ACTION SUR LE SANG
PiTriNt et MESSINA (34) ont, dès 1899, signalé le pouvoir hématogène du cobalt. Selon eux, il augmenterait le taux de l’hémoglobine sans toucher aux éléments figurés du sang. Trente ans plus tard, WALINER (35) découvre l’action hyperglobulisante de ce métal. En ajoutant 2 % de cobalt métallique pulvérisé à la ration alimentaire de rats blancs soumis au régime de Mac CoLLuM, il obtenait une augmentation constante du nombre des globules rouges de ces animaux. Il relate par ailleurs (36) des résultats semblables, mais moins constants, obtenus à l’aide d’injections sous-cutanées d’azotate ou de chlorure. Les globules passent par exemple de 8 à 10 millions en 5 jours de traitement. L’hémoglobine s'élève dans le même temps dé 96 à 118 %.
MascErPA (37) publie ensuite une étude concernant l’action du cobalt sur les éléments figurés du sang de chien. Son travail porte sur quatre points principaux. Il montre dans le premier que le cobalt administré par la bouche sous forme de chlorure détermine une hyperglobulie sensible en même temps qu’une élévation du taux de l’hémoglobine (80 à 100% en moyenne). Il montre ensuite qu’un chien saigné du sixième de son sang total et traité de la même façon, reprend plus rapidement qu’un témoin son nombre normal de globules rouges et son hémoglobine. Il essaie dans un troisième point de remplacer le fer par le cobalt dans la nourriture de jeunes chiens à sevrer à
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l’aide dun régime particulier. Les résultats semblent montrer que le cobalt peut, dans une certaine mesure, remplacer à ce moment de la vie le fer dans l’élabora- -tion de l’hémoglobine. Enfin il fait tomber de 95 à 47 le pourcentage de l’hémoglobine du sang d’un chien de 6 kilos et les globules rouges de 5 à 3 millions, grâce à une diète lactée et à des saignées successives. L'animal traité par le cobalt redevient beaucoup plus rapidement normal que le témoin.
ORTEN (38) et ses collaborateurs ont confirmé sur le rat l’action hématogène du cobalt au cours de recherches très précises sur les éléments nécessaires à la synthèse de l’hémoglobine dans les organismes. Des régimes anémiants lait-fer deviennent hyperglobulisants si on leur ajoute du chlorure ou du sulfate à la dose de 1 %. Myers et ses collaborateurs (39) ont poursuivi des recherches analogues avec des résultats identiques. |
Nous avons nous-mêmes étendu ces résultats obtenus chez le chien et le rat à d’autres espèces animales comme la grenouille, la souris blanche et le cobaye. Nous ne soumettions ces animaux à aucun régime particulier et le métal leur était administré sous forme de chlorure en injections sous-cutanées. Les solutions dont nous nous servions sont celles qui sont décrites au début de cet ouvrage. Ces expériences nous ont p:rmis de préciser la quantité de CoCl? nécessaire pour provoquer l’hyperglobulie, chose que les auteurs précités n'avaient pu faire à cause de l’administration du produit par voie buccale.
C’est la grenouille qui s’est révélée la moins sensible à l’action du métal, car les doses agissantes sont voisines des doses toxiques; 1,5 à 3 milligrammes de CoCE pour 10 grammes d’animal administrés en des temps variant de 2 à 5 jours, déterminent, en une hui-
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taine de jours, une augmentation constante du nombre des globules rouges qui double, triple ou même quadruple.
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La zone d’action du cobalt est très étroite, un léger excès de ces doses fait franchir le seuil toxique et on observe alors non plus une augmentation, mais une diminution du nombre des globules qui se manifeste par une anémie grave avec polychromatophylie, anisocytose et poïkylocytose. AZARY a signalé une anémie semblable, par hémolyse, chez le chien intoxiqué par les sels de cobalt.
Doses supérieures à 3 milligr. pour 10 grammes : 1. 840.000 : 2 j., 424.000.
Les doses inférieures à 1,5 mgr. pour 10 grammes d'animal sont dénuées de toute action.
Dans les cas où l’on observe une hyperglobulie, un examen du sang montre la présence de nombreuses formes jeunes du globule nucléé de la grenouille : l’érythrocyte polychromatophile.
Indiquons en finissant que le sang était pris chez cet animal à la grosse veine commissurale qui fait
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saillie sous le tégument péri-buccal. À l’aide d’une pointe de ciseaux, on fait au-dessus d’elle un petit volet qui la découvre en se rabattant à l'extérieur. On la ponctionne à l’aide d’une fine pointe, on aspire le sang avec l’hématimètre. On rabat ensuite le volet tégumentaire qui provoque une coagulation immédiate. Des expériences préliminaires nous ont montré la fidélité de cette méthode indiquée d’ailleurs dans le traité de JorLx. |
Chez la souris, la dose de 1 milligramme pour 10 grammes d’animal injectée en une fois, et qui est toxique pour la plupart des animaux, détermine chez ceux qui y résistent une hyperglobulie importante. Les chiffres sont exprimés en millions.