PRES
La culture pourrait seule démontrer l'unité ou la multiplicité des espèces parasitaires du genre actinomyces susceptibles de s'implanter dans les voies lacrymales.
Donc, pour établir l'identité du champignon des voies lacrymales avec l'actinomyces bovis, au moins dans certains cas, où une ligne de démarcation nette a été tracée par l'examen macroscopique et microscopique, il faut s'adresser aux caractères culturaux qui sont le véritable critérium de la question. Or, dans la plupart des cas, où l'analyse montrait la similitude des deux champignons, la culture du parasite extrait des voies lacrymales n’a pas été tentée ou est restée sans résultat comme dans le cas de Elschnig et dans le nôtre. À
Tout récemment, le docteur K. Kastalkaïa a obtenu des cultures pures d’actinomycose, comme avait la bonté de me l’affirmer M. le professeur Evetzky.
La difficulté que l'on a d'obtenir des cultures pures d'actinomycose, explique l'absence de résultats dans la plupart des cas où l'on a tenté d'ensemencer le parasite, et le succès qui a couronné les recherches du docteur Kastalkaïa nous permet de conclure à la possibilité d’une actinomycose des voies lacrymaies, produite par l’actinomyces bovis.
C’est alors que nous fûmes amenés à rechercher si, parmi les microorganismes qui se trouvent à l’état normal dans les culs-de-sac conjonctivaux de l’homme
on ne trouve pas l’actinomyces.
AD
Les recherches de Fick (« Ueber micronganismen ‘in conjonctivalsck ». Centralblat fiir Bacteriolopie und Parasitemunde, 1887), ne nous apprirent rien de précis. Nous avons consulté l'excellente thèse de Gombert (1889) qui donne les caractères culturaux des diverses espèces microbiennes trouvées par lui sur la conjonctive normale. Tout microbe vivant mélangé à un milieu nutritif stérilisé, liquide, étalé en couche mince, solidifié ensuite et maintenu à une température normale, donne naissance à une colonie parfaitement isolée, et de forme différente pour chaque espèce microbienne. Iltrouva assez souvent le streptothrix Foersteri, sur cultures ensemencées avec le mucus conjonctival : ce parasite forme 1 à 2 colonies sur 8 à 10 plaques, mais il risque de passer inaperçu, car ses colonies à développement tardif sont souvent masquées par des colonies voisines, qui viennent liquéfier la gélatine où elles commencent à se développer : il en est de même pour l’actinomyces bovis.
A l'examen microscopique des cultures, le streptothrix se présente sous forme de longs filaments à extrémités arrondies, rectilignes ou plus souvent ondulés, ou irrégulièrement spiralés. Ils forment un lacis inextricable.
Le diamètre est égal dans toute leur longueur et mesure de 0 # 50 à o #60. Leur longueur est de 4 à 62 à 92 g. =
Fréquentes dichotomisations.
Sur cultures un peu vieilles et surtout sur cultures :
ST Dee
de pomme de terre, albumine et agar-agar, on voit des
filaments variqueux beaucoup plus courts, mais d’un diamètre plus considérable, 3 à 6 # de long, o# 7o à
0 4 80 de large. A l'extrémité de ce filament variqueux on voit quelquefois des étranglements assez prononcés pour isoler presque complètement 2 ou 3 éléments arrondis semblables à des coccis: En même temps que ces filaments variqueux, il existe, le plus souvent, des éléments cocciformes isolés ou zoogleiés qui sont les spores de ce microbe et dérivent de la fragmentation des filaments variqueux. Ces spores ont environ o # 80, elles sont très nombreuses sur pommes de terre, surtout au moment où la culture devient blanche.
L'ensemencement de ces spores reproduit des colonies qui contiennent des filaments purs ou des filaments et des spores selon l’âge de la culture et le milieu sur lequel on les a ensemencées.
Tous ces éléments prennent très bien les couleurs d’aniline. te
Cet aspect microscopique rappelle bien celui des cultures de l'actinomyces bovis : feutrage de filaments un peu contournés qui s’allongent, se dichotomisent et se fragmentent en éléments cocciformes et forment des spores qui peuvent devenir très nombreuses.
Gombert fit une série de cultures à 27 et à 37°. Cultures à 2°.
Plaques de gélatine.— Le streptothrix est un microbe à développement tardif,
“se 4 ou le 5° jour ‘après l’énsemencement, apparaissent de petites colonies blanc grisâtre dans l'épaisseur de Ja gélatine. Quelqués-unes “atteignent, le lendemain, un:quart à un demi millimètre." Elles grandissent lentement sous forme de sphères grises de un à deux millimètres de diamètre. :Quand-la forme sphérique est bien apparente, leur centre est opaque et gris foncé, la périphérie blanche et demi-transparente. Fe HAN PERO 5
“En:se développant éllès arrivent à ‘la surface de la gélatine qu’elles:dépassent bientôt. La‘gélatine se déprime autour d'elles et forme un godet sec, assez large au ‘fond: duquel converge la colonie qui a pris une teinte gris sale ou un peu jaunâtre. Cette colonie est partagée en deux hémisphères, un: inférieur dans épaisseur de la gélatine et un autre supérieur libre qui s'élève en relief du fond du godet. Cette colonie est compacte, - elle se fragmente difficilément et s'écrase facilement entre deux lamelles, elle roule sous l'aiguille quand on veut l'ensemencer et quand On arrive à la saisir on l’apporte tout entière. C'est là un excellent caractère pour reconnaître les colonies de streptothrix.
Examinées à un faible grossissement, les colonies du début sont ‘quelquefois: des amas de granulations noires, sans limites précises, assez rapprochées au centre, s’isolant à la périphérie.
Cette disposition est rare, le plus souvent c’est une colonie ronde, marron ou noire, de la périphérie de
ls M
laquelle partent des poils raides, courts, irréguliers ou bien une petite colonie grise, qui paraît constituée par l'entrecroisement de filaments rectilignes;’irrégulièrement disposés.
Quelle que soit la forme du début, les colonies ont bientôt toutes le même aspect : rondes, arrondies, de couleur noire et la périphérie ornée dé poils courts, irréguliers, un peu estompés. Plus tard, les poils sont moins nets; les colonies restent uniformément noires et leur périphérie est comme veloutée, cotonneuse, avec poils estompés, diffus, très fins.
Tubes de gélatine. — Apparition des colonies au bout de trois ou six jours. Elles commencent dans la profondeur, où on voit le long du trait d’inoculation, de petites sphères blanches qui grandissent lentement et atteignent r, 2 et 3 millimètres. Le centre devient opaque, grisatre ou brun, la périphérie demi- -transparente et blanche.
Ces sphères conservent leur indépendance : elles s'écrasent et s'aplatissent du côté de leurs surfaces de contact.
S'il se dévéloppe une colonie en surface, elle prend l'aspect du même microbe sur les plaques de gélatine.
Quelquefois l'ensemencement de la sur fee ayant été plus abondant, il se forme une excroissance irrégulière, grisâtre, à surface tourmentée de bosselures et de circonvolutions. Cultures à 37°.
NL
Plaques d'agar-agar.— Au troisième jour apparaissent des colonies superficielles et profondes.
Les colonies profondes sont de très petits points gris terne, qui grandissent très lentement, acquièrent un quart de millimètre de diamètre et prennent une. légère teinte jaune le quatrième jour qui suit leur apparition. La teinte jaune s'accentue un peu, mais la taille ne varie pas.
Un faible grossissement les montre arrondies, noires, granuleuses, avec un bord finement tomenteux; elles ressemblent aux colonies profondes sur gélatine.
Plus tard, leurs bords deviennent irréguliers et plutôt granuleux que tomenteux.
Les colonies superficielles très petites au début, grandissent très lentement. Elles ont un quart de millimètre à leur troisième jour et mettent dix à quinze jours pour acquérir un diamètre de un millimètre et demi à deux millimètres; elles sont grises et ternes. Elles forment d'abord un relief arrondi; plus tard, leur surface devient irrégulière et grossièrement plissée.
Un faible grossissement les montre rondes, noires et tomenteuses comme les colonies profondes.
Plus tard elles deviennent absolument opaques et on y voit des clairs dus à la réflexion lumineuse sur les plis de la colonie. ;
Tubes d'agar-agar. — Les colonies apparaissent le troisième ou le quatrième jour. Par ensemencement discret, on voit apparaître en profondeur de petites
al jar