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OBSERVATION III Elschnig. — K1. Monastbl. f. Aug. 1895.
Me A..., 7d ans, me consulta le 27 juillet 1894 pour un début de cataracte à l'œil droit qui avait été vainement combattu depuis un an par des eaux spéciales.
La fente palpébrale de l’œil droit était un peu rétrécie.
La paupière supérieure était épaissie vers l'extrémité interne et la peau plus lisse en cet endroit; très peu rouge.
Le point lacrymal supérieur était élargi, la muqueuse du conduit lacrymal légèrement proéminente de couleur jaunâtre. En palpant la partie épaissie de la paupière, on sent entre les doigts une tumeur de la grosseur d’une petite fève, assez dure et orientée dans le sens du conduit: la pression sur cette masse fait sortir une petite quantité de liquide louche par le point lacrymal. Le point et le canal lacrymal inférieurs sont normaux. La conjonctive entière était rouge et laissait échapper du pus.
À la suite de cet examen j'ai cru à la présence d’une formation étrangère: végétations granuleuses ou actinomycose. L'incision du conduit lacrymal supérieur était nécessaire et je l’exécutai sur-le-champ avec le consentement de la malade. Il était très facile d'introduire le petit couteau de Weber dans le point lacrimal élargi. A l’incision, la paroi inférieure et postérieure du canalicule lacrymal était épaissie. Deux petits grains jaunâtres en Sortirent aussitôt avec le sang que donnaient les bords de Ia blessure. Au moyen d’une petite -curette à chalazion on parvint facilement à extraire du conduit lacrymal élargi une masse de grains qui avait peut-être la grosseur de deux pois. Après avoir arrêté l'hémorragie assez abondante
par la compression du canaliculelacrymal supérieur, on remarqua
que ce conduit présentait une cavité de 1/2 à 3/4 de centimètre de diamètre. La muqueuse était épaissie, gris rouge et veloutée. Cette cavité était en outre séparée du canalicule lacrymal normal par un passage court et étroit.
Cette cavité fut nettoyée à fond avec un tampon d'ouate
. trempé dans le sublimé au 1/1000°, on fit alors un massage au sublimé de la poche.
La guérison fut complète au bout de quelques jours pendant lesquels fut continuée la désinfection des voies lacrymales. La cavité se rétrécit : la muqueuse qui la tapisse devint lisse, la sécrétion disparut, ainsi que toutes les autres’ apparences subjectives et objectives du catarrhe conjonctival si opiniâtre auparavant . Il y a quelques jours, je pouvais m'assurer encore de la guérison complète de ma malade.
Il est à remarquer que ni dans la manière de vivre, ni dans la situation de la malade, on ne pouvait trouver la raison du développement du champignon des voies lacrymales.
OBSERVATION IV Schroeder.
Le 11 août 1894, une jeune fille âgée de 18 ans, nommée Catherine Nikolajewa, se présenta au dispensaire de la clinique ophtalmologique. Elle a toujours habité la ville, n’a jamais manié de blé et travaillait depuis plusieurs années dans un atelier de reliure. Personne dans son entourage ne présente de semblable affection. L'état général est excellent.
Il y avait deux ans que ses yeux étaient devenus malades et avaient été guéris dit-elle par le sulfate de cuivre. Il y avait à peu près 7 mois que s'était montrée une tuméfaction de la
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paupière gauche inférieure, qui a augmenté lentement de volume depuis ce temps. Douleur légère comparable à celle d'une faible conjonctivite.
A l'examen : à la paupière droite inférieure dans le sens étun peu en dessous du canalicule lacrymal tuméfaction de la grosseur d'un petit pois. Ronde, bombée en arrière comme en avant, élastique comme une pâte. La peau qui la recouvre est un peu rouge: injection de la conjonctive jusqu’au milieu de la paupière. Le point lacrymel est fortement élargi; par son orifice on aperçoit une masse d’un vert jaune: par la pression, il sort un liquide un peu trouble. Pas de douleur à la pression, la tuméfaction ne diminue pas de volume.
S'appuyant sur les cas observés déjà on pouvait porter avec sûreté le diagnostic d'actinomycose du canalicule.
Ce canalicule fendu, on constate qu'il s'élargit à sa partie inférieure pour former une petite poche à parois polies contenant trois grains jaunâtres ; d'aspect actinomycétique . On les extrait à l'aide de la curette et on excise un peu de ce tissu granuleux dans une région indéterminée, mais vraisemblablement près du point lacrymal. Les parois se sentaient sous la curette fortement infiltrées. La malade se présenta encore deux fois au dispensaire. On n’apercevait plus rien de la tuméfaction antérieure. La conjonctive n'était presque plus rouge et les bords de la blessure avaient l’aspect normal. La douleur avait disparu