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RÉSULTATS OBTENUS PAR LA LUMIÈRE

Nous allons, dans ce chapitre, passer rapidement en revue la modification survenant, au point de vue de la tension sanguine, chez les sujets soumis à l’action de la lumière agissant seule.

Comme plusieurs sortes de sources lumineuses -ont été utilisées, ainsi que de nombreuses méthodes employées, nous décrirons les appareils construits à cet effet et noterons les modifications obtenues.

1° Bains de lumière fournis par l'arc Electrique. — Finsen eut l’idée d'examiner les modifications, la tension artérielle qu’il pouvait obtenir en soumettant ses malades à l’action de la lumière de l’arc électrique. A cet effet, il fit construire une grande boîte de deux mètres de long, un mètre 4 de large, et haute de 2"30. Cette boîte, entièrement en zinc pour ne point pouvoir prendre feu était complètement close, ne présentant qu'une fenêtre d'observation, pouvant, si le besoin s’en faisait sentir, permettre l’entrée de l’air frais. L’inté-

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rieur était blanc étamé, pour absorber le moins possible de rayons lumineux. Aux deux extrémités de la boîte se trouvait un arc électrique muni, au dessous, d’une tablette de verre empêchant les débris de tomber sur le patient.

Six mois après une expérience sur son bras qu'il avait exposé à l’action d’une lumière intense, FinsEN constata une dilatation persistante : des: vaisseaux capillaires. Dans d’autres expériences sur la queue d’un animal, il constata cette même dilatation des capillaires que LERREDDE et PAu- TRIER IMmontrèrent par des coupes.

TAcoBœŒus et HAssELBACH traitèrent par ce procédé des malades atteints d’angine de poitrine coronarienne vraie. {Is soumirent quinze de ces anginieux à ce traitement pendant r mois, avec deux séances par semaine.

Le résultat fut négatif chez un seul, mais on soupçonnait chez ce malade un anévrisme de l’aorte. Dans quatre cas fort graves on obtint une amélioration de courte durée et les malades-succombèrent dans la suite. Chez trois autres atteints d’une angine déjà ancienne et d’une gravité incontestable, les accès ne firent que diminuer d’intensité. Enfin, dans des cas plus légers, les douleurs précordiales disparurent à peu près complètement et il en fut de même pour les trois autres de gravité moyenne.

L'amélioration constatée était bien imputable

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au traitement car deux patients virent leurs attaques reparaître après la cessation du traitement el disparaître avec sa reprise.

Voici quelle fut leur technique :

Le patient était exposé environ 1 heure et aussi près que possible (85 cent. environ), à la lumière d’un puissant arc électrique de 150 ampères sous 55 volts, ou mieux à deux lampes de 735 ampères disposées perpendiculairement.

Le but est de provoquer sur la totalité du tégument, une dermatite assez intense pour obtenir une large dilatation des vaisseaux profonds de la peau ; et dès que les symptômes de dermatite (rougeur, œdème, et sensibilité) ont disparus, le traitement est repris. Les séances se trouvent ainsi espacées de 5 jours environ et elles sont renouvelées une dizaine de fois. À ce moment la peau se trouve dans un état d’hyperhemie permanente, ce qui est le point important pour que le traitement produise les effets désirés. En général, cet état persiste assez longtemps, souvent 6 à g mois et cela sans aucune autre intervention.

Faut-il voir seulement, dans ces résultats, un effet de la lumière seule et ne doit-on point penser que la chaleur peut avoir sa part, car nous devons remarquer que la peau du malade n’est qu’à 85 cent. d'une source de 3.000 degrés de chaleur.

Bain de lumière de Wulff. — Wulff essaya de provoquer la sudation par la lumière sans faire

intervenir la chaleur. Sa boîte ne comporte que

7 lampes à incandescence, cylindriques, avec un filament de charbon rectiligne et munie, du côté de la douille, d’un réflecteur parabolique. Il s’en suit que le corps du patient est exposé aux rayons livrés par la lampe sous un angle de 360° au lieu de 75° angulaires dans une lampe ordinaire ; que tous les rayons passent à côté du malade pour échauffer, dans une faible mesure, la température de l'atmosphère du bain ; aussi la sudation amenée par une irrilation plus intensive du corps apparaît-elle à une température plus basse et déjà vers 25° ou 50°.

Le D' Pariser combattilt ces conclusions (GGzette des Eaux) qu'il dit être dues à un défaut de technique.

Enfin le D' LAUssEBAT nota que la lumière provoquait de l’augmentation de la tension et faisait prendre aux hypertendus des bains carbogazeux dans des cabines sombres et dans des cabines baignées par le soleil aux hypotendus.

Dans l'obscurité le pouls faiblirait à tel point, que le sphygmographe cesse de montrer les oscillations (FÉRÉ) et dans des expériences sur les animaux l’on constate une augmentation notable de battements du cœur lorsque les sujets sont exposés à la lumière (GODNEW).

Nous ne parlerons pas ici des bains de lumière

solaire puisqu’à leur action lumineuse s'ajoute-

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rait l’action de la chaleur et que les résultats ne sauraient être attribués à l’action de la lumière seule.

Nous voyons par ce rapide exposé que soit la chaleur, soit la lumière agissant seule, la tension artérielle subit des modifications. Nous allons rechercher maintenant comment agissent ces deux agents physiques pour provoquer ces variations de pression.

Action de la Chaleur

et de la Lumière SUR LA TENSION ARTÉRIELLE

Ï. ACTION DE LA CHALEUR. — La chaleur agit sur la circulation de deux façons : Elle agit 1° sur les vaisseaux et 2° sur la circulation elle-même.

Si nous prenons, par exemple, la patte d'un animal ne tenant plus au reste du corps que par l’os (expérience de LEWASGHEW) el si nous soumettons cette patte à la circulation artificielle, nous constatons qu’une élévation de température fait dilater les vaisseaux. Si la température élevée est atteinte brusquement, celte dilatation est précédée d’une légère vasoconstriction qui n'existe pas si cette même température n'est atteinte que lentement. Ce fait est extrêmement important et nous le signalerons de nouveau lorsque nous indiquerons la façon de donner des bains de lumière.

D° Franck signale une augmentation du volume du bras par la chaleur et un retard du pouls

Loges

radial sur le pouls carotidien quand le bras est exposé à une température de 36° GRummAcK conclut également à un relâchement de l'artère.

Quant à l’action de la chaleur sur la circulation elle-même les physiologistes nous l'ont indiquée. Les modifications obtenues ne sont qu'un moyen de défense employé par l'organisme pour lutter contre l’accroissement de la chaleur ; en augmentant sa surface par la vasodilatation il augmente sa surface de déperdilion. Mais si la température augmente encore, le sang se charge d'autant plus de chaleur qu'il offre une plus grande surface et C'est alors qu'apparaît la sécrétion de la sueur dont l’évaporation refroidit le corps. |

À cette phase de sudation correspond toujours une vaso dilatation cause d’abaissement de la tension artérielle.

If. ACTION DE LA LUMIÈRE. — Deux cas sont à considérer : 1° la lumière est blanche ou 2° elle est colorée. Nous allons rapidement examiner les différentes conclusions proposées au sujet de l’action de ces bains de lumière sur la tension artérielle. +

1° Action de la Lumière blanche. — Son actior. sur les vaisseaux de la peau se traduit par une pigmentation et des modificalions vasculaires. Nous venons de relater plus haut les expériences de FiNSEN, LERREDDE et PAUTRIER, nous n’y reviendrons pas ici.

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2° Action de la lumière colorée. — FOvEAU DE COURMELLE, un des premiers, en France, sionala l'action sédative du bleu et excitante du rouge FÉRÉ constate lui aussi que, sous l'influence des rayons rouges le pouls devient plus lent et plus plein ; ces observations sont également confir-

inées par les expériences que Trivus entreprit sous la direction de BETGUEREW : pour ces auteurs le pouls est beaucoup plus rapide après une exposition à la lumière bleue, qu'après une exposition à la lumière rouge.

Cette action calmante du bleu fut utilisée par Doxza qui obtint le calme chez deux agités en les enfermant dans un cabinet vitré en bleu.

Le bleu posséderait même une action analgésiante : Le docteur FovEAU DE COURMELLES au congrès d'Electrologie, signala son action calmanie sur les douleurs des ataxiques ; le D REparn de Genève, signale également cette action et à la société d’'Odontologie le D CRUET, en 1902, publia les observations de malades à qui il-put pratiquer, sans douleur, une avulsion dentaire après exposition à la lumière bleue.

Le D' Mini, de St-Pétersbourg, rapporte plusieurs observations signalant cet effet analgésiant du bleu, entre autres celle d’un secrétaire d’ambassade qui, s'étant fait au doigt, avec du verre, une coupe de 3 cent. de longueur, fut exposé 10 minutes à la lumière bleue d’une lampe incan-

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