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Adam van Vianen

La Hollande a produit pendant le 17e siècle plusieurs familles, dans lesquelles les arts, que les aïeuls ont commencé à pratiquer, ont continué à être exercés jusque dans la quatrième génération. Telles les familles des Van de Velde, des Hondecoeter, des Ruysdael. Chez les Van Vianen il en était de même.

La ville d'Utrecht a donné le jour au premier maître orfevre de cette famille: Willem Eerstensz. van Vianen, cité dans un acte officiel de 1579 et décédé avant 1604.

Nous ne connaissons pas d'œuvres de lui, mais nous savons par des documents que ses fils ont appris de lui l’art de l’orfèvrerie.

Ses fils, ses petit-fils et ses arrière-petit-fils ont laissé des œuvres remarquables, conservées dans plusieurs musées et collections, et leur renommée était telle, que pendant des siècles toutes les belles pièces d'orfèvrerie d’origine hollandaise leur ont été attribuées.

L'ainé (?) Adam I, né vers 1570, se maria en 1503, était encore en vie en 1626, mais deux ans après il était mort.

En 1626 les chapitres des églises d'Utrecht offrirent au Stadhouder Frédéric Henri d'Orange une statuette de son frère Maurice, faite en argent d’une seule pièce, dont on n'a plus de trace aujourd'hui. Est ce lui ou son fils Adam II (voir plus loin) qui a fait cette pièce?

Mais un morceau de tout premier ordre, le grand plateau avec l’aiguière appartenant à la ville d'Amsterdam et fait en 1614 nous édifie suffisamment sur le grand talent de ce maître. Le plateau surtout avec ses scènes de la guerre de l'indépendance des Provinces-Unies des Pays-Bas, en repoussé d’un relief trés fin et souvent presqu'imperceptible mais d'autant plus savant, suffirait à la gloire de n’importe quel repousseur. 1)

1) Voir: Van der Kellen, Antiquités des Pays-Bas, pl. 11 et 12.— Rosenberg, Goldschmiedemerkzeichien, p. 445, où il décrit trois pièces de A. van Vianen, dont deux dans la collection de feu Baron C. de Rothschild à Francfort et une ayant

appartenu au Duc de Hamilton, décrite sous le no. 641 de son catalogue, et vendu à M. Garrard à Londres pour £ 304 : 10.

Un autre fils de Willem van Vianen, Paul van Vianen, est plus connu à l'étranger qu’en Hollande. Il entra au service de l'Empereur d'Allemagne Rodolphe II et fit les plus belles choses pour ce Prince. Il fut le digne émule de son frère dont les oeuvres ont été le plus souvent attribuées à lui.

Le Musée d'Amsterdam possède de lui une très belle plaque en argent, une Sainte Famille, signée et datée de 1611.

Feu le Prince Frédéric des Pays-Bas possédait un magnifique bocal en or massif, signé et daté de 1610, dont la panse est ornée d'un basrelief représentant l’histoire de Diane et Actéon. Le couvercle nous montre Cérès, Bacchus et l'Amour et en dedans une plaque en or nous fait voir en ciselure du même artiste le portrait de Henri Jules Duc de Brunswick et de Lunebourg. 1)

M. J. Enschedé à Harlem possède un plat en argent ciselé, attribué à P. van Vianen. 2)

Dans la vente Hogguer à Amsterdam 1817, dont nous n'avons pu trouver le catalogue, ont passé plusieurs oeuvres de Paul van Vianen.

Vente O. Mundler à Paris, 30 Novembre 1871. Plaque représentant un paysage dans le style de Paul Bril, datée 1607 avec monogramme.

M. M. Rosenberg, dans son ouvrage sur les marques d’orfèvres, décrit diverses pièces de Paul de Vianen dans les collections suivantes: Baron Nath. de Rothschild à Vienne; Adamberger à Vienne, vente 1871; Prince de Fürstenberg à Donaueschingen; Grand-Duc de Bade; Baron H. de Günzburg à St. Pétersbourg; Musée grand-ducal à Gotha; Bibliothèque à Weimar; M. C. F. Baartmans à Bergen op Zoom; Frères Bourgeois à Cologne; M. Wigersma à Amsterdam, vente 1883; M. J. Schijfsma à Sneek 3); et Baron C. de Rothschild.

Un peintre de portraits, de sujets historiques et de paysages, Paul van Vianen, est connu pour avoir vécu à Utrecht en 1642.

Adam Il, le fils de Adam I, né à Utrecht en 1595, est celui dont les œuvres sont reproduites dans le présent volume. Elles ont été souvent confondues avec celles de son père, nous croyons cependant que le dessin plus contourné de l’ornementation prouve qu'elles appartiennent au fils.

Nous ne saurions décider si la statuette du Prince Maurice citée plus haut, si un cadre de glace autrefois conservé à l'hôtel de ville d’Utrecht ont été faits par le père, ou par le fils, et si les objets cités dans les catalogues sont de l’un ou de l’autre.

Mais quand nous comparons le plateau de la ville d'Amsterdam avec les modèles publiés par Christiaen et dont nous donnons la reproduction, nous ne pouvons guëre admettre que le dessin en ait été du même artiste.

Il faudra bien avouer que le fils a exagéré la tendance du père pour les lignes

fantastiques et un peu baroques.

1) Voir: Van der Kellen, Antiquités des Pays-Bas, pl. 34 et 35.

DO » ” ” » pl. 42.

3) » Catalogus Tentoonstelling te Leeuwarden, 1877.

Une aiguière en argent et un plat en argent, ciselés par A. van Vianen, se trouvent dans la collection de M. le marquis de Sligo 1).

La collection de M. A. Vosmaer, vendue à La Haye en 1800, ne contenait pas moins de 15 pièces authentiques de Adam van Vianen. Nous relevons comme signés par lui: p. 293 du catalogue: No. 21. Une petite coupe avec des têtes, des chiens etc., vendue fl. 16-15 sous à Schuilenburg. 22. Une autre en vermeil plus grande, fl. 36-15 à Hartloper. 23. Une cassolette, femme accroupie tenant une coupe, datée de 1619, fl. 42.— à Hodges. 24. Le pendant, signé et daté comme le précédent, fl. 44— à Hodges. 25. Une cassolette, femme accroupie tenant un panier, datée 1625, fl. 53-10 à Hodges. 28. Un plateau avec Bacchus et Cérés et une femme caressant un enfant, sur le revers la date 1623, fi. 46-5. 29. Cafetière, sur le couvercle un coquillage, faite d'une seule pièce, datée 1627, fl. 52-10. (Avec quelques variations comme la planche XI du présent ouvrage). 30. Coupe en forme de coquille portée par des dauphins, datée 1625, fl. 45-5 à Schuilenburg. (Voir la planche III de l'ouvrage). 31—32. Flambeaux avec les emblèmes de l'Hiver, fl. 206.— à de Mare. 33—34. Flambeaux avec Apollon, Saturne, un Satyre etc., fl. 205— à Gailliard. 51. Saucière avec couvercle, (à peu près comme l’objet de la planche X) fl. 37-10 à Schuilenburg. 55—56. Deux flambeaux, l’un représente un satyre jouant du chalumeau, l’autre un berger jouant de la cornemuse, datés 1622 et 1621, fl. 167.—.

Dans la vente de Van der Marck de Leyde, à Amsterdam en 1773, paraissaient les portraits de A. van Vianen et de sa femme par Adriaan Backer. Ces deux portraits, aujourd'hui chez le Comte A. Mnisech à Paris, sont plutôt ceux de Lutma le vieux et de sa femme peints par J. Backer.

Le fils de Adam II, également nommé Adam, s'occupait des choses d'art en 1651 à Utrecht; nous ne savons rien de lui comme orfévre.

Il y a eu un autre Van Vianen, Ernst Jansz., un artiste tout à fait extraordinaire, qui a fait en 1604 le superbe bocal de St. Martin (la corporation des brasseurs) conservé à l'hôtel de ville de Harlem. Goltzius le célèbre artiste et Hendrick de Keyzer ont fait les dessins et le modèle des basreliefs et du St. Martin, qui orne le couvercle. Ce bocal dont la maison Elkington à Londres à fait une reproduction d’une fidélité étonnante, restera toujours, autant pour la forme que pour l'exécution, une pièce tout à fait hors ligne. 2).

Il nous reste encore à mentionner Christiaen van Vianen, celui qui a publié avec soin les modèles de son père. Il à travaillé en Angleterre où il résidait en 1637. D'après Walpole les vases, les candelabres etc., qui ornaient la chapelle de St. George et qui en 1642 furent emportés par le capitaine Foy, avaient été faits par lui pour Charles I.

Nous n'avons qu'à ajouter quelques mots sur le caractère des modèles des planches que cette courte notice accompagne. Le dessin en est un peu baroque, il est vrai, mais nous avons vu des pièces exécutées d’après ces projets par l’orfèvre lui-même, dont l'effet était très-agréable.

1) Voir: Exposition rétrospective des objets en or et en argent. 1880. Album de photographies publié par la Société ,, Arti et Amicitiae,” à Amsterdam, pl. 35 et 36.

2) Voir: Exposition rétrospective des objets en or et en argent, publiée par ,,Arti et Amicitiae,” pl. 13.

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Les orfèvres bien connus, les Lutma, ont suivi cette tradition et produit de trèsbelles choses.

L'original de l'oeuvre d’après lequel la reproduction a été faite, se trouve dans le Cabinet des Estampes à Amsterdam. En outre nous connaissons un exemplaire complet au British Museum à Londres, et un troisième, auquel manquent quelques planches, dans la Bibliothèque communale de Maastricht. M. Kramm parle d'un exemplaire de 52 feuilles; il s’est sans

doute trompé, car l’exemplaire d'Amsterdam est bien complet. Guilmard n’en connaît que 5

planches dans la collection Bérard.

Aiguière en argent par A. van Vianen. Collection du marquis de Sligo. H. 24 c.

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