‹ Acteurs & actrices de ParisChapitre 94 sur 94 · CHAPITRE A PART · texte numérisé non relu

CHAPITRE A PART

BERTON ( Pierre), est fils de Francis Berlon, le jeune premier rôle qui brilla sur plusieurs scènes parisiennes, et succéda à Bressant à Saint-Pétersbourg, et de madame Caroline Berton, née Samson. Il est petit-fils de Berton. le célèbre compositeur, et, du côté maternel, petitfils de Samson, le célèbre professeur de Rachel. longtemps doyen de la Comédie-Française, auteur de plusieurs comédies en vers.

Pierre Berlon débuta au Gymnase, à l'âge de dix-sept ans, dans Marguetite de Saint-Gemme, de George Sand. Il a passé par la Comédie-Française et l'Odéon et appartint à plusieurs autres théâtres, entre autres, et surtout au Gymnase, au Vaudeville et à la Porte-Saint-Martin. 11 fut des fameuses tournées de Sarali Bernhardt. pour laquelle il tira du roman de M. Philipps, Comme dans un miroir, et en collaboration avec madame Van de Velde, une pièce en quatre actes : Lena. A côté de la grande artiste, il a remporté un beau succès dans le rôle du misérable Fortenbras, composé d'une façon très curieuse. Cette pièce, jouée aux "S'^ariétés, n'était pas, comme auteur dramatique, le début de Pierre Berton, qui fit représenter au Gymnase les Jurons de Cadillac, donnés un nombre considérable de fois et la Vertu de ma femme; à l'Odéon, Didier, comédie en trois actes ; les Chouans à l'Ambigu. On lui doit les paroles de deux poèmes symphoniques, musique de 31. Alphonse Duveriioy ; la Tempête (prix de la Ville de Paris), en collaboration avec M. Armand Silvestre, et Sardanapale (concerts Lamoureuxj. 11 a fait paraître un certain nombre de nouvelles et de poésies.

Pierre Berton a été pendant deux ans professeur de lecture et de récitation des instituteurs et institutrices primaires de la Ville de Paris.

Pour revenir à l'artiste dramatique :

Les 1 icux Garçons, Nos Bons Villageois, les Idées de madame Aubray, le Bâtard, l'Autre, le Rendez-vous, les Bourgeois de Pont-Arcy, Dora, Fédora, Contes d'avril, la Tosca, telles sont, sur différentes scènes d'ordre, les créations de Pierre Berton.

lo2 ACTEURS ET ACTRICES

C A N DÉ , élève de Delaunay, au Conservatoire, débuta au Gymnase en 1880.

Au retour de séjours à Bruxelles et à Saint-Pétersbour;,% il entra à l'Odéon et s'y fit particulièrement remarquer dans Abner, d'Athalie; Chéréa, ûeCalif/ula; dans la reprise de la Famille Benotton; dans le Comte d'Egmont et surtout dans Bévoltée, étude forte, saisie sur le vif.

Prêté au Vaudeville sur la demande de M, Jules Lemaître, Candé a créé sur cette scène, avec beaucoup d'autorité, avec une puissante véhémence, le Député Leveau, de l'auteur de Révoltée.

« J'y suis, j'y reste », a-t-il pu dire. Il ne retourna pas à rOdéon.

Parmi ses succès au Vaudeville, depuis le Député Leveau : Maurice, de Nos Intimes; les créations du baron de Horn,dans le Prince d'Aurec; celle du maréchal Lefebvre, dans Madame Sans-Gêne et celle, assez curieuse, du docteur Guénosa, de Viveurs. (20^ Edition).

Eh bien, il y était retourné à l'Odéon, Candé! Il y avait fait sa rentrée dans Richelieu.

COLOMBE Y. après avoir appartenue différentes scènes de genre, débuta à l'Odéon dans le Mariage de Figaj^o ; sa situation s'y affirma avec le rôle de Kirchet du Fils de famille ; celui de Denis Roncial, de Claudie; celui de Schaunard, de la Vie de bohème ; dans une heureuse création, de Numa Roumestan et dans l'astucieux Arfanius, de Caligula. Il créa, en représentations, le principal rôle de Coquin de printemps, aux Folies-Dramatiques, puis retourna à l'Odéon.

Engagé pour trois ans au Gymnase. Colombey imprima un cachet particulier à chacun des rôles qu'il eut à créer sur cette scène. Rappelons seulement: Celtes qui nous respectent, Chai'les Demailly et Famille.

C'est dans r Hôtel du Libre-Echange que Colombey réapparut aux Nouveautés, où il avait été de la Demoiselle du téléphone. 11 créa le rôle de l'avocat dans Tous complices Plante du Capitole, et le Major, du Sursis, etc. etc.

HERMANN DEVRI ES, baryton, frère de la grande cantatrice, Fidès Devriès, avait déjà fait partie de la troupe. Il a remporté de grands succès en province, surtout dans le répertoire.

Sa réapparition à l'Opéra-Comique a eu lieu dans Lothario, de Mignon, et il a créé le comte de Sainte-Croix dans la .facquerie, en excellent comédien, donnant au personnage une physionomie pleine de noblesse. Excellente acquisition.

GARNIER (Phihppe), 1'^^'' prix de tragédie, premier grand rôle, doué de qualités originales, débuta à la Corné-

ACTEURS ET ACTRICES lo3

die-Française dans Néron, de Britaiinicus. Il joua deux rôles dans le Supplice d'une femme : d'abord, celui du mari ; ensuite, celui de... Vautre, qui convient mieux à son tempérament bouillant.

Garnier a créé à la Porte-Saint-Martin le personnage de Jusiinien dans Tliéodora, et il a fait avec M'"'' Sarah Bernliardt une tournée d'Amérique.

Au Cliàtelet. il a créé Etienne Lantier, dans Germinal.

A rOdéon, il a repris dans Caliguln le terrible rôle créé à la Comédie- Fianraise par Ligier; il y rendait d'une façon paihélique IdS terreurs du lâche tyran aux grondements de la foudre. — Sa création de Marc-Antoine, dans Cléopàlre. à la Porte- Saint-Martin, lui a fait beaucoup d'honneur.

Garnier a le masque des Césars,

DIEUDONNÉ. Inutile de chercher à quelle date il commença le théâtre, renonçant à devenir architecte. Toujours cst-il que, au sortir du Conservatoire (classe de Sanison), il s'en fut à Lisbonne, puis suivit Rachel en tournées.

Il débuta, à Paris, dans Abel, du Paradis perdu, de d'Ennery, à l'Ambigu... il y a de cela quelque quarante ans I

Au Gymnase, il joua les amoureux et les jeunes premiers, devenant peu à peu un comédien d'importance. Moyennant le paiement d'un dédit de trente mille francs, il quitta ce théâtre et j^artit pour Saint-Pétersbourg où, pendant dix ans, il remporta succès sur succès.

Rentré en France, il créa une pièce de Labiche au Palais- Royal et contracta avec le Vaudeville, où il reprit (juelques créations de Félix, dont il avait la verve communicative, le mordant et le brio. Son répertoire à ce théâtre serait long à rappeler; sa nomenclature contient Madame CaverleL les Dominos 7-oses, les Rois en exil. Gerfaut, l'Affaire Clemenceau, Mensonges, où il remplissait le personnage du baron Desforges avec beaucoup de finesse et d'autorité et le Député Leveau. Le Xabah fut un de ses meilleurs succès.

Entre-temps, il a joué /'Engrenage, à la Comédie-Parisienne, rAfje dif/icile, au Gymnase et aété engagea l'Odéon, où débuta sa fille, Déa Dieudonné, en sortant du Conservatoire. On se souvient encore de la toute charmante artiste, enlevée si jeune à l'aiïèction du public.

Aux Variétés, il a repris dans le Carnet du Diable le rôle de Belphegor, créé par Baron.

SAINT-GERMAIN, élève du Conservatoire, remporta comme ses aînés dans la classe de Provost : Got, Delaunay et ïhiron, le premier prix de comédie, à l'unanimité.

Le 25 septembre 18o3, il débute à l'Odéou. où il fait

quatre créations, dont Mauprat, de George Sand; et, le !«'■ juillet suivant, il entre à la Comédie-Française, débute dans Gros-René, du Dépit amoureux, et Raymond de la Famille Poisson. Après avoir passé dans cette grande maison cinq amiées, pendant lesquelles il crée dix rôles, cl àla veille d'être nommé sociétaire, tenté par les offres des quatre théâtres de genre, il pari. — Il opte pour le Vaudeville, où il paraît pour la première fois, à la fin de juillet 1839, dans les Honnêtes Femmes. Il crée, à la place de la Bourse, près de quatre-vingts rôles et dit le prologue d'ouverture du théâtre de la Chaussée-d'Antin; il joue le même soir une comédie de Gondinet, les Oublieuses, qui obtient cette unique représentation.

Après dix-sept années, et presque au lendemain d'un de ses plus grands succès, le Pi^ocès Vauradieux, il entre au Gymnase, où il fait ces deux créations exceptionnelles : Bébé et Jonathan, dans lesquelles il se surpasse et qu'il a marquées d'une grande originalité. L'Age ingrat, les Cascades, la Femme de chanihi^e. Nounou, la Papillonne, le Roman parisien. Monsieur le Ministre, Autour du mariage, le Prince Zilah. bien d'autres créations et bien d'autres reprises, bénéficient aussi de son jeu plein de finesse.

En I880, Saint-Germain ne renouvelle pas son engagement, désireux de ne plus se fixer : il crée successivement la Mission délicate, à la Renaissance; Martyre, à l'Ambigu; le Songe d'une nuit d'été, à l'Odéon; Marquise! au Vaudeville; plusieurs rôles à la Renaissance, et il se décide à contracter avec le Palais-Royal. Il débute à ce théâtre dans les Miettes de Vannée, où il obtient un double succès de comédien et de mime, et crée, avec sa finesse habituelle et son art consommé, Paul Dubuisson, l'amant transi, dans les Femmes des amis ; puis, Monsieur chasse et les Joies du foyer.

11 est certainement l'un des acteurs de Paris qui jouèrent le plus de rôles... trois cents environ. Rappelons encore au hasard de la plume : à la Comédie-Française : les Ennemis de la maison, le Gâteau des reines, Marton et Frontin et Rêves d'amour; au Vaudeville : Jobin et Nanette, la Tasse de thé, le Don Juan de village, Pierrot posthume. Aux crochets d'un gendre. Maison neuve, le Cachemire X. B. T., le Petit Voyage, la Chercheuse d'esprit, Plutus, un Monsieur qui attend ses témoins... etc., etc.

Saint-Germain fait depuis vingt ans partie du comité de l'Association des Artistes dramatiques, dont il est l'un des vice-présidents, et une médaille d'honneur lui fut décernée comme secrétaire-rapporteur.

Il a écrit plusieurs pièces, entre autres les Trois Curiaces, au Vaudeville. Chansonnier à ses heures, il est vice-président du Caveau.

Comme professeur, on lui doit des élèves distingués. Il parait que Régnier, en quittant le Conservatoire, le croyait

appelé à lui succéder, — Il fut proposé par la commission })our la revision des éludes.

HITTEMANS, ancien pensionnaire, sous la direction Cogniaid et >'oriac, des Variétés où il fit, entre autres excellentes créations, celle de l'Homme n'est pas parfait et celle du prince Saphir, dans Barbe-Bleue, appartint pendant seize ans à la troupe impériale du théâtre Michel; il fut un des comédiens préférés d'Alexandre II, et aussi d'Alexandre III, qui lui conféra l'ordre de Stanislas et celui de Saint-André.

Hittemans reparait à Paris en créant Monsieur Couliiset au Vaudeville. Après de courts séjours aux Menus-Plaisirs et aux Bouffes, il signe avec les Folies-Dramatiques et joue avec succès le marquis de Pontcornet, dans François les Bas-Biens. Son rôle dans le Baron Tzigane va moins à son jeu fantaisiste, qui n'exclut pas le naturel.

II rentra aux Kouffes par le rôle de Bridaine des Mousquetaires au couvent, qu'il créa.

MAUREL (Victor), né à Marseille, élève du Conser vatoire de Paris, où il obtint en 1867, les premiers prix de chant et d'opéra, en partage avec Gailhard, actuellement l'un des directeurs de l'Académie nationale de musique. Au concours, il se fît entendre dans le troisième acte de Don Juan. Gailhard dans Leporello, et madame Brunet- Lafleur, dans Elvire lui donnaient la réplique. Le succès de ces trois élèves, déjà des artistes, et tous les trois de la classe de Charles Duvernoy, fut retentissant; les habitués du Conservatoire en ont gardé le souvenir.

La même année. Maurel débutait avec succès à l'Opéra, dans le comte de Luna, du Trouvère. Puis, il partit pour l'Italie, où il se fît une pljace considérable. A Londres, à Saint-Pétersbourg, à Vienne et en Amérique, il chanta tous les rôles de barytons. Il créa à la Scala de Milan, lago, de VOtello, de Verdi, ainsi que Falstajf du même maître. Entre-temps, il donnait à l'Opéra de Paris des représentations d'HamIet, de Don Juan. d'Aïda et à l'Opéra-Comique, il chantait Zampa et l'Etoile du Nord.

Doué d'une voix admirable et d'un beau physique, Victor Maurel est un de nos artistes les plus complets.

Maurel a été directeur du Théâtre-Lyrique.

SOULAGROIX. baryton, prix du Conservatoire, l'un des chanteurs les plus renommés du moment. A la Monnaie de Bruxelles, il est adoré; à l'Opéra-Comique, il est tout aussi apprécié. Sa voix large et belle lui permet de chanter aussi bien Zampa que le Nouveau Seigneur. Il est très apprécié dans le rôle d'Orbel, de la Traviala; on lui redemande toujours la belle romance en ré bémol.

lob ACTEURS ET ACTRICES

Soulacroix est certainement un artiste de grande valeur, au(juel l'avenir réserve de nombreux succès encore, car il joint à la finesse du phrasé l'ampleur expressive de la force et un rare talent de comédien. 11 a créé P!utus, de Charles Lecocq.

(Edilion de 1891.)

Soulacroix avait quitte l'Opéra-Comique pour signer avec la Gaité un engagement de 100.000 francs de minimum par saison. Il a chanté Rij) deux cents fois; on sait avec quel succès il a contribué au succès de Pcmurge.

La plus généreuse voix de baryton d'opéra-comique qu'on ait entendue depuis bien des années et le type accompli du chanteur-comédien... ou du comédien chanteur.

TARRIDE, élève de Delaunay, obtint un 1" accessit en 1888 et quitta le Conservatoire avec un 2^ prix de comédie. Engagé au Vaudeville, où il débute dans le-s Respectables, il joue ensuite dans la Comtesse Romani, Tête de linotte, etc. ; entre aux Nouveautés dont il est resté depuis le pensionnaire. Il a créé à ce théâtre des rôles importants dans : la Demoiselle du téléphone, le Petit Savoya?xl, la Vertu de Lolotle, Nini Fauvette, la Bonne de chez Durai, Fanoche, Champignol malgi^é lui. Son Secrétaire. Mon Prince, Tous complices, le Capilole, et le Sursis. Tarride chante et dit très bien le couplet. Dans son Oscar de Bois-Colombes, de Mignonneile, il est distingué, fin et drôle, à la fois chantant et disant le couplet

Cupidon, que t'ai-je donc fait?

Tarride a été prêté aux Folies-Dramatiques pour la Perle du Contai et il a créé à Londres et à Bruxelles la fameuse pantomime la Statue du Commandeur.

Ce comédien, au jeu simple et vrai, fit ses études au lycée Charlemagne ; puis, tout en suivant les classes du Conservatoire, il exerça le métier de bouquiniste. En collaboration avec lAI. Xanrof, il écrivit i)/a(^a/»e Pygmalion.W est l'auteur de nombre de chansons pour Yvette Guilbert et Kam-HilL

M"^ B RÉ VAL, élève de Got, débute au Vaudeville dans Bas-bleu et crée, dans Madame Sans-Gène, ïoinon, la petite blanchisseuse du premier acte; joue én.ns Nos Intimes et dans Monsieur le Directeur. Au Gymnase, elle crée un rôle dans VUn pour Vautre, et Mag, dans Marcelle.

Mademoiselle Bréval tient surtout l'emploi des jeunes coquettes gaies.

Ses camarades l'ont surnommée « la fausse Brandès », à c.ause de sa ressemblance avec la comédienne du Théâtre- Français. (26" édition).

Renonçant h la comédie en faveur de l'opéreltc, mademoiselle Louise Bréval a débuté aux lîoutïesdans les Petites Femmes.

M"^ BRUCK (Rosa), premier prix de comédie en 1883, en partage avec mesdemoiselles .Alarcy et Rrandès, débuta à la Comédie-Française dans Alcmènc, û'Amphiti^yon; joua Aricie, de Phèdre: Chérubin, du Mariage de Figaro; Junie, de Britannicus; Malliilde, de un Caprice; Casilda, do Ruy Blas. Elle créa le personnage de Racine dans Racine à Port-Boyal, et celui de Geneviève dans Antoinette Rigaud.

Cette jolie comédienne demanda et obtint sa résiliation et débuta au Gymnase, dans Fromont jeune et Bisler aine, par le rôle de Sidonie, créé au Vaudeville par mademoiselle Pierson. Elle a créé Blanche de Cygne, dans la Comtesse Sarah, et joué plusieurs rôles importants, notamment Zicka, de Dora, créé au Vaudeville par mademoiselle Bartet.

Du Gymnase, mademoiselle Rosa Bruck passe àTOdéon, oij elle interjirète le répertoire et joue dans 7i'o/«t'oe;/M//e//e, de I\l. Georges Lefèvre.

Engagée au Théâtre Michel, elle s'y fait applaudir dans les grands rôles d'oeuvres modernes : Francillon, le Prince d'Aurec, Charles Demailly. etc., etc.

Elle revient au Gymnase pour Pemion de famille; pour la comtesse Savelli, de la Question d'argent et crée Delphine, de Marcelle. Son talent s'affirme et sa beauté s'épanouit.

M"" GERNY, iMéve de Worms et de Georges Guillemot, obtint le second accessit en 1883, avec Angélique, de la Fausse Agnès; le second prix en 1884, avec Agathe, des Folies amoureuses, où elle étonna par une gaieté pleine de charme, par une verve endiablée ; le premier prix l'année suivante, avec Roselinde, des Trois Sultanes.

Son début à l'Odéon. dans Suzanne, du Mariage de Figaro fut très remarqué. l']llejoua la Fausse Agnès: l'Amour, dci Psyché ; reprit le Beau Léandre ; Musette, de la Vie de bohème; créa un acte d'Albéric Second eldcM.Th.de Grave ; le rôle de Puck, dans l'adaptation du Songe d'une nuit d'été (ravissante de grâce et de mutinerie) ; Renée Mauperin, où on lui reprocha de trop sautiller ; la petite Dacbellery, de Numa Uoumestan, qu'elle rendait avec une adorable rouerie.

Au Vaudeville, mademoiselle BertheCemycréa le rôle scabreux d'Iza, de l'Affaire Clemenceau A\ ne fallait pas moins que tous les dons précieux de la charmante comédienne ■pour faire supporter ce monstre fén^inin. Elle a fait aussi l'épineuse création de Suzanne^ Moraines, dans Mensonges.

Depuis, au Palais-Royal, elle créa Monsieur chasse! et

158 ACTEURS Eï ACTRICES

Lews Gigolettes ; au Gymnase : Celles quon respecte, l'Homme à l'oreil/e cassée et le Pèlerinage.

Dans le Collier de la Reine, à la Porte-Saint-Martin, mademoiselle Cerny a créé le double personnage de Marie- Antoinette et d'Oliva. Très intelligente dans ces deux incarnations, nous la prêterons dans Oliva. Très parisienne dans la femme coupable de Tous complices, aux Nouveautés.

M^^^ DAMAURY (Simonne), très jolie personne, élève de Silvain, au Conservatoire, et qui prit des leçons de Mounet-Sully, débuta à Montparnasse dans la Reine, de Ruy Blas.

Entrée au Gymnase en 1892, elle y joua dans un Drame parisien et dans Charles Demailly. Elle fut ensuite d'une tournée promenant en province le Flibustier. Monsieur chasse et Famille; et, avant de rentrer à Paris, où elle créa Jacques l'Honneur, elle contracta un engagement avec les Variétés, de Marseille. Du Château-d'Eau, elle passa à la Renaissance; de la Renaissance au Chàtelet.

jyjiie DEMARSY parut pour la première fois sur un théâtre, dans Vénus, d'Orphée aux Enfers. Elle était bien faite, en etïet, pour personnifier la déesse de la beauté. Elle créa, également, à la Gaîté, un des principaux rôles de Dix jours aux Pijrénées.

Au Gymnase, elle débuta dans la Lutte pour la vie ; créa avec beaucoup d'élégance Calsido, dans l'Art de tromper les femmes. Deux rôles encore où elle fut non moins élégante et auxquels elle donna une empreinte d'un chic particulier : Fanny Langlois, des Amants légitimes., et Francisquine, de Famille.

En quittant le Gymnase, mademoiselle Demarsy semblait s'être éclipsée. Elle a fait sa réapparition, d'abord sur la scène des Variétés, puis aux Nouveautés. — Elle ne se contente pas d'être jolie.

M'^' DESGL.AUZAS. La joyeuseDesclauzas, a commencé par figurer à l'Ambigu, où sa drôlerie perçait dans ces personnages, qui imitent de Conrart le silence prudent.

Hostein l'engage au Cirque-Impérial du boulevard... du Crime, et l'ancienne figurante s'offre des rôles importants dans les drames et les féeries : Héloïse et Abélard, Don César de Bazan, la Poule aux œufs d'or, Rothomago, Fan fan la Tulipe, le prince Charmant de Cendrillon.

A Bruxelles, elle crée mademoiselle Lange, dans la Fille de Madame Angot.

La Fille de Madame Angot s'installe aux Folies-Dramatiques ; les auteurs ne veulent pas entendre parler d'une autre mademoiselle Lange. On engage donc Desclauzas.

Desclauzas passe à la Renaissance, où fleurit l'opérette,

et elle contribue pour sa part à l'éclatante réussite du Petit Duc, étourdissante de fantaisie dans la Supérieure du couvent. La Camargo, la Jolie Persane, la Petite Mademoiselle, qui n'obtint pas la vogue qu'elle méritait; les reprises de la Petite Mariée et de rOEil erevé lui fournissent de nouvelles occasions de succès.

M. Koning devient directeur du Gymnase; Desclauzas le suit. Adoucissant son excentricité, se mettant au diapason de son nouxeau théâtre, elle fait au Gymnase de plaisantes créations dans Autour du mariage, le Panache, la Doctoresse, l'Abbé Constantin, la Lutte pour la vie, Paris fin de siècle ; clic reprend dans Monsieur Alphonse le rôle de madame Guichard, ([u'Alphonsine marqua d'une empreinte si personnelle ; elle s'y fait apprécier à son tour. — Son meilleur rôle est madame Godard, dans la reprise du Gentilhomme pauvre.

Souvent demandée par d'autres théâtres quand le Gymnase lui laisse des loisirs, mademoiselle Desclauzas a créé avec une très plaisante fantaisie, à la Porte-Saint- Marlin, madame Papillon, dans Mamz'elle Pioupiou.

(Edition précédente.)

Desclauzas avait suivi Koning à la Comédie-Parisienne. Elle a reparu au Gymnase pour remplir dans la réapparition du Fils de famille à ce théâtre le rôle de madame Laroche, puis, elle a créé et repris différents rôles aux Bouffes-Parisiens et aux Folies-Dramatiques, et créé dans les Fêtards ; au Palais-Royal, un personnage bien fait pour son jeu et sa mimique.

jyfiic DE VAL (Marguerite), de son véritable nom: Mademoiselle Marguerite Brulfer de Valcour, est de Strasbourg. Elève de Novelli et de Pauline de Launay, elle débute en 1884 aux Bouffes-Parisiens dans un petit rôle du Chevalier Mignon, puis fait quelques apparitions aux Nouveautés et aux Folies-Dramatiques. En 1891, dans la commère de la revue du Cercle Pigalle, Fructidor, de MM. A. Franck et G. Caillavet, elle obtient un gros succès de presse, et on la demande aux five o'clock du Figaro. Elle donne des auditions à la Bodinière, où elle crée Paris forain et Paris qui passe. Après un engagement aux Menus-Plaisirs, spécialement pour l'Article de Paris, elle entre aux Nouveautés et la voici aux Bouffes.

Du brio, le diable au corps et du charme.

M"* GÉLABERT, une véritable chanteuse, une excellente musicienne, élève du Conservatoire, du reste, où elle obtint de fort jolis succès dans les concours. Mademoiselle Gélabert possédant voix charmante, beauté, grâce

et bonne éducation musicale, devait entrer à l'Opéra- Comique ; mais on sait que franchir ce seuil sacré n'est pas facile. La ravissante artiste, peu disposée à perdre son temps à arpenter la rue Favart, entra aux Folies-Dramatiques ou elle réussit d'emblée. La création de Germaine, dans /e.9 Cloches de Corneville, la plaça dans la constellation de 'opérette.

Après les Folies-Dramatiques, la Renaissance, oij Gélabert créa plusieurs rôles, avec un succès complet. Bengaline du Grand Mogol à la Gaîté, acheva de classer la jeune artiste ; dans ce rôle, ses qualités de cantatrice brillèrent de tout leur éclat et la femme ravit par sa beauté, le charme séduisant de son jeu et de son chant. — Adorable Cupidon dans Orphée aux enfers.

C'est une précieuse pensionnaire pour mi théâtre ; sa nature demi-parisienne, demi-espagnole, donne à l'ensemble de sa personne et de son talent une originalité captivante bien rare.

Mademoiselle Conchita Gélabert est née à Madrid, de parents espagnols

jyfme HADING (Jane) parut sur un théâtre à l'âge de trois ans. C'était à Marseille, où son père, sous la direction Halanzier, tenait l'emploi des grands premiers rôles. Elle figura la petite Blanche de Caylus, au prologue du Bossu.

Elle fit ses études musicales au Conservatoire de Marseille, puis fut engagée à Alger, et comme chanteuse et comme ingénue de comédie et de drame. Dans une même quinzaine, elle disait les vers de Coppée dans le Passant (Zanetlo. créé par Sarah Bernhardt), la prose de MM. d'Ennery et Cormon dans les Deux Orphelines (la jeune aveugle, créée par mademoiselle Angèle Moreau) et elle chantait la musique de Lecocq (Giroflé-Girofla).

Elle fit une saison théâtrale au Caire, revint à Marseille, où elle interpréta la grande comédie et le drame littéraire, puis retourna à l'opérette. M. Plunkett la vit dans la Fille de madame Angot et dans le Grand Mogol et lui proposa un engagement.

xMademoiselle Jane Hading débuta au Palais-Royal dans la Chaste Suzanne, vaudeville de M. Paul Ferrier, avec musique nouvelle écrite à son intention ; puis dans un petit acte, Bérengère et Anatole. Elle fut prêtée à la Renaissance pour remplacer dans la Petite Mariée, Jeanne Granier, indisposée. Elle plut énormément. Elle ne possédait pas le brio endiablé de la créatrice, mais elle captivait par un charme exquis et par une voix douce et pénétrante, bien que d'un volume restreint. Elle retourna au Palais-Royal ; mais, son traité terminé, un bon engagement la ramena à la Renaissance. Elle reprit Giroflé-Girofla et

ACTEURS ET AGIR CES ICil

Heloïse et Abélard, et fil ces deux toutes gracieuses créations: la Jolie Persane al Belle Lurette.

La vie artistique déjà si remplie, si accidentée de celte jeune femme, entre dans une nouvelle phase : Jane Hading débute au Gymnase dans Autour du mariage, comédie tirée de son livre humoristique et pimenté par Gyp, en collaboration avec Hector Crémieux ; c'est une ravissante Paulette. Mais sa grande renommée date du Maître de forges, où, adorable à tous égards, elle contribue largement à la vogue persistante de la comédie de .M. Georges Ohnet. Son traité est annulé. Un nouveau et brillant contrat l'attache au Gymnase.

En I880, madame Jane Hading fait deux créations bien différentes d'allures. Dans le Prince Zilah, une Tzigane qui devient princesse et da.ns Sapho... une Sapho.

Ne forçons point notre talent.

Nous ne ferions rien avec grâce-

Eh bien, Jane Hading force son talent dans la pièce de M. Alphonse Daudet... et elle ne cesse de captiver, car la grâce est inhérente à sa personne. La Sapho qu'elle représente n'est pas celle du roman ; elle n'en est pas moins d'une dangereuse séduction.

Son dernier rôle au Gymnase, la Comtesse Sarah. va merveilleusement à son jeu fait d'enjouement et d'amertume, de tendresse et de douleur.

Quelque temps après avoir abandonné la scène où elle régna pendant cinq ans, madame Jane Hading partit en Amérique; les chroniques ont beaucoup parlé de son désaccord avec Coquelin. Madame Hading a obtenu beaucoup de succès dans les rôles qui vont bien à sa nature.

De retour, madame Hading contracta un engagement avec le Vaudeville, où elle débuta, dans /a Comtesse Romani, par le rôle que créa madame Pasca au Gymnase, et dans lequel elle ne réussit pas complètement. Elle a pris une éclatante revanche dans la marquise de Grèges, du Député Leveau, qu'elle a composée avec beaucoup d'art, qu'elle joue avec simplicité et un grand charme.

Sur cette même scène du Vaudeville, madame Hading interpréta Cécile, de Nos Intimes, jouée à l'origine par mademoiselle Fargueil, et créa le Prince d'Aurec avec un talent qui lui ouvrit les portes de la Comédie-Franraise, où elle n'entra pourtant qu'au retour d'un nouveau voyage en Amérique. Sur noire premier théâtre, elle sut, après madame Plessy et d'autres émérites devancièies, remporter un véritable succès dans dona Clorinde, de V Aventurière.

JNéanmoins, ne voyant })oindre aucune création et son admission au sociélarial ne pouvant avoir lieu dans un délai très rapproché, la belle impatiente reprit sa liberté; elle contracta de nouveau avec le Gymnase, plein encore de son souvenir.

C'est dans la Princesse de Bagdad, par le rôle que créa madame Croizelteàla Comédie-Française, que la belle et vaillante artiste a fait sa réapparition sur la scène du boulevard Bonne-Nouvelle. Elle a ensuite assumé la loui-de responsabilité de personnifier Maud, des Demi-Vierges. Son succès n'a pas été moins vif dans la Marcelle de Sardou ; émue, révoltée, toujours touchante; toujours belle, malgré la simplicité des toilettes du personnage.

JUDIC, la belle, la charmante, la toujours jeune et adorée Judic, l'une des premières coméchennes de l'époque et avec cela chanteuse exquise. Judic lance un couplet grivois av(;c une naïveté tellement adorable que nul ne saurait s'en effaroucher, mais si elle a une mélodie sentimentale à soupirer, sa douce et fraîche voix va au cœur. Talent parfait, naturel, surprenant ; vivacité, grâce et hardiesse, voilà Judic. Une telle artiste devait avoir une merveilleuse carrière : la bonne fée avait mis tous les dons dans son berceau. Aussi que de triomphes!

Au café-concert où elle débuta, Judic fut tout.de suite l'idole de la foule. La ravissante jeune femme s'essaya à la scène dans Memnon, aux Folies-Bergère. Les Bouffes lui firent un pont d'or pour l'amener au passage Choiseul, Molda, de la Timbale d'argent, commença celte longue et belle série de créations, série continuée aux Variétés avec une vogue toujours croissante. Pour retracer, d'une manière détaillée, l'existence artistique de Judic, il faudrait vingt pages de ce modeste volume. Le charme spirituel de Niniche, les trois âges de Lili, les audaces de la Femme à papa, la naïveté exubérante de Nitouche, la verve irrésistible de la belle Charbonnière ont, du reste, si bien frappé l'esprit et le cœur de la foule que rappeler tant de parfaites incarnations est inutile. Dans la reprise de quelques rôles de Schneider, madame Judic a fait preuve d'autant de tact que de talent en s'assimilant ces personnages au point d'y être elle-même et rien qu'elle. En province et à Tétranger, cette adorab e artiste n'est pas moins fêtée qu'à Paris : sa présence attire la foule et vaut aux directions des recettes californiennes

Madame Judic, femme du monde, est la plus aimable et la meilleure qu'on puisse voir; très distinguée avec cela et ravissante autant qu'à la scène. Pour achever de rendre hommage à la femme, disons qu'elle adore la famille et qu'il n'y a pas de mère plus aimante. Toutes les qualités, alors, dira-t-on ? Oui, vraiment, toutes les qualités.

Qu'ajouter à ces lignes, extraites de nos précédentes éditions ? Mentionnons seulement la création au Gymnase, dans l'Age difficile, de madame Mériel, qui paraît dans deux scènes seulement. Tenue, débit, physionomie, expression, tout est parfait chez madame Judic, dans ce rôle qui devrait lui faire ouvrir les portes de la Comédie-Française.

OÙ elle comblerait le vide causé par la mort de Céline Montaland.

M'"''MARIE-LAURENT(néeMARiE Luguet), douziènio oiifant sur Ircizo (iireuroiiL ses parents. Elle naquit à Tulle, vn 18'26. Interrogée sur l'âge auquoi elle commença à jouer, elle répondit : « Je ne me souviens pas d'avoir jeamais commencé. »

En etiet, enfant de la balle, elle monta sur les planches à peine sut-elle parler. Assistant à la répétition d'un drame dans lequel un horrible serpent devait s'enrouler autour d'un mannequin représentant un enfant, elle implora à cor et à cri ce rôle d'enfant.

— Je veux jouer l'enfant qui a un serpent, moi, na!

(( Ce fut mon premier boa », dit madame Laurent.

Un peu plus grande, ou, plutôt, un peu moins petite, Marie Luguet joue les rôles de Léontine Eay, accompagnant sa famille à Lille, à Dunkerque, à Genève, où elle débute dans le rôle d'Eolim, le lutin de la Fille de l'air. A Rouen, elle joue Virginie, de l'idylle de Bernardin do Saint-Pierre, et fait une création dans une pièce inédite : un Hidalgo du temps d'Isabelle. A Toulouse, à côté de Bocage, en représentations, elle remplace à l'improviste, dans Lucrèce Borgia et dans la Tour de Nesle, une artiste atteinte du choléra. Sa renommée la précède à Paris, où elle paraît à rOdéon dans ce même rôle de Tullie. de Lucrèce. Elle part pour Bruxelles où elle épouse le chanteur Laurent. (Madame Marie-Laurent est, aujourd'hui, veuve pour la seconde fois.)

Ses véritables débuts à Paris datent de 1849 cà l'Odéon, où elle interpréta le grand répertoire et créa Madeleine, de François le Champi.

La Poissarde, le Fils de la nuit, Maître Favilla, les Chevaliers du brouillard, les Mères repenties, la Tireuse de caries, les Fuçiitifs, les Erinnyes, la Haine, la Voleuse d'enfants^ la Bouquetière des Innocents. Michel Strogoff, Germinal... Voilà peut-être le demi-quart des créations de M""^ Marie-Laurent sur différentes scènes. Elle a ]0\\é Marie Tudor, Cléopàtrc (de Rodogune), la Marâtre, Ï07'este, Phèdre, etc.

La note dominante chez madame Laurent, celle qu'elle fait le mieux vibrer avec une émotion communicative, c'est le sentiment maternel.

Dans notre édition de 18o9, nous commencions ainsi sa notice : « C'est une comédienne d'un grand talent, qu'elle joue une poissarde ou une reine, une grande dame outragée ou une fille amoureuse ».

Nous voudrions pouvoir développer ce thème connu :

Madame Laurent est membre de la Légion d'honneur.

]y[iu. pÉLICIA MALLET, arrive de Bordeaux vers la lin de 18813 et oblienl un succès fou au Cercle Pigalle « C'est une nouvelle Déjazet >■, diL M. Sarcey.

Après un court séjour à FE^ldorado, elle débute à l'Ambigu dans les Mohicans de Paris, où elle chante le Fiacre, de Xanrof. A la Porle-Saint-Martin, elle joue Mamz'elle iHoupiou. Au Cercle funambulesque, elle interprète plusieurs pantomimes, notamment l" Enfant prodigue, transporté aux Bouffes-Parisiens, et qui établit sa réputation. Elle donne à la Bodinière des auditions de « chansons brutales » et de « chansons d'amour » avec conférences de M. Maurice Lefèvre.

Félicia Mallet va au Nouveau-Théâtre pour la Danseuse de corde, d'Aurélien SchoU, et pour Scaramouche, de Maurice Lefèvre ; puis elle revient à l'Ambigu, pour Gigolette, et pour la pantomime de MM. Henri Amie et Raoul Pugno : Pou?' le drapeau; elle y retourne encore pour reprendre dans rAs de trèfle, le rôle créé par mademoiselle Kolb.

Intelligence scénique remarquable. Tempérament d'artiste, passant facilement de la farce au pathétique, et vice versa.

M"® PIERNY, une étoile. Jane Pierny est une élève de Bax-Saint-Yves, c'est-à-dire une chanteuse formée à la meilleure école. Sa voix de soprano est étendue et belle. Elle s'est montrée charmante sous tous les rapports, dans les Premières Armes de Louis XW François les Bas- Bleus, la Belle Sophie, l'Egyptienne, la Petite Mariée, et aux Nouveautés : /'/ Demoiselle du téléphone, Alni Fauvette, Champignol, Mon Prince, les Grimaces de Paris et le Capitole. En quittant l.s Nouveautés, M^'° Pierny entra à l'Opéra- Comique, d'où elle vint aux Variétés, en passant par les Folies-Dramatiques, où elle revint pour reprendre la Timbale d'argent, créa l'Auberge du Tohu-Bohu et joua dans 3Iam::i'elle Ailouche le rôle créé aux Variétés par Judic.

3Iademoisclle Pierny est une enfant de bonne famille, qu'une irrésistible vocation a conduite devant la rampe. Elle tient son emploi avec autant d'autorité que de charme.

M"*^ SAMÉ, premier prix d'opôra-comique et premier accessit de chant au Conservatoire, en 1887. C'est une chanteuse au fm talent, à la voix sympathique; mais, surtout une adorable comédienne lyrique, la perle des dugazons. pourrait-on dire. Aussi fut-elle tout de suite er-gagée par l'Opéra- Comique pour les chanteuses légères. L'étoffe vocale manquait peut-être un peu pour ce genre, mademoiselle Sarac partit pour Bruxelles où ses débuts furent très brillants.

Voici maintenant mademoiselle Samé à la Gaîté. Chanteuse exquise, comédienne de race, formée par madame

A cric rus KT ACTUICES Ilio

Pasca, sa marraine et son professeur, elle trouve sa voie véritable dans ce genre tout parisien de la grande opcrelte, n'excluant ni la virtuosité vocale ni le sentiment.

(22'' édition.} Comédienne de race, disions-nous? L'élève de madame Pasca, l'ancienne chanteuse se fera une place distinguée à rOdéon; son apparition dans Suzanne, du Mariage de Figaro, permit de l'espérer.

M^'^' SANDERSON, classes de M. Bax et de

M. Mangin, liile de. magistrat, est née à San-Francisco, passa par le Conservatoire de Paris. « l'assa » est le mot, car elle n'y resta pas. Après avoir chanté en Hollande, elle revint à Paris, où Massenct, l'entendant dans un salon, lui destina la création d'Esclaimonde, dans l'opéra romanesque qu'il terminait à ce moment.

C'est, en effet, dans Esdarmonde que mademoiselle Sanderson a débuté à l'Opéra-Comique, avec un double succès de femme et d'artiste.

« Cette jeune fille, au visage candide, aux yeux limpides, qui faisait ce soir sa première apparition devant le public, possède, dit M. Auguste Vitu, une voix cristalline, un peu mince dans le médium, qui s'affermit et s'arrondit à mesure qu'elle monte vers les régions supérieures; elle pourrait s'appliquer h devise de Fou([uet : « Quo non ascendam? Où ne monterai-je pas? » Je ne parle pas des ut et des ré au-dessus des lignes qu'elle prodigue avec une facilité inouïe; mais, au quatrième acte, elle arrive diatoniquement jusqu'à une quarte plus haut, c'est-à-dire jusqu'au contre-sol aigu, véritable note de petite flûte, qui, à ce que je crois, n'était jamais sortie jusqu'à présent du gosier d'aucune cantatrice. »

Et, puisque nous venons de citer le Figaro, empruntonslui également cette remarque du Monsieur de l'orchestre :

« Mademoiselle Sanderson était prédestinée depuis le baptême à jouer un rôle dans une pièce où la magie tient une si grande place : elle s'appelle Sibyl. »

Mademoiselle Sibyl Sanderson a débuté à l'Opéra dans Thaïs. C'est une toute charmante Juliette (Roméo cl Julielle).

(Édition de 1891.)

Rigolelto fut un triomphe pour mademoiselle Sanderson. Impossible de rêver une Gilda plus parfaite à tous égards : exquise tragédienne lyi'ique. délicieuse cantatrice.

M'"^' SIS OS (Raphaële), élève de Bressant, remporta son second prix eu 1877, en concourant dans la Fausse Agnès, et son premier prix en 1878, avec Peblo, de Don Juan d'Autriche. Son engagement à l'Odéon expiré. elle signa pour Saint-Pétersbourg. De retour en France, elle traita avec le Vaudeville, puis revint à l'Odéon.

Les rôles dans lesquels nous avons le plus présent à l'esprit cette charmante comédienne au jeu pétillant, à la physionomie éveillée, sont : Chérubin, du Mariage de Figaro; Angélique, de la Fausse Agnès; Charlotte, de Don Juan; Lucilc, de V Honneur et l'Argent, et ses créations dans Jack et dans Beaucoup de bruit pour rien.

Bonne création du rôle d'Hélène Rousseau, la femme au cœur sec, dans Révoltée.

En quittant l'Odéon, Madame Sisos avait pris la résolution d'abandonner le théâtre; mais la nostalgie du succès ne tarda pas à s'emparer d'elle. Elle entra au Gymnase; elle y lit son apparition dans le joli personnage de Claire de Chancenay, de Paris fin de siècle, qu'elle composa en même temps de coquetterie et de sensibilité, auquel elle imprima un charme candide et pénétrant, bien fait pour motiver la fidèle passion de Roger de Kerjoël et captiver le duc de Linarès.

Parmi ses autres créations au Gymnase : Musotte, la Menteuse et Charles Demailly.

Après un certain intervalle et avant de reparaître devant le public parisien, Madame Raphaële Sisos donna des représentations à Marseille.

Son retour au Vaudeville s'est effectué dans Monsieur le Directeur, où elle a remporté un double succès d'artiste et de femme.

A la Porte-Saint-Martin, pour la reprise de Fanfan la Tulipe, madame Sisos a rendu la jolie scène d'amour, au dernier acte, avec un attendrissement et des accent? pénétrants. — Elle était prêtée par le directeur du Vau deville.

Le rôle créé dans la Villa Gaby, au Gymnase, par mademoiselle Rosa Bruck lui avait été destiné ; elle le refusa, ce qui amena, à l'amiable, la rupture de son engagement.

M"« MARGUERITE UGALDE. Bon sang ne peut mentir.

Marguerite Ugalde tient de sa mère une voix aussi belle que jolie, un grand talent de chanteuse et un esprit qui fait d'elle une adorable comédienne. — C'est dans les Contes d'Hoffmann, d'Offenbach, qu'elle débuta à l'Opéra-Comique.

Puis, elle se lança dans l'opérette. Ses créations et ses intéressantes prises de possession de rôles sur les scènes de genre ne se comptent plus, aux Nouveautés, aux Folies, aux Bouffes-Parisiens (alors que sa mère dirigeait ce théâtre) furent pour la sémillante artiste autant de succès.

Marguerite Ugalde aborda la comédie : au Gymnase, sous la direction Koning : elle créa le rôle de Colinette, dans l'Art de tromper les femmes, et Koudjé, de Mon Oncle Barbassou.

Dans Chilpéric, aux Variétés, elle a su s'approprier Frédésonde avec une fantaisie et une grâce toutes personnelles ; cette nouvelle incarnation du personnage est une nouvelle création.

Marguerite Ugalde porte le travesti comme Déjazet ; ce n'est pas peu dire. Elle possède le charme... et le chic, et elle a le diable au corps.

j^\w VAN ZANDT, naquit aux États-Unis. Élève de sa mère (qui lut elle-même une artiste remarquable) et de Lamberti, elle débuta dans Zerline, de Don Giovanni, en 1879 et chanta à Covent-Garden, où elle débuta dans la Sonnambula.

Son début à Paris eut lieu en 1880 dans Mignon, qui la posa d'emblée en étoile. Il lui fallut retourner en Angleterre et aller en Danemark, ayant contracté des traités, antérieurement. A son retour, elle créa Lakmc, que Léo Delibes composa pour elle. Elle interpréta ensuite Dinorah, du Pardon de Ploërmel et Rosine du Barbier de Séville. Elle fut, on s'en souvient, contrainte d'abandonner ce dernier rôle le soir même de la reprise, par suite d'une indisposition.

Mademoiselle VanZandt revint un an plus tard ; elle essaya de faire sa rentrée par sa création de Labné, mais les scènes regrettables qui accueillirent sa réapparition obligèrent la direction à résilier le nouvel engagement.

Depuis cette reprise, mademoiselle Van Zandt a chanté en Italie, en Angleterre, en Russie, en Amérique; où encore?

Un Recued de cette nature ne peut être tout à fait exact que relativement. Le lendemain, même le jour de son apparition, des changements se produisent. Mais, chaque édition est « revue, corrigée et augmentée ».

lAii'iUMFRiE CHAix, i!i:R BERGÉKF., 20, PARIS. — 7236-7-yu. — tfnMe Lorillcul).

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