‹ Action de l'Éphédrine et du Glucose sur la résistance à la dépression barométrique en caisson: Étude expérimentaleChapitre 9 sur 40 · EE A] D · texte numérisé non relu

EE A] D

pharmacologiques dans le but de fixer leur action sur les accidents provoqués par les basses pressions atmosphériques. À part, peut-être, l’acétylcholine et le sulfate de

strychnine, elles se montrent sans grand effet.

D'autre part, le Professeur L. Binet et ses collabora-

teurs, dès 1937, se sont attachés dans de nombreux et brillants travaux, à l'étude des réactions déclenchées par l'anoxémie pure en faisant respirer à leurs animaux des mélanges gazeux, pauvres en oxygène, à la pression atmosphérique normale. Ils établissent, tout d’abord, cette notion capitale que la résistance-à l’anoxémie des animaux anesthésiés est fonction du degré de narcose. Pour apprécier cette résistance ils se fondent sur le délai d'apparition de la syncope respiratoire ou apnée, ceci en atmosphère très pauvre en oxygène, (taux d'oxygène de 3,97 % à 2,41 %, ce qui correspond aux altitudes de 12000 m. à 15000 m.). Une anesthésie profonde entraîne une fragilité particulière de l'organisme et, plus l’animal approche du réveil, plus sa résistance à l’anoxémie augmente. Il apparaît ainsi nettement que la respiration est un des facteurs les plus touchés par l’anesthésie. Cette remarque sur la sensibilité du centre respiratoire au chloralose est des plus importantes dans l’étude des. agents excitants ou déprimants de ce centre. De là, la nécessité d'exécuter les expériences dans les mêmes conditions de narcose si l'on veut que les résultats soient comparables. À cet égard, L. Binet considère que les expériences effectuées dans la première heure qui suit l’anesthésie sont encore dans des conditions semblables même si un délai de dix à quinze minutes les sépare. Au contraire, vers la troisième ou la quatrième heure ce même

à TLC AE Es g.

pate

écart entraîne de telles variations qu'aucune comparaison n'est plus possible.

L. Binet ét ses collaborateurs, ont étudié ainsi l’action de certaines substances pharmacologiques qui, par opposition au chloralose et à la morphine, par exemple, paraissent capables, au lieu de le déprimer, d'exciter le centre respiratoire et de permettre ainsi une lutte plus ou moins longtemps victorieuse contre l’anoxémie. Ils s'adressent successivement à la caféine, à la camphramine, à la lobeline, etc. et finalement aux diverses éphèdrines dont l’action antihypnique est bien connue. De fait, ils arrivent à cette conclusion que l’éphèdrine augmente puissamment la résistance à l’apnée par anoxémie.

Dans un tout autre ordre d'idées d’assez nombreuses études, envisageant l’action de la dépression atmosphérique sur le métabolisme des glucides, ont conduit à quelques données que nous rappellerons succinctement.

Sur la glycémie les effets sont essentiellement variables suivant les auteurs. Au cours de recherches récentes, M. Milhaud a pu cependant observer que les variations rapides de la dépression barométrique entraînent généralement une augmentation, d’ailleurs variable, de la glycémie chez le chien chloralosé. C’est ainsi que, d’une part, une dépression rapide suivie d’apnée et de recompression rapide entraîne une élévation de la glycémie (entre 8500 m. et 11500 m.) en moyenne de 0,483 pour mille chez le chien chloralosé, avec des chiffres extrêmes de 0,17 à 0,90 ; d'autre part, la dépression et recompression rapides, sans phase d’apnée, provoquent une élévation glycémique momdre, en moyenne de 0,20 pour mille (3500 m., 5000 m., 8000 m. et 10.000 m.) le taux d’augmentation le plus

La PASS

AIS (0,33) étant obtenu après un séjour de 17 minutes

à 10.000 m. et le taux le plus faible (0,09) après un séjour de 30 minutes à 8500 m.

En ce qui concerne la réaction RÉ après administration de sucre, elle subirait sous l'influence de la dépression barométrique en caisson une atténuation d’après Altmann. Elle serait aussi plus rapide mais de plus courte durée en montagne (1300 m.) qu’en plaine (Messerle).

En montagne, on a signalé chez l’homme sain et chez le diabétique une augmentation de la tolérance aux hydrates de carbone (Aggazzotti, Mopurgo, Dûrig, Gigon). Il s'agissait d'observations en altitude modérée (1800 m. à 2900 m.) et, il est vrai, qu'ici interviennent d’autres facteurs que la simple baisse de pression atmosphérique : le froid, le rayonnement solaire.

La combustion des glucides, enfin, appréciée par la mesure des échanges gazeux apparaît troublée en climat d'altitude. C’est ainsi qu’au Mont-Rose (altitude 4.500 mètres), Düûrig et ses collaborateurs, ont pu constater que le quotient respiratoire s’élève plus rapidement qu'en plaine après absorption de la même quantité de sucre. En haute montagne la combustion des glucides commence plus tôt et finit plus vite.

Pour préciser l’action de la dépression barométrique sur le métabolisme des glucides ces diverses études mériteraient d'être reprises spécialement dans l’atmosphère raréfiée en caisson. D'autant que des recherches effectuées sur l'animal en chambre pneumatique par Aggazzotti, par Rosin et par Wertheimer ont permis, tant par la méthode histologique, que par l'analyse chimique, de constater un appauvrissement de l'organisme en glycogène sous l'influence de la

res ARE ED 2

Le pee

raréfaction en oxygène. Et, à ce point de vue, le glycogène musculaire paraît plus sensible que le glycogène hépatique (Wertheimer). Ajoutons éncore qu’én atmosphère raréfiée l'action de l'insuline est atténuée tandis que le pouvoii hyperglycémiant de l’adrénaline est renforcé:

À propos de l'influence possible de l’ingestion de sucre sur la résistance des organismes vivants à l’anoxémie, les recherches récentes de Polonovsky (1940) apportent d'intéressantes données. Cet auteur définit l'altitude seuil comme étant l'altitude à laquelle apparaissent chez les sujets maintenus en atmosphère raréfiée (en caisson ou en avion) les troubles biochimiques témoins de la rupture de l'équilibre physiologique normal chez l’homme. Ces tests sont beaucoup plus précoces et plus sensibles que les tests psychophysiologiques habituellement utilisés (attention, mémoire, écriture). Ces troubles biochimiques consistent en modifications du métabolisme glucidique normal ; élimination urinaire des bases totales plus accentuée que celle des anions; accroissement du métabolisme protidique. En ce qui concerne les modifications du métabolisme glucidique (que nous envisagerons uniquement ici) l’auteur retient comme tests précoces: l’accroissément du taux de l’acide lactique du plasma, l’augmentation du pouvoir réducteur du déféquat tungstique sanguin, et l'élévation de l'indice chrômique résiduel encore plus précoce. Dans les mêmes condi-

‘tions de durée de séjour, d'âge, et d'alimentation, l’ingestion

de 80 grammes de glucose ou de 8 à 10 morceaux de sucre (en caisson ou en vol), augmente considérablement la résistance des sujets : il y a élévation de l'altitude seuil: De même l’ingestion de sucre retarde et atténue les accidents douloureux qui apparaissent au dessus de 10.000

HENPe Re

mètres et qui seraient surtout le fait de l’hypocapnie. Il en est encore de même de l’association sucre et vagotonine. Tenant compte de l'ensemble de ces documents et dans

le but de compléter et de développer les recherches entre-

prises au laboratoire de Climatologie de la Faculté de Médecine de Lyon, sur les modifications imprimées par divers agents à la résistance des organismes vivants aux

. Q # > Eve accidents provoqués par la dépression barométrique expéri-

mentale en caisson, il nous a paru intéressant d’étudier dans

ces mêmes conditions l’action de l’éphédrine et du glucose.

La dépression barométrique s'accompagne, on le sait, d’une diminution de la tension partielle de l'oxygène dans l'air et il est bien établi actuellement que pour des dépressions très accentuées, de même qu'aux altitudes élevées, les accidents provoqués chez l’homme ou chez les animaux sont avant tout sous la dépendance de l’anoxémie, du fait de l'insuffisant apport d'oxygène à l’organisme. Il n’en est pas moins certain qu'il ne s’agit plus ici d’une anoxémie pure, comme dans les expériences en atmosphère simplement raréfiée à la pression normale. La baisse de la pression à l’intérieur du caisson exerce, sur l’animal qui y est enfermé, des actions mécaniques importantes, quoique assez peu connues, sans doute parce que difficiles à préciser dans l’ensemble des troubles graves que détermine l’anoxémie. Elle semble bien capable, cependant, d’agir mécaniquement en particulier pour produire des modifications dans la répartition du sang dans l'organisme, dans la pression des gaz abdominaux et, par là-même, d'entraîner des troubles circulatoires et pulmonaires suffisamment notables pour ajouter leur gêne dans la lutte de l’organisme contre l’as-

phyxie. Rappelons également que J. Beyne, L. Binet et

Là

NS Cr Le:

M. V. Strumza ont établi que la simple dépression, en dehors de toute anoxémie, quand elle est réalisée avec une vitesse suffisante déclanche une réaction polyglobulique. Autant dire, en somme, que dans l’étude de l’action de l’éphèdrine sur la résistance aux effets de la dépression barométrique en caisson, les conditions ne se présentent pas exactement comme dans les expériences d’anoxémie pure.

Notre travail sera divisé en trois parties. Dans un premier chapitre, de beaucoup le plus important, nous exposerons les résultats de nos expériences concernant l'action de l’éphèdrine sur la résistance du chien chloralosé à la dépression barométrique en caisson. Dans le deuxième chapitre nous relaterons les recherches effectuées dans le même sens à l’aide du glucose. Dans le troisième chapitre, enfin, nous envisagerons, en une brève synthèse, l’état actuel de la thérapeutique des accidents provoqués par la dépression

barométrique et l’anoxémie.

(MSC De Se se: dl LR ES

Page 1