.

J'ai été heureux de pouvoir accueillir la demande que vous me faisiez d'un Visiteur qui pût vous voir, vous entendre, apprécier vos œuvres et aussi vos difficultés et vos souffrances. Malgré tous les obstacles qui pouvaient se présenter à l'exécution de ce projet, mes assistants et moi n'avons pas hésité à vous donner cette preuve d'in-

térêt et d'affection que vous méritez si bien. Le Révérend Père Soullier lui-même n"a [)as reculé devant les difficultés et les fatigues de tous genres que pouvait lui occasionner une mission aussi pénible et aussi laborieuse. Son dévouement filial pour la Congrégation lui a fait accepter avec empressement une charge bien lourde , - dès lors qu'elle pouvait être utile à vos âmes et à vos œuvres.

Vous avez pu apprécier les rares qualités de celui que nous vous avons envoyé comme notre représentant. Vous avez pu vous entretenir avec lui, lui dire vos peines et vos joies, recevoir ses conseils, et trouver ainsi dans vos rapports avec notre envoyé une source abondante de lumière et de courage pour continuer, au milieu de peines de tous genres, à faire le bien. Vous avez pu vous réunir en grand nombre pour faire les exercices de la retraite annuelle sous la présidence de votre Visiteur. Sa parole bénie de Dieu vous a renouvelés dans l'amour et dans Tesprit de votre sainte vocation. Vous vous souviendrez de cette bonne et belle retraite, et ce souvenir sera solide et durable ; cette vocation sainte, en la comprenant mieux vous l'aimerez davantage. Vous serez heureux d'observer les saintes Règles qui doivent être la lumière et le bonheur de votre vie. Quelle consolation pour nous tous de penser et de savoir que, séparés par d'énormes distances, nous pouvons cependant former une même famille, vivre de la même vie spirituelle, ne former qu'un seul cœur et un seul esprit, n'avoir qu'une seule et même volonté.

Oui, mes bien chers Pères et Frères, votre lettre m'a comblé de joie et de bonheur, au milieu des tristesses et des préoccupations douloureuses de l'heure présente dans notre malheureux pays. J'ai éprouvé une grande consolation en voyant que vous savez apprécier les grâces que le Seigneur vous accorde, et que vous êtes heureux de souffrir et de vous dévouer pour le bien des âmes les plus abandonnées.

Que le Seigneur bénisse tous vos travaux. Qu'il maintienne parmi vous l'union des esprits et des cœu.s. Que

vous goûtiez de plus en plus le bonheur d'être de vrais Oblats de Marie Immaculée. Que la charité la plus cordiale vous anime tous les uns à l'égard des autres. Je demande toutes ces grâces au cœur sacré de Jésus, à notre Mère Immaculée et à Saint Joseph, notre grand et saint Protecteur.

Je vous bénis tous et de tout mon cœur, mes bien chers Pères et Frères. Priez pour moi et croj^ez à tout mon dévouement en Notre Seigneur et Maiie Immaculée.

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