COLORATION
Procédés pour déceler la présence de l’Actinomyces.
Après avoir, comme nous l’avons déjà dit, étendu sur une lame de verre les liquides ou tissus suspects, après en avoir dissocié les éléments et transporté les grains sur une autre lamelle il est préférable pour les
examiner de les colorer.
La coloration repose sur deux principes :
1° Le mycélium se colore facilement avec les couleurs d’aniline (violet de gentiane, bleu de méthyle, etc.) et garde le gram, tandis que dans la méthode d’Erlich il est décoloré par les acides forts.
2% Les massues au contraire sont colorées difficilement avec les couleurs basiques mais sont teintées fortement par les couleurs acides : jaune orangé par picrocarmin, rose par le carmin, rouge par l'éosine. On
- peut se contenter de colorer au picro-carmin ;1es cros-
Courtois 2
MN: Le ses sont jaunes sur fond rose. Si on fait une double coloration avec l’éosine, les filaments et les spores
sont violets, les crosses roses.
Les spores se distinguent par leur éclat réfrigèrent,
leur coloration limitée à l'enveloppe.
Si les grains sont imparfaitement dissociés, un lavage rapide à la potasse (30 p. 100) détruira les particules animales puis un lavage à l’eau entraînera les substances étrangères.
Coloration simple. — Une goutte de picro-carmin vieilli qu’on laissera en contact cinq à dix minutes. Une lamelle qui écrase légèrement le grain et étale un peu les massues qui forment une couronne irrégulièrement festonnée de nuance orangée, tandis que le centre est teinté confusément en jaune.
Coloration double. — Écraser le grain, le traiter par la méthode de Gram, puis le soumettre à l’action
du picro-carmin.
B). — Dans les coupes.
La recherche du parasite est laborieuse car il est difficile de trancher les tissus sans les dilacérer à cause de la zone de nécrose souvent produite par le parasite autour de lui et le grain isolé se détache par la simple poussée du rasoir.
Pour la coloration avec le picro-carmin et une couleur
d’aniline on obtient mème des colorations triples, cel-
mere (as lules teintées en roses ou en rouge franc, massues oran-
gées, mycélium bleu ou violet.
C). — Culture.
Difficile, car la culture sera probablement impure, et l’actinomyces mélangé aux microbes de la suppuration qui se développent plus rapidement que lui, sera gêné
dans son évolution et souvent même disparaîtra rapidement (6 à 10 jours) du milieu où on l’a ensemencé.
Tous les procédés de culture employés sont basés sur la propriété que possède l’actinomyces de vivre comme un aérobie ou comme un anaérobie, tandis que les autres microbes sont gênés, soit par la privation d'oxygène, soit par l’excès de gaz, dans leur développement.
Pour Bérard et Poncet la méthode la plus sûre et la plus rapide consiste à pratiquer les premiers ensemencements des grains jaunes sur des plaques d’agar peptonisés ou sur des pommes de terre, de suivre le développement des colonies, en triant au bout de cinq à six jours celles qui paraissent indemnes de moisissures ou autres bactéries pour les repiquer sur de nouveaux milieux.
Milieux de culture. — Températures limitées + 20° à + 50°, température optima + 37°.
Tous les milieux de culture peuvent être utilisés et conviennent à l’Actinomyces.
Dans Le sérum les grains sont blanchâtres ou jaunâtres, secs, et apparaissent le cinquième jour et deviennent confluents rapidement.
Dans le bouillon peptonisé apparaissent des granulations d’un blanc terne, celles-ci augmentent sans troubler le liquide d'une manière appréciable.
Puis au bout de dix à quinze jours elles se recouvrent d'un duvet cotonneux constitué par des spores et ont été comparées à des feuilles de nénuphar. Si on ne les réensemence pas, les granulations se désagrègent et tombent au fond du tube.
Les cultures fraiches provenant d’actinomycose humaine se réduisent rapidement au mycélium qui proli fère tandis que les massues disparaissent et le microscope montre un feutrage de filaments courts (1 à 3 u) puis des spores réfringentes. Si des transports successifs sont faits dans de nouveaux tubes, les filaments s’allongent,se divisent,etles éléments mycéliens devien-
“nent très volumineux (20 à 50 ) de plus les spores se fragmentent en éléments cocciformes.
Dans les cultures vieilles le mycélium disparaît et il ne reste plus que les spores tombés au fond du tube.
Sur gélatine et agar glycériné au bout de dix à
quinze jours granulations blanchâtres qui se foncent en
se fendillant. La culture est grêle avec liquéfaction légère et tardive sur la glycérine.
Dans l'œuf utilisé par Israël et Wolff qui obtinrent de beaux résultats.
Sur la pomme de terre croissance plus lente, vers le huitième jour de petites colonies incolores puis grisâtres apparaissent. Elles deviennent peu à peu confluen” tes et forment une croûte jaunâtre, crevassée, couverte
d’aspérités semblables à un amas de lichens (Domec).
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Cultures sur céréales. — Les cultures pures fructifient avec une très grande facilité sur les grains de céréales légèrement humides.
Bérard et Dor (189%) ont obtenu de belles cultures sur des grains d'orge, d'avoine ou de blé, légèrement humides.
Vers le troisième jour après l’ensemencement apparaît un enduit pulvérulent, jaunâtre,comme saupoudré, qui entoure la graine et peu à peu la pénètre, et y détermine de petites excavations, si on l’a préalable-
ment décortiquée.
Sur plantes vivantes. — M. Hiem 1897, a échoué
mais a obtenu de belles cultures en imprégnant les milieux solides (gélose, gélatine), avec du jus stérilisé de végétaux divers (foin, paille et céréales).
Liebman plus heureux arriva à faire pousser des haricots, lentilles, orge, dont l’épi et la paille recellaient le développement du parasite. L'examen révéla des formes identiques à celles observées chez les animaux avec prédominance des formes sporulées.
Domec est arrivé à prouver que l’Oospora est moins résistante à la chaleur que les autres bactéries. Une température de 75° pendant dix minutes enlève à ses spores toute puissance végétalive.
Bérard et Poucet voulant se rendre compte du degré de longévité de FOospora sur des graines ensemencées, examinèrent des grains abandonnés depuis quatre ans. Les grains infectés étaient reconnus facilement, — leur ensemencement fut positif sur agar et bouillon. Deux
inoculations intrapéritonéales furent pratiquées sur des
RAL va Ar S A r CA de nt a à 2 k # = 200 A ET
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va ie lapins en même temps que les ensemencements, l’un a mourut en dix jours d’une péritonite due à l'Actino- ù Res myces et au staphylocoque. L'autre lapin maigrit, mais ne présenta pas de lésion locale.
14 Toxines. — Déléarde injectant des cultures sur bouil- 14 Ë lon glycériné âgées d’un mois à des lapines a constaté 1 que :
Le à 1° Par la voie cutanée, l'injection de doses considé- D En rables (20 cc.par lapin) ne détermine qu’une hyperther- * NE mie transitoire. Sur le cobaye l’action de la culture : 1 filtrée paraît nulle.
be 5; | 2 Par voie veineuse : effet nul. | 3° Par voie intrapéritonéale : mort à longue échéance . par cachexie.