‹ Action des rayons ultra-violets sur le venin de Vipère aspicChapitre 2 sur 2 · heures · texte numérisé non relu

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j et 3 h. 10 m.

Ainsi, dans aucune de ces expériences la toxicité globale du venin n’a été diminuée ; même dans les groupes 1 et A, les symptômes d’envenimation ont évolué d’une manière accélérée, car les sujets ayant reçu le venin irradié sont morts avant les témoins, et, dans tous les cas, avec la symptomatologie complète et les lésions caractéristiques de l'envenimation vipérique.

Lorsque la dose employée n’a entraîné la mort ni des témoins, ni des sujets ayant reçu le venin irradié, ces derniers ont résisté moins longtemps que les témoins à l’inoculation d’épreuve faite avec la dose mortelle de venin entier. Les symptômes et les lésions ont été tout aussi marqués.

Les rayons ultra-violets, dans les conditions d’expérimentation où nous nous sommes placés, et que nous préciserons à la fin de cette note, n’ont donc nullement détruit l’hémorragine du venin de vipère, contrairement à

ce que H. Noguchi a observé en 1906 avec le venin d’un autre Vipéridé, le Crotale, soumis à l’action photodynamique sensibilisante de l’éosine et de l’érythrosine ; ces rayons n’ont pas altéré non plus la neurotoxine, dont l’action s’est montrée aussi intense et plus rapide; mais ils ont détruit la substance antivenimeuse, l’échidno-vaccin ; et il a suffi d’une durée d’exposition de 3o minutes pour produire ce résultat, contraire à celui obtenu en 1911 par L. Massol avec le venin de Cobra, et nous montrant ainsi : i° que les rayons ultra-violets ne peuvent être utilisés à transformer le venin de Vipère en vaccin; 2 0 que les substances antivenimeuses du venin ne proviennent pas d’une transformation des substances toxiques, fait que G. Phisalix avait déjà mis en évidence au moyen d’autres agents modificateurs.

Pour donner à notre travail ia plus grande précision possible, nous ajoutons les caractéristiques de l’appareil à ultra-violets employé:

Le brûleur en quartz, de la verrerie scientifique, type 4 ampères, courant alternatif, puissance 4o2 watts, a été constamment placé, comme nous l’avons dit, aune distance de o, 5 o centimètres de la couche liquide à irradier, et on a obtenu à travers : i° la lame de quartz, de 2 millim. 4 d’épaisseur, un rayonnement de 23 oo angstrôms, le même qu’avec le brûleur à feu nu; 2 0 avec le verre renovic, de 2 millim. 2 d’épaisseur, jusqu’à 28 o 3 A. Le résultat expérimental étant le même dans les deux cas, démontrerait l’activité spéciale de l’ultra-violet au-dessus de 28o3A. Cette constatation a son importance pour la preuve de la sélectivité des ondes dans l’ultra-violet, et pour les déductions quelle entraîne même au point de vue médical. Les mesures énergétiques du rayonnement ont été effectuées avec les mêmes dispositions, à l’aide de la pile de Moll, en excluant tous les rayonnements émis en dehors du brûleur même. La puissance totale étant ramenée à 100, nous avons :

88 p. 100 dans l’infra-rouge = 353 watts 76,

5 p. îoodans le visible... = 10 watts 10,

7 p. 100 dans l’ultra'violet = 28 watts 1 4 .

La solution s’étendait, avons-nous dit, sur 3 o centimètres carrés et une épaisseur maxima de 4 millimètres. Elle ne s’est pas échauffée, comme nous l’avons mesuré au thermomètre, au-dessus de 20°. D’autre part, la lumière produite par le brûleur et qui ne contient pas de rouge, n’a aucune action appréciable, dans les limites de temps de l’expérience; seuls les 28 watts de l’ultra-violet ont suffi à détruire l’antigène du venin, sans modifier son pouvoir toxique, dont l’action est devenue ainsi prédominante.

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