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ET DES CARACTÈRES QUI SÉPARENT LES BIXACÉES DES TILIACÉES

Parmi les plantes indéterminées de l’herbier du Muséum de Paris, nous avons observé une curieuse espèce, indiquée par Desfontaines comme devant être rapportée au groupe des Tiliacées, et comme ayant été récoltée dans une des îles stériles qui avoisinent les côtes de Ja Nouvelle-Hollande (peut-être, par un des botanistes de l’expédition de l’amiral Baudin). Cette plante sinoulière présente, avec le feuillage d'un Crozophora, des fleurs construites comme celles de la plupart des Tiliacées; mais sa placentation est très-neltement pariétale, comme celle d’une Bixacée ou d’une Samydée. Il s’agit done iei d’un type générique qui paraît entièrement nouveau, et que nous dédions à M. Lad. Netto, jeune et zélé brésilien, récemment appelé à la direction de la section botanique du Musée de Rio-Janeiro, et qui s’est fait con-

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naître par d’intéressants travaux sur la structure des tiges anomales des lianes de son pays.

Le Vettoa crozophoræfolia, Vigneux dans ses portions inférieures, parait être un petit arbuste. Son bois présente même une certaine dureté, malgré la largeur de sa moelle et le grand développement des vaisseaux qui le parcourent. Son écorce est pourvue d’un lber épais et solide, comme celle d’un grand nombre de Tiliacées ; et sa surface extérieure est chargée de poils étoilés très-nombreux qui cessent de s’accroitre d'assez bonne heure, mais qui, sur les jeunes rameaux, forment un abondant duvet furfuracé, de couleur fauve. Ce même duvet lapisse toute la surface des feuilles, dont le pétiole est court, et dont le limbe, ovale ou cordiforme, est arrondi ou échancré à la base, obtus au sommet, inégalement crénelé sur les bords, mou, cotonneux, penninerve, trinerve à la base, à nervures disposées en un réseau saillant en dessous et concave en dessus. Les feuilles s’insèrent alternativement sur les branches, et sont accompagnées à leur base de stipules linéaires-subulées, trés-grêles, plus courtes que le pétiole, caduques et ne laissant de leur présence d'autre trace qu’un petit point noirâtre et déprimé, tranchant par sa couleur sur la teinte jaunâtre du duvet dont la plante est revêtue. Les fleurs sont réunies en petites grappes unipares, opposilifoliées, moins longues que les feuilles. Les pédicelles sont courts, et les calices sont aussi chargés de poils furfuracés. Les sépales sont au nombre de cinq, valvaires dans la préfloraison. Le réceptacle floral présente, en dedans de leur base, un léger épaississement glanduleux à einq lobes peu prononcés. Au sommet de ces lobes répond l'insertion des cinq pétales qui sont libres, alternes avec les sépales, un peu moins longs qu'eux, membraneux et lisses, sauf près de leur base qui porte en dehors des poils étoilés, et disposés dans le bouton en préfloraison imbriquée, où plus rarement tordue. Le réceptacle s'élève ensuite en forme de colonnette cylindrique, évasée à son sommet en une sorte de plateau cireulaire à bords glanduleux et chargés de poils

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étoilés. Cette dilatation rappelle bien la disposition qu’on observe dans la fleur de quelques Tiliacées voisines des Grewia. Sur la face supérieure de cette sorte de patère sont portés, au centre le pisül, et, plus en dehors, les étamines dont le nombre est indéfini, et dont les filets libres, d'autant plus courts qu'ils sont plus extérieurs, supportent chacun une anthère biloculaire, déhiscente suivant sa longueur et d’abord légèrement arquée, mais ultérieurement révolutée à ses deux extrémités, au point de regarder la corolle par une grande portion de sa face. L'ovaire, chargé également de poils étoilés, s’atténue supérieurement en un style creux et tubuleux dont le sommet est à peine renflé en tête stigmatifère. Il n’y a qu'une loge à l'ovaire, avee trois (1) placentas pariétaux fort peu saillants dans l’intérieur de sa cavité, et portant chacun, sur leurs bords, deux séries d’ovules anatropes et descendants. Le fruit de cette plante nous est totalement inconnu (2).

Si maintenant nous cherchons à déterminer la place que doit occuper le Vettoa dans la classification, nous verrons qu’inséparable des Tiliacées par la préfloraison de son calice, son port, son androcée, et très-analogue à quelques-uns des genres les plus inconteslés de cette famille par la forme particulière et l’espèce d’entre-næud que présente son réceptacle floral en dessus du périanthe, ce nouveau type a cependant des placentas pariétaux si peu proéminents dans l’intérieur de l'ovaire, que, par ce der-

(1) On en compte plus rarement cinq, quatre, ou seulement deux.

(2) Char. gen. Flores hermaphroditi. Calyx valvatus 5-partitus. Petala 5 libera ; receptaculo intus obsolete glanduloso, mox columnari erecto, demum in cupulam margine glandulosam stellato-pubescentem dilatato, gynæceum staminaque hypogyua gerentem. Filamenta libera inter se inæqualia ; antheræ introrsæ 2-loculares rimosæ, demum revolutæ. Germen liberum 1-loculare ; placentis 2-5 (sæpius 3) multiovulatis ; ovulis anatropis descendentibus; stylo integro tubuloso vix apice stigmaloso Capitalo, Frutex stellato-pubescens, foliis alternis stipulaceis ; floribus racemosis ; racemis uniparis oppositifoliis.

Char. gen. N. ex omni parte stellato-furfuracea; foliis cordato-ovatis, apice rotundatis inæquali-crenatis mollibus penninerviis basi 3-nerviis venosis; anthemiis folio brevioribus (Petiolus ad 6 mill. long. Limbus 4 cent. long., 2 cent. lat. Stipulæ o mill, lougæ. Flores ad 12 mill. latæ). Hab. ju insula sterili Australiæ proxima, in exped, cl. navarchi Baudin verisimiliter olim lecta (v. s, in herb. Mus. par.).

DU GENRE NETTO4, 21 nier caractère, il ne peut se rallier qu'au groupe dés Bixacées. Parmi celles-ci, il se rapproche surtout des Cochlospermum et des Amoreuxia, dont il n'a cependant ni les feuilles, ni les anthères, ni le mode particulier de placentation.

lais quelle est réellement la différence qu'il y a entre une Bixacée et une Tiliacée? Pour M. Planchon (Voyage de M. Linden, 20), la question parait facile à trancher. Il dit des Bixacées, que « la préfloraison du calice, combinée avec la placentation pariétale, distingue ce groupe des Tiliacées. » MM. Bentham et Hooker se sont bien gardés d'admettre d'une manière absolue le premier de ces caractères différentiels, car ils ont reconnu (Genera, 122) qu'il y à des Bixacées à calice «subvalvaire », et (229) des Tiliacées à sépales « subimbriqués ou imbriqués.» Mais ils ont maintenu l’importance du mode différent de placentation, en disant (229) : « Generanonnulla Bixinearum vel Samydacearum etiam Tiliaceis quoad plures characteres accedunt, sed placentis parietalibus distinguenda. » S'il ne s’agit ici que de faciliter, dans la pratique, un groupement commode et purement artificiel, nous admettons fort bien qu'on ait recours à la placentation, Mais nous n’allons pas, dans ce cas, jusqu'à penser qu'on puisse se flatter d’avoir obtenu un classement naturel. On a sacrifié tous les autres caractères qui sont identiques, à un seul point ici variable. Sans doute, parmi tous les caractères que présentent les organes floraux, ceux qui sont relatifs à la constitution du gynécée, à la placentation, à l'agencement des carpelles entre eux, sont de tous les moins sujets à varier; mais il ne s'ensuit pas qu'ils soient partout et toujours absolus ; ce privilége n'appartient à aucun des traits de lorganisalion végétale.

Ainsi, que le Prockia, dont lPovaire est partagé en plusieurs loges par des cloisons complètes, soit reporté des Bixacées aux Tiliacées, rien ne nous parait plus pratique et plus commode. Mais quand on a suivi, avec M. Payer (Organogr., 2h) le développement de la portion supérieure de l'ovaire des Tiliacées, et qu'on y connait le mode d'évolution centripète des cloisons, on

vi. (12 juin 1866.) 16

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comprend facilement comment cette évolution peut aller plus où moins loin, et combien peu d'importance présente alors, dans ces types floraux, au point de vue réellement naturel, le cloisonnement plus ou moins complet de l'ovaire. On peut d’ailleurs, sans avoir recours à l’organogénie, voir sur des échantillons d’herbier etdans des fleurs adultes, des loges parfaites dans plusieurs Flacourtiées et Cochlospermées, et d'autre part, des ovaires incomplétement cloisonnés, dans certaines fleurs de Corchoropsis, de Dasynema, d'Elæocarpus, et même de Sparmannia, suivant MM. Bentham et Hooker (op. cit., 229). On comprend alors qu'il arrivera peutêtre un moment où les Tiliacées et les Bixacées des auteurs actuels ne seront plus considérées que comme deux membres fort étroitement unis d’une seule et même famille naturelle, et où les botanistes qui, pour la commodité de l'étude, les maintiendront séparées, n'hésiteront pas à déclarer qu'ils ont recours à un mode de classement essentiellement arüficiel.

EXPLICATION DES FIGURES

PLancue VII,

Fic. 4. Branche de Nettoa crozophoræfolia, chargée de feuilles et de fleurs, de grandeur naturelle.

Fi. 2. Bouton grossi.

Fi. 3. Fleur épanouie, grossie.

Fic. 4, Coupe longitudinale de la même fleur.

Fi, 5. Diagramme floral. Le cercle qui entoure l'androcée représente le pourtour du disque ou espèce de patère que forme le réceptacle sous les étamines.

Fic. 6. Étamine grossie, vue par sa face interne.

Fic, 7. Étamine vue en dehors, après la révolution de son sommet.

Le genre Tacca, établi par Forster pour une plante alimentaire observée par lui à Otahiti et dans quelques autres îles de la mer du Sud, a été considéré par R. Brown comme devant former un groupe intermédiaire anx Aroïdées et aux Aristolochiées. Il ne s’agit ici, bien entendu, que du Tacca de Rumphius, décrit dans l’'Herbarium amboïnense (V, 328, t. 114), et non des Aroïdées plus ou moins analogues aux Amorphophallus, que leur feuillage a fait méconnaitre, non plus surtont que du Taccæ fungus figuré par Buchoz (Dec. 6, t. 1x) à côté d’un véritable Tacca en fruits, représenté dans la figure À de la même planche. Lindley (Veg. et Kingd., 149), quoique n'ayant pas observé personnellement les Taccacées, qu’il place définitivement à côté des Broméliacées, entre les Aracées et les Orontiées, fait remarquer leurs analogies avec les Aroïdées d’une part, et de l’autre avec les Zingibéracées, surtout par le T'acea lœvis. Endlicher, tout en rappelant leurs affinités avec les Aroïdées, très-analogues suivant lui par le feuillage, mais d’ailleurs très-différentes, et avec les Aristolochiées, indique aussi leur parenté avec les Dioscorées (Gen., 159). Blume, dans son écrit publié à Leyde en 1835, sous ce titre: De novis quibusdam plantarum familiis expositio, et olim jam expositarum enumeralo, n'a fait que rappeler qu'il avait, en 4827, dans son Enumeralio plantarum Javæ, complétement partagé l'opinion de R. Browa sur les analogies des Taccées avec les Aroïdées et les Anistolochiées. Enfin M. 3. C. Agardh, dans son Theoria Syslematis plantarum (33), a non-seulement adopté et additionné toutes les relations admises par les auteurs précédents, mais il à en outre indiqué des rapports avec les Roxburghiées et les Aspidistrées, par cette phrase : « Taccaceæ sunt Aristolochieis, Dioscoreis, Bromeliaceis, Roxburghiaceis plus minus analogæ, Aspidistreis proæime collaterales, formam superiorem hermaphroditam Cryptocorynearum, ut videtur, constituentes. » Malgré le port et

2h NOTÆ SUR L'ORGANOGÉNIE FLORALE DES TACCACÉES.

le feuillage des Taccacées, nous avons été conduit par nos études organogéniques à entrevoir une autre relation, non indiquée jusqu'ici, des Taccacées avec les Orchidées, dont elles représenteraient, comine nous le verrons, mais d’une autre façon que les Apostasiées, une forme à fleurs régularisées.

Dès les premiers âges de la fleur des T'acca, on entrevoil le mode d'insertion futur de leurs organes floraux, car leur réceptacle présente de bonne heure la forme d’un cône renversé, dont la base, située à la partie supérieure, s’accroit principalement par son pourtour, de manière à limiter une petite fosselte circulaire, alors peu profonde. C’est sur les bords de cette fossette qu'apparaissent l’un après l’autre les deux verticilles trimères du périanthe, puis les deux verticilles, également trimères, de l'androcée.

A celle époque, la jeune fleur est tout à fait semblable à celle d’une Amarvllidée, et en même temps à celle de certaines Orchidées dont l'androcée est complétement né, mais où lirrégularité n'a pas encore commencé à se produire. Les folioles du périanthe S'imbriquent ultérieurement dans chaque verticille, de telle façon que l’une d'elles est tout à fait enveloppée, l’autre complétement cnveloppante, la troisième moitié recouvrante et moitié recouverte. Les étamines présentent, principalement dans le Tacca pinnatifida, des modifications très-singulières dans la forme de leur filet. Semblable au début à une petite lame plate et quadrilatérale, dont l'unthère arquée el introrse coiffe simplement le sommet, à la façon d’un cimier, ce filet finit par présenter l'apparence d’un énorme capuchon concave en dedans, et dont l’anthère, sa face tournée en dehors, n'occupe plus qu'une très-pelite portion, qui répondrait à la racine du nez, si l'on supposait que ee capuchon coifle une tête humaine, Ces changements successifs dans la forme du filet sont difficiles à décrire ; ils consistent d'abord en un élargissement considérable de l'organe qui, cessant en même temps d'être plan, devient convexe en dehors et concave en dedans. C’est celte convexité qui grandit ensuite peu à peu jusqu'à ce que son fond forme le sommet du capuchon, tandis que le sommet organique.

du filet s'infléchit de plus en plus, pour venir rapprocher de son point d'insertion l’anthère qui est alors fort petite relativement au reste de l’organe. C’est ce mode d'agencement que les deseriptions n’ont pu exprimer que d’une manière incomplète en disant des loges de l’anthère « cucullo intus adnalis ». Après avoir porté le périanthe et l’androcée, le réceptacle se creuse davantage à son centre, où plutôt il s'accroît plus par sa portion périphérique que par sa portion centrale; il en résulte la formation d’une coupe profonde. C’est sur les bords de cette coupe qu'apparaissent simultanément les trois feuilles carpellaires sous forme de trois petits mamelons arqués, superposés aux folioles extérieures du périanthe. Plus tard ces mamelons s’allongent, se rejoignent et forment à l'ovaire une sorte de couvercle ou de coiffe qui est sa seule portion appendiculaire. En même temps les extrémités des feuilles carpellaires se réunissent pour former le style, et leurs sommets bilobés s’épaississent, se réfléchissent et atteignent d'énormes dimensions dans plusieurs Taccacées, principalement dans le T'acca pinnatifida. C’es! eelte portion dilatée du style qui constitue au centre de la fleur une sorte de parasol, à peu près comme dans les Sarracenia, ctque les botanistes s'accordent à regarder comme les lobes stigmatiques. Ainsi Endlicher (loc. at., 158) dit des Taccacées : « Stylus brevis crassus 3-sulcus. Stigma orbiculatum v. depressiuseule capitatum , radiato-3-fidum , lobis emarginato-2lobis »; et des T'acca : « Stigma orbiculatum stellato-G-radiatum, lobis emarginatis. » Lindley (Veget. Kingd., 449) décrit ainsi les styles et les stigmales : « Styles 3 connate; stigmas connale at the base, radiating, 3-lobed. » M. Agardh (Theor. Syst., 33) accorde aux Taceacées un stigmate : « Stigma late expansum »; et Guillemin, dans son article si précis sur le genre T'acca (Dict. d'Hist. nat., XVI, 5), indique dans ce genre unggstyle marqué de trois sillons, portant trois sligmates dilatés ». Ce n’est pourtant pas cet énorme corps à trois lobes dilatés qui représente le stigmate. Celui-ci est placé au sommet organique des styles. Mais plus ceux-ci s'épanchent à droite et à gauche sous forme de larges

auricules réfléchies, plus la véritable région stigmatifère se déprime, sous forme de canal ou d’antre, tapissé de papilles spéciales, absolument comme dans les Orchidées. Il en résulte qu’on ne voit pas facilement le stigmate sur un pistil adulte. Il faut, pour l’apercevoir, couper le style en travers à sa base, et examiner par sa face inférieure ou concave celle espèce de champignon trilobé que les auteurs appellent stigmate. Alors au fond de l’échancrure qui sépare les deux moiliés de chaque branche stylaire jusqu’à une profondeur variable, on aperçoit une fente ou bouche transversale étroite qui sert d'entrée à un canal infundibuliforme marchant obliquement d'abord, puis verticalement et en se rétrécissant, vers la base du style et l'intérieur de la cavité ovarienne. C’est là le véritable stigmate, comparable, répétons-le, à celui des Orchidées, mais qui est unique dans ces dernières, tandis qu'il est triple dans les Tacea. C’est un conduit fort étroit et qui ne parait pas devoir facilement recevoir le pollen. Mais on sait que dans les fleurs adultes, le parasol stylaire recouvre tout l’androcée, comme un toit, et que les anthères ne peuvent se trouver précisément en rapport qu'avec cette face inférieure où s'ouvre l’orifice stigmatique.

Les orifices stigmaliques répondent à la ligne médiane de chaeune des branches du style et sont alternes avec les placentas. I en résulte qu'à l’âge adulte, l'ovaire des Taccacées présentant à sa surface six côtes, dont trois, plus saillantes, répondent aux branches stylaires, c’est aux côtes les moins proéminentes que répondent les placentas. Cenx-ei apparaissent, dans l’intérieur et sur les parois du réceplacle concave, dans l'intervalle des feuilles carpellaires, sous forme de trois colonnes verticales, satllantes, el portant sur leur ligne médiane un léger sillon longitudinal. C’est à droite et à gauche de ce sillon que les ovules se montrent sur les placentas, vers le milieu de leur hauteur. Plus tard l’éruption ovulaire gagne en haut eten bas; en même temps que d’autres ovules naissent en dehors des premiers, puis tout à fait vers les bords extérieurs des placentas. Les ovules sont donc, dès leur

NOTE SUR L'ORGANOGÉNIE FLORALE DES TACCACÉES, 27 apparition, disposés sur plusieurs rangées verticales, et toujours d’autant plus jeunes, qu'ils se rapprochent davantage des bords et des extrémités placentaires, Ils se recouvrent de deux enveloppes, et deviennent ensuite anatropes et horizontaux, ou légèrement obliques, en se tournant le dos et en se regardant par leurs raphés, ;

Aux particularités qui précèdent, il faut ajouter que, même à l’âge adulte, il existe au centre du gynécée, dans l'intervalle des trois branches du style, un canal vertical qui conduit dans la cavité ovarienne; et, vers la périphérie, trois petites ouvertures équidistantes, qui sont celles de canaux nectarifères, analogues aux glandes septales d’un grand nombre de Monocotylédones.

Le fruit infère des Taccacées rappelle d’ailleurs souvent par sa forme celui d’un grand nombre d'Orchidées. Celui d’un Tacca pinnatifida, eultivé à Paris, fut pris par plusieurs personnes pour le fruit d'un Ansellia, À sa maturité il perdit graduellement la teinte verte de son péricarpe assez dur, pour devenir brun et mou en quelques jours, absolument comme ce qu'on appelle la gousse d’une Vanille. Ce qu'il y a de très-remarquable, c’est que lorsque le blessissement fut complet, le péricarpe commença de dégager un parfum très-analogue à celui de la Vanille. Nous nous bornons à signaler ce fait à ceux qui pensent que l’analogie d'organisation entraine souvent celle des propriétés, ainsi qu’à eeux qui songeraieni à tirer parti, au point de vue économique, d’une plante qui peut facilement croître en plein air dans quelques-unes de nos possessions d'outre-mer.

Les Taccacées (ournissent d’ailleurs, par leur portion souterraine, un autre produit utile dont les Taïtiens font depuis longtemps usage dans leur alimentation. Ce sont ces sortes de renflements tuberculeux et riches en fécule qui sont considérés comme formés par les racines, et qui méritent de faire l’objet d’une étude toute spéciale. Je me bornerai pour le moment à dire qu'ils présentent dans la plupart de leurs caractères une grande analogie avec les pseudo-bulbes des Ophrydées, organes qu’on peut définir :

248 NOTE SUR L'ORGANOGÉNIE FLORALE DES TACCACÉES. des bourgeons axillaires anatropes à base gorgée de sues nourri- Clers.

L'inflorescence des Taccacées mérite aussi d’être attentivement étudiée. Sans parler iei des longs filaments que les auteurs s'accordent à considérer comme des pédicelles stériles, et dont la véritable nature est encore incertaine, nous savons que tous les botanistes décrivent l'inflorescence comme une ombelle, Endlicher dit d'elle : « Flores in apice scapi radicalis, simplicissimi, leretis v. angulati, umbellæ basi involucro foliaceo tetraphyllo stipata, involucri folis integris subdecussantibus. » Lindley reproduit presque littéralement celte opinion en ces termes : «Flowers placed on the top of a simple taper or angular furrowed scape, in umbels ». L'organogénie montre, et elle seule pouvait montrer que les fleurs ne sont nullement disposées en ombelles. Elles sont au contraire groupées en cymes unipares scorploïdes. Comine le nombre de ces cymes est le-plus ordinairement de deux, il explique l'existence fréquente des deux larges bractées intérieures qui répondent chaeune à la base d’une des cymes scorpioïdes. Mais avec un plus grand nombre de cymes partielles, réunies au sommet de la hampe commune, on observe aussi un plus grand nombre de bractées ; on en peut compter jusqu’à six où huit. Quant aux filaments stériles, ee n’est qu'avec doute que nous avancons qu'ils pourraient bien représenter, non des axes dépourvus de fleurs, mais les bractéoles latérales qui accompagnent les fleurs de la cyme. Nons avons vu ces bractées dans le jeune âge de l'inflorescence; mais nous n'avons pu, faute de matériaux suffisants, les suivre dans tous les âges ; c’est ce qui nous empêche d'être plus affirmatif.

om

NOTE SUR L’ARACHIDE (Arachis hypogæa L.),

Par M. C. JACOB DE CORDEMOY.

(lle de la Réunion, mars 1866.)

Il est peu de plantes qui, autant que lArachide, aient donné lieu à des opinions différentes de la part des botanistes. La singularité de sa fructification a depuis longtemps attiré leur attention; mais, la plante croissant difficilement aux lieux où elle eût pu être étudiée, il en est résulté que les caractères qu'on lui attribue sont le plus souvent erronés.

J'ai été assez heureux, en suivant le développement de la fleur à l'ile dela Réunion, pour observer quelques faits nouveaux qui ne laissent plus de doute sur la vraie nature de cette plante.

Race. —- Elle est pivotante, droite ou tordue, suivant la diffieulté qu’elle rencontre à pénétrer dans le sol. Il en part une grande quantité de racines secondaires, courtes, filiformes, qui présentent comme la principale, çà et là, de petits renflements analogues à des tubercules ou mieux à des ganglions.

Tice. — Suivant quelques auteurs, la tige, herbacée, peut acquérir une hauteur verticale de 40 centimètres. Le fait peut être vrai pour la variété connue sous le nom d’Arachide d'Afrique, il n'en est pas de même dans l’Arachide de l'Inde. La tige en est toujours couchée. Elle s'étend sur le sol, qu’elle recouvre entièrement. Elle est cylindrique, verte; les rameaux de même. Ceux-ci sont assez nombreux, surtout vers la partie inférieure de la tige. Is sont très-pubescents.

Feuizces. — Les feuilles sont alternes, suivant la fraction 4/2, Elles sont composées de quatre folioles opposées, paripennées, subsessiles. La feuille comprend : une gaine assez large embrassant presque complétement la tige en son point d'insertion; deux

stipules hastiformes, fortement acuminés, soudés à la gaine ; un pétiole allongé supportant les quatre folioles. Toutes ces parties sont pubescentes.

Le limbe des folioles est ovato-cunéiforme, vert jaunâtre supérieurement, plus pâle en dessous, où la nervure médiane est saillante; les nervures secondaires, penninerviées, sont à peine visibles; les deux folioles extrêmes sont plus grandes que les inféricures. La préfoliation est condupliquée.

La nuit, les folioles dorment, c’est-à-dire se ferment en se rapprochant l'une de l’autre.

BourGEONS, BOUTONS. — A l'uisselle des feuilles, il n'apparait ordinairement qu'un bourgeon; on en voit pourtant deux quelquefois ; parfois aussi il nait en même temps un bourgeon et un bouton. Dans ces deux derniers cas, les nouveaux axes sont situés à côté l’un de l’autre.

INFLORESCENCE, — Sur le côté du bouton développé à l’aisselle de la bractée mère, il en nait toujours un second, de manière que l’inflorescence représente ane petite cyme unipare composée de deux fleurs. Celles-ci sont toutes deux fertules; ce n’est que par accident qu'il y en a une d'elles qui avorte.

Arrivée à un certain âge, la plante présente ces fleurs à l’aisselle de chaque feuille.

FLEUR, calice. — Les fleurs sont toutes hermaphrodites, presque sessiles, irrégulières, symétriques.

Le calice se compose de cinq sépales en préfloraison quinconciale, suivant leur ordre de naissance. Ces cinq sépales sont soudés ensemble, puis se séparent à une certaine bauteur, de manière à former un calice longuement tubulé et bilabié; une des lèvres, l'antérieure, se compose de trois sépales dont l'extérieur est superposé à la bractée axillante ; l’autre comprend deux divisions, dont l’une est extérieure.

En grandissant, ces sépales soudés s’allongent de manière à Jormer un tube filiforme, qui affecte l'apparence d’un pédoncule, et que les auteurs, jusqu’à Poiteau, avaient pris pour tel. La partie

supérieure de ce tube est bilabiée, comme nous l’avons dit.

CoroLLE. — Elle est papilionacée; l’étendard est antérieur et non postérieur, comme l'ont décrit les botanistes qui probablement n'ont observé sa position qu'après que la fleur s’est déjetée; ce qui arrive peu de temps après l’anthèse. Les ailes sont latérales, la carène postérieure. Comme le calice, la corolle est filiforme inférieurement ; le tube ainsi formé est soudé avec celui du calice. La fleur est donc réellement gamopétale.

La préfloraison de la corolle est carénale.

ANDROGÉE. — 1] comprend dix élamines, qui naissent en deux verticilles ; l'extérieur superposé aux divisions du calice, l’autre à celles de la corolle. Ces étamines se soudent ensuite et forment un faisceau monadelphe qui s’unit avec le tube du calice et de la corolle. Les lilets se séparent au-dessus de la gorge du tube, et restent enveloppés dans la carène. Une de ces étamines est stérile et représentée seulement par son filet; c’est celle qui est superposée à la bractée axillante.

Les anthères ont deux loges, qui sont orbiculaires pour le verticille superposé à la corolle, et allongées pour l’autre; leur msertion est adnée ; leur déhiscence s'opère par deux fentes longitudinales.

Pisriz. — L’ovaire est unique et composé d’une seule feuille arpellaire que, dans l’origine, on voit nettement naître au-dessus du verticille de l’androcée, à la partie postérieure de la fleur. Il est supère, lagéniforme; peu à peu il s'allonge, se referme et se prolonge en un très-long style qui traverse tout le tube floral et -va se terminer en pointe au milieu du faisceau des étamines. Le stigmate est done nul; seulement la pointe du style est pubescente.

Le placenta est pariétal, postérieur ; il y a trois ou quatre ovules d’un vert foncé, qui se recouvrent de deux enveloppes ; ils sont semi-anatropes, descendants, de sorte que leur raphé touche le placentaire, et que le micropyle est inférieur, le hile supérieur.

Anrèse. — L'épanouissement a lieu vers les premières heures du matin ; la fleur se flétrit dans la journée ; eHe est d’un beau jaune d’or.

FrucriricaTion. — Quand la fleur se flétrit, le tube floral se dessèche et penche vers la terre. Il ne reste de vivace que l'ovaire, qui a noué. Celui-ci, de vert tendre qu'il était, devient violacé ; il prend la forme d’un cône à pointe fine et courbée. Le pédoncule très-court qui le portait, s’allonge et se recourbe immédiatement vers la terre, qu'il atteint, quel qu’en soit l'éloignement. On dirait d’une racine adventive.

Pendant ce temps, l'ovaire reste stationnaire; mais dès qu'il touche le sol, il blanchit, s'enfonce et grossit.

Fruir. — Le fruit se forme ainsi sous la terre, à quelques cenümètres de profondeur. Longtemps il reste pointu; enfin il devient un fruit sec, indéhiscent, couvert de stries rugueuses, arrondi, qui n’est pas, à proprement parler, un légume ou gousse, puisqu'il ne s'ouvre pas et ne présente pas de nervure latérale.

Ce fruit est uniloculaire, testacé, non lomentacé ; il est 4, 2, 5, h-sperme, un où plusieurs ovules avortant quelquefois.

J'ai cherché si l’enfouissement de ces fruits était nécessaire à leur développement, et cela m'a été prouvé. Les pédoncules continuent à s'allonger, et se fétrissent si on les empêche de s'enterrer.

GRAINE. — La graine n’est recouverte que d'une enveloppe, le testa. Jeune, elle renferme un albumen qui disparait à la maturité. Les deux cotylédons s'ouvrent suivant le raphé. Au milieu, inférieurement, est l'embryon homotrope, à radicule infère. La gemmule porte déjà plusieurs bourgcons feuillés, comme je J'ai déjà lait voir dans le Ceratophyllum (1). La préfoliation même s’y dislüingue très-bien.

Les cotylédons sont huileux.

On peut donc récapituler ainsi les véritables caractères de cette plante :

Arachis hypogæa.— Fleurs hermapbrodiles, symétriques, irrégulières, subsessiles.

(4) Adansonia, UT, 293.

Calice gamosépale, bilabié, filiforme, à cinq divisions en préfloraison quinconciale. Corolle gamopétale, filiforme, à cinq divisions alternes avec celles du calice, papilionacée ; étendard antérieur; préfloraison carénale. ÆAndrocée de 10 étamines monadelphes, dont l'antérieure est stérile; anthères biloculaires, introrses, adnées, à déhiscence longitudinale, non conformes. Ovaire unique, uniloculaire, supère, 3-4-ovulé ; style long, pubescent à l’extrémilé ; stigmate nul, Ovules insérés sur un placenta pariétal postérieur, anafropes, ascendants ; raphé extérieur, micropyle infère. Fruit sec, indéhiscent, hypocarpogé, porté à l'extrémité d’un long pédoncule sortant de l’aisselle des feuilles, unilocalaire, testacé, 4-4-sperme, Graine exalbuminée, Embryon homotrope, à radicule infère ; cotylédons huileux.

Plante herbacée, radicante, annuelle, à tige et rameaux eylindriques, pubescents; feuilles alternes, composées de deux paires de folioles, bistipulées, engainantes, penninerviées. Inflorescence axillaire en eyme unipare biflore.

Les pétales du verticille intérieur de la corolle de lAsimina triloba Dux. présentent dans leur tissu quelques particularités assez singulières. Leur surface intérieure, surtout près de la base, est chargée de saillies irrégulières, un peu charnues et glanduleuses, d’une teinte souvent blanchâtre, et dont le rôle physiologique n’est sans doute pas sans importance dans la fécondation de la fleur. Après l'épanouissement en effet, le sommet de ces saillies est recouvert d’une couche légère de liquide, et cette sorte de nectar sécrété sert à retenir les étamines et le pollen. Les premières se détachent de bonne heure par leur base, et elles ne tiennent plus au réceptacle floral que par quelques trachées qui se déroulent et acquièrent une grande longueur. Les élamines peuvent de la

sorte arriver jusqu’à la concavité des pétales intérieurs ; alors les loges de l’anthère sont ouvertes, et le pollen lui-même peut sortir de ces loges et se coller directement sur ces pétales. Or, il est à remarquer que les saillies de ces organes ne sont pas du tout semblables aux papilles qu’on observe sur la face interne de tant de corolles, et qui ne dépendent que de l’épiderme. Dans lAsimina, la surface seule des papilles est de nature épidermique et formée de cellules à paroi épaisse et de bonne heure fort ramollie. Sous cet épiderme, la papille contient en outre une couche de tissu cellulaire, qui n’est autre chose qu'un prolongement du parenchyme du pétale. Mais ce qu'il y a de plus singulier, c’est que le centre même du parenchyme de ces mamelons est parcouru par du tissu vasculaire. Quand on observe sur une coupe longitudinale, conduite de la face supérieure à la face inférieure du pétale, une nervure du pélale, formée, comme d'ordinaire, de trachées nombreuses entourées d’une sorte d’élui de cellules étroites, allongées, simulant plus on moins des vaisseaux cloisonnés, on voit çà et là ces nervures se ramifier, eavoyer vers chaque papille saillante une branche formée de Irachées qui vont se perdre dans celte papille, et qui, non loin de son sommet, se termine, comme presque toujours, par des cellules spiralées, placées bout à bout et qui n'arrivent pas tout à fait jusqu’à la couche épidernique de Ja surface. Ces mamelons saillants, contenant dans leur intérieur du tissu vasculaire, rappellent done sous ce rapport les feuilles à lobes saillants sur une de leurs faces et dont le tissu renferme aussi des ramifications, des nervures. Le pollen de |A. triloba a des grains unis en une sorte de chaine par des filaments mous qui ressemblent à ceux des Onagrariées. De plus, les grains nés dans une même cellule primitive demeurent unis jusqu'au bout, trois à trois ou quatre à quatre.

De même qu'avant de publier une histoire spéciale du groupe des Renonculacées, nous avons rassemblé dans un mémoire particulier (4) toutes les observations qui ne pouvaient trouver place dans un ouvrage didactique; de même aujourd'hui nous devons faire précéder la publication de la famille des Dilléniacées de quelques remarques qui ne sauraient être insérées ailleurs. Ces remarques sont d’ailleurs peu nombreuses, attendu que les Dilléniacées ne renferment pas un lrès-grand nombre de genres, et qu'elles ont été amplement étudiées dans ces dernières années. Nous aurons occasion de faire plusieurs fois allusion aux travaux les plus récents qui aient été publiés sur les affinités et l'organisation de ces plantes, et qui sont, entre autres : le Genera de MM. Bentham et Hooker (VI, 10-15), et les observations de M. Planchon, dans le Voyage de M. Linden (3, 4).

I. Le réceptacle floral des Dilléniacées, pour commencer par la portion axile de leurs fleurs, est en général convexe, comme celui des Renonculacées. Il y a cependant une légère restriction à faire au sujet du Burlonia Sauiss., qui pour beaucoup d'auteurs demeure confondu dans le genre Æibbertia, sous le nom d’H. grossulariæfolia Sims. Cette plante passe généralement pour avoir les sépales réunis par leur portion inférieure en une courte cupule : « Sepala in cupulam brevem connata », disent MM. RBentham ét Hooker (op. eit., 14). Le calice ne présente cependant rien qui puisse justifier une telle définition. Les folioles dont il est formé sont libres. Mais c’est le réceptacle qui, à partir d’une certaine époque, se déforme et constitue une cupule peu profonde, de nature axile. Au début, ce réceptacle est légèrement convexe, et l'insertion des verticilles extérieurs de la fleur est hypogynique. Mais peu à peu le sommet du pédoncule se dilate; les bords de

(4) Adansonia, IV, 1.

256 REMARQUES SUR LES DiLLÉNIACÉES.

cette dilatation s’accroissent plus que le sommet; sa surface supérieure devient plane, et plus tard même légèrement concave. II en résulle que l'insertion du périanthe et de l’androcée est, à l’âge adulte, légèrement périgynique, et que le fond des ovaires est, si peu que ce soit, placé plus bas que la zone d'attache des étamines. La périgynie est très-peu accentuée, sinon elle n’eüt, pas été jusqu'ici à peu près constamment méconnue ; elle donne aux fleurs de l'ZZ. grossulariæfolia une certaine ressemblance extérieure avec celles de quelques Fragariées; elle rappelle ce qu'on observe (1) dans les Pivoines. Pour cette raison, il serait sans doute logique d'admettre le genre Burtonia comme dislinet, et c'est uniquement pour ne point multiplier les coupes génériques que nous laisserons provisoirement l'unique espèce qui présente cette organisation, parmi les Hibbertia. Comme beaucoup d’autres espèces de ce genre, l'A, grossulariæfolia à quelques étamines extérieures stériles, les étamines intérieures plus longues que toutes les autres, les anthères nettement introrses, et les fleurs terminales, oppositifoliées. Le nombre des carpelles est éminemment variable. 1 y en a fantôt cinq en face des pétales, tantôt dix, dont cinq sont oppositipétales, et quelquelois enfin un nombre plus considérable, réunis en une petite tête globuleuse, comme ceux des Renoncules et de certaines Rosacées.

Le réceptacle floral des H’ormia et de quelques genres voisins conserve la forme conique; mais il devient en même lemps trèslong et très-grêle près de son sommet. Sa surface convexe présente autant de pans étroits qu'il y a de carpelles dans l'ovaire, et c’est sur chacun de ces pans que s’insèrent une des feuilles carpellaires et une double série d’ovules. Il en résulte qu’au lieu d'avoir des carpelles complétement indépendants les uns des autres, comme la plupart des Polycarpicæ d'Endlicher, les Wormiées paraissent avoir un ovaire pluriloculaire à placentation axile. Il faut toutefois remarquer que les cavités considérées comme les

(4) Adansonia, 1, 45 ; IV, 56.

loges d’un ovaire unique, dans les W'ormia, sont séparées les unes des autres, non par une cloison simple, mais par un double feuillet péricarpien, et qu'entre ces deux feuillets, on peut pénétrer, sans détruire aucune adhérence normale, jusqu’à l’axe même du gynécée. Les carpelles ne paraissent libres par leur angle interne que dans une très-petite étendue, au-dessous de la base du style. Cette singulière disposition, que nous ne pouvons malheureusement étudier qu’à l’âge adulte, tient probablement à ce que la crête intérieure de chaque loge ovarienne, dont on dit: « Aæi viæ cohærentia, » (1) représente la base organique de la feuille carpellaire. Tandis que cette base ne s’insère, dans les autres Dilléniacées, que suivant un croissant fort peu arqué ; ici ses deux branches deviennent d'autant plus longues, et sa concavité supérieure d’autant plus prononcée, que le réceptacle s’étire davantage de bas en haut. Le véritable angle interne de l'ovaire ne serait donc représenté que par la petite portion qui demeure hbre au-dessus du sommet du réceptacle ; et l'insertion de la base de chaque feuille carpellaire deviendrait en même temps très-allongée, trèsoblique et même presque verticale. L'étirement de l'axe placentaire entraînant avec lui la base des carpelles, présenterait done ici quelque chose de comparable à ce qu'on observe dans Îles Nigelles (2) dont l'ovaire est aussi pluriloculaire, au moins dans sa portion inférieure. La portion axile du gynécée et la forme de l'insertion des feuilles carpellaires seraient comparables à celles qu'attribue Payer (3) aux Capucines, aux Tremandra et aux Polygala. Cette disposition s’expliquerait en même temps par ce que nous avons dit ailleurs (4) du prétendu ovaire, opposé à un sépale, du Pleurandra Readi, qui a en réalité deux carpelles libres oppositipétales; mais dont le réceptacle floral s’élève, sous forme de coin, entre les deux bases très-obliques des feuilles carpellaires, et simule une cloison interposée à ces feuilles, tandis qu'il n’est

(4) BENTHAM et HOOKER, Gen., 11, n. 10.

(2) Voy. Histoire des plantes (Renonculacées\, 9, note 2.

(3) Eléments de Botanique, 216, 217.

vi. (12 juillet 1866.) 17

que la base organique du pisül dont il supporte seul les ovules. Dans les Dillenia, l'union des différents carpelles entre eux parait encore plus prononcée que dans le F'ormia ; et ces plantes montrent bien comment, dans la nature, où il n’y a pas de transitions brusques, on passe graduellement d’un gynécée à carpelles complétement libres, à un ovaire unique et pluriloculaire. Il ne faut done pas rejeter à priori en dehors des Dilléniacées, et pour ce seul caractère, certains genres à ovaire cloisonné qu’y ont intro duits autrefois plusieurs auteurs, et notamment M. Lindley (1).

Ainsi, pour ne parler ici que des Actinidia (Trochostigma), nous voyons qu'un grand nombre d'auteurs rejettent ce genre parmi les Ternstræmiacées ; et cependant on ne peut trouver d'autre différence, entre lui et les Daullenia, que la forme des anthères et la longueur de l'embryon ; caractères bien insuffisants, il faut l'avouer, pour séparer deux familles. Nous verrons d’ailleurs tout à l'heure que la forme des étamines est très-variable parmi les Dilléniacées, même dans les différentes espèces d’un seul genre. MM. Benthamn et Hooker (Gen., 41) ont encore noté comme des trails distinctifs des Actinidia, l’organisation de leur gynécée et l’absence d’arille autour de la graine, Or cet arille n’existe pas nou plus dans les Dillenia, dont les Actinidia ont tout à fait le gynécée. L'ovaire y présente, vers sa périphérie, de vingt à trente loges, ou à peu près, qui sont surmontées d'autant de branches stylaires réfléchies. Si l’on descend jusqu’à la base de ces styles, on trouve un léger vide au centre du sommet de l'ovaire ; e’est-àdire que les carpelles sont libres à ce niveau, au moins dans une très-courte étendue, absolument comme nous l'avons vu dans les WW ormia. Quant à l'insertion des ovules et aux caractères extérieurs des griunes, les Dillenia, surtout ceux de la section Colbertia, sont tellement identiques aux Achidinia, qu'il devient trèsdiflicile dans certains cas de les séparer génériquement à l’aide de caractères vraiment sérieux.

Le nombre des carpelles qui entrent dans la constitution du

(1) Natur. Syst. of Bot, ed, 2 (4836), 21, 4389, — V'eg. Kingd, (1846), 494.

REMARQUES SUR LES DILLÉNIACÉES. 259 gynécée, à été jusqu'ici considéré, dans la plupart des genres, comme n'ayant pas une signification importante. Ainsi les Æibbertia en ont quelquefois un nombre indéfini, plus fréquemment cinq, rarement un nombre moindre. Mais A, monandraR. Br., qui n’a positivement qu’un carpelle, présente d’ailleurs tous les caractères du genre, et n’en peut être séparé. Aussi MM. Planchon et Triana (1) ont-ils été parfaitement logiques en supprimant le senre Delima qu'ils ont fait rentrer dans les Tetracera. De même encore il y à des Davilla unicarpellés et d’autres qui ont deux ou trois carpelles. Pour la même raison, on ne saurait séparer génériquement les Doliocarpus des Delima. Le carpelle unique des Doliocarpus devient, il est vrai, souvent bacciforme. Mais il demeure coriace, peu charnu, déhiscent dans les Ricaurlea de M. Triana (2); de même que, parmi les Davilla, il y a des fruits À péricarpe plus ou moins épais el indéhiscent, et d’autres qui, secs et membraneux à leur maturité, s'ouvrent d’une façon variable. Tous les autres caractères de floraison et de végétation étant d’ailleurs les mêmes, nous nous proposons de réunir en uu groupe générique commun les T'etracera, les Delima, les Ricaurtea etles Poliocarpus. Le premier de ces tvpes, tel que nous le représentent les Euryandra, aurait plusieurs carpelles au gynécée, Le second n’en aurait qu’un, déhiscent par une seule fente. Le troisième serait également unicarpellé, à péricarpe peu charnu et bivalve. Dans le quatrième, le péricarpe deviendrait tout à fait charou et indéhiseent.

C’est pour des raisons analogues qu’il nous paraïtrait impossible de maintenir le genre Trisema Hoox. F. (3), qui est vraisemblablement synonyme du Vanieria du P. Montrouzier (4), et qui, par ses organes sexuels, ne s’écarte pas d’une manière notable des Hibbertia. Son gynécée est en effet unicarpellé, comme celui

(4) Ann, sc. nat., sér. 4, XVII, 20.

(2) Ann. sc. nat., sér. 4, IX, 46.

(3) Hooker’s Journal, IX, 47, t. 1 (1857); Gen., 14, n. 12, (x) Mém. Acad. Lyon (1860), 176,

de l'H. monogyna R. Br. (1). Les étamines sont groupées en nombre indéfini tout autour du gynécée, et sont toutes fertiles, comme celles de beaucoup d’Hibbertia dits eyclandrés. L’inflorescence unilatérale et le calice sont les mêmes que dans beaucoup d’Hibbertia originaires des mêmes contrées, et que dans les emistemma de Madagascar (2). Le nombre des ovules y est variable, quoique d'ordinaire un peu plus considérable que dans la plupart des Æibbertia. Mais il y a de ces derniers qui ont jusqu'à une douzaine d’ovules dans chaque carpelle, et certains ovaires de Trisema n’en renferment que cinq ou six. Ce caractère ne saurait done avoir plus de valeur ici que dans les Tetracera de la section Delima, dont les uns, surtout de provenance américaine, n’ont qu'une couple d’ovules, tandis que les autres, qui comme le D. sarmentosa W., croissent dans l’Ancien-monde, renferment dans chaque ovaire deux séries verticales d’ovules bien plus nombreux (3). La corolle, il est vrai, se trouve souvent réduite à trois pétales dans le F’anieria. Mais outre que ce nombre n’est pas constant, car on en peut compter quatre, comme paraît l’avoir fait d'une manière constante le P. Montrouzier, il y a de nombreux T'eiracera, Davilla, Doliocarpus, etc., dans les fleurs desquels un ou deux pétales viennent souvent à manquer; si bien que ce caractère, nous le verrons, ne saurait avoir une valeur générique.

IT. L’androcée a presque toujours été considéré comme présentant des caractères d’une grande valeur, dans le groupe de plantes qui nous occupe. Lorsqu'on analyse les fleurs de tous les Drillenria connus (4), on n’y voit qu'une différence absolue avec les Actinidia, rejetés cependant vers les Ternstræmiacées : c’est que les anthères des A ctinidia sont versatiles, plus courtes que les étamines à longue anthère tubuleuse des Dillenia etdes W'ormia, etque l’insertion de leur filet sur leur connectif n’est pas basifixe. De plus,

(4) Ap. D. C., Syst., I, 429; Prodr., 1, 7l4,n. 11.

(2) Voy. Icon. Lesserian., t. 74-77.

(3) PL. et TRIANA, in Ann. sc. nat., sér. 4, XVII, 20.

(4) En y comprenant, bien entendu, à l'exemple de MM. Hooker et Thomson, les Colbertia Sazisp, (ex, D. C., Syst, veg., I, 435).

l'organisation et la forme même des étamines jouent un grand rôle dans la séparation des genres et même des tribus. Ainsi les Formia ont pour caractère: « antheræ biporosæ, » et les Dillenia : « antheræ birimosæ, » el nous savons que tous les autres traits de leur organisation sont à peu près les mêmes. Nous avons vu cependant des anthères lrès-avancées en âge, dans des fleurs épanouies de Dillenia, qui ne s'étaient ouvertes que près du sommet, etnon par des fentes occupant toute la longueur des loges. Ailleurs, comme (ans le D. scabrella, nous avons vu les parois de ces mêmes loges se déchiqueter et s'ouvrir d’une façon fort irrégulière. Il n’y a donc rien de très-absolu dans le mode de déhiscence des étamines du genre Dillenia. Mais que l’on songe qu’on à cherché à distinguer par la forme même de ces organes les Dilléniées proprement dites, des Délimées, qui sont presque toujours des plantes américaines. Cette division coïncide, d’une façon assez commode, il est vrai, avec la distribution géographique, puisque les Tetracera sont les seules Délimées qui se rencontrent dans P'Ancien-monde. Mais on ne saurait dire sans erreur, que les filets staminaux des Délimées sont plus ou moins dilatés au sommet, tandis que les Dilléniées auraient des étamines à filets nor dilatés dans la portion supérieure. Qu'on examine par exemple les différentes espèces du genre asiatique Acrotrema, si remarquable par ses courtes tiges herbacées et son port analogue à celui des Renoncules et des Potentilles. L'espèce type du genre, PA. coslatum Jack, a des anthères étroites, allongées, un peu aplaties, vingt fois environ aussi longues que larges et dont les deux loges s'ouvrent au sommet chacune par un pore arrondi à bords épaissis. La forme linéaire des anthères se retrouve dans les étamines de l'A. pinnatifidum Taw. et dans celles d'un certain nombre d’autres espèces de Ceylan, qui s'ouvrent par des fentes longitudinales. Mais les étamines de l’A. lyratum Taw. (herb., n. 3364), qui ne parait pas pouvoir être exclu du genre, sont telles que leur filet, grêle et tout d’une venue, se renfle presque subitement prés de son sommet en une tête qui porte les deux loges ellipsoïdes d’une an-

thère introrse ou presque marginale, loges qui, très-rapprochées par leur sommet, divergent d’une quantité notable dans leur portion inférieure; disposition qui s’observe dans les anthères des T'etracera et autres Délimées analogues, d’une manière plus prononcée ordinairement, mais souvent aussi avec une dilatation moins marquée encore du sommet du filet. Évidemment la forme de l’étamine et le mode de déhiscence de l’anthère ne sauraient avoir dans ce eas une valeur générique. Dans les Hibbertia eux-mêmes, on peut voir des espèces telles que l’Æ. tenuiramea Sreuv., dont les anthères, un peu plus larges que longues, ont deux loges presque didymes, olobuleuses ou ellipsoïdes, bien différentes de ces loges étroites et adnées qu’on observe dans la plupart des espèces. M. F. Mueller a signalé un fait analogue, à propos de l’Æ. stellaris (À).

Quant à la disposition circulaire ou unilatérale des étamines sur le réceptacle, disposition qu’on exprime d’une facon commode à l’aide des mots cyclandré et pleurandré, appliqués à l’androcée, nous rappellerons d’abord ce que nous avons dit ailleurs (2) du mode d'évolution des étamines dans les Pleurandra. Ce fait que. dans certaines espèces, la situation excentrique et unilatérale de l’androcée, est congénitale, et non le résultat d’un avortement partiel dans un verticille floral qui aurait pu être complet à un âge antérieur; ee fait, dis-je, semblerait d’abord justifier l'opinion soutenue par plusieurs savants, que le genre Pleurandra doit toujours et partout pouvoir être suffisamment distingué des ÆHibbertia cyclandrés. Il n’en est rien cependant ; et l’analyse de toutes les Hibbertiées connues, montre qu'il y a un point où l’on ne peut plus séparer nettement le Cyclandra du Pleurandra. Aussi les genres Hemistemma Juss. et Pleurandra Lasir., qui paraissent au premier abord suffisamment distincts, se confondent forcément par des espèces telles que l'Æ. spicata, dont M. F. Mueller (3) dit avec

(1) Fragm. phyt, Austral., I, 2. « Antheræ fere omnium Hibbertiarum.…. sunt sua longitudine plus minus angustiores., Sed /1, stellaris..…., gaudet ea insigni nola, quod latitudo antherarum longitudinem paulo excedat. »

(2) Sur l’organogénie florale du Pleurandra (Adansonia, LI, 129). (3) Fragm. phyl. Austral., W, 1,

beaucoup de raison : « Species transitum a Pleurandris ad Hemistemmata manifestum reddit. Stamina enim sunt ea genuinæ Pleurandræ ; quoad inflorescentiam species Hemistemmali pertinet; stamen insuper unum allerumve castratum v. minutie imperfectum ostendit. » I y a, d'autre part, dans l'A. peduncularis que l’on cultive dans quelquesserres, des fleurs cyclandrées, dont l'androcée offre en un seul point de sa circonférence, une ou un petit nombre d’étamines stériles, toutes les autres demeurant fertiles. Dans plusieurs Æemastephus (1) et Hemipleuranda, il y a un cercle complet d’étamines autour du pistil; mais celles qui sont fertiles n'occupent relativement qu'une petite portion de cette couronne d’étamines. Qu'on suppose maintenant les étamines stériles considérablement raréfiées (et il y a des fleurs où l’on n’en trouve plus qu’une seule, de l'autre côté des étamines fertiles), ou même que les staminodes disparaissent coinplétement, et l’on aura un véritable Pleurandra, ainsi relié aux espèces eyclandrées par toutes les transitions possibles. De même la taille et la forme des étamines très-nombreuses qui peuvent entrer dans un androcée d’'Hibbertia, sont très-variables, sans que cela semble avoir une sérieuse Importance.

Ainsi le genre Trimorphandra Av. Br. et Gr. (2) paraît d’abord très-nettement caractérisé par les étamines de trois espèces différentes qu'on observe dans ses fleurs ; et, quand on n’a comparé celles-ei qu'avec celles d’un petitnombre des Hibbertia ordinairement cultivés dans nos serres, on peut à la rigueur admettre, avec les auteurs du genre Trimorphandra, « que ces modifications dans l’organisation de l’androcée fournissent de bonnes coupes génériques ». Mais on doit nécessairement changer d'opinion, quand on étudie tous les Æibbertia, Pleurandra, Hemipleurandra et Hemistemma de nos herbiers, et même quand on analyse plusieurs

(4) Drum. et HaRv., in Hooker’s Journ., VII, 51,

(2) Bull. Soc. botan. de France, XI, 190. — Ann. sc. nat., sér. 5, IT, 148, Le nombre des ovules donné, dans la caractéristique du genre, comme étant de six,

est aussi sujet à varier, car nous avons vu un carpelle qui n’en contenait que trois, dont deux inférieurs,

fleurs du Trimorphandra pulchella lui-même. Ainsi celte plante est donnée comme ayant des slaminodes extérieurs spathulés ; des étamines fertiles plus intérieures, au nombre de trente ou quarante ; et enfin, tout contre le gynécée, deux élamines d’une troisième espèce, à anthère frès-longue, alternes avec les carpelles et dépassant le sommet des styles. Sur deux fleurs que nous devons à l’obligeance du cap. Baudouin, nous avons vu que ces grandes étamines peuvent être au nombre de trois ou de quatre et ne plus affecter des rapports aussi exacts avec les éléments du gynécée. De plus, sur une de ces fleurs, on pourrait encore fonder un genre T'etramorphandra, car on y observe plusieurs élamines d’une quatrième espèce, interposées aux longues étemines intérieures et aux plus extérieures des étamines fertiles, et intermédiaires aux unes et aux autres pour la longueur et la forme des anthères. Nous avons d’ailleurs observé une autre plante, dans les collections provenant du voyage de l’Astrolabe et de la Zélée, et récoltée en 1841 à Van-Diémen, par M. Le Guillou, dans laquelle les fleurs peuventavoir aussi, tantôt deux où trois étamines intérieures beaucoup plus longues que les étamines fertiles plus extérieures, et tantôt un bien plus grand nombre de ces anthères très-allongées qui entourent le gynécée. L'examen de cette dernière espèce (4) montre bien qu'il y a seulement exagération, dans les T'rimorphandra, de cette inégalité de développement des pièces de l’androcée qu’on remarque dans tous les Pleurandra, ainsi que nous l’avons autrefois démontré (2), et qui tient au mode même d'évolution des

(4) Hibbertia (Trimorphandra) tasmanica. Fruticosa, ramis gracilibus ramulisque hirtello-pubescentibus; foliis subsessilibus v. breviter petiolatis elliptico-lan ceolatis (ad 5 cent. long., 2 cent. lat.) basi paulo attenuatis ; apice plerumque rotundato ; integerrimis, supra parce stellato-pubescentibus scabrellis, subtus albidis scaberrimis, pube stellata densissima; supra avenia; costa subtus prominula. Flores axillares plerumque solitarii; pedunculo folio paulo longiori gracili. Calycis imbricati laciniæ ovalo-lanceolatæ pilis paucis stellatis peltatis fere omnibus indutæ, Petala 4, 5 caduca. Stamina 3 v. 4-morpha; exterioribus mioulis sierilibusve ; interioribus 3, 4 v. 7, 8 v. pluribus reliquis omnibus multo longioribus. Carpella

2 libera ; stylis longe filiformibus acutis ; ovulis 2-4 in ovariis singulis adscenden-

tibus, Germen pilis squamosis dense obsitum. Crescit in Tasmania ubi, anno 1840, legit Le Guillou (herb. Mus. par.).

(2) Adansonia, 1II, 130.

étamines ; aussi bien que dans les Hibbertiu eyclandrés dont les étamines sont d'autant plus petites qu'elles sont plus extérieures ; changeant de taille et de forme d’une manière insensible ou d’une façon plus où moins brusque, et devenant même souvent stériles à la périphérie ; mais cela en nombre très-variable et d’une manière très-inconstante sur les différentes fleurs d’un même pied, car nous avons vu des fleurs d'A. grossulariæfolia Sims, qui n’avaient pas de staminodes périphériques, et d’autres qui n’en avaient qu'un ou deux. Le même fait peut s’observer dans les fleurs de l'A. peduncularis Horr. De même, dans l’Hemistemma Commersonii D, C., il y a certainement des fleurs dont toutes les étamines sont fertiles; ce qui est loin d’être constant.

Il y a des Dilléniacées à étamines à peu près définies, et l’Adrastea salicifolia D. C. pourrait être tout d'abord considéré comme tel ; car ses fleurs, avec cinq pétales, ont souvent deux verticilles de cinq étamines. Cependant quand on observe attentivement les cinq étamines qui répondent aux intervalles des sépales, on s'aperçoit, qu'outre qu’elles nesont pas toujours trèsexactement superposées aux pétales, elles sont plus extérieures que les cinq étamines oppositisépales, et qu’elles les enveloppent complétement dans le bouton. L'étude organogénique pourra seule rendre compte de cette singularité. Mais les faits que nous venons de signaler ne permettent pas de choisir l’Adrastea comme prototype diplostémoné de la famille des Dilléniacées. Il ne s’agit pas ici des verticilles androcéens ordinaires qu’on rencontre dans des fleurs régulièrement diplostémonées. Ce qu'il y a de bien certain c’est que les étamines ne sont pas, comme l’indiquent MM. Bentham et Hooker (1), « simplici serie œqualiter peripherica ;» car il y en a quisont tellement intérieures aux autres dans les boutons,qu’on ne saurait les apercevoir de l'extérieur, après avoir écartéles pétales.

Si l’on remplace, au contraire, les étamines par des faisceaux staminaux, il est facile de voir que la plupart des Candollea ont autant de ces faisceaux que de pétales, et qu’un faisceau y répond

(1) Genera plantarum, 15, n, 15. g

exactement à l'intervalle de deux pétales. Tel est le cas du C. cuneiformis Lau. (1) si fréquemment cultivé dans nos serres. Les faisceaux alternipétales y sont formés de quatre à einq étamines ; encore faut-il remarquer qu’une de ces étamines demeure, à l’état adulte, plus intérieure que les autres, et presque libre de toute adhérence avec les trois ou quatre élamines extérieures qui sont placées toutes au même niveau et pourvues d’un filetcommun aplati. L’étamine intérieure est née la première de toutes; mais l’organogénie a de plus montré à Payer (2) que, lorsqu'il y a trois étamines extérieures, elles ne sont pas du même âge, la moyenne n'apparaissant qu'après les deux latérales. L'étude des développements a d’ailleurs montré à lillustre botaniste dont nous rappelons les travaux, un fait qu'il ne faut Jamais perdre de vue quand on compare les Dilléniacées avec les Renonculacées si voisines à tant d’égards : c’est que, dans ces dernières, l’androcée a un développement centripète et qu'il présente en général une grande mulliplication des verticilles ou des tours de spire suivant lesquels se fait l'insertion staminale ; tandis que l’androcée des Dilléniacées est univerticillé et que, comme dans les Malvacées et tant d’autres familles sur lesquelles M. A. Dickson a récemment (3) attiré l’attention des savants, une étamine alternipétale est, dans ces plantes, remplacée, à l'aide de dédoublements successifs, par un faisceau d'étamines plus où moins nombreuses. Ne peut-on supposer, en voyant dans l’Adrastea einq étamines plus intérieures, exactement opposées aux sépales, et, en dehors de celles-là, cinq autres étamines qui ne sont pas loujours exactement alternes avec elles, que ces dernières étamines sont nées d’un dédoublement, en dehors et un peu sur les côtés, des cinq étamines primordiales alternipétales ?

androcée des Pachynema ne semble guère se prêter à la même hypothèse ; et il sera probablement impossible, en dehors de l'ob-.

(1) Nov.-Holland., IF, 33,

(2) Traité d'Organogénie comparée de la fleur, 283, t, LA, f. 19, 20. (3) Adansonia, IV, 187.

servalion organogénique, d’en déterminer la véritable symétrie. Il y à bien, 1l est vrai, dans la plupart des fleurs des Pachynema, huit étamines fertiles et deux staminodes, avec cinq pétales. Mais il nous à paru qu'aucune de ces huit étamines fertiles n’était exactement alterne ou opposée à une des divisions du calice. D'autre part, on n'observe assez souvent que sept étamines fertiles, dans les fleurs des P, junceum Bexrs. (4) et complanatum R. Br. Dans ce cas, une des sept étamines parait être oppositisépale. Peut-être l’androcée est-il aussi soumis dans ces plantes à des dédoublements. Déterminons la position des deux corps considérés par tous les auteurs comme des staminodes, et qui ont exactement la forme des filets des étamines fertiles, mais qui sont surmontés d’un petit renflement glanduleux, et non d’une anthère; il est constant que ces corps soient plus intérieurs que toutes les autres étamines, et alternes avec les deux carpelles.

Des faits observés par Payer (4, cit.), relativement à l’évolution de l’androcée des Hibbertia, et des observations analogues que nous avons pu faire dans quelques autres espèces, telles que les H. perfoliata et volubilis, et dans les Pleurandra, il résulte que le nombre des étamines est loujours peu considérable au début, qu'il n’y en a d’abord qu'une seule, ou au plus cinq, et que chacune de ces étamines primordiales, se dédoublant ensuite, dans l’ordre centrifuge, devient le point culminant d’un faisceau bien plus riche ordinairement en lobes que ceux des Candollea. Lorsque la division est ainsi poussée très-loin, les dernières étamines produites dans chaque faiseeau, apparaissent à une époque où, par suite d’une sorte d’épuisement, elles ne peuvent plus accomplir toutes les phases de leur évolution. Fertiles ou non, elles sont de beaucoup les plus petites, et l’on sait que les plus extérieures peuvent être tout à fait stériles. Ce fait n’est pas particulier aux Hibbertia. Nous l'avons constaté dans plusieurs Tetracera, même dans le 7”. volubilis où l'existence des staminodes extérieurs, réduits à une languette subulée, n’est cependant pas constante; et

(1) Dans cette espèce, une seule fleur nous a même montré neuf élamines fertiles.

nous avons retrouvé la même disposition dans une curieuse espèce de Wormia à feuilles couvertes de poils, qui croit aux îles Maseareignes et que nous appellerons W”. ferruginea (À).

La plus grande différence qu'il y ait en somme entre un Æ6bertia et un Candollea, c’est que le dédoublement de l’androcée est poussé beaucoup plus loin dans les premiers. Il en résulte que les faisceaux staminaux finissent par se confondre par leurs bords et qu’à l’âge adulte on ne les distingue plus les uns des autres. A cette époque, par conséquent, un Candollea se sépare assez faeilement d’un Hibbertia ; et c’est une ressource pratique assez précieuse pour que nous puissions placer l’un et l’autre dans des divisions différentes ; mode de classement essentiellement artificiel, comme nous le verrons plus loin, mais dont aucun système de classification ne saurait s'affranchir entièrement. Ainsi M. C. Jacob de Cordemoy a déjà montré (2) comment, à la rigueur, les deux genres Hibbertia et Cardollea pourraient n’en former qu'un seul. Le nombre des ovules contents dans leurs carpelles ne suffit plus à les séparer, non plus que la présence ou l’absence d’un arille autour de leurs graines. Les Candollea ont les étamines unies en faisceaux, et les Hibbertia sont considérés comme ayant des étamines libres ; ce qui est trop absolu, puisqu'à l’âge adulte même, l'union de leurs filets à la base peut encore subsister dans une

légère étendue. Mais en général la séparation de ces faisceaux

(4) W. ferruginea, n. sp. Arbor? ligno molli ; ramis petiolisque in sicco ferrugineo-pilosis. Folia late elliptica (20-30 cent longa, 15-20 cent. lata), basi rotundata emarginatave subintegra coriacea crassa, supra glabra, subtus lomento brevi denso ferrugineo obsita ; costa angulata subtus valde prominula ; nervis primariis (ad. 40) oblique parallelis valde conspicuis ; venulis reticulatis vix conspicuis. Petioli crassi (8 cent. longi) ; alis 2 lateralibus stipulæformibus membranaceis pilosis mox secedentibus basi cicatricibus 2 lateralibus supra-axillaribus in ramo persistentibus. Racemi dense pilosi terminales oppositifolii pluriflori (20 cent. longi). Calyx valde imbricatus ; foliolis conca vis extus rufescenti-pilosis. Stamina, aut fertilja omnia, aut exteriora sterilia subulata, Ovarium plerumque 8-merum ; loculis angulo interno tantum axi adfixis multiovulatis ; stylis 8 reflexis apice vix incrassato stigmatosis. Crescit in Malacassia et in ins. Seychellarum ubi legerunt Bernier, Boivin, lervillé (herb. Mus. par.).

(2) Bull, Soc. bot, de France, VI, 450 (1859).

polyandres, n’est plus nettement dessinée, comme dans les Candollea ; et, nous le répétons, ce fait suffit, lors du complet développement des fleurs, pour placer sans hésitation, dans des groupes différents, les Candollea, à faisceaux staminaux définis, etles Hibbertia, à étamines très-nombreuses et disposées sans ordre apparent, comme celles des Tetracera, les Curatella, les Acrotrema, etc. On a encore attaché une grande importance à la direction des différentes régions de l’anthère, dans les Dilléniacées ; et, à une époque où l’on pensait devoir toujours attribuer des anthères extrorses aux Renonculacées, De Candolle avait cru pouvoir distinguer de ces dernières les Dilléniacées par leurs anthères toujours introrses. À. de Saint-Hilaire fut le premier à montrer des anthères réellement extrorses dans les Davilla, Empedoclea, Tetracera et Doliocarpus. Nous avons d'autre part établi que les anthères sont nettement introrses dans un grand nombre de Renonculacées, telles que les Nigelles, les Aconits, les Dauphinelles (1), ete. Ce caractère distinctif entre les deux familles perd toute valeur, quand on constate que, non-seulement les anthères sont {tantôt extrorses et tantôt introrses dans les différents genres de Dilléniacées, mais qu'en outre il varie dans les diverses espèces d’un même genre, où dans les nombreuses étamines d’une même fleur. Dans le T'etracera Assa D.C., on voit facilement pourquoi les loges de l’anthère, situées près du sommet du filet, peuvent devenir légèrement introrses ou extrorses, suivant que le connectif s’accroit un peu plus en dehors où en dedans. Dans plusieurs fleurs du 7. senegalensis, nous avons vu des élamines extérieures à anthères introrses, et des intérieures à anthères extrorses, et cela sans qu'il y eût inflexion ou réflexion du filet. Dans celles du Davilla rugosa A.S.H.(2), les anthères regardent, les unes en dedans, etles autres en dehors ; différences de direction dans la face des anthères qui s'explique facilement quand on connait le mode de formation de ces organes, et qui perd dès lors une grande partie de son importance,

(1) Histoire des plantes (Renonculacées), 1, 8, 10 (note 2), 26, 50. (2) Plus. des Brasiliens, XXII,

HF. Le périanthe des Dilléniacées présente quelques caractères qui paraissent constants ; en première ligne se place la persistance de leur calice autour du fruit. I n'est pas absolument exact de dire que les Dilléniacées se distinguent par ce trait de leur organisation, des Renonculacées, car le calice est quelquefois persistant dans ces dernières, mais dans un petit nombre de genres seulement (4). Dans quelques Dilléniacées, les sépales peuvent même s'épaissir et former autour du fruit un revêtement plus ou moins charnu.

Toutes les Dilléniacées ont un calice et une corolle. Cependant Gaudichaud à désigné un Wormia sous le nom d’apetala. Mais les fleurs de celte plante, que nous avons vue dans ses collections, étaient dans un état tel qu'on ne pouvait affirmer si la corolle manquait primitivement ou si ses pétales s'étaient détachés.

Le calice est toujours imbriqué dans Ja préfloraison. Les sépales sont en général en pelit nombre, quatre, cinq ou six, libres ou à peine unis dans leur portion inférieure. Dans les Empedoclea, genre établi par A. de Saint-Hilaire (2) pour une plante brésilienne trèsanalogue d’ailleurs aux Delima, les sépales sont représentés comme atteignant le nombre de douze ou treize et imbriqués les uns sur les autres. N'ayant pu retrouver, dans l'herbier d'A. de Saint- Hilaire, le type du genre £mpedoclea, nous ne pouvons que suspendre notre jugement sur sa valeur. Peut-être devra-t-il rentrer dans le genre Tetracera. Mais quant au Reifferschiedia de Pres (3), dont nous avons vu une espèce dans les collections de Cuming (n. 950), nous ne le conservons que comme une section des W'ormia dont il a la corolle, l'androcée, le gynécée et les feuilles, et dont il ne se distingue qu’en ce que la spire suivant laquelle sont insérés les sépales, se prolonge vers la partie inférieure du réceptacle et porte des folioles calicinales de plus en plus petites, ou des bractées, au nombre de dix à quinze. Dans quelques espèces

(4) Voy. Adansonia, IV, 36.

(2) Flor. Brasil, merid., 1, 20, t. HT, (3) In Reliq. Hænk., KW, 74, t. LXI.

d’'Hibbertia ou de Candollea à fleurs presque sessiles, 11 y à ainsi un petit nombre de feuilles ou de bractées plus où moins modifiées qui font suite aux folioles calicinales, en augmentent le nombre total, mais ne changent rien à l’organisation de tout le reste de la fleur.

La corolle tombe de bonne heure dans la plupart des Dilléniacées. Il y a cependant des Davilla qui, sous leur calice très-épais, gardent jusqu’autour du fruit même leurs pétales qui ne sauraient s'échapper. Ordinairement le nombre des pétales est le même que celui des sépales. Toutelois on sait qu'il peut devenir moindre. Les Davilla peuvent n'en avoir que quatre, trois ou deux. L’Empedoclea n'en a que trois ; les Delima et plusieurs T'etracera et Hibbertix sont souvent dans le même cas. I y a des boutons du Delima sarmentosa où l’on n’en peut compter qu’un ou deux. Ces faits diminuent de beaucoup, comme nous l'avons déjà vu, la valeur du genre T'risema Hook. F., et ne peuvent pas plus être pris en considération que le carpelle unique qui forme son gynécée, comme celui de certains Pleurandra et de quelques vrais Hibberha. Nous avons vu d’ailleurs que les Trisema peuvent avoir plus de trois pétales, Plus que jamais ce genre nous parait devoir être abandonné.

IV. Le port des Dilléniacées, la consistance ligneuse de la plupart de leurs tiges, la nervation singulière de leurs feuilles, sont autant de faits trop connus pour que nous y revenions ici. Un seul point nous arrêtera, celui qui concerne les stipules. D'une manière générale, les Dilléniacées sont dépourvues de ces organes. Mais il n'est pas rare que leur pétiole se dilate plus ou moins à droite et à gauche, en forme d'ailes ordinairement peu prononcées; et entre ces dispositions et l'existence de stipules véritables, on peut dire qu'il y a toutes les transitions possibles. Les W’ormia présentent en effet des expansions pétiolaires telles qu’elles ne se distinguent en rien des organes qu’on appelle stipules chez les Magnolia. Ainsi dans une jeune feuille de notre W”. ferruginea (p.268), on voit, de chaque côté du pétiole et dans toute son étendue, une

272 RÉMARQUES SUR LES DILLÉNIACÉES.

membrane rarginale assez large pour enclore toutes les portions du rameau supérieures à la feuille. Plus tard on voit ces espèces d'ailes se détacher longitudinalement des bords du pétiole ; en même temps que leur insertion sur le rameau devient très-visible et est représentée par deux cicatrices latérales, obliques, supraaxillaires, et se rejoignant du côté opposé à la feuille, de manière à rappeler ce qu'on observe dans beaucoup de Figuiers. 11 nous parait diffieile de ne pas considérer comme des stipules ces expansions marginales. I y a cependant des Davwilla où elles sont moins prononcées et ne descendent pas jusqu’au rameau ; il y a, au contraire, une espèce, que nous appelons pour cette raison D. wormiæfohia (4), où la dilatation pétiolaire et la cicatrice linéaire oblique sur les branches sont tout aussi prononcées.

V. Les véritables aflinités des Dilléniacées, celles qui sont actuellement reconnues par tous les botanistes, ont été parfaitement déterminées par Adanson qui n’en connaissail cependant qu’un petit nombre de genres. Les Curatella etles Delima {qu’il nommait Korosvel) élaient placés dans sa Famille des Cistes (2), lespremiers, tout à côté des Nigelles et des Garidelles, au voisinage de la Famille des Renoncules. Le Dillenia (auquel il conserve son nom indien de Sialita) est au contraire rangé, dans le même ouvrage (364), parmi les Anones, tout auprès des Magnolia. Remarquons que tous les classificateurs de notre siècle sont arrivés à consacrer ces rapports qu'Adanson saisit du premier coup ; les Dilléniacées se

(1) D. wormiæfolia. Arbor ramis ramulisque et costis petiolisque foliorum hispido-setosis, pilis ferrugineis declinatis. Folia Wormieæ late elliptica (15-20 cent.

longa, 10 cent. lala) integra sinuatave coriacea crassa, supra glabra, subtus opaca hispidula ferruginea ; costa nervisque primariis ad 20 subtus valde prominulis. Petiolus (5-7 cent. longus) margine, more Wormiæ, alato-dilatatus; stipulis (?) oblique in ramum inserlis supra-axillaribus demum e cicatricibus linearibus notis. Flores terminales racemoso-paniculati pro genere magni (eis D. fleæœuosæ A. S. H., ex icone, æqualibus), sepalis 3 exterioribus brevibus suborbicularibus circa fructum reflexis lignosis, 2 autem interioribus multo majoribus (ad. 2 cent. latis), orbicularibus erecto-conniventibus valde concavis marginatis, extus pilis rigidis aureis dense hirtello-setosis. In Gujana gallica legerunt olim Martin et nuperrime cl. Mélinon (herb. Mus. par.).

(2) Familles des plantes, 11, 442, 450.

relient pour lui à la fois à nos Renonculacées, à nos Magnoliacées et aux Cistinées. A.-L. de Jussieu, qui connaissait un nombre plus considérable de genres, les dispersa davantage. II laissa auprès des Magnoliers (1) le Dillenia, que B. de Jussieu (2) avait rangé parmi les Anones, ainsi que le Curatella ; mais il relégua (339) les Tetracera, Tigaren et Delima parmi les KRosacées, et laissa (433) les Soramia et les Doliocarpus dans les Genera incertæ sedis. C'est Salisbury (3) qui proposa de séparer des Magnoliacées de Jussieu les Dilleneæ à titre d'ordre distinct, d’après ce que nous apprend R. Brown (4). De Candolle, énumérant (5) les Dilléniacées à la suite des Renonculacées, les partagea en deux tribus, les Delimeæ et les Dilleneæ. La position qu'il accorde à celte famille à été maintenue par tous les botanistes qui l'ont suivi.

M. J.-D. Hooker a fait remarquer, dans son article sur le Trisema (6), que les Dilléniacées se distinguent principalement des Renonculacées par leur port arborescent et frutescent, par leurs sépales coriaces et qui persistent invariablement sous leur fruit, par la présence presque constante d’un arille et l'absence chez elles de cette tendance à la multiplication des pièces de la corolle et du gynécée, qu'on remarque dans les Renonculacées. Cette manière de voir était à peu près celle de Lindley (7), qui considère les Dilléniacées comme se séparant des Renonculacées par leur calice persistant, leur androcée et leur port. Elle à été reproduite à peu près dans le Genera plantarum de MM. Bentham et Hooker, en ces termes: « Dilleniaceæ Ranunculaceis proximæ differunt (paucis exceptis) habitu, calyce persislente, seminibus arillatis. » Il est à remarquer que le caractère tiré de la présence d’un arille, s’est ici substitué à celui que présente l’androcée et

(4) Genera plantarum, 282.

(2) Ordines naturales, in A. L. Juss., Gen., præfat., Ixviii. (3) Paradis, Lond., 75.

(4) Gen. rem. on the bot. of Terra austr. (vp., ed. Bennett, I, 12). (5) Syst.cveg., 1, 395; Prodr., I, 67, 70.

(6) In Hooker’s Journal, 1X (1857), 48.

(7) Vegetable Kingdom (1846), 423.

vi. (30 juillet 1866.) 18

dont il n’est plus question. C’est cependant le plus considérable, comme nous le verrons tout à l'heure.

M. J.-G. Agardh (1) à considéré la famille des Dilléniacées, telle qu'elle est aujourd’hui acceptée, comme une réunion de membres hétérogènes. Pour lui les Dilléniées des auteurs forment un groupe bien distinct, trés-voisin des Magnoliacées. Mais bien loin d'elles, on doit placer l’ensemble des Dilléniacées australiennes telles que les Candollea, Hibbertia, Adrastea, etc., dont le port rappelle beaucoup celui des Cistinées et qui n’en différent que par leur gynécée apocarpé. C’est de ce groupe des Hibbertiaceæ que M. Agardh dit: « Sunt forsan Tremandreis et Pittosporeis collalerales, Cistineis affinitate proximæ, carpeilis apocarpicis dishinclæ. »

Les affinités nombreuses des Renonculacées et des Dilléniacées sont de toute évidence. Nous avons dit ailleurs qu'à l’état adulte on ne peut les distinguer les unes des autres que par des à peu près, et qu’on n’a pas encore observé de Dilléniacée dont l’ovule, quand il est solitaire, n'ait pas la direction ascendante. Dans ce cas, le micropyle serait intérieur dans les Dilléniacées, et l’on sait qu'il est extérieur daus les Renonculacées. Mais l'étude orsanogénique nous fournit, dans l’évolution centrifuge de l’androcée, un caractère sur lequel nous avons déjà insisté el qui a été observé jusqu'ici dans toutes les Dilléniacées dont on a pu observer le développement. Qui pourrait dire aujourd’hui qu'il en sera de même dans les genres non étudiés, ou si l’on ne trouvera pas des Renonculacées à évolution androcéenne centrifuge ?

Mais outre ces affinités étroites avec des plantes qui appartiennent à la même Classe des Polycarpicæ d'Endlicher, il nous semble entrevoir que la famille des Dilléniacées, telle qu’elle est aujourd'hui constituée, n’est pas encore complète, Les relations évidentes qu’elle affecte avec les Cistinées, l’organisation florale de certaines Bixacées, telles que les Mayna, Carpotroche, etc., nous

(1) Theor. system. plantar., 200.

laissent penser qu’elle pourrait bien avoir des représentants dispersés dans quelques groupes à ovaire uniloeulaire et à placentation pariélale, et que là on trouvera peut-être un jour des types qui seraient aux AHaibbertia où aux Telracera, ce que sont les Monodora aux Anonacées; les Berberidopsis et les Erythrospermum aux Ménispermées et aux Berbéridées; ce que sont aux Renonculacées, les Papavéracées (1).

Nous avons vu De Candolle et ses successeurs partager les Dilléniacées en deux tribus. M. Planchon (2) reconnaît dans cette fanille quatre catégories distinctes ; mais ce nombre est évidemment trop considérable, Nous en jugerons en citant les paroles mêmes de cet auteur, « Toutes les Dilléniacées américaines, dit-1l, appartiennent au groupe des Délimées, qui se retrouve également dans les régions tropicales d’Asie et d'Afrique. Elles nous paraissent avoir une affinité évidente avec les Bixinées, qui s’en distinguent aisément par leur placentation pariétale et leurs stipules, Les Hibbertiacées australiennes se rattachent (ainsi que l'indique Agardbh, Theor., 200) aux Cistinées. Les Dilléniacées proprement dites, à fruit bacciforme, pluriloeulaire, polysperme, se rattachent à quelques égards au Saurauja et par ce dernier aux Clethra. Les genres Wormia, Acrotrema, Schumacheria, sont plus ou moins anormaux et ne rentrent exactement dans aucune des trois divisions indiquées. Nous sommes loin de méconnaitre d’ailleurs les rapports des Dilléniacées avec les Magnoliacées et les Wintérées. » À côté d'opinions trés-exactes qui reproduisent presque toutes celles des botanistes anglais, nous trouvons ici des exagérations évidentes et des généralisations absolues qui résultent d’un examen trop superficiel des différents genres. Ainsi l’on sait trèsbien que toutes les Bixacées ne sont pas pourvues de stipules, et l’on comprend que ce caractère n'ait pas une grande valeur. Il

(1) Ilest assez singulier que certains Hibbertia, comme l'A, volubilis, aient l'odeur fétide des Pavots. Qu'on suppose leurs carpelles ouverts et unis bords à bords, on a la fleur d’une Papavéracée.

(2) Voyage de Linden, 3, 4.

n’est pas très-exact de dire que les W’ormia ne se rattachent à aueun autre groupe de Dilléniacées, car les différences sont à peine sensibles, comme nous l’avons fait voir plus haut, entre un Dillenia etun Wormia, etil ne serait pas étonnant qu’un jour ce dernier genre fut supprimé. Par leurs fleurs et par leurs fruits, les Acrotrema sont tout à fait semblables aux T'etracera et aux genres Voisins, sans qu’on puisse attacher une valeur excessive à la taille et à la consistance de leurs tiges. De même, lorsqu'on a analysé les fleurs des Schumacheria, on ne voit pas trop ce qui peut les éloigner de certains Æibbertia pleurandrés, et entre autres des Hemistemma. La dernière catégorie de genres anormaux dont parle M. Planchon, devait donc disparaitre. MM. Bentham et Hooker (1) ont fait rentrer ces genres dans les trois tribus qu'ils admettent parmi les Dilléniacées.

Ces savants out en effet partagé toutes les Dilléniacées connues en {rois tribus qui répondent, à peu d’exceplions près, à autant de crconscriplions géographiques. Leur tribu IT (Dillenieæ) est formée de plantes qui eroissent dans l'hémisphère austral de lancien monde. Leur tribu HF (Æibbertiæ) est, à très-peu d’exceptions près, bornée à des types australiens. Leur tribu 1 (Delimeæ), en dehors des Tetracera (en ÿ comprenantles Delima), ne renferme que des genres américains. Cette division est essentiellement commode dans la pratique. Elle répond, jusqu’à un certain point, à la conformation des étamines. Les Delimeæ sont, dit-on, caractérisées par des filets staminaux plus ou moins dilatés au sommet et des anthères courtes à loges divergentes où rarement parallèles ; les Dillenieæ auraient des filets non dilatés au sommet et des anthères linéaires où rarement oblongues, à loges parallèles ; les Æibbertieæ enfin seraient caractérisées en ces termes : «cStaminum filamenta apice haud ». parum dilatata. Antheræ sæpius oblongæ loculis parallelis contiguis rarius minimis divergentibus. » Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit plus haut de la variabilité

1) Genera plantarum, 10.

dans un même genre des caractères tirés des pièces de l’androcée. Rappelons seulement que nous avons vu, dans un même genre, très-homogène quant à la masse de ses caractères, le genre Acrotrema, des filets renflés et des filets non dilatés au sommet ; des anthères courtes presque didymes et des anihères étroites et étirées ; des loges à déhiscence porricide apicale et d’autres qui s’ouvraicnt par des fentes suivant toute leur longueur.

Nous avons eru devoir préférer à des caractères tirés de la forme des organes, caractères dont l'importance parait minime en général, ceux qu'on pourrait emprunter aux rapports de position des parties et à leur indépendance où à leur union muluelle. En examinant les fleurs de toutes les Dilléniacées connues, nous avons vu que leurs carpelles sont indépendants les uns des autres, où qu'au contraire ils sont réunis de la manière que nous avons indiquée précédemment, de façon à constituer, en apparence du moins, un ovaire pluriloculaire à placentation axile, C’est le fait des Dillenra, des Wormia et des Actinidia, genres des régions chaudes de l’ancien monde, qui seuls constituent notre seclion des Dilléniées.

Avec ces genres on ne peut confondre, quant au gynécée, tous les autres dont les carpelles sont complétement où presqne complétement libres, avec des placentas pariétaux dans l'angle interne ou vers la base de l'ovaire. Ces derniers constituent un second groupe dont nous faisons deux tribus ou séries. Une première série, uniquement formée de plantes australiennes, contient des genres qui ont l’androcée nettement composé à l’état adulte d’un nombre défini d’étamines ou de faisceaux d’étamines manifestement adelphes; nombre qui est en rapport avec celuides pièces du périanthe. Cette série comprend les Adrastea, les Pachynema et les Candollea ; ce dernier genre devra lui imposer son nom.

Dans une seconde série de Dilléniacées polycarpicées, se trouvent toutes celles qui ont des étamines en nombre indéfini, dont la relation, quant au nombre et à la position, avec les pièces du périanthe, échappe complétement, lors de l’état adulte, à l'obser-

vateur qui, ouvrant une fleur, constate qu’elle est pourvue d’étamines nombreuses, et ne peut alors constater autre chose.

Un pareil mode de groupement nous à paru répondre à toutes les exigences de la détermination pratique. Qu'il constitue une classification absolument naturelle, cela ne saurait être admissible, surtout pour l’organogéniste qui sait qu’à une certaine époque, un Hibbertia, qui n’avait encore que peu d'étamines dans chacun des faisceaux alternipétales de son androcée, était semblable à un Candollea qui aurait atteint l’âge adulte. Mais, dans un groupement quelconque de plantes appartenant à une famille suffisamment naturelle, il y a de ces points où les groupes secondaires se touchent et se confondent inévitablement en quelques points. Dans la classification de MM. Benthamet Hooker, dont nous reconnaissons hautement tout le mérite, et dont aucune n’approche jusqu'ici pour la perfection, nous voyons des passages nombreux établis d’une tribu à une autre. Les Schumacheria et les Hemistemma ont souvent exactement la même fleur à androcée pleurandré ; les premiers sont des Dilléniées et les derniers des Hibbertiées. Les Acrotrema, qui sont des Dilléniées, ont parfois, avons-nous dit, la fleur et le fruit des T'etracera qui sont des Délimées. D'autre part, les Delima, qui sont des T'etracera, viennent se confondre par la fleur avec les T'risema, qui sont inséparables des Æibbertia ; et dans l’un comme dans l’autre de ces genres, on trouve : un calice pentamère, une corolle à pétales souvent moins nombreux que cinq ; des étamines en nombre indéfini, et un gynécée unicarpellé, avec des ovules en nombre un pen plus considérable que ceux de la plupart des Tetracera et des Delima proprement dits.

Passons maintenant en revue les différents genres que nous admettons dans cette famille, et montrons de quelle manière ils se relient les uns aux autres.

À. — SÉRIE DES CANDOLLEA,

Étamines ou faisceaux d’étamines en nombre déterminé, répon-

dant à celui des pièces du périanthe. Carpelles indépendants. Plantes australiennes.

I. Caxnozzea Labill, — Fleurs pentamères. Faisceaux staminaux alternipétales, formés chacun de 4-6 étamines où même d’un bien plus grand nombre. Dans quelques cas on observe en outre des éfamines isolées et oppositipétales. 5 carpelles oppositipétales, ou 3, carpelles ordinairement glabres. Ovules le plus souvent solitaires ou géminés, ascendants avec le micropyle en dedans et en bas, le hile présentant un commencement d’arille vrai.

Feuilles alternes, sans stipules, articulées à la base. Fleurs ordinairement terminales et souvent solitaires au soumet d’un court rameau.

IL. AnrasræÆa DC. — Candollea à A0 étamines disposées sur deux verticilles, celui des étamines superposées aux sépales étant le plus intérieur, et les étamines extérieures n'étant pas superposées d’une manière absolument exacte aux pétales. Deux carpelles de Candollea.

IT, Pacaynema À, Br. — Adrastæa à 6-8 étamines fertiles, plus deux staminodes, alternes avec les deux carpelles. Plantes à cladodes ; feuilles réduites à de petites écailles.

B. — SÉRIE DES HIBBERTIA.

Etamines en nombre indéfini, libres ou presque entièrement libres, non disposées à l’état adulte en faisceaux distincts correspondant au nombre des pièces du périanthe.

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