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CONCLUSIONS TIRÉES DES OBSERVATIONS

Avant de tirer de ces observations une conclusion quelconque, il est indispensable d'exposer rapidement ce qu'est le travail du cœur, de façon à voir si, par suile du traitement que nous avons fait subir à nos malades, nous avons diminué la résistance que le cœur doit vaincre.

Par définilion, un travail mécanique est représenté par le produit d'une force, parle chemin parcouru, ou d’une charge par la hauteur à laquelle elle a été soulevée. Soit P la charge, IT la hauteur du soulèvement, le produit PH représente

ie travail effectué dans un temps considéré T.' , Dans le cas du cœur il s'agit d’un travail résis-

tant, ce qui signifie que le cœur doit non poini soulever une charge à une certaine hauteur mais faire vaincre par celte charge une certaine résistance. Le travail mécanique est alors représenté par le produit de la charge, par la résistance à vaincre. Dans le cas qui nous occupe, la charge à

mL Micra

soulever est représentée par l’ondée sanguine que lance le ventricule à chacune de ses systoles, la résistance par la tension qui tient close les sygmoïdes et contre laquelle le sang floit lutter pour ouvrir les valvules et faire pénétrer le sang dans l'aorte. |

Le travail fourni par le cœur tend à être tou- Jours sensiblement égal à lui-même ; comme l'écrit Marey, il s'établit entre le rythme du cœur, son débit et les pressions qu'il à à vaincre, des rapports tels que le travail du cœur reste sensiblement constant (Loi de l’uniformité du travail du cœur — Marey). s

Le cœur adapte ainsi son débit au rythme et aux pressions à vaincre. On constate que les systoles, en même temps qu'elles deviennent plus fréquentes, deviennent plus courtes de sorte que l'excès de leur nombre est compensé par la diminution de leur durée. L’élévation des pressions ralentit Je rythme et diminue le débit et, ainsi, le produit PH oscille dans des limites restreintes.

Avec le Sphygmométroscope du D° L- 1 AN- BLARD il est facile de mesurer au lit du malade la tension artérielle maxima (Mx), la tension artérielle minima (Mn) et d'apprécier ainsi l'écart enre les deux tensions, c'est-à-dire la tension variable que Strasburger écrit par obréviation PD.

Marey à remarqué que lorsque la tension artérielle est peu élevée, l'écart entre Mx et Mn est o6-

: Le | \ néralement considérable et inversement si l’on a affaire à un hypertendu (pouls serré des artérioscléreux). Il était alors simple de penser que P D pouvait être considéré comme représentant la valeur de l’ondée systolique et que, au cours d’une affection, l'élévation du chiffre de ce P D correspondait à une amélioration de la circulation ; sa diminution à une circulation plus défectueuse. Mais il faut également tenir compte du nombre des pulsations. Plusieurs formules ont été proposées : HAS Pour les uns, le travail du cœur serait donné par la formule PDK:

p. étant le nombre des pulsations.

Mais si nous prenons deux cas différents CAS ME OO END T0 PO ESC:

2° cas. — Mx = 12 — Mn = 8 — p = &8o.

l’on aurait d'après la formule P D p. le travail du

.cœur semblable dans les deux cas. Or il est évident qu'il n’en est rien (L.-A. Amblard).

Josué modifia cette formule et proposa de rechercher le travail relatif du cœur en multipliant FD p. par le chiffre de la tension moyenne, chiffre obtenu par la moyenne numérique des tensions Maxima et Minima, c’est-à-dire :

Travail relatif = P D p. x(Mx + Mn)

RTE

Mais cette tension moyenne fournie par aucun sphygmomanomètre n’est obtenue que par la moyenne numérique entre Mx et Mn. Or c’est là, dit Marey, un chiffre insignifiant.

Le D° A. LAGRANGE pour ne pas employer ce chiffre de la tension moyenne numériquement obtenu par la demi-somme des tensions Mx ét Mn, additionne au produit P D p. la valeur de la tension minirha. L'on a alors :

Travail relatif = P D p. + Mn.

Le D’ L.-A. AuBLaRD proposa une autre formule qui, tout en tenant compte de la hauteur de la tension, tourne la difficulté en n'utilisant ‘pas la tension moyenne.

Pour obtenir le travail relatif du cœur il divise le produit P D p. par le rapport de la tension maxima. On à ainsi la formule :

Travail relatif = P D p.

Mx

Mn

Enfin le D° PARISET proposa lui aussi une nouvelle formule. Pour cet auteur le travail du cœur est égal au produit de la pression variable par la pression maxima et. par le chiffre du pouls. L'on aura donc

Travail relatif = P D x Mx x p.

Examinons donc, à l’aide de ces diverses formu-

Lors

les, les résultats obtenus chez nos malades traités par les bains thermo-lumineux.

1° Observation. — Avant le traitement :

Tension Maxima 24 : Tension Minima 18 ; Pouls

Après le traitement :

Tension Maxima 16 : Tension Minima r1 ; Pouls que | D'après formule de Josué. — Avant le traitement : Travail relatif du cœur : 10080. Après : 5062,50. ;

D'après formule de LAGRANGE. — Avant le trailement : Travail relatif du cœur : 498. Après : 386.

D'après formule de L.-A. AMBLARD. — Avant le traitement : Travail relatif du cœur : 347. Après :

D'après formule de PARISET. — Avant le traitement : Travail relatif du cœur : 11520. Après : 6000. }

Il ne faut point considérer ces chiffres comme représentant des grammes, des milligrammes, ni aucune valeur quelconque. Ce sont des chiffres qui ne signifient rien par eux-mêmes, mais qui ne sont intéressants que dans leur rapport l’un avec l’autre. Ainsi 10080, d’après la formule de Josué, est intéressant que dans son rapport avec 5062,50, et ainsi de suite.

Nous pouvons donc voir par le simple exposé de ces chiffres, résultats des différentes formules pro-

DAME RC

posées, Ja diminution considérable que nous avons apportée dans le travail du cœur de ce mala: de. IL est possible, et même très probable, que notre traitement seul ne doit pas être rendu responsable de cette amélioration car le malade était souniis en même temps à un régime lacto-végétarien des plus sévères et à une cure hydro-minérale. Il est toutefois indéniable que c’est uniquement à l’action de ces bains de lumière que nous devons la chute brusque que l’on peut constater aussitôt après le bain et qui vient soulager d’une façon considérable, quoique momentanée, le travail du cœur du malade. |

Mais il est un écueil à éviter et pour cela il ne faut point perdre de vue le manomètre : c’est la Hop grande accélération du pouls. La baisse de la tension minima indiquant la diminution de la résistance périphérique le cœur peut s’affoler, ce que l'on constate en remarquant l'accélération progressive du pouls, et si l'on n'interrompail pas le bain, il pourrait peut-être se produire chez certeins malades une impuissance du cœur à se contracter assez vite et son affolement serait à craindre.

N'ayant pas à notre disposition les éléments nécessaires pour examiner les autres phénomènes survenant sous l’action de ces bains, nous avons été obligés de ne faire, sur les modifications de la respiration, que des remarques assez imprécises.

— Fa —

Contrairement à ce qui avait été observé par HAsseLBAcH, qui constata une diminution de la fréquence du rythme respiratoire attribué à la paralysie partielle de la musculature des vaisseaux sanguins superficiels, nous avons constaté que la respiration augmente d'amplitude et même parfois de rapidité. Sur les modifications observées sur nous-même, nous avons remarqué un état de bien-être consécutif à ces bains de lumière et une facilité plus grande dans la respiration, modifieation que l’on a attribuées à une action réflexe sur les centres bulbaires par les nerfs afférents. Féré constala une action similiaire produite par la lumière seule sur le rythme respiratoire et publia des observations signalan{le chiffre de 19 inspirations par minute à la lumière jaune, 17 à la lumière grise et 15 à la lumière rouge.

Il eut été très intéressant d'examiner la valeur des échanges respiratoires, mais nous n’avons pu nous y adonner, n'ayant pas les appareils nécessaires: |

Sudation. — Si nous examinons la courbe indiquant les modifications de la tension pendant la durée d’un bain, nous voyons vers la température de 35° survenir une chute assez rapide de la tension. C'est également à ce moment, qu'apparaissent, sur la poitrine, les premières gouttes de sueur dont la quantité augmente ensuite très rapidement.

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Nous croyons également, devoir faire remarquer que si la sudation ne s'effectue pas rapidement, il ne faut pas continuer quand même le bain et que nous devrons nous régler sur la rapidité du pouls. Si le pouls a tendance à s’affoler, arrêter le bain. C’est toujours ce que nous avons fait el en agissant ainsi nous n'avons jainais eu d’accidents, ni même de crainte d'accident.

Chez un de nos malades dont la sueur n’apparaissail pas vers 37° et dont la fréquence du pouls augmentait rapidement, nous avons cessé le traitement après deux tentatives de bains qui avaient duré chacun, dans les 9 à 10 minutes.

Nous n'avons point examiné le volume obtenu chaque fois mais nous avons fréquemment observé D00 à 600 gr. de sueur par bain ; le D° Gunz- BOURG, d'Anvers, signale 1.000 gr. comme n'étant pas exceptionnel.

Nous n'avons point fait d'analyse de cette sueur, mais nous croyons intéressant de rapporter ici les résultats obtenus par ceux qui se livrèrent à ces recherches.

Le D' CAUTERINAU qui analysa la sueur ainsi ob-

tenue constata

Ghlodure rt es eu h \à15, gé.par.Mitre Dre uen ne vi el de Là} 2 Qi Point cryoscopique....... 0,2b; #/0,09

Cette sudation est extrêmement intéressante à

examiner quant à sa composilion, car elle contient des toxines abondantes qui s’éliminent ainsi facilement! Or, nous avons vu précédemment le rôle que jouent ces toxines dans le spasme des artérioles périphériques, cause de l'hypertension. Dans la sueur obtenue à l’aide des bains de lumière, IrALo TonrA retrouva la présence de Mercure chez des malades soumis à un traitement mercuriel. Ayant, en plus, recueilli aseptiquement une petite quantité de sueur obtenue ainsi et l'ayant injectée, avec la plus grande propreté possible, à des cobayes, il provoqua chez ces animaux l'apparition d’abcès. ([rALo Tonra, Congrès d'Electroloqie, 1903).

Perte de poids. — Enfin, ce que nous remarquons assez régulièrement chez nos malades, c’est une perte de poids parfois très considérable.

Est-ce un amaigrissement véritable ? Dans cerlains cas, nous le croyons ; mais il est certains cas, ceux dans lesquels nous obtenons des pertes de 8 à 10 kilogs en 15 ou 20 jours, où nous nous trou- -vions, très probablement, en présence de ces œdèmes viscéraux latents, si fréquents au cours des scléroses cardio-rénales, œdèmes sur lesquels Hu- CHARD, le premier, à attiré l'attention.

Quant aux urines nous avons volontairement négligé leur analyse, car les résultats auraient été complètement faussés, par suite de la cure de diurèse hydro-minérale à laquelle nos malades élaient soumis.

Indication el Contre-Indication

Ce qui caractérise les cardiopathies artérielles,

écrit M. Huchard, c’est l'hypertension, alors que

les cardiopathies valvulaires sont, au contraire,

hypotensives.

« À côté des cardiopathies valvulaires qui commencent par le cœur, pour finir aux vaisseaux et dans lesquelles les troubles hydrauliques tiennent une place prépondérante avec leur:

nombreuses stases sanguines, j'ai fondé par 1x clinique, aidée de la physiologie, le groupe nombreux et important des cardiopathies artérielles qui commencent par les arières pour finir au cœur et dans lesquelles prédomine l'ischemie des organes avec les nombreux accidents toxiques dus à l'insuffisance précoce du foie et du rein. Pour les premières cardiopathies, marche conutinue quoique souvent accidentée vers l'hypotension artérielle et lasystolie, avec leurs conséquences bien connues ;

« pour les secondes, phase d’hypertension avec « tendance presque fatale vers l’intoxication. Là, « indication toni-Cardiaque, toni-vasculaire hy- « pertensive. ; ici, indication éliminatrice et ré- « nale antitoxique, hypotensive. La maladie est « au cœur et au système artériel, le danger est au c rein. » (Huchard).

Or nous avons vu plus haut que cette hypertension passe par 3 phases : 1° la phase artérielle appelée présclérose, dont le symptôme clinique est l'hypertension artérielle,

2° La phase cardio-artérielle, quand l’endartérite périphérique est devenue viscérale et qu'elle a ensuite atteint les vaisseaux du myocarde.

3° La phase Mitro-artérielle lorsque le cœur fléchit et où il y a hYpotension.

Quels sont donc les malades entrant dans cette catégorie des cardiopathies artérielles et, par conséquent justiciables de la médication hypotensive, ce sont {ous ceux qui présentent de l’hypertension artérielle, c’est-à-dire ceux qui sont at: teints d’angine de poitrine coronarienne et ‘qui peuvent n'avoir de l'hypertension qu’au moment de leurs accès, tous ceux dont les douleurs cardiaques sont dues à la distension du cœur par spasme des vaisseaux périphériques ; tous ceux qui sont atteints de la goutte car « la goutte est aux artètères ce que le rhumatisme est au cœur » ; de tabagisme, qui povoque de la vaso-constriction ; de

néphrite interstitielle « l’une-des maladies qui élève au plus haut degré la tension artérielle d’où la fréquence des ruptures vasculaires et des hémorrhagies cérébrales ; » de syncope locale des extrémités ; d'uricémie car l'acide urique est un puissant agent de vaso-constriction périphérique ce qui explique la fréquence des congestions viscérales ; enfin et surtout, ceux qui ont usé d'une: alimentation carnée intensive, cause la plus fréquente des cardiopathies artérielles.

Mais nous devrons bien nous garder de-traiter par les bains thermo-lumineux, n'importe quel sujet atteint de cardiopathie artérielle. Ce titre ne sera pas suffisant pour justifier notre traitement. |

Nous pourrons appliquer sans danger notre système de bains thermo-lumineux toutes les fois que nous serons en présence de préscléreux et chaque fois, nous obtiendrons un résultat rapide et excellent, mais nous devons être beaucoup plus citconspects lorsque nous aurons à traiter des malades entrant dans le deuxième stade de la maladie, c'est-à-dire dans la phase cardio-artérielle.

Des accidents graves ont été Signalés comme conséquences de cures imprudentes par la balnéation chaude

LAAGHE a signalé des cas d’apoplexie, à la suite de saisons de bains carbo-gazeux, chez de vieux scléreux hypertendus ;

Dep Ne

LaussepaT chez un athéromateux ayant usé de bains carbogazeux, malgré ses avis, a signalé un cas d’hémorragie cérébrale.

Scnorr et HerTrLer, ont observé des syncopes par des bains chauds carbo-gazeux.

Non Bascu, à Marienbad a vu se produire une crise d’œdème pulmonaire, enfin HUCHARD à publié l'observation de trois malades qui sont venus mourir à Paris, après une cure à Nauheiïm, d'œdème pulmonaire et d'accidents graves de vaso contrictions.

Nous voyons done, d’après la relation de ces accidents, qu'il est certaines formes de cardiopathies artérielles dans lesquellles il serait dangereux d'intervenir :

Dans la cardiosclérose à forme rythmique, contre laquelle la digitale est impuissante et même dangereuse, nous croyons qu'il sera prudent de s'abstenir ainsi que dans l’angine de poitrine caronarienne. De même lorsque nous aurons affaire à un myocarde lésé nous pensons qu'il sera important de ne point risquer d’affoler le cœur par une diminution trop brusque de la tension affolement qui pourrail se lerminer par une syncope peut-être mortelle.

Nous n'avons point eu l'occasion de traiter des cardio-aortiques avec souffle systolique et diastolique à la base du cœur, ces malades pourraien’

sans doute, retirer un bénéfice de ce traitement prudemment mené.

Mais la forrie la plus favorable, celle ou aous obtenons des résultats excellents, c’est la forme: cardio-rénale se traduisant par le tableau de la néphrite interstitielle un peu modifiée par la présence de troubles cardiaques ou aortiques. Chez ceux-ci nous n'avons jamais eu à redouter un danger quelconque, durant le traitement et tous en ont.retiré un grand profit.

En résumé, le traitement par les bains thermolumineux, sera excellent chez les prescléreux et les cardio-rénaux, probablement bon pour les cardio-aortiques, mais nous pensons qu'il vaudra mieux s’en abstenir chez ceux qui auront le myocarde lésé, chez les cardioscléreux à forme arythmique et chez les malades atteints d’angine de pottrine coronarienne. |

Conclusions

Nous avons, avec les bains thermo-lumineux, un moyen très puissant pour agir sur la tension artérielle.

Chez un individu sain, nous abaissons momientanément les tensions maxima et minima, abaissement qui ne tarde pas à disparaître après le bain.

Chez les artérioscléreux hypertendus, nous avons observé des diminutions de 5, 6 et même 7 cent. de Hg. diminution obtenue en quelques minutes, ne persistant certes pas, mais venant momentanément, soulager le cœur et faciliter l’action d’un traitement interne de désintoxication, par un régime sévère, et d’une médication hypotensive.

Ce traitement par les bains thermo-lumineux est tout à fait indiqué dans la « presclérose » et la forme « cardio rénale », des cardiopathies artérielles ; il serait peut-être dangereux chez les athé-. romateux et les cardio-scléreux à forme arythmique.

Nous ne l'avons point essayé chez les cardio-aortiques avec double souffle systolique et diastoliqué à la base ; il est cependant possible que ces malades puissent en retirer une certaine amélioration.

| Nous avons indiqué, plus haut, le traitement appliqué par lacobœus aux malades atteints d’angine de poitrine coronarienne, quant à nous, nous avons préféré ne pas les exposer à notre traitement par les bains thermo-lumineux.

Enfin, nous croyons devoir insister sur ce fait qu'il serait peut-être plus mauvais que bon d’employer ce traitement chez les artérioscléreux, sans combattre par un régime sévère de désintoxication, la cause même de cette hypertension, les bains thermo-lumineux ne devant, croyonsnous, être considérés que comme adjuvants d’un régime alimentaire et d’une médication hypotensive soit médicamenteuse, (théobromine), soit thermale (Vittel-Evian).

Vu : Le Doyen, Vu : Le Président de thèse, LANDOUZY. A. ROBIN.

Vu et permis d'imprimer :

Le Vice-Recteur de l’Académie A. LIARD.

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