‹ Action d'une eau bicarbonatée, chlorurée, arsenicale et radio-active (La Bourboule, source Choussy-Perrière) sur l'anémie expérimentale (anémie saturnine, anémie par saignées)Chapitre 10 sur 26 · III. - Propriétés pharmaco-dynamiques · texte numérisé non relu

III. - Propriétés pharmaco-dynamiques

Un certain nombre de recherches concernant l’acüon de l’eau de La Bourboule sur l’hématopoièse ont été effectuées depuis une trentaine d’années. Nous croyons utile de les exposer rapidement ici, ne seraitce que pour situer plus exactement notre travail dans ie cadre des connaissances antérieurement acquises.

— Le 18 décembre 1905, Billard et Ferreyrolles publent, dans les Annales de la Société Médicale de Paris, un travail intitulé : « Recherche expérimentale de la tolérance de l’eau de La Bourboule». Ils étudient à l’aide d’injections intraveineuses ou intrapéritonéales, la tolérance de l’eau Choussy-Perrière, «GMmparativement à une eau de La Bourboule artifi- “iellement réalisée d’après les données de l’analyse chimique. Leurs expériences faites chez le lapin, per-

Tops

mettent de constater qu’une solution se rapprochant aussi exactement que possible de l’analyse de l’eau de La Bourboule, est moins bien supportée que l’eau sainérale naturelle.

— Dans une publication du 4 avril 1907, Fleig étuie l’action des eaux minérales en général et de l’eau de La Bourboule en particulier, en tant que sérums artificiels proprements dits et en tant que nouvelle inéthode d’application du traitement hydrominéral.

— Toujours en 1907, Gastou et Ferreyrolles rublient les résultats d’une série d’expériences au cours desquelles ils ont pratiqué une saignée de 50 à 60 gr. au niveau de la carotide du lapin. Aussitôt, dyspnée intense et quelques secousses convulsives. Injection immédiate dans la carotide de 100 gr. de Choussy-Perrière, employée en tant que « sérum artificiel ». La ligature étant faite, l’animal détaché reprend son aspect normal.

D’autre part, s'adressant à un chien de 12 kilos, Gastou et Ferreyrolles ont provoqué une anémie expérimentale par saignée de 500 gr. de sang. Cette saignée est suivie de dyspnée, de contracture des inembres et d’affaissement des vaisseaux. On injecte dans l’artère fémorale 500 gr. d’eau de La Bourboule. À la fin de l'injection, les globules rouges passent à 3.200.000, alors qu’ils étaient à 6.700.000 avant le début de l’expérience. Puis, tout rentre dans l’ordre et six jours après, le taux des hématies est à 7.100.000.

Dans ces recherches, il n’a pas été fait de comparaison avec les résultats obtenus chez des animaux

saignés et soumis aux injections d’eau salée ordinaire.

— En 1908, Fleig montre à l’aide d’expériences chez le chien, que les transfusions d’eau de La Bourboule après saignée, produisent des effets restaurateurs plus nets que celles d’eau salée. La rénovation globulaire, étudiée comparativement avec celle enregistrée chez des animaux traités par cette dernière, est plus active, et le taux normal des globules rouges est plus rapidement atteint.

Ces études expérimentales montrent que les eaux de La Bourboule injectées dans le torrent circulatoire et par toutes les voies utilisées pour cela, sont bien ‘iolerées par l’organisme. Enfin, elles permettent d’établir que, non seulement, la sérumthérapie hydrominérale peut parfois remplacer dans l’arsenal thérapeutique l’eau de mer ramenée à l’isotonie et les différents sérums artificiels, mais encore, qu'après avoir soustrait à l’organisme une quantité de sang suffisante pour amener la mort, on peut par elles relever 14 tension sanguine et obtenir une rénovation globu- Jaire plus intense que par le sérum salé physiologique.

En partant de ces données pharmacodynamiques concernant l’action de l’eau de La Bourboule sur les éléments du sang, il nous a paru intéressant d’étudier les effets de cette eau sur des anémies expérimentales d'une certaine durée, comme celles que Pon peut obtenir chez le lapin par administration de plomb ou par saignées.

Page 1