‹ Action de l'étincelle électrique sur le méthane sous faible pressionChapitre 35 sur 154 · B. — COURANT CONTINU · texte numérisé non relu

B. — COURANT CONTINU

L'effet électrique du courant n’entre réellement en jeu que si les étincelles sont du type dissymétrique, et c’est cet effet électrique qui doit expliquer ce qui se produit quand on soumet les gaz au passage du courant continu de faible intensité. La cathode joue dans cette occasion un rôle plus important que l’anode, ainsi que l’ont montré les expériences effectuées sur des gaz à la température de l’air liquide et dans lesquelles l’une des deux électrodes était refroidie. L’explication ou du moins l'essai d'explication des phénomènes observés dans ces conditions doit faire appel à l’ionisation des gaz provoquée par les rencontres des molécules gazeuses et d'électrons et dont le résultat relativement aux molécules de gaz est de les transformer en radicaux, dont la durée de vie dépend essentiellement de la nature de leurs voisins. Au voisinage de la cathode, l'émission électronique produit de grandes quantités de CH, peut-être quelques CH, et CH, dont la recombinaison ultérieure donnera les carbures CH, CG H,, C,H;,, accompagnés de leurs homologues. Puis ces molécules nouvelles subiront elles-mêmes les chocs électroniques; elles s’alourdiront de plus en plus en perdant de l'hydrogène; cet alourdissement graduel s’accompagnera d’une diminution des tensions de vapeur: ces molécules se fixeront donc sur les parois où les électrons viendront encore les frapper, et l’alourdissement se continuera jusqu’à ce qu’elles deviennent totalement inertes.

Les produits condensés seront nécessairement des corps non saturés puisque leur formule, déduite de la quantité d'hydrogène résiduel est à peu près CH. Si les produits formés peuvent se condenser sur une paroi froide, on obtiendra en majeure partie le premier carbure dont la tension de vapeur soit négligeable à la température de la paroi. Si nous avons une paroi froide à la température de l'air liquide (T — 90°K.. environ), les tensions de vapeur des carbures saturés homologues sont alors

CHE L 0 100 mm, C2 moe, C0 2/rosEmIne

Le premier carbure dont la tension de vapeur soit négligeable est alors le propane; c’est lui qui se formera en majeure partie. À une température plus élevée, on aurait vraisemblablement eu un carbure plus lourd, mais avec des rendements d'autant plus faibles, puisque le nombre des ionisations nécessaires est plus grand, et que chacune d'elles ne se produit pas sans laisser de résidus non saturés, facilement polymérisés et qui sont perdus pour la formation des carbures gazeux.

Quant à la température des gaz soumis au passage du courant continu de faible intensité, elle s’élève très peu. Des observations déjà anciennes ont montré (B. 39a) qu'aux faibles pressions, la température des gaz pris à la température ordinaire et soumis à la décharge lumineuse était sûrement inférieure à 100° : c'est plus qu’il n’en faut pour assurer que l'effet thermique du courant continu est négligeable, que son action chimique est d’origine électrique; la constatation faite en même temps, que la température de la cathode etait supérieure à celle de l’anode, confirme l’activité plus grande de la cathode aux basses pressions, tandis que l’inversion de la différence de température des deux électrodes à des pressions plus élevées témoigne du changement du caractère de la décharge.

Les différents résultats que nous à donnés l’étude des deux formes de décharge s’expliqueraient donc bien par la prépondérance, dans l’une ou dans l’autre, de deux actions très différentes : celle de la température pour l'étincelle condensée, celle de l’ionisation pour le courant continu de faible intensité.

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