I. - Origine géologique
La Bourboule est placée en pleine région volcanique, au cœur du plateau central. Son eau, chlorobicarbonatée, arsenicale et radio-active, sort d’ane faille hydrothermale et volcanique orientée Sud- Ouest-Nord-Est, qui s’est ouverte pendant l’ère tertiaire. Cette fracture éruptive remarquable est déceiée au nord-est, par les centres éruptifs de la Banned’Ordanche et de huit autres volcans auxquels on doit les nappes de laves considérables s'étendant à l’ouest, au delà de Laqueuille, et des couches très diverses de cendres (cinérites) que l’on retrouve aujourd’hui sur le versant est, jusque dans la vallée de la Dordogne.
A l'extrémité sud, un pointement volcanique jalonne la faille sur le plateau de Charlannes. Au milieu, enfin, jaillissaient les sources thermales de
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La Bourboule. Près d’elles, on voit très nettement la tèvre nord de la falaise granitique qui constitue le rocher de La Bourboule.
Les puits Choussy et Perrière ont été creusés au pied de l’escarpement granitique, là où sourdaient autrefois six à sept sources ; en approfondissant progressivement ces puits, on a fini par retrouver, vers 65 mètres de profondeur, la seconde lèvre de la faïlle et le véritable affleurement de celle-ci.
A partir du voussoir granitique resté en place, s’enfassent des cinérites entremêlées de brèches, des tufs volcaniques plus ou moins perméables où l’eau therimominérale, sortie de la faille profonde, s’épanche en nappes secondaires et discontinues, qui alimentent ou alimentaient les autres puits, forés à diverses époques dans le sol de la vallée. Les sources Fenestre I et II, notamment, qui se trouvent sur la rive gauche de la Dordogne, ont cette origine. Mais l’eau qu’elles fournissent est presque froide (19°-20°), et elle diffère de l’eau des puits Choussy-Perrière par sa minéralisation et surtout par sa teneur en arsenic, qui est beaucoup moindre.
L'eau de Choussy-Perrière, puisée sur la faille granitique elle-même, et qui n’a été ni refroidie, ni altérée par le mélange avec des eaux superficielles ou par une circulation plus ou moins longue dans les tufs volcaniques tertiaires, peut seule être considérée comme l’eau typique de La Bourboule. C’est elle que nous utiliserons pour nos expériences.
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IT. - Composition physico-chimique
a) Caractères physiques
La source Choussy-Perrière donne à la minute 400 :itres d’une eau qui a, au griffon, une température de 60°. Limpide et incolore, cette eau se trouble au contact de l’air et se recouvre d’une pellicule irisée. Elle est onctueuse au toucher, elle assouplit et blanchit la peau.
Plus elle est chaude, plus la saveur salée est acceniuée. Sa densité est de 1050 à 25° —, son point cryoscopique est de — 0,33, sa conductibilité électrique est égale à 67 x 10, et son indice de réfraction à 1,334. eau de cette source contient des algues, des cristalloïdes et des colloïdes.
M. Moureu donne pour les gaz émis par 24 heures,
la composition suivante :
136 m3 de CO.
Toine-d'A7.
164 litres de gaz rares.
dont 16 litres de néon et d’hélium, et 150 litres d’argon, de xénon et de krypton, soit au total 176 m3 de gaz.
La radio-activité a été mesurée par M. A. Laborde, en 1908. Il a trouvé dans les gaz (à 0° et à 760 mm. de Hy.), 152 x 10? curie par litre, et dans l’eau : 22,45 x 10° curie par litre.
De nouvelles analyses de radio-activité ont été effectuées, en 1923, par M. Lepape. Elles ont donné
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des résultats très voisins de ceux obtenus par M. Laborde.
D’après M. Lepape, l’eau de Choussy-Perrière contient à l’émergence, 20,5 millimicrocuries d’émana- ‘ions de radium par litre. Les gaz qu’elle émet spontanément (gaz secs, à 0° et 760 "”"), contiennent 161,4 millimicrocuries par litre de la même émanation.
La « puissance radio-active », c’est-à-dire la masse de radium en milligrammes, capable de produire pendant l’unité de temps la même quantité d’émanation que l’eau et les gaz renferment, est de 138,9 nigr. de radium.
T’horo-radio-activilé est de 492,420. « C’est avant tout la quantité gazeuse produite pendant l’unité de temps qui doit servir d’unité pratique pour la conduite des cures thermales par les gaz radio-actifs, c’est-à-dire l’horo-radio-activité de Frenkel ». (MM. Piéry et Milhaud).
b) Caractères chimiques
C’est Tripier, pharmacien-major à Alger, qui le -remier, en 1839, découvrit l’arsenic dans certaines eaux minérales. Sa communication fut accueillie avec scepticisme et provoqua diverses discussions. Force fut bientôt de se rendre à l’évidence, et les recherches suscitées par cette controverse aboutirent à une première classification des sources arsenicales françaises. À la même époque, Thénard, étudiant les caux minérales d'Auvergne, découvrit, en analysant l’eau de La Bourboule, une quantité considérable