INSTRUMENTATION
Pour mesurer la tension artérielle chez nos malades nous nous sommes servis du « Sphygmométroscope » du D” L.-A. AMBLARD qui présente plusieurs avantages.
1° Il permet la mesure automatique de la tension systolique maxima indépendamment de tou: te intervention de l'observateur.
2° Il donne ia pression artérielle minima et la pression artériolaire digitale. É
3° Il permet d'apprécier la fréquence du pouls et les troubles de son rythme.
h° La mesure est donnée d’une façon exacte à 1 imillimètre près.
Nous employons iei les mots «tension Maxima » et « tension Minima », la connaissance de ces deux variétés de tension étant indispensable nous croyons devoir en donner l'explication.
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Mais tout d'abord qu'est la tension artérielle ?
« L'action impulsive du cœur, dit Marey, se « transforme dans les ärtères en une autre force « qui à pour caractère d’être plus constante et qui « a pour origine le retrait des artères distendues « au moment de l’arrivée de chaque ondée nou- «velle. Cette force a reçu le nom de tension arté- «rielle. Il importe de bien se rendre compte de la « manière dont elle se produit. »
Supposons que le système artériel soit vide de sang et pour ainsi dire affaissé sur lui-même, qu'à ce moment le cœur se mette à battre de manière à envoyer dans les artères des ondées égales en volume, en force impulsive et revenant à intervalles réguliers. Les premières ondées qui pénétreront dans les artères commenceront à les remplir, mais les distendront peu à cause de la grande capacité que ces vaisseaux offrent dans leur ensemble. Le sang se logera donc à peu près tout entier dans le système artériel et il ne s’écoulera par les capillaires qu'une très petite quantité parce que la force de retrait des artères sera encore très faible.
Mais à mesure que les artères se rempliront, leur force élastique, c'est-à-dire la tendance qu’elles ont de revenir sur elles-mêmes, ira en augmentant. Cette force, qui est la Tension Artérielle, poussera le liquide vers les capillaires avec plus d'énergie que tout à l'heure et la quantité de sang qui s'écoulera deviendra de plus en plus grande.
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Par conséquent la quantité qui restera dans le système artériel après chaque systole du ventricule diminuera de plus en plus. La tension artérielle ira donc toujours en croissant jusqu'au jour où elle deviendra suffisante pour faire écouler entre deux systoles du cœur, une quantité de sang égale à celle que lui envoie chacun de ses afflux.
À ce moment la tension aura atteint un degré auquel elle s'arêtera ou plutôt autour duquel elle oscillera, s'élevant à chaque ondée qui arrive, pour s'abaisser ensuite par le fait de l'écoulement à travers les capillaires, s’élèvera encore à la prochaine contraction du ventricule, s’abaissera de nouveau, et ainsi de suite.
Ce que nous savons de l'influence que la contractilité des pelits vaisseaux exerce sur le passage plus où moins facile du sang des artères dans les veines, nous fait prévoir que, sous l'influence de cette propriélé, la tension des artères variera beaucoup. Si kes pelits vaisseaux se relâchent, le sang s’écoulant des artères plus facilement et plus vite, s'y accumulera en quantité moins grande ; dès lors, la tension artérielle n’est donc en définitive que la force déployée par le cœur, force mise en réserve dans l'aorte et les grosses artères, puis régularisée par l’élasticité de ces vaisseaux.
« Cette force devient à son tour la cause prochai- « ne du mouvement du sang dans l'arbre circula- « toire. » (Marey).
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