‹ Actions et traictez oratoiresChapitre 51 sur 103 · afin de pourvoir D — 15. lorsqu'on vint à opiner, D · texte numérisé non relu

afin de pourvoir D — 15. lorsqu'on vint à opiner, D

anciens que de leur faire ouverture du mien. Mais, puis qu'ils jugent que le fondement de cette délibération est de sçavoir ce qui se traicte en l'assemblée des Estais, et par là m'invitent comme un des députez d'en parler le pre-

30 mier, je satisferay à leur désir, espérant que la bonne fortune de ce Royaume, qui nous a assemblez icy, m'inspirera maintenant l'heureuse adresse que je recevois autrefois de la chenue prudence de ceux qui souloient guider par la lumière de leurs opinions le cours des

35 miennes.

De si loing que j'ay veu ce dernier orage de guerres civiles venir fondre sur la France, j'ay creu fermement, comme je le crois encor, que c'estoit un jugement de Dieu qui tomboit sur nous, et n'ay point estimé qu'il

40 en fallust cercher la cause ailleurs qu'en sa justice, ny le remède qu'en sa miséricorde^ Aussi avons-nous veu que tout ce que la sagesse des hommes a voulu apporter pour y pour\-oir n'y a rien advancé, que les remèdes nous ont quasi plus travaillé que la maladie, et que,

4) pendant que chacun a pensé abonder en son sens, et s'est estimé ou plus sainct ou plus sage que son voisin, nous avons tous sans exception, qui d'une façon, qui d'une autre, contribué noz passions à la ruine publique, ne nous restant autre excuse, sinon que nous avons tous

50 faict ce que personne ne vouloit faire. Mais aussi ay-je jugé et présagé que, si tost que l'ire de Dieu commenceroit à s'appaiser, et que sa bonté, touchée de la compassion de noz misères, tendroit la main de sa clémence pour nous relever de cette cheute, vostre singulière pru-

55 dence, joincte avec vostre légitime authorité, seroient les principaux outils avec lesquels Dieu opereroit la

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