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et sensiblement la même que chez les animaux traités pai le sérum physiologique.
« L’eau de La Bourboule, dit Gueneau de Mussy, est l’un des plus puissants incitateurs de l’hématopoièse >. Cette action est liée à la radio-activité et à la composition chimique de l’eau minérale dans Jaquelle l’arsenic joue un rôle primordial ainsi que le chlorure de sodium et le bicarbonate de soude.
L’arsenic a une action excitante sur les noyaux des cellules de l’organisme, particulièrement sur les nrganes hématopoiétiques, où il provoque la néoformation des hématies (Thèse de Bloch, Paris, 1908). D’aucuns ont voulu faire de l’arsenic un contro-stimulant, un hyposthéniant, ayant pour effet de rasentir et de déprimer les pulsations cardiaques et artérielles. D’autres ont attribué à l’arsenic la propriété d’accroître la caloricité; ils ont fait de lui un stimulant, un agent sthénique, suscitant des réactions fébriles.
Delioux de Savignac, dit que « ceux qui prétendent que l’arsenic est essentiellement un agent pyrétogénétique sont aussi loin de la vérité que les controstimulistes, qui ne voient en lui qu’un agent dépressif et réfrigérant ».
Boudry, de La Bourboule, considère que larsenic ägit sur le sang par deux modes d’action :
a) par action directe; comme tous les corps simples étrangers à la composition de l'organisme et inassimilables, l’arsenic est un altérant et il provoque par sa présence dans le sang la production d’une Jeucocytose polynucléaire active;
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b) par action indirecte; il favorise la formation des globules rouges en agissant comme agent plas- ‘ique indirect par la stimulation qu’il donne a la nutrition interstitielle.
Quant aux effets du chlorure de sodium sur le sang, nous savons, après les expériences de Plouviez et Poggiale, qu’il augmente le nombre des globules rouges et en retarde la destruction. Il combat la fragilité des hématies, tend à les ramener, dans un milieu sanguin plus stable, à un équilibre osmotique plus parfait.
Nous ne pensons pas que le bicarbonate de soude ait une action thérapeutique importante pouvant inodifier ou aider celle des deux autres éléments. son action reglobulisante affirmée par les uns (Marin-Damourette, Pugnés, de Lalaubie, Durand-Fardel), niée par les autres (J. Mayer, Hayem, Climent) est très discutable. Mais son rôle est particulièrement précieux, c’est celui d’être un élément important de tolérance de l’arsenic et de permettre l’absorption de ce dernier, même à des doses élevées, sans qu’il détermine de troubles gastro-intestinaux.
On le voit, l’eau de La Bourboule (source Choussy- Perrière) agit vraisemblablement dans l’anémie expérimentale par soustraction sanguine de façon complexe et suivant un mécanisme qu’il est difficile de préciser pour le moment.
Il nous paraît intéressant de comparer nos résultats, dans cette variété d’anémie, avec ceux obtenus par notre camarade Bressot qui a utilisé l’eau de Vals, source Dominique. Il s’agit, en l’espèce, d’une eau
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minérale bicarbonatée sodique faiblement minéralisée qui renferme du fer et de l’arsenic.
Les lapins traités par Bressot ont été anémiés par trois saignées successives à quatre jours d’intervalle. Les uns recevaient 40 cc. d’eau minérale au griffon ou 40 cc. d’eau ordinaire (témoins) chaque jour, les autres ne subissaient pas d'injection mais recevaient en boisson soit de l’eau minérale, soit de l’eau ordinaire (témoins).
Les résultats obtenus ont été les suivants (moyennes) :
Globules rouges
Animaux traités : gain 1.801.000, soit 445 % Animaux témoins: gain 1.086.000, soit 24,25 %
Fer sanguin
Animaux traités : gain de 12,50 A Animaux témoins: gain de 6,26 %
En regard de ces chiffres, rappelons ceux que nous avons déjà produits concernant nos lapins anémiés var saignées et traités par l’eau de La Bourboule :
Globules rouges
Animaux traités : gain 2.369.000, soit 87,8 % Animaux témoins: gain 1.512.000, soit 49,5 %
Fer sanguin
Animaux traités : gain 26,3 % Animaux témoins: gain 27,3 Y
De la lecture comparée de ces deux tableaux, il nous paraît ressortir nettement que l’activité de l’eau bicarbonatée chlorurée arsenicale et radioactive s’est montrée plus forte sur la rénovation globulaire des lapins anémiés, de même que l’enrichissement en fer du sang a été plus grand chez eux qu’avec l’eau ferro-arsenicale expérimentée par Bressot.
Certes, nous reconnaissons que bien souvent nos traitements se sont déroulés sur un plus long laps de temps (de 7 à 21 jours), alors qu’il a été invariablement de 6 jours avec l’eau de Dominique. Mais cependant, nous ferons remarquer que nos anémies étaient en général plus profondes, que la quantité d’eau injectée aux lapins traités par l’eau de Vals ou .ngérée par eux était nettement supérieure à celle que nous avons administrée quotidiennement à nos animaux. Nous croyons donc la comparaison parfaitement valable. D’autre part, la différence considérable observée dans l’intensité de la rénovation globulaire chez les traités par rapport aux témoins est d'autant plus remarquable que ceux-ci recevaient non pas de l’eau ordinaire, mais un sérum salé physiologique qui n’est pas dépourvu d’une certaine valeur hématopoiétique.
Il ne s’agit point ici, naturellement, de montrer la supériorité d’une eau sur une autre, mais de mettre en évidence un fait qui paraît tout de même à première vue surprenant, à savoir que l’eau minérale de La Bourboule, non ferrugineuse, s’avère notablement plus active en ce qui concerne la réparation d’une anémie expérimentale que l’eau ferrugineuse
et aussi arsenicale — mais plus faiblement — de Vals-Dominique. Il est infiniment probable que la . différence de leur action ne réside pas uniquement dans le fait que leur teneur respective en fer et en arsenic n’est pas la même. Elles diffèrent surtout et avant tout, semble-t-il, par leur complexe physicochimique global qui n’est pas comparable. C’est là sans doute l’explication assez vague — nous le reconnaissons — de leur activité propre. Et ceci déinontre, une fois de plus, cette vérité essentielle en hydrologie, qu’il ne faut point se hâter d’interpréter et encore moins de prévoir l’action physiologique ou thérapeutique d’une eau, en se basant uniquement sur certains traits dominants de sa constitution physico-chimique.
Non moins intéressant est, à notre avis, le fait que nos expériences nous ont démontré, à notre grande surprise, à savoir que pour la recharge en fer de l’organisme anémié, le sérum salé est aussi actif que notre eau minérale et aussi que cette dernière agit avec une puissance infiniment plus grande sur la restauration globulaire que sur la reconstitution du fer sanguin. Cette dissociation dans l'effet hématopoiétique de l’eau de La Bourboule n’est pas un fait complètement anormal ou nique. On connaît bien des substances qui agissent au Cours des anémies plus sur la production des lématies que sur la reconstitution de l’hémoglobine et inversement. Dans leurs expériences sur l’anémie provoquée, L. Binet et V. Strumza ont bien eux-méines constaté que le gluconate de cuivre augmente
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le nombre des globules rouges, mais ne détermine, par contre, qu’une ascension modérée de l’hémoglobire. Par ailleurs, ils observent exactement l’inverse avec le fer qui accroît la production de l’hémoglobine chez le chien anémié par saignées, alors que la production des hématies paraît peu influencée.
B. — Déductions thérapeutiques
En somme, les résultats positifs obtenus au cours de nos expériences viennent en confirmation des données déjà anciennes de la clinique thermale. Les état anémiques sont particulièrement justiciables de 1a thérapeutique arsenicale, et bien mieux, de la cure bourboulienne, car, suivant le Professeur Landouzy : « À bien envisager les choses, n’est-ce pas au compte d’une matière médicale minérale, organisée, vivante, que dans nos stations émergent des griffons des forces organiques, des forces métalliques, thermiques, radio-actives, se différenciant singulièrement des agents médicamenteux posologués dans les officines de la pharmacie chimique, au compte de la matière minérale morte... »
Considéré par les alchimistes comme principe mâle alors que le cuivre était le principe femelle, l’arsenic inspira longtemps la terreur. Il fut utilisé comme poison dans la Rome Impériale, au Moyen-Age, à la Renaissance et même aux xvn et xvirr* siècles.
Les premières tentatives thérapeutiques à l’aide Je l’arsenic datent surtout du xvir* siècle, époque à iaquelle on l’employait contre les fièvres en général;
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mais ce n’est guère qu'aux xIx° et xx° siècles que larcenic a été largement utilisé. Après les essais de Fowler, en 1842, Boudin, médecin militaire, utilisa sa liqueur contre le paludisme. Depuis la liqueur de Fowler et celle de Boudin, les composés arsenicaux se sont multipliés. L’eau de La Bourboule, qui contient 0 gr. 03 d’arséniate de soude par litre, tient une place importante dans la thérapeutique arsenicale. Voyons ses indications dans les « affections portant atteinte à la valeur respiratoire du milieu sanguin ».
Anémie palustre. — La pratique thermale de larsenic à La Bourboule répare la déchéance produite par le paludisme et met l’organisme en état de résistance. « Bénéficient surtout de la cure de La Bourboule, dit Gübler, les paludiques qui, après une série de rechutes de fièvres, n’ont plus d’accès, mais sont tombés dans une véritable cachexie ».
A propos du paludisme, Grall et Marchoux écrivent: nous attribuons aux eaux arsenicales une action réellement curative de cette intoxication, sous réserve de leur association à une thérapeutique quinique bien suivie.
Pour le Professeur Fernand Widal, « l’action antiparasitaire n’est pas limitée au spirille, elle s’exerce sur les divers protozoaires, aussi M. Ravaut s'est-il fait l’ardent défenseur de la cure mixte quino-arsepnicale dans le paludisme. L’emploi combiné de ces deux médicaments renforce leur action thérapeuique ».
Citons, enfin, les conclusions rapportées par Boudry et provenant de 4.000 observations de paludéens trai-
tés à La Bourboule et intéressant l’anémie paludéenne :
a) l'augmentation du nombre des globules rouges est d'autant plus considérable que le déficit était »lus grand (3.500.000 à 4.500.000, moyenne mensuelle);
b) l’hémoglobine est moyennement remontée de 10 %o.
F’anémie palustre est fréquente chez les coloniaux et anciens combattants d'Orient, elle est une bonne indication de la cure bourboulienne.
« Quelles que soient les causes et les variétés d’anémies, écrit Godonnèche, qu’elles soient symptomatiques ou secondaires résultant de différentes maladies infectieuses aiguës ou chroniques; qu’elles soient, au contraire, anémies essentielles, telles que la chlorose, l’eau de La Bourboule sera, dans tous les cas, suivant l'expression de Guéneau de Mussy, un des plus puissants incitateurs de l’hématopoièse. S'il s’agit de syphilis acquise ou héréditaire, associée ou non à la scrofule, l’organisme est tonifié, la tolérance au traitement spécifique favorisée ». Retenons cette toute dernière affirmation. N’est-elle pas en accord parfait avec le pouvoir antitoxique à l'égard du plomb que viennent de nous révéler nos propres expériences ?
Dans le lymphatisme, la cure de La Bourboule tire ses indications des multiples actions physiologiques ct thérapeutiques aujourd’hui bien connues de ses eaux Il s’agit d’une médication stimulante de la nutrition qui active le métabolisme plus ou moins endormi chez le lymphatique, influence favorable-
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inent les fonctions endocriniennes, modifie puissamment les accidents cutanéo-muqueux et exerce enfin une influence résolutive sur les masses ganglionnaires trachéobronchiques ou périphériques. Ces sujets sont aussi fréquemment pâles, leur teint témoigne d’une insuffisance globulaire ou hémoglobinique. De fait, L. Caussade et M. Vérain, étudiant le sang des lymphatiques, ont constaté, chez eux, une diminution de l’hémoglobine. On conçoit l'utilité toute particulière du traitement par l’eau bicarbonatée-chlorurée arsenicale de La Bourboule dans ces états anémiques du lymphatisme.
Dans le diabète encore, ce sont les malades anémiés amaigris, en état de dénutrition azoturique qui trouvent profit d’une cure à La Bourboule.
Ajoutons, en terminant, que l’heureuse influence sur l’hématopoièse de la cure bourboulienne se trouve encore renforcée par laltitude de la station therinale, avec la possibilité de compléter la cure d’eau minérale par une aérothérapie et une héliothérapie bienfaisantes dont les effets contribuent encore à accentuer l’action antianémique du traitement ther-
mal.