SUR LES
PHÉNOLS POLYVALENTS.
En 1885, nous avons présenté au concours pour le prix Gobley, à l'École supérieure de Pharmacie de Paris, un premier travail relauf à l’action du chloral, du chloroforme et de l’iodoforme sur la résorcine.
Le développement de cette étude nous a conduit à examiner l’action des aldéhydes sur les phénols et partant les travaux publiés sur cette question.
En ce moment ils se divisent en deux séries bien distinctes :
La première est due à M. Baeyer et ses élèves : la mème équation représente les réactions et les synthèses ;
La seconde est caractérisée par l'introduction du mot acétal, et date de nos recherches.
Dans un résumé chronologique des faits, il conviendrait donc de placer ces dernières immédiatement après les travaux de M. Baeyer et de les faire suivre de la découverte des acétals benzoyl-naphtolique et aldéhydo-naphtolique, obtenus par MM. Clauss et Trainer, publiée quelques mois seulement après nos travaux.
Cependant, dans un but de clarté, nous avons préféré intervertir cet ordre; exposer très brièvement les recherches de M. Baeyer, puis celles qui sont relatives aux acétals aromatiques, et qui constituent pour nous un
appui, indirect à la vérité, mais qui a sa valeur en pareille
matère.
Action des aldéhydes sur les composés aromatiques.
Une «ldéhyde quelconque est représentée par la for-
mule générale
R — GOH,
R symbolisant un radical complet ou incomplet, le groupement fonctionnel de l’aldéhyde est GO. C'est lui qui imprime à la molécule aldéhydique l'allure d'un corps incomplet, qui en résume toute l’histoire, et qui est le centre de toutes les réactions.
Cela dit, deux cas peuvent se présenter : 1° ou les choses en restent à l’état de simple combinaison, comme cela arrive dans les nombreuses unions moléculaires que contracte l’aldéhyde avec divers composés; 2° ou il y a réaction suivie d'une perte d'eau, c’est-à-dire fusion des deux substances réagissantes en une seule et même molécule.
Ces deux ordres de faits si différents dépendent avant tout du milieu dans lequel se fera la réaction.
En présence d’un agent déshydratant très puissant, employé en quantité suffisante, on réalise toujours le second cas; et cette marche adoptée par M. Baeyer repose sur l'équation générale suivante :
Cet GH.-CHO + > CH6— CH. CH NGsHs + HO.
Aldéhyde. Benzine.
Action des aldéhydes sur les carbures.
Si, daus un mélange de carbure et d’aldéhyde, on verse de l'acide sulfurique, la réaction s'établit bientôt, et Pon isole un carbure qui contient avec le noyau benziuique un
groupe gras.
vs *Sdiitlers CRE
ACTION DES ALDÉHYDES SUR LES PHÉNOLS POLY VALENTS,. 3
L’aldéhyde ordinaire et la benzine donnent d’après l'équation ci-dessus du diphénylméthane ; le chloral et la benzine du diphénylméthane trichloré. La réaction est générale et s'applique aux autres aldéhydes aussi bien qu'aux homologues de la benzine; remarquons cependant que le groupe aldéhydique porte son action principalement sur le noyau aromatique, laissant intact le carbure gras greflé sur l'homologue benzinique.
En présence de l’acide sulfurique, les aldéhydes se combinent aux phénols, et l’on obtient une substance généralement colorée et amorphe, soluble dans les alcalis, auxquels M. Baeyer attribue la constitution des phtaléïnes.
Leur mode de formation peut être représenté par l’équa- Lion suivante, en prenant pour exemple la résorcine :