‹ Action du cyanure de potassium sur le sulfate de cuivre ammoniacal et son application au dosage de l'acide cyanhydrique et du cuivreChapitre 53 sur 57 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Des recherches auxquelles je me suis livré il résulte :

1) Que, dans la Réaction de LassalGne, on ne retrouve sous forme de cyanure cuivreux précipité que 1/4 de l’acide cyanhydrique mis en expérience. Ce procédé ne peut donc pas servir à doser pondéralement l’acide cyanhydrique et les cyanures, et encore moins le cuivre. |

2) En faisant agir une solution de cyanure de potassium sur du sulfate de cuivre en présence d’un réducteur (bisulfite de soude), il se précipite également du cyanure cuivreux. La sensibilité de la réaction est alors bien plus grande, puisqu’elle permet de retrouver deux millièmes de milligramme d’acide cyanhydrique dans 1 cm’ (au lieu de six centièmes).

3) Le rendement en eyanure cuivreux est augmenté dans de fortes proportions; mais l’erreur que l’on peut commettre par ce procédé de dosage pondéral de l’acide cyanhydrique atteignant 2,50 ‘|, on ne peut songer à l’utiliser avantageusement dans la pratique.

I] ne peut pas servir davantage au dosage du cuivre.

Le dosage volumétrique de Pacide cyanhydrique et du cuivre par ce procédé me paraît impossible.

4) Le cyanure de potassium en agissant sur une solution de sulfate de cuivre ammoniacal détermine la formation d’un précipité bleu verdâtre de formule

2 Cu?Cy2 CuCy’ 4 AzH5

(C’est un nouveau mode de préparation, plus simple et plus pratique que celui indiqué par les auteurs jusqu’à présent.)

5) La même réaction ayant lieu en présence d’acide sulfurique dilué à 1/5, 1l se précipite, comme dans la Réaction de LassarGxe, du cyanure cuivreux (les deux réactions sont parallèles).

6) Les cyanures doubles de cuivre ne peuvent être assimilés aux ferro-cyanures, leur constitution chimique est ioute différente; on ne peut donc les considérer comme des « cupro-cyanures ».

7) Le dosage pondéral de Pacide cyanhydrique et du cuivre au moyen de la réaction au sulfate de cuivre ammoniacal (sans addition d'acide sulfurique) est impossible, en raison de la solubilité du précipité formé dans lammoniaque libre qui prend naissance dans une réaction secondaire.

8) Si l’on continue à verser du cyanure de potassium dans le sulfate de cuivre ammoniacal après la formation complète du précipité, on voit celui-ci se dissoudre entièrement et progressivement, et la soluüon devenir parfaitement incolore.

Cette particularité curieuse a été mise à profit par

Parker et FLecxk pour un procédé de dosage volumétrique du cuivre; mais leurs résultats étaient peu concordants, parce qu’ils opéraient avec des quantités d’ammoniaque variables et tout à fait arbitraires.

9) Au contraire, en opérant avec des solutions renfermant exactement la quantité d’ammoniaque nécessaire pour former le sel : SO‘Cu,4AzH5,H°0, ce procédé donne d’excellents résultats pour un dosage volumétrique du cuivre.

10) Ce procédé peut aussi servir à doser volumétriquement l’acide cyanhydrique, en observant scrupuleusement ce qui a été dit au paragraphe précédent (mais les résultats sont moins bons que pour le premier).

11) Le cyanure double de cuivre et de potassium qui a pris naissance dans cette réaction de décoloration a pour formule : 3Cu*Cy°,r0KCYy ; par la théorie on arrive à la formule un peu différente suivante :

5 Cu’Cy° 23 KCy

(La différence de formule doit être attribuée très probablement à ce que, par suite de la disparition de lammoniaque, l'équilibre moléculaire du sel s’est trouvé rompu et, par le fait même, sa composition chimique légèrement modifiée.)

J'ai également eu l’occasion, au cours de mes recherches, de constater :

1° Que les solutions de cyanure de potassium titrées peuvent, contrairement à l'opinion courante des chi-

mistes, se conserver relativement assez longtemps sans s’altérer (un mois et plus).

Il me parait donc superflu d’y ajouter 10 em° de lessive des savonniers par litre pour assurer leur conservation, comme le propose M. DEnIGEs ;

2° Qu'un sel ammoniacal quelconque, additionné de cyanure de potassium, perd sa propriété de réagir sur le Réactif de Nesscer (il se forme vraisemblablement un sel double, dans lequel les réactions caracténistiques de l’ammoniaque sont masquées).

Vu £r APPROUVÉ :

Nancy, le 26 février 1918.

Le Directeur de l'Ecole supérieure de Pharmacie,

D' L. BRUNTZ.

Vu ET PERMIS D'IMPRIMER :

Nancy, le 23 février 1918. Le Recteur de l’Académie,

Cu. ADAM, Membre de l’Institut.

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