‹ Action Hypoglycémiante de l’insuline chez le chienChapitre 27 sur 54 · ER QU · texte numérisé non relu

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8° INDEX D’ASSIMILATION. — Norgaard et Hess Thayssen [84] ont établi que, d’un individu à l’autre, cet index varie de 1,7 à 3,33, alors que chez le même individu, il est relativement fixe; il ne varie que de 15 p. 100 (Homme) et de 18 p. 100 (Femme). Ces auteurs ont montré, en outre, que chez l'individu diabétique, il est fortement abaisse, et cela d'autant plus qu’il s’agit d’un diabète avec tolérance aux hydrates de carbone plus basse. Selon la valeur de cet

index. ils classent les diabétiques en trois catégories, ce qu'ils taxent eux-mêmes, d’ailleurs, d’arbitraire.

Premier groupe : Index compris entre 2,1 et 1,0. Traitement sans insuline.

Deuxième groupe : Index compris entre 1,0 et 0,7. Traitement avec un peu d'insuline.

Troisième groupe : Index compris entre 0,7 et 0,3. Trai-

tement avec beaucoup d'insuline.

TABLEAU XIII TABLEAU DES DIFFÉRENTS FACTEURS RANGÉS EN FONCTION DE LA GLYCÉMIE INITIALE APRÈS PANCRÉATECTOMIE CHEZ LE CHIEN N° fi.

Aire d’assimilation a

/, chute DTAX.

Tg, 1g. Index

Courbes Glyce. Chute 1 assim assim. Totale

N°° init. max.

Minute

2,48 le

PP

Cet index fut déterminé en fonction d’une alimentation calorique constante et d’un taux d’hydrates de carbone déterminé de telle façon que, sous l'influence de l'insuline injectée, les urines du matin fussent dépourvues de sucre. Les résultats, dans ces conditions, sont comparables pour les différents types de diabétiques.

Chez nos chiens, nous avons trouvé à l’état normal, un index de 1,17 (chien 1) et de 1,60 (chien 4), compris dans les mêmes limites que pour les individus normaux. Après pancréatectomie, nous avons obtenu les chiffres moyens de 0,50 (chien 1) et de 0,32 (chien 4).

Notons que, pour le chien 1, le lendemain de l’opération, on avait un index intermédiaire, soit : 0,65.

Donc nos chiens se classent dans la dernière catégorie de Norgaard et Hess Thayssen, comme on devait s’y attendre,

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Nous rappelons ici qu’à notre point de vue l’abaissement de lindex d’assimilation ne signifie pas que linsuline agisse moins bien que chez le sujet normal; car il ne tient compte que du pourcentage de chute et non de la chute réelle qui, seule, illustre bien l’importance des phénomènes d’assimilation déclanchés par l'insuline.

D'autre part, l’abaissement de l’index après pancréatectomie, n’est pas dû à une variation dans le pourcentage de chute maxima qui reste à peu près le même, mais à une augmentation du temps dans lequel cette hypoglycémie maxima s'inscrit. Dans ces conditions, nous ne voyons pas ce que le calcul de l’index d’assimilation ajoute à la notion qui paraît se suffire à elle-même du temps d’hypoglycémie maxima.

Nous avons déjà dit que l’augmentation considérable de ce temps nous paraît être une conséquence fondamentale de cet état diabétique.

9° AIRE D’ASSIMILATION. — Le Tableau 12 montre l’augmentation considérable de l'aire d’assimilation. Pour le chien 1 cette augmentation est d’environ vingt fois, et pour le chien 4, de trente fois. Ceci indique que l’activité de l’insuline est singulièrement plus grande chez l'animal diabétique que chez l'animal normal.

On peut voir dans le Tableau 12 que, lors de la cinquième expérience réalisée chez le chien 1, l'aire d’hypoglycémie fut considérablement diminuée (27 cm? au lieu de 120 en moyenne). Ceci s'explique, car sous linfluence d’un traitement à l’insuline, la glycémie avait été ramenée à sa valeur normale (0,81 au lieu de 2,50 à 3,30 g.). Il est cependant remarquable, que, malgré cette valeur normale de la glycémie initiale, l’aire d’assimilation se trouvait encore notablement augmentée (27 cm? au lieu de 4 à 7 cm? normalement), quoique cependant moins que lorsque la glycémie était plus élevée. Ceci vient de ce que le temps d'hypoglycémie maxima est resté le même. Nous avons

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vu, en effet, qu’il ne varie pas avec la ligne d’hypoglycémie initiale. Ceci montre que, si le taux de cette hyperglycémie initiale influe sur la valeur d’assimilation, ce qui est évident puisqu’elle influe sur la valeur de la chute maxima, l'accroissement de l’activité de l’insuline ne dépend cependant pas uniquement de ce facteur.

10° LIGNE DE RESTAURATION. — Le fait dominant consiste dans l’absence de toute démarcation entre les lignes primaire et secondaire et la suppression de l’onde réactionnelle de Thayssen. Cet auteur a fait la même constatation chez les diabétiques graves, sans pouvoir l'expliquer; tandis que dans les cas de diabètes bénins, la démarcation reste possible.

Ce phénomène nous paraît illustrer remarquablement l'interprétation que nous avons donnée des particularités de la ligne de restauration chez le chien normal. On se rappelle que nous avons expliqué le changement de l’allure de la ligne de recharge glycémique par le freinage exercé par linsuline endogène sur l’action hyperglycémiante du système adrénalino-glycogénique, freinage qui peut être tel, quand l'excitation produite par ce système est suffisante pour qu’une onde d’hypoglycémie puisse s'inscrire sur la ligne de recharge glycémique.

La suppression de ces différents accidents après ablation du pancréas nous paraît confirmer entièrement notre manière de voir.

11° TANGENTE DE L'ANGLE MOYEN DE LA LIGNE DE RESTAU- RATION. — L'examen du Tableau 15 montre que cette tangente est restée sensiblement la même après comme avant la pancréatectomie chez le chien 1. Ceci montre que la recharge glycémique n’a pas été modifiée par l’intervention. Il est à noter, d’ailleurs, que, chez cet animal à l’état normal, la ligne de restauration avait affecté l’allure du type IT, caractéristique, d’après notre conception, d’un système adrénalino-glycogénique peu excitable,

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Chez le chien 4, nous avons obtenu, au contraire, avant l'intervention, une ligne de recharge glycémique du type III, caractéristique d’un système surrénalo-glycogénique particulièrement énergique, mais aussi d’un pancréas endocrinien très excitable. La courbe de restauration présentait ainsi une onde primaire très accentuée, ce qui fait qu’en définitive, la tangente de la ligne d’assimilation, qui exprime une moyenne, restait assez basse.

Mais il était à prévoir que, libéré de la réaction insulaire, le système adrénalino-glycogénique allait reprendre tout son effet et, par suite, relever considérablement la tangente moyenne. Effectivement, nous voyons, après la pancréatectomie, cette tangente passer de 0,24 à 1,55 en moyenne. Cette particularité montre bien la justesse de notre interprétation en ce qui concerne la signification des phases primaire et secondaire, ainsi que des phases de Thayssen, lors de la restauration.

Les observations précédentes montrent ainsi que la recharge glycémique n’est pas entravée après pancréatectomie. Cependant, chez le chien 1, une courbe effectuée après injection intraveineuse d'insuline, alors que l’animal était dans un état cachectique, a dû être interrompue par suite d’accidents hypoglycémiques; ce qui nous permet de penser que le système surrénalo-glycogénique se trouvait à ce moment déficient, vraisemblablement par épuisement des réserves glycogéniques.

Une courbe, effectuée d’ailleurs peu auparavant, après injection sous-cutanée, montre une allure traînante de la ligne de restauration, semblable à celle que nous avons observée chez nos animaux soumis au jeûne prolongé, comme nous le verrons plus loin.

12° AIRE DE RESTAURATION. — Elle est augmentée de quinze fois en moyenne par rapport à ce qu’elle était avant la pancréatectomie (Voir Tableau 15). Cette augmentation est du même ordre de grandeur que celle de l’aire d’assimilation, quoiqu’elle soit un peu moins importante.

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