INTRODUCTION
L'influence des variations de température sur les ‘êtres vivants et, en particulier, sur les végétaux, est considérable. Il n’est pas de fonction ni de partie de la plante qui ne soient profondément touchées. Les formes elles-mêmes sont modifiées.
C’est également un facteur facilement réglable dont on est apparemment maître. C'est donc, par suite, un moyen expérimental tentant, d'autant plus que les réactions auxquelles il donne lieu sont souvent mesurables. Si on envisage les résultats globaux, son action paraît simple. Si on y regarde de plus près, on constate qu’elle est en réalité fort complexe, comme est CHADIERE la matière vivante soumise à ses effets.
C'est en nous rendant compte de cette très grande complication de la question que nous nous sommes engagé dans notre travail. Il à son origine dans une étude faite sur une Mucorinée, le Rhizopus nigricans, à des températures croissantes et présentée comme Diplôme d’études supérieures (31 a). Il en ressortait que la forme, le contenu cellulaire et le chimisme du Champignon étaient fortement modifiés par la chaleur.
Nous avons étendu nos recherches, dans le même esprit, : à certaines plantes supérieures, en examinant la croissance. de ces ‘végétaux aux températures encore compatibles avec la vie ; puis, en étudiant successivement, d’une manière toute analytique, quelques-unes des actions permettant de comprendre l’inhibition végétative due à la chaleur : action sur la cellule (protoplasme et noyau), action sur les échanges chimiques avec le milieu ambiant.
Nous avons également pensé qu'à ce double point de vue, le milieu thermal, si spécial et si curieux, constituant une expérience naturelle toute faite, pourrait nous fournir d’utiles termes de comparaison. Notre déception a été complète : les sources chaudes ne contiennent en effet que des Algues bleues et des Dia-
tomées, organismes dont l'étude cellulaire ne pouvait donner lieu à une confrontation utile avec les plantes précédemment examinées. Un essai sur leur comportement chimique a été, toutefois, tenté. Nous avons cependant retenu les constations faites, et nous les rapporterons dans notre travail, d’une part parce qu'elles sont nouvelles, pour la France du moins et, d’autre part, parce qu’elles nous fournissent sur ces organismes à habitat et à vie si particuliers de nombreux renseignements intéressants.
Voici donc les différents points que nous avons examinés :
1° Température et croissance chez Pisum sativum ;
20 Température et constituants cellulaires (protoplasme et
noyau) ; | 30 Température et échanges chimiques avec le milieu chez Pisum sativum ;
40 Le milieu thermal : étude systématique de quelques stations françaises. Essai d’une étude expérimentale d’Algues thermales.
59 Conclusions générales.
Ces recherches ont été effectuées, pour leur plus grande partie, au Laboratoire de Physiologie végétale de la Sorbonne, sous la haute direction de M. le Professeur Morrrarp. C’est à lui que je dois, dès ma sortie de l'Ecole Normale Supérieure de l’Enseignement primaire de Saint-Cloud, de m'être adonné aux études supérieures, puis à la recherche scientifique. Jamais, depuis ce temps, l'intérêt qu'il m'a porté ne s’est démenti. Qu'il veuille bien accepter ici l'expression de mon affectueuse gratitude et de mon sincère attachement. ù
M. le Professeur GUILLIERMOND m'a reçu dans son laboratoire avec son affabilité coutumière, et il m'a fait profiter de sa grande expérience de cytologiste et de son inépuisable documentation. Je lui en suis très reconnaissant, comme je le suis à ceux de ses élèves qui me furent des guides compétents : Mme Hurer, MM. MANGENOT et EICHHORN.
L'étude des Algues thermales m'a amené à compulser l’herbier Taurer au Laboratoire de Cryptogamie du Muséum d'Histoire Naturelle. Je remercie M. le Professeur ManGIx de l'hospitalité qui m’y fut offerte. Mais je suis également débiteur envers M. le Professeur ALLORGE qui, d'une facon toute spontanée, m'a
confié sur ce sujet une documentation unique. Je lui en exprime toute ma vive reconnaissance.
M. le Professeur ComBEs a volontiers mis à ma disposition l'appareillage fragile de stérilisation des graines, ainsi que sa . grande expérience de biologiste. Je l'en remercie sincèrement. Ma gratitude va également aux travailleurs du Laboratoire, à M. CRÉPIN, en particulier, Chef des Travaux pratiques, dont chacun apprécie l'égalité de caractère, la serviabilité et les connaissancesS variées, à M. Micuer-DuüurAND, qui me reçut aimablement au Laboratoire de Biologie végétale de Fontainebleau, à MM. ECHEVIN, POonNTILLON. ‘QUETEL, dont les suggestions au cours de discussions et de conversations, me furent précieuses. Je remercie la Caisse des Recherches scientifiques des subventions qu'elle voulut bien m'accorder pour mener à bien ce travail. Une particulière reconnaissance va à l’Ecole Normale supérieure d'Enseignement primaire de Saint-Cloud. Les deux années que j y ai passées furent déterminantes de mon orientation, et renfermèrent en germe ce que j’ai pu faire depuis. J’exprime ma respectueuse gratitude à MM. LEconTE, Directeur de l’Enseignement Primaire de la Seine, PÉCAUT, Directeur de l'Ecole, Inspecteurs généraux de l’Instruction publique, pour l’appui sans réserve qu'ils voulurent bien me donner, ce qui me permit d'accorder mon désir de la recherche avec les nécessités d’un service d'enseignement
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