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termédiaires, sous ce rappoi’t, aux tissus cartilagineux et fibreux, comme ils le sont sous beaucoup d’autres; ils s’ossifient moins souvent que les premiers, mais plus fréquemment que les seconds.
§ III. Altérations dans le développement^.
Il se fait des fibro-carlilages accidentels, i°. dans le mode de guérison de certaines fractures mal maintenues ; 2°. dans les fausses articulations, a la suite desquelles le périoste souvent pi'end cette forme; 5°. dans les ankylosés fausses, c|ui sont quelquefois produites par des brides de la même nature ; 4“- enfin , dans des kystes , dans des tumeurs composées de futérus , de la glande th3a'oïde , etc. , et dans lesquelles on trouve souvent des parties fibreuses, d’autres fibro-cartilagineuses, etc.
AU
Structure intime des Muscles^
(7 E 254* Je compare les recherches ana»
» tomiques sur la structure intime des organes aux I) reclierches physiologiques sur les causes pre- )) mières des fonctions. Dans les unes et les autres )) nous sommes sans guides , sans données précises )) et exactes ; pourquoi donc nous y livrer ? »
Malgré le peu d’utilité apparente C[ue semblent j en effet avoir ces recherches , comme beaucoup de savaas s’y livrent encore aujourd’hui , je pense! qu’on ne sera pas fâché de trouver ici une courte) analyse des travaux et des opinions dont la fibre musculaire a été l’objet.
Les uns la regardent comme divisible presqu’àj l’infini ; Muys disoit qu’il faîlolt diviser et subdi-, viser chaque finsceau huit fois de suite avant d’arriver à la dernière fibre musculaire : les autres ^ à l’exemple de Prochaska , pensent que ce terme est beaucoup moins éloigné. On n’est pas non plus
fraccorcl sur le volume que doit avoir cette libre. Il est Inférieur , suivant la plupart , à celui des globules du sang. Sprengel , qui l’a mesurée au micromètre de Banks , lui attribue , au contraire , un diamètre beaucoup plus grand, qu’il porte à un quarantième de ligne dans les mammifères , à un vingtième chez les oiseaux et les poissons.
La fibre musculaire paroît inégale et comme ridée à sa surface , ce qui a été différemment expll= qué. On a dit que ces inégalités étolent un simple effet de la contraction musculaire ; qu’ elles dépen-f dolent de la contractilité de tissu des parties celluleuses et vasculaires qui entourent la fibre ; que c’étoit une suite de nœuds et d’étranglemens , dont étolt composée celle-ci. Cette dernière opinion est la mieux fondée dans les insectes , qui présentent manifestement dans leurs fibres cette sorte d’apparence noueuse ; mais cela n’est pas , à beaucoup près , aussi évident chez l’homme. Meckel , qui a très-bien vu sur les premiers cette disposition au microscope , n’a pu la reconnoître dans le second. La fibre musculaire lui a paru, chez l’homme, à-peu-près unie et de la même grosseur dans tous ses points : seulement on y dlstlnguoit constamment des globules ou points plus opaques , placés 1 de distance en distance , et séparés par un milieu plus transparent ; ce qui est bien différent des nodosités. Home a également observé des globules I dans la fibre musculaire. En prenant cette fibre privée de son tissu cellulaire par l’ébullition , comme on doil toujours le faire cjuand on veut l’étudier isolément, et en la faisant macérer , il l’a vue se
réduire en corpuscules arrondis, parfaitement semblables aux globules du sang.
Divers observateurs ont examiné au microscope la coupe transversale d’un muscle. La surface de cette coupe représente assez exactement celle d’un terrain basaltique : les fibres sont serrées les unescontre les autres , aplaties , et prismatiques plutôt que cylindriques. On en prendra une très-bonne idée dans une figure qu’en a donnée Prochaska.
La fibre musculaire est-elle pleine ou creuse ? C’est une q'uestion cjui a beaucoup occupé les anatomistes , bien qu’il ne soit guère possible d’y répondre par l’inspection. Aussi n’a-t-on presque formé à cet égard c[ue des suppositions. Cependant Lecat , Yerheyen , Vieussens , se sont tous trois rencontrés sur ce point , et ont cru pouvoir conclure de leurs observations c^ue chaque fibre d’un muscle étoit l’assemblage de vaisseaux d’un ordre ! particulier , continus aux artères et aux x^eines af l’endroit où ces deux ordres de vaisseaux se con- ;^ fondent , mais placés hors de la circulation de ces j derniers. Ces vaisseaux , qu’on pourroit appelerj de dérivation , sont admis par Mascagni : ce sont^ les mêmes que Bleuland assure avoir trouvés dans le système capillaii’e en général, et dans d’autres' parties encore que dans les muscles. D’un autre côté, Haller rejette cette opinion. Tous ceux c|uiii comme lui , distinguent des parties injectables eîl non injectables, et c’est le plus grand nombre des| anatomistes, pensent que la fibre musculaire est^ pleine et hors de toute circulation des fluides. '
Influence des Nerfs sur T Irritabdité musculaire.
Page 295. (( La permanence de cette dernière J) propriété (la contractilité organique sensible), » après l’expérience c[ue j’indique ( la section des )) nerfs), prouve bien que les nei’fs lui sont absc- }) lument étrangers , qu’elle réside essentiellement )) dans le tissu musculaire , cju’elle lui est inhérente, )i comme le disoit Haller. Aussi , tandis que , dans » les paralysies diverses , les muscles perdent la )) faculté d’obéir à l’influence cérébrale , ils con— » servent celle de se contracter sous les stimulans » d’une manière sensible, n
Quand tous les nerfs d’un muscle sont coupés , ce muscle ne conserve qu’un certain temps la faculté d’obéir à l’action des stimulans : bientôt la conti’actilité s’épuise et ne reparoît plus. Au contraire , lorsque la communication est libre avec les centres nerveux, f irritabilité diminue bien de même t à mesure qu’on la met en exercice , et finit , comme I dans le cas précédent , par dlsparoitre entièrement;
I mais si on laisse reposer l’animal , elle se reproduit I de nouveau. Il sembleroit , d’après cela, que cette ) propriété n’est point inhérente au muscle , mais quelle est entièrement soumise à l’influence ner- ( veuse. La permanence, d’ailleurs peu durable , de i l’irritabilité après la section des nerfs pourroit fort bien dépendre de l’influence de ces nerfs au-dessous de la section ; influence qui doit peu persister, n’étant pas renom^elée , par le défaut de commun!-
.cation avec les centres nerveux. D’après cette idée, qui est celle de Platner , de Legallois , etc. , les muscles ne feroieiit que mettre en action un principe qui leur seroit apporté par les nerfs ; ceux-ci auroient un double rôle dans la contractilité du tissu musculaire : i°. ils entretlendroient ce tissu dans un état d’excitabilité habituelle pour la contractilité organique sensible; 2°. ils transmettroient l’excitation dans certaines circonstances , comme dans la xoionté, pour la contractilité animale. Les muscles serolent au système nerveux ce que sont les sens à ce système , des parties dont l’action est iuîiinement liée à la sienne , et devient nulle sans lui. Et en effet cette action , dans les premiers comme dans les seconds , s’épuise, se perd, et se répare à-peu-près de la même manière. Le sommeil, le repos , lesaliinens, rétablissent l’énergie musculaii’e affolblie par un long exercice , comme
causer^iems venons de voir que cela ne paroît pas s’appliquer seulement à la contractilité animale , mais encore à la contractilité organic[ue sensible , ou irritabilité proprement dite.
Au reste , il s’en faut de beaucoup que tous les physiologistes soient d’accord là-dessus. Un grand nombre ont suivi l’opinion de Haller, et n’attribuent aux nerfs d’autre usage, dans la contractilité, que de conduire l’excitant quand il vient du ceiveau. Us se fondent sur ce que, i”. Tourdes a reconnu des mouveinens dans la fibrine pure ; 2°. les végétaux et les zoophytes se contractent, quoiqu’ils' soient manifestement dépourvus de nerfs ; 3“. la
ÂU SYSTÈME MUSCULAIRE DE LA YIE ANIMALE. IQiJ
contractilité est mise en jeu dans les muscles par des excitans c[ui leur sont directement appl!C|ués. Mais, 1°. en admettant l’expérience de Tourdo%». que personne n’a A’érifiée depuis, scs résultats sont bien différens de ceux de la contractilité musculaire ; 2°. les végétaux et les animaux sans nerfs sont aussi sans muscles , ainsi leur contraction n’a rien de commun avec celle de ces derniers ; 5°. le dernier argument se trouve en partie combattu par toutes les raisons alléguées plus haut en faveur de l’opinion opposée. Cependant la question est fort dilficile à résoudre d’une manière absolue. On trouve dans Meckel une sorte d’opinion mixte , c|ul est peut-être la plus exacte. Selon cet auteur, l’inlluence nerveuse est bien une des conditions nécessaires à la contraction , mais elle n’agit pas autrement que le sang qu’apportent les artères, étant comme celui-ci indispensabJe à la vie du muscle, qui n’en possède pas moins son irritabilité en propre.
Vitesse des Contractions musculaires.
Page 5o8. « Quand c’est la volonté qui règle )) la vitesse des contractions musculaires, cette vi- )) tesse a des degrés infiniment variables; mais tou- » jours il en est un au-delà duquel on ne peut » aller. »
Cette vitesse est, en général, très-gramle ; elle devient surtout sensible dans l’action de jouer de divers instruraens : on a trouvé qu’il y avoit, en général , une contraction par tierce , en comptant
ÀDD ITIOKS
combien chaque note de musique exige de mou- A’emens différens. M. Wollaston a obtenu le même «ésvdtat d’une autre manière. Ses recherches sont consignées dans une leçon Croonienne qui fait partie des Transactions philosophiques pour l’année 1810. Voici comment il s’y est pris pour mesurer la vitesse des contractions.
D’après ses recherches, la contraction musculaire, pour peu qu’elle ait de durée, est intermittente , pour ainsi dire , et se compose d’une foule de petites contractions et de relâchemens alternatifs : l’espèce de bourdonnement qu’on entend dans l’oreille lorsqu’on en bouche l’ouverture avec l’extiémité du doigt , en est la preuve. Ce bruit particulisr dépend, suivant M. Wollaston, de l’effort musculaire qu’exige l’attitude que l’on prend ; et en effet j’ai éprouvé qu’il est nul quand on remplace le doigt par un corps inerte. Or , ce bourdonnement comprend une suite d’oscillations très-rapprochées qui répondent à autant de contractions des muscles ; il ne s’agissoit donc plus que de trouver un terme de comparaison pour ces oscillations : c’est ce qu’a fait M. Wollaston, Il est parvenu à pouvoir comparer ce bruit à celui que produit le roulement d’une voiture, qui est également Intermittent, et dont il étolt facile d’apprécier la fréquence. Il a reconnu par ce moyen la vitesse indiquée plus haut.
iU SYSTÈME MUSCULA-ÎRE DE LA. YIE ANIMALE. igg
Volume des Muscles en contr action.
Page 5 12. «Leur volume ( celui des muscles M qui se contractent) reste à-peu-près le même. i) Ce qu’ils perdent dn côté de la longueur, ils le
gagnent à-peu-près en épaisseur. La proportion a est-elle bien exacte?... Cette question isolée, à » laquelle , depuis Glisson , on a attaché de l’im- » portance, n’en mérite aucune. »
Il y a d’ailleurs plusieurs causes d’erreur dans les expériences que l’on a faites à ce sujet. Swammerdam , par exemple , dit qu’en mettant le cœur d’une grenouille dans l’eau, on voit le liquide baisser dans le moment de la contraction et monter dans le relâchement; -mais le cœur contenant un fluide qui peut en augmenter ou en diminuer le volume, sans que pour cela son tissu ait épi'omœ aucun changement, il est évident qu’on ne peut rien conclure de cette expérience. De même, dans celle de Glisson, qui faisoit plonger le bras à un homme dans une cuve , et observoit ensuite la différence de niveau suivant l’état de contraction ou de relâchement des muscles, les résultats ne sauraient inspirer une grande confiance , parce que , d’une part, il est assez difficile dans ce cas d’établir le niveau exactement, et que, d’une autre part, la contraction des muscles étant toujours accompagnée du relâchement des muscles opposés , il est impossible de bien distinguer ces deux effets l’un de l’autre.
Un fait, qui semble offrir quelcp.ie chose de plus
positif, est du à Erman. Ce physiologiste, ayant | placé un tronçon d’anguille dans un tube de verre > étroit et contenant de l’eau, vit , à chaque contraction que déterraliîolt un courant galvanique, l’eau baisser sensiblement, et ce liquide remonter pendant le relâchement. <-*■ "
Au reste, cette question , qui a beaucoup occupé j les auteurs, a été résolue par eux de toutes les manières. On a soutenu que le muscle diminuoit, on t a prétendu c[u’ll augmentoit, et enfin on a assuré | qu’il ne pouvoit augmenter ni diminuer : il seroit difficile d’imaginer une quatrième opinion.
État de la circulation dans les Muscles en contraction. j
Page 3 12. ((Le sang contenu dans les vais- I )) seaux des muscles, dans les veines surtout, en J) est exprimé en partie : l’opération de la saignée » le prouve; on augmente le jet du sang parles » mouvemens du bras. »
Ce fait est expliqué autrement par plusieurs physiologistes, qui admettent que la circulation devient plus rapide dans un muscle qui se contracte, et attribuent à cette circonstance l’angmentatlon du jet du sang par les mouvemens, dans la saignée. Mais il s’en fau; de beaucoup que l’activité plus grande de la circulation pendant la contraction musculaire soit rigoureusement démontrée. Voyons en effet sur quoi cette assertion est fondée.
1°. Il est évident que le fait de la saignée ne peut plus servir à établir cette opinion , puisqu’on vient
Au SYSTÈME MUSCUlilRE UE LA VIE AjSLMALE. 20 î
de voir qu’il est facile de s’en rendre compte sens être obligé d’y avoir recours : en effet, les muscles, augmentant d’épaisseur dans leur contraction , doivent nécessairement comprimer les veines profondes, par la^^résistance des aponévroses d’enveloppe, qui font alors l’office d’une ligature par rapport à ces veines ; il n’est pas étonnant d’après cela que le sang passe en plus grande quantité dans les veines sous-cutanées.
2°. On a cité l’anhélation qui suit toujours les grands mouvemens : c’est , dit-on , parce que le sang circule plus vite à travers les muscles , et que par suite le poumon le reçoit en plus grande abondance , que la respiration est accélérée dans ce cas : aussi les muscles qui servent à cette fonction sontils alors dans une activité extrême, et finissent-ils même quelquefois par se fatiguer ‘«llement que îa respiration ne peut plus être entretenue par eux, comme on le volt chez les animaux forcés à îa course et qui finissent par succomber. Mais il faut tenir compte ici d’une circonstance principale, omise dans l’explication qu’on a donnée de ce phénomène: c’est que les parois de la poitrine, contractées et immobiles, doivent servir de point fixe à faction de tous les museles du corps , dans tous les mouvemens vlolens et étendus. Or , cette circonstance rend raison à elle seule de toutes les autres : la circulation est plus rapide, parce que , les vaisseaux étant comprimés dans îa poitrine, moins de sang doit pouvoir les traverser à la fois; îa respiration est haletante , parce que la contraction permanente de ses muscles gêne l’inspiration, et qu’il faut
quelle supplée par sa fréquence à son peu d’étendue ; enfin les muscles inspirateurs se fatiguent par l’énergie dont ils ont besoin pour résister à tous les autres muscles du corps. Le passage plus rapide du sang dans les muscles n’est donc pas , dans ce cas , une suite immédiate de leur contraction , mais dépend au contraire d’une cause jusqu’à un certain point étrangère à celle-ci.
D’après ces diverses considérations, il est évident que rien ne prouve C[ue la circulation soit plus active dans un muscle au moment où il se contracte , comme on le pense pourtant presque généralement. Les différentes hypothèses au moyen desquelles on a prétendu expliquer faction musculaire ont sans doute donné lieu à cette idée, que fobservation ne ]>euî avoir fait naître , et dont on a cru trouver ensuite des preuves une fois que l’imagination l’avolt créée. C’est ainsi c[ue Prochasha ne pouvoit guère se refuser à l’admettre, lorsqu’il supposolt, fort in- I génieusement à la x^érité, que le l’accourcissement j des muscles dans leur contraction dépcndoit uniquement de ce c[ue les vaisseaux placés transversalement dans l’épaisseqr de leurs fibres , subitement distendus par les tluides qui y abordolent , écartolent ces fibres et les faisolent subitement se plisser sur elles-mêmes.
J^tat des Muscles après la mort. \
Page 558. « Il paroît que ces états dix^ers (de » rigidité ou de relâchement ) dépendent de l’es-*
» pèce de mort, des phénomènes qui accompa-
AU SYSTÈME MUSCULAIRE UE LA VIE ANIMALE. 2o5 » gnent les derniers soupirs. Mais comment arri- )) vent-ils précisément ? Cest un objet de recliei^ )) elles intéressant. ))
On pourra consulter avec fruit , sur ce point, les RechercJtes phjsiologiques de Nysten et l’inie des tables synoptiques de M. Chaussier . La roideur musculaire est constante après la mort ; elle est une suite de l’irritabilité; les muscles sont dans un état de contraction réelle. Ce phénomène paroît également lié à la coagulation du sang; car toutes les causes qui retardent ou avancent cette dernière ont la môme action sur lui : un bain tiède , en conservant la chaleur dans le cadavre , et en prévenant la coagulation des lic[uides, maintient aussi la souplesse des muscles. Mais ce qui prouve que le refroidissement n’est pas la seule cause de la rigidité , c’est c|U8 celle-ci disparoît au bout d’un certain temps , et que les muscles se relâchent d’eux-mêmes avant l’époque de la putréfaction. L’espèce de mort influe sur la durée de la contraction et le temps auquel elle survient. Dans les maladies avec épuisement, telles que le scorbut , les maladies gangréneuses , la roideur se manifeste très-peu de temps après la mort , mais cesse promptement. Au contraire , dans les maladies aiguës, dans les morts subites, elle n’arrive C[u’après un ou deux jours, mais persiste beaucoup plus long - temps ; elle est aussi plus grande dans ce dernier cas. Au reste , les muscles ne sont pas le siège unique de cette rigidité , le tissu cellulaire, les parties fibreuses , y participent aussi. Les muscles de la vie organique l’éprouvent , comm e
J204 additions au système muscuu. de la vie anim. les muscles extérieurs , quolc|u’elle se fasse surtout remarquer dans ceux-ci.
Anatomie pathologique du Système mus-' culaire de la vie animale (p. 338).
Les altérations que peuvent éprouver les muscles de la vie animale seront décrites avec celles des muscles de la vie organique.
ADDITIONS AU SYSTÈME MUSCUL. DE LA VIE ORGAN. 2o5
AU
Injluence du Système nerveux sur les muscles de la vie organique.
P AGE 365. « L’influence ce'rébrale et ner-
D yeuse sur les muscles de la vie organique ne » nous est nullement connue — Elle est cependant « re'elle jusqu’à un certain point, puisqu’il faut » bien que les nerfs qui entrent dans la composi- M tion de ces muscles servent à quelques usages ; >j mais nous ignorons ces usages. »
Nous avons vu , dans le système musculaire de la vie animale, que l’influence des nerfs sur l’irritabilité de ce système n’est pas facile à déterminer. La même question se reproduit ici , avec plus de complication même. En effet, dans l’autre système, il y avoit au moins une action évidente de la part du cerveau et des nerfs dans la contractilité animale; dans celui-ci, non-seulement cette action devient douteuse , mais la même difficulté subsiste, plus grande peut-être; relativement au rôle que
jouent les nerfs dans la contractilité organique. On peut se demander, 1°. si le cerveau a quelque intluence sur la contractilité des muscles de la vie organique; 2°. si la moelle n’est point nécessaire à l’exercice de cette contractilité; 5”. si les nerfs sont purement passifs dans ce phénomène, en sorte que cette propriété soit, suivant l’expression de ' fîaller , inhérente à la libre de ces muscles.
læs considérations pi’ésentées par Bichat ont | montré les muscles de la vie organique Indépendans dans leur action de l’influence céi’ébrale ; mais elles ne prouvent pas que celle-ci ne puisse s’exer- , cer dans quelques circonstances. Plusieurs des faits qu’il a cités tendent, au contraire, à démontrer cette influence. Les passions en sont un exemple remarquable. Il me paroît extrêmement probable que, lorsque dans une émotion vivn, par exemple , le cœur précipite ses mouvemens , cela n’a lieu que parce que le cerveau réagit sur cet organe î et lui transmet l’impression qu’il a reçue. Placer le i siège primitif des passions dans les organes de la 1 vie intérieure, c’est oublier, ce me semble, que le cerveau est l’organe unique des perceptions, et que | les passions sont toujours la suite de ces dernières, fl Au reste, ce n’est pas ici le lieu de traiter cette . question; il sulïisoit défaire pressentir que l’action du cœur pourroit bien dans ce cas être entière- i ment soumise à celle du cerveau. Les cas, rares à la 1 vérité, dans lesquels la volonté peut suspendre l’action du premier de ces organes , semblent se rat- ' tacher à la même cause. Bayle, qui jouissait de cette singulière faculté, la mettoit en exercice sur-
AU SYSTÈME MUSCÜLAIKE DE LA VIE ORGANIQUE. , J20y
le-cliamp et avec la même facilité que l’cn fait mouvoir un muscle de la vie animale : or, si cela dépendoit uniquement de la suspension de la respiration, il faudroit un certain temps pour que le phénomène eût lieu. Au r-este, le cœur n’est pas le seul organe qui obéisse ainsi, dans certains cas , à l’influence du cerveau. Une foule de faits montrent l’estomac, l’intestin, la vessie, la matrice même, également sensibles à cette influence : on ignore, il est vrai , si c^est par les nerfs quelle se timismet -, mais comme ces agens sont les seuls moyens de communication du cerveau avec ces différens organes , tout porte à croire que tel est leur usage. Cependant il faut convenir que nous manquons d’expériences directes propres à mettre ceci hors de doute. Au contraire , celles qui ont été faites jusqu’à ce jour nous apprennent qu’on peut enlever le cerveau sans diminuer en rien l’action des muscles de la vie organique, si l’on a soin en même temps d’entretenir la l’cspiration. Que conclure de ces faits opposés , et de ceux exposés par Bichat ? que sans doute l’influence cérébrale n’est pas absolument nécessaire à la contraetion de ces muscles , mais quelle peut la modifier dans certaines circonstances. Nous allons voir qu’il en est à-peuprès de même pour la moelle épinière.
D’une part, Legallois , par de nombreuses expériences dont il a déjà été question à l’article du système nerveux de la vie organique, a prétendu prouver que le cœur reçoit , par le grand sympathique, de tous les points de la moelle, le principe de son mouvement ^ lequel s’anéantit quand.
celle-ci est détruite dans sa totalité; d’une autre part , diilérens faits , qui ont été cités à ce même article , des expériences de Clift , de Wilson , démontrent que souvent, malgré l’absence de la moelle, le coeur n’en continue pas moins son action; que certaines lésions de la moelle ont plus d’influence que d’autres sur cet organe; que, suivant l’âge et l’espèce d’animal, on observe de grandes diffél’ences dans les résultats , etc. D’où l’on volt que la contractilité organique, quoicjue Indépendante, jusqu’à un certain point , de la moelle épinière, est dans quelques cas Influencée par elle.
Enlin , la permanence de cette contractilité, malgré la destruction du cerveau ou de la moelle , est-elle une preuve que la fibre musculaire en est douée par elle-même , et indépendamment de toute influence nerveuse , commè le pensolt Haller? Non sans doute, puisque les nerfs subsistent et peuvent encore agir isolément dans ce cas. Rien ne s’oppose à ce qu’on admette ici la même hypothèse c[ue dans le système musculaire de la vie animale, savoir, que les muscles puisent dans le système nerveux l,e principe de leur action; mais je ne connois aucun fait qui prouve cela d’une manière incontestable.
Permanence de la contractilité organique.
Page 382. (( Cette permanence est plus durable » que celle de la contractilité animale. Déjà, en )> irritant la moelle, les muscles extérieurs restent I) immobiles , que les internes sont encore en acti->
» vité. I)
AU SYSTÈME MUSCÜLAIRÈ DE LA VIE ORGAîilQUE. 20g
Cette comparaison n’a pour objet que les deux espèces de contractilité , considérées dans les deux systèmes correspondans. Mais celui de la vie animale ne jouit pas seulement de la contractilité de ce nom; il possède encore , d’après la distinction, établie par Bicbat, la contractilité organique. Or, celle-ci est différente, sous le rapport de sa durée après la mort , dans les divers muscles de l’un et de l’autre système.
Haller , qui a reconnu ce fait, a dit que c’étoit le cœur qui restoit le plus long-temps sensible à l’ac-^ tion des excitans; qu’ après lui c’étoit l’intestin qui perdoit le moins promptement la faculté de se contracter ; que l’estomac venoit ensuite , puis le dia-> phragme; qu’enfin les muscles extérieurs étoient ceux dans lesquels cette faculté s’éteignoit le plus tôt. 11 ajoute que , dans quelques cas, l’intestin lui a paru conserver son irritabilité plus long-temps que le cœur. De nouvelles l’echerches , dues particulièrement à Nysten , prouvent qu’en effet cet ordre n’est pas rigoureux. Le genre de mort, la nature de l’excitant employé, etc., font varier dans les différens muscles là pCrmaneiice de l’irritabilité : c’est ainsi que le cœur obéit plus long-temps à l’irritation qui résulte de la piqûre avec la pointé d’un instrument , tandis que les muscles volontaires sont plus long-temps Sensibles à l’excitation galvanique.
Une nombreuse série d’expériences ont pecmis à Nysten (i) d’établir l’ordre suivant, qui est bien
(i) Recherches de Phjsiologie et de Chimie pathologiques ^
difîérent de celui de Haller : i°. le ventricule gauche du coeur, qui donne le moins long-temps des marques d’irritabilité , et se trouve ainsi au plus bas de l’échelle; 2°. le gros intestin; 5°. l’intestin gi'êle; 4'’* l’estomac; 5°. la vessie; 6°. le ventiâciile droit; 7“. l’oesophage; 8°. l’iris, dont ce physiologiste a aussi examiné les mouvemens; 9°. les muscles du tronc; 10°. ceux des membres inférieurs; 1 1°. ceux des membres supérieurs ; 12“. enfin , les oi’eillettes , dont la contractilité se maintient après que cette propriété a cessé dans toutes les autres parties ; elle s’éteint en dernier lieu dans l’oreillette gauche, fait très-anciennement connu, et qu’on trouve déjà annoncé par Galien.
De la Force de la ddatation des muscles.
Page 401. «Il paroît très-probable que la di- D latation des muscles organiques est un phénomène » aussi vital que leur contraction a
Sans nier absolument que les muscles intérieurs ou involontaires puissent se dilater , les volontaires s’allonger, par une action vitale propre, analogue à la contraction de ces mêmes muscles, j’observe que la plupart des faits c[ui tendent à prouver cette action peuvent être expliqués d’une autre manière, et dépendent souvent de causes qui lui sont totale-
po«r faire suile à celtes* ’^é Bichat sur la Vie et la Mort, page 821 .
AU SYSTÈME MUSCULAIRE DE LA YIE ORGANIQUE. 21 î
ment étrangères , et que n’ont pas vues ceux qui admettent cette action. C’est ainsi que Barthez cite comme des phénomènes de ce genre , dus à une sorte de répulsion active opposée à l’attraction qui domine dans le raccourcissement des fibres musculaires , l’allongement de la trompe de l’éléphant , celui des reptiles, des vers, etc., dans l’action de ramper, celui même de la langue. Il est évident que, dans tous ces cas, l’allongement n’est qu’un effet secondaire du raccourcissement de certains muscles qui, par leur disposition, ne peuvent pas en produire d’autres , plutôt qu’une dilatation réelle. La sangsue , par exemple , a des fibres longltudi- ^ nales dont l’effet est de la raccourcir , mais en même 1 temps des fibres circulaires qui ne peuvent se con- I y tracter sans qu’elle ne soit allongée, l’espace que bornent ces fibres devant évidemment augmenter dans un sens pendant qu’il diminue dans l’autre.» Il en est de même des vers, etc. La trompe de l’éléphant contient également deux plans de fibres : les unes, longitudinales, la raccourcissent; les 1 autres , rayonnées , servent à l’allonger , et ce n’est j point à la dilatation des premières qu’il faut attri- I buer ce dernier effet.
C’est donc faute d’avoir connue la véritable dis- , position des fibres musculaires dans certaines ré- ; gions, et d’avoir su apprécier les effets differens de la 1 contraction de ces fibres suivant la direction qu’elles 1 affectent , qu’on a été porté à les revêtir d’une ( force d’expansion qui ne leur semble nullement inhérente. Ce qui a lieu dans l’intestin confirme } cette idée ; il est hors de doute que l’extension et
le resserrement alternatifs qui agitent ce viscère dépendent de la contraction alternative de ses fibres longitudinales et circulaires : cependant ce fait est un de ceux qu’on donne en preuves delà dilatation active des muscles.
F. Meckel a pi’ésenté quelques considérations nouvelles à l’appui de cette dernière , tirées des états divers où se trouvent les muscles après la mort , des mouvemens qu’on observe dans l’iris , des dimensions variables de la pupille sur le cadavre, etc.; mais, si on en excepte l’iris, dont les moiivemens sont, je crois, assez peu connus, et dont la nature musculeuse est d’ailleurs loin d’être démontrée , la seule contraction des muscles rend parfaitement l’aison de presque tous les phénomènes dont ils sont le siège. Un seul, déjà cité par Bichat , semble d’abord favoi-able à l’allonge- .ment actif des fibres, en ce qu’il paroît jusqu’à présent inexplicable: c’est la force avec laquelle le coeur se soulève et tend à se dilater, même quand le sang n’aborde plus dans son intérieur. Mais ce fait , pour être obscur , en est-il plus concluant, et ne peut-il pas tenir, comme les autres , à quelque cause particulière qui nous est inconnue ? Qui nous dit que la diastole et la systole ne seront pas un jour des phénomènes aussi simples que ceux de la contraction d’un muscle volontaire?
lu SYSTÈME MUSCULAIRE DE LA VIE ORGANIQUE. 2î5
Anatomie pathologique du Système mus-culaire (pag. 4^4 )•
On peut réunir dans une seule description les altérations communes aux deux grandes divisions de ce système. Il en est peu de particulières ; elles seront indiquées à mesure.
§ P*'. Altérations dans lesjorînes extérieures.
L’excès de nutrition est commun dans les muscles ; mais ce n’est guère que dans le cœur et la vessie qu’il constitue , à proprement parler , une maladie : il est caractérisé par un accroissement remarquahle de volume, et souvent de densité, L’ai trophie arrive fréquemment dans les muscles extérieurs , par le défaut d’exercice , par la distension , ou par toute autre cause. Il s’y joint souvent une I décoloration des fibres charnues, cjü’on a prise pour I un état graisseux , comme Bichat l’a déjà fait observer. La prétendue dégénération graisseuse des muscles ne me paroît pas exister, du moins je n’en connois point d’exemple qu’on ne puisse rapporter à l’état précédent, dans lequel, les fibres charnues disparolssant en partie , la graisse inter-musculaire prédomine et se confond par sa couleur avec le I muscle lui -même devenu jaunâtre. Mais on re- : trouve , par l’analyse , la fibrine dans ces muscles ;
en en mettant sur du papier gris, on retrouve 1 les fibres distinctes après que l’huile animale a été
2i4 additions
absoi’Lée, etc. Dans le coeur, l’atrophie donne Heu | à la dilatation de cet organe, à son anévrysme passif.
Les muscles perdent leur consistance dans beau- j coup de circonstances : le coeur est très-sujet à cette altération, c[ui a été décrite par M. Laennec dans son excellent Traité de V Auscultation.médiate , où ! l’on trouvera un grand nombre de faits intéressans | sur les maladies de ce viscère. Le ramollissement des muscles peut amener leur rupture; celle du coeur a souvent été observée en pareil cas , surtout chez les vieillards : elle a été l’objet d’un travail particulier de M. Rostan.
Les fibres musculaires sont quelquefois allongées par l’effet de diverses maladies : il en résulte un affolblissement plus ou moins marqué dans leur action. Cet allongement forcé des muscles coïncide | souvent avec le raccourcissement des antagonistes, qui en est alors la cause ; il suffit , dans ce cas , de ■ contrebalancer ces derniers pour rendre aux pre- j miers leur faculté contx’actile : c’est ainsi qu’on parvient quelquefois à remédier à la flexion permanente des doigts , en les redressant jusqu’au point | où les extenseurs peuvent se contracter de nou- | veau ; la même chose s’applique à la guérison des pieds-bots, quand il est possible de ramener l’axe | du membre à sa direction primitive.
Le raccourcissement n’a pas les mêmes inconvéniens; il peut être porté très-loin sans que la con- | tractilité s’en ressente, comme le prouve une pièce recueillie par Hunter, et dans laquelle l’humérus avolt éprouvé une perte de substance considérable, fl semble au contraire que cette force en soit aug- j
AU SYSTÈME MUSCELAIRE DE LA. VIE ORGANIQUE. 2 l5 îiientée : du moins est-elle alors dans un exercice continuel. Cette sorte de rétraction est très-fréquente , et se lie le plus souvent à une foiblesse des antagonistes. Les contractures du scorbut, certaines inflexions vicieuses du tronc , les pieds-bots , que nous venons de citer, le strabisme, la rétraction des muscles de lajambe par une douleur habituelle dans cette partie, en sont des exemples. Le petit doigt est souvent ainsi rétracté.
On a beaucoup parlé de déplacemens des muscles, de luxations, de hernies de ces organes. On peut voir à ce sujet tout ce qu’a écrit Fouteau.
§IL Âhérations dans t organisation.
L’inflammation du tissu musculaire est encore douteuse. On a bien te’ouvé des foyers purulens dans diverses régions de ce système ; mais ils pouvoient avoir leur siège dans le tissu cellulaire interposé entre ses fibres.
Un muscle coupé en travers se rétracte fortement, comme on l’a vu ailleurs. Mais souvent la partie inférieure est paralysée par cette section, parce que le nerf est resté contenu dans la supérieure , au niveau de laquelle il pénètre ordinairement dans le muscle ; cette dernière conserve au contraire son irritabilité : la rétraction si marquée dans les amputations dépend en grande partie de cette cause. Ce seroit l’inverse, et l’inférieure seule se contracteroit si la section avoit lieu plus haut. Dans tous les cas , à ces phénomènes succèdent ceux de la réunion. Un tissu fibreux nouveau rem-
Ar/DITIONS
plit l’écartement des deux bouts, qu’il unit solidement l’im à l’auü'e : s’il a peu de longueur, il ne nuit nullement à la contraction , sans que pour cela le muscle ait gagné , comme on l’a dit > si la substance intermédiaire est longue et extensible, les mouvemens sont plus ou moins gênés.
On n’observe presque point de transformations dans les muscles. J’y ai pourtant rencontré des tumeurs fibreuses et osseuses, qui avoient un aspect pelotonné, analogue à celui des tumeurs de ce genre que l’on trouve dans la matrice. Nous avons vu plus haut ce qu’il faut penser de la transformation graisseuse.
Les dégénérations sont de même fort rares dans ce système. Des hydatides peuvent s’y produire 3 elles sont communes dans les porcs.
§ III. Altérations dans le développement.
On a vu les muscles de la vie animale manquer totalement chez le fœtus ; il n’y avolt, au-dessous de la peau , qu’une masse comme graisseuse, formée de tissu cellulaire infiltré plus ou moins consistant : d’autres fois une partie de ces- muscles n’existe pas. Le cœur, dans des cas très-rares à la vérité , a également olfert cette anomalie , très-fréquente dans certains muscles pris isolément. Rien n’est plus variable , au reste , que la disposition du système musculaire , considéré relativement à ses formes extérieures. Souvent on trouve des muscles surnuTméraii’es , ou bien ceux c|ui doivent exister s’éloignent, par leur conformation, de l’ordre naturefi
AU SYSTÈME musculaire DE LA VIE ORGANIQUE. :2 I 7
Les attaches , la direction , le volume , la structure, présentent une infinité de variétés qui toutes sont du ressort de l’anatomie descriptive. Les muscles de la vie organique ne sont pas exempts de ces irrégularités ; le coeur à lui seul en ofû’e un assez grand nombre.
Quelques auteurs ont parlé de transformations musculaires ; mais les exemples cju’ils ont cités sont trop vagues pour pouvoir être caractérisés. Il semble y avoir un développement accidentel du tissu musculaire dans la matrice , pendant la grossesse , et dans les ligamens ronds , à la même épocpie.
ADDITIOiSS
AU
Villosités des membranes muqueuses.
d Age 4^g. «La tenuité de ces prolongemens en J) dérobe la structure , même à nos instrumens mi- )) croscopicjues , espèce d’agens dont la physiologie )) et l’anatomie ne me paroissent pas d’ailleurs avoir J) jamais retiré un grand secours, parce que, quand i) on regarde dans l’obscurité , chacun voit à sa ma- » nière et suivant qu’il est affecté. »
Un assez grand nombre d’observateurs, tant anciens que modernes, s’accordent sur plusieurs points relativement a la disposition de ces villosités ; ils diffèrent , à la vérité , sur d’autres , mais il est aisé de voir que souvent le fond de leurs observations est le même , et que toute la différence consiste dans la manière dont ils s’en sont rendu compte. Les villosités intestinales ont été l’objet spécial de leurs l’echerches. Voici ce qu’il y a de moins obscur sur la nature de ces prolongemens.
Vues au microscope , les villosités des membranes muqueuses ressemblent au chevelu des racines de certains arbres. Cependant , leur forme paroît plutôt aplatie qu’arrondie , et le nom de Jolioles qu’on leur a donné dans ces derniers temps leur convient peut-être mieux, sous ce rapport, cjue celui de n///ox/^e5.Lieberkühn leur avoit déjà reconnu cette disposition dans l’homme , mais il admettoit que celles des animaux étaient cylindric^ues , et par conséquent filamenteuses ou villeuses. Elles se terminent en pointe , ce qui , joint à leur forme aplatie , les a fait comparer , pour l’aspect , aux feuilles desgram?>^ée5. Rudolphi dit cjuece sont des lames , de petites écailles qui gaimlssent tout le dedans de l’intestin : cela n’est pas fort éloigné de ce c[ue nous venons de dire.
La structure de ces prolongemens est le point le plus contesté. On sait ce que c’ était que l’ampoule de Lieberkühn : cet anatomiste ayant vu que les villosités intestinales se renfloient par l’injection , et c[ue de l’air insufflé s’y répandoit et leur donnoit une apparence comme spongieuse , crut pouvoir en conclure quelles étaient en grande partie formées par une espèce d’ampoule celluleuse , dans laquelle se terminoient les vaisseaux , particulièrement les lymphatiques. Hewson a fait des observations analogues à celles de Lieberkühn , mais il n’en a pas tiré la même conséquence : suivant lui , l’injection fait bien renfler les villosités , et produit en elles un phénomène semblable à celui de l’érection ; mais cela tient à ce qu’elles sont entièrement composées d’un lacis de vaisseaux , d’une sorte de
rëseau tel que celui qui forme les tissus ërëctlîes. Cette opinion est elle-même rejetëe par Rudolphi, MM. Cuvier, Alb. Meckel , et plusieurs autres anatomistes modernes , qui ne veulent pas que ces prolongemens contiennent de vaisseaux, du moins appareils. Une matière visqueuse , une sorte de gelëe , de substance amorphe, inorganique , constitue, selon ces auteurs, les villositës, qui ne leur ont olFert , au microscope, que cette substance, plus des globules opaques situës au-dessous d’elle. Cette matière seroit susceptible de s’imbiber et de devenir alors comme spongieuse ; cette imbibition pourroil se faire par le dedans , c’est-à-dire, du côtë des vaisseaux , comme par le dehors , ou à la surface de la muqueuse. Les vaisseaux lymphatiques iiaitroient de cette substance, que Alb. Meckel compare à celle qui constitue les vëgëtaux très-jeunes à l’ëpoque de leur développement. Cette description , si elle est exacte , cadreroit assez bien avec les faits précédemment observés , et perraettroit d’expliquer comment Lieberkühn voyoit une ampoule , comment Hewson trouvoit des vaisseaux , etc. Il est encore , suivant Alb. Meckel , une circonstance qui peut rendre raison des formes diverses que l’on a attribuées aux villosités ; c’est cjue les folioles qu’ elles représentent sont diversement repliées , contournées sur elles - mêmes , et prennent ainsi un aspect variable qui dépend de leur situation au moment où on les observe. C’est ainsi que Hedwig les dit cylindric|ues , digitiformes , terminées par un sommet obtus; que d’autres les ont comparées à de petites massues , etc.
AU système muqueux.
Plusieurs anatomistes assurent qu’il existe des ouvertures au sommet des villosités, et que ce sont les orifices des vaisseaux lymphatiques. Ils ne sont pas , à la vérité , d’accord sur le nombre de ces orifices. Bleuland, Hedwig n’en admettent qu’un seul ; Cruiksliank , Soemmerlng en ont vu depuis six jusqu’à dix. Hcvcson pv’étend que ces ouvertures ne deviennent distinctes que cjuand les villosités sont rendues plus saillantes , comme il àrrive par l’injection ; il suppose qu’il en est de même pendant la vie , et explique ainsi l’absorption par l’érection dont il croit ces prolongemens susceptibles. Ceux qui admettent l’opinion exposée en dernier lieu rejettent toute espèce d’ouvertures comparables à des orifices absorbans : la matière molle dont il a été question plus haut en tient lieu dans cette hypothèse.
On pense assez généralement que les villosités reçoivent des nerfs j mais c’est plutôt par leur analogie présumée avec les papilles et à cause de la sensibilité dont elles sont le siège, que par les résultats de l’inspection. M. Ribes y a injecté des veines par la veine porte ; nous avons vu qu’on pouvoit injecter ces prolongemens par les artères j leurs vaisseaux lymphatiques sont de même évidens : il suffit, pour les voir, de plonger la membrane dans l’alcool ; les fluides qu’ils renferment sont coagulés et les rendent plus apparens.
Glandes muqueuses.
Page 443. « Je ne puis dire si des nerfs les pe-
)) nètrent ; l’analogie l’indique, car toutes les glan- |
» des principales en reçoivent, n
Ces espèces de petits sacs sont distingués aujourd’hui des glandes, et déciâts sous le nom àe follicules, quî convient mieux à leur nature. Ils paraissent en effet formés par une sorte de renversement de la membrane dans laquelle ils siègent, et qui, repliée sur elle-même, à leur niveau, au-dessous de sa surface libre , constitue de cette manière un véritable cul-de-sac, terminé par un orifice ouvert sur cette surface. Cette disposition est très-marquée, pour les follicules sébacés, à la peau, avec laquelle les muqueuses ont une si grande analogie. Ces dernières la présentent aussi manifestement à leur origine ; là , comme dans tous les points où leur épiderme est distinct, on peut enlever celui-ci en entier avec les prolongemens qu’il forme dans les I follicules. Cela est rendu encore plus évident par I les maladies, comme nous le dirons à l’article du j système dermoïde.
Ainsi les follicules muqueux doivent avoir une structure analogue à celle des mucjueuses dont ils font partie, C[uoiqu’il soit difficile de bien apercevoir cette structure : ils n’ont point de conduit excréteur : seulement, lorsqu’ils sont situés au-dessous du corlon, dans le tissu cellulaire subjacent, ji leurcol, plus ou moins allongé, leur forme une es-
pèce de goulot. L’orifice par lecjuel ils se terminent est constamment plus rétréci que leur fond, et garni de villosités ou folioles semblables à celles des parties voisines. E. Home a donné de très-bonnes figures sur ces différens objets.
La plupart de ces petits corps sont isolés et irrégulièrement disséminés , en plus ou moins grand nombre, dans toute l’étendue du système muqueux. Je dis toute l’étendue, car on a vu que même là où ils sont peu apparens, l’analogie porte à les admettre, puisque la sécrétion s’y opère toujours. Joignez à cela que , leur volume étant excessivement variable dans les parties qui en sont manifestement pourvues, il est tout naturel de penser c[ue si on ne les voit pas dans les autres, c’est parce que ce volume y offre simplement une variété de plus, suffisante pour les dérober à la vue. Au reste , ce que le raisonnement indique, l’inspection l’a déjà en partie prouvé; le microscope a fait voir des follicules dans plusieurs membranes où on n’en distingue pas à l’œil nu, notamment dans la pituifaire; il se produit à la peau des tannes, tumeurs formées par le développement des follicules, dans des enjdroits où on n’en reconnoissoit pas avant, etc. Mais, j dans quelques parties , les follicules , loin d’être ainsi [isolés et souvent difficiles à apercevoir, sont agglomé- ' rés et constituent par leur assemblage des amas di- 1 versement configurés , et dont la disposition varie :
I c’est ce cjui a fait distinguer des follicules simples , ce sont les premiers, et des follicules composés, ce isont ceux-ci , parmi lesquels on range la caroncule lacrymale; les follicules de Méibomius, les glandes
ADDITIOÏJS
aryténoïdes J l’amygdale, les glandes molaires, Ï31tccales, Xesglnndiilœ agminalæ de l’intestin, la prostate, etCi Tantôt chacun des follicules simj)les qui comj)Osent ces derniers a son orifice propre ouvert sur la muqueuse, comme on le voit à la caroncule. Tantôt, comme aux glandes de Méibomius, ils s’ouvrent les uns dans les autres, en soi'te que le dernier verse le produit de la sécrétion de tous. Quelquefois leurs ouvertures se rencontrent au fond d’une sorte de repli que fait la membrane muqueuse, comme l’amygdale en fournit un exemple : les lacunes muqueuses appartiennent encore à ce dernier genre ; on peut les considérer, de même que les replis muqueux de l’amygdale, de même que le trou borgne de la langue, comme de grands follicules qui en reçoivent de plus petits : c’est ce qu’on voit ti’ès-bien à l’urètre, par exemple. Enfin, les glandes molaires, la prostate, ont un véritable conduit excréteur ramifié, de même que les glandes ; aussi ces organes participent-ils de la nature glanduleuse, et la leur semble-t-elle, pour ainsi dire, tenir le milieu entre celle-ci et celle des follicules proprement dits.
La membrane muqueuse de l’estomac, celle de rœsophage, de l’intestin grêle, présentent, outre ces follicules, de petites cavités superficielles, des enfoncemens peu profonds que Hewson , qui les a observées le premier, compare aux alvéoles deSi abeilles, en désignant cette disposition sous le nom de structure alvéolaire. Ces alvéoles ont été plus récemment décrits par E. Home ; on ne les volt qu au^ microscope : cependant, en quelques endroits , lls^ apparolssent même à l’oeil nu. Ils ne semblent j
AU SYSTÈME MUQÜËtJXi 22T
tlifférer des follicules qu’en ce que leur ourerture est plus large que leur fond, le repli de la muqueuse étant peu étendu pour les former; ce sont, pour ainsi dire, des rudimens de follicules. Leur nombre est peu considerablé au bas de f œsophage, oii on commence à les apefcevoir, entre les plis de ce canal ; il augmenté dans l’estomac j et surtout dans le duodénum ; dans cét intestin et dans l’estomac, les enfoncement "SYrt^-peu-près la même largeur que leurs intervalles; ils dilfèrent en cela des alvéoles des abeilles, cpii sont en effet plus nombreux, et dont les intervalles sont beaucoup plus petits. Leur contour est lisse et arrondi dans l’œsophage et dans la poi’tion voisine de l’estomac; il devient inégal à mesure qu’on avance vers l’intestin, et se garnit de folioles de plus en plus marquées.
M. Home a examiné au microscope les surfaces digestives de difféi’ens animaux. Il résulte de ses observations , que , dans les animaux (pii se iiourrisseut de su])stances végétales, les follicules de ces surfaces ont une structure plus compliquée , sont pourvus de villosités nombreuses à leur orifice , et séci’ètent un suc plus actif ; que les animaux , au contraire, dont la nourriture est prise dans le l’ègne animal, n’ont pour follicules que des enfoncemens alvéolaires; qu’on peut distinguer, sous ce rapport, trois espèces de follicules, qui présentent trois degi-és diiférens de complication; i°. ceux qui, tels (pie dans l’autruche, versent un fluide d’une activité très-grande; 2°. ceux de l’homme et des autres omnivores; 5“. ceux dont on trouve le type dans
riiirondelle de Java , laquelle fournit une matière qui ne jouit presque d’aucune faculté dissolvante, et a, en revanche, des propriétés nutritives trèsmarquées.
La sécrétion qui s’opère dans les glandes muqueuses constitue, réunie à celle des glandes sébacées, un des trois genres principaux de sécrétion établis par M. Chaussier, dans ses tables synoptiques , la sécrétion folliculaire. Elle dilfère , en effet , par plusieurs cai’actères de la sécrétion perspiratoire ou exhalation proprement dite , ainsi que de la glanduleuse, dont elle se rapproche par d’autres : 1°. comme dans la première, le fluide sécrété paroît apporté directement p’Sf« '1pi^h;rémités des artères; 2“. ce fluide, après avoir séjourné un certain temps dans la cavité du folliculi^ et y avoir sans doute été élaboré de nouveau, est rejeté, de même cjue dans la plupart des glandes , par l’action propre de l’organe qui l’a fourni.
Développement du Système muqueux.
Page 4^9* Le développement du système » muqueux suit, en général, les lois de celui des » organes auxc[uels il appartient : précoce dans >) l’appareil gastrique , plus tardif dans le puîmo- » nalreet dans celui de la génération , il semble, )) dans sa croissance , plutôt obéir à l’impulsion ÿ qu’il reçoit qu’en donner une à ce qui l’ena toure..... n
La disposition du système muqueux est bien dif-
AÜ SYSTÈME MUQtJÈÜX; '22^
féreiîte dans les premiers temps de la conception,, de ce qu’elle sera par la suite. Ce système paroît se continuer, à cette époque, de même que le cutané, avec les membranes de l’œuf : tel semble être du moins le résultat des observations de Woiff, de Oken > Meckel et autres.
Woiff a suivi le développement de l’intestin dans le poulet. îl a vu que ce canal est d’abord trèscourt, droit, ouvert par devant, etcontinu, dans ce sens, à la membrane viteîîaire , sans qu’une limite bien précise indique l’endroit où finit l’une et où. commence l’autre; que plus tard un rétrécissement désigne cet endroit, qui s’allonge de plus en plus , à me§urë'<^^''rintestin croît aux dépens du viteîlus, de sorte qu’à la naissance ces deux parties ne tiennent plus que par un pédicule étroit, lequel disparoît complètement quand le jaune a été l’ésorbé en entier. Or, la vésicule ombilicale paroît remplir chez l’homme, dans les premières périodes de la vie intra-utérine , les mêmes usages que le jaune ou la membrane viteîîaire chez les oiseaux : plusieurs faits directs tendent même à prouver qu’elle se comporte alors comme cette dernièi’e à l’égard de l’intestin , quoiqu’il soit très-difficile de s’en assurer , parce que ces premières périodes se passent très-rapidement dans les mammifères , et que ^ le fœtus acquiert bientôt un autre mode d’existence, tout différent de celui des oiseaux. Cependant, 1°. la vésicule ombilicale est d’autant plug grande relativement au fœüis , et d’autant plus rapprochée de l’ombilic , que l’embryon est plus jeune ; 2°. l’intestin est pendant long-temps en
ADDITIOiN’S
partie contenu dans la base du coi’don ombilical y et plus tard envoie cpielquefois un prolongement qui se porte à rombiiic^ d’autres fois on distingue un petit conduit se détachant de la vésicule ombilicale , et se dirigeant du côté de l’ombilic , à une certaine distance, le long du cordon ; 3°. divers anatomistes ont vu cette vésicule communiquer avec l’intestin dans des foetus de mammifères ; Meckel dit avoir rencontré , chez l’homme , une semblable com.mu n i cat ion .
D’après toutes ces considérations , on peut admettre , avec Oken , Meckel , etc. , cpie ce c[ui est manifeste pour les oiseaux, les reptiles, les pois-' sons , a lieu également chez l’homme , et que la muqueuse alimentaire , en se confondant avec la vésicule ombilicale , fait , dans le principe , partie intégrante de l’œuf. On peut en dire autant de la membrane génito-urinaire , la vessie ayant des connexions intimes avec l’allantoïde : la peau, de son côté , fait suite à l’amnios. Il résulte de là , i“. que ces organes sont des plus précoces dans leur développement , si même ils ne se forment avant toutes les autres parties , 2°. que l’embryon n’est nuilementdistinct de l’œuf dans les premiers temps ; 3°. que ses deux tégumens, savoir, l’externe formé par la peau , et l’interne que représente la mu- (|ueuse, au lieu d’imiter, comme dans l’adulte, un •. double sac continu et replié sur lui-même à ses extrémités , ne sont pour ainsi dire que deux demi- ' canaux dont la circonférence manque en devant.
il reste à déterminer le lieu de l’intestin qui ' correspond primitivement à la vésicule ombilicale ,
et fjul sert de point de départ au développement du reste du canal. Suivant Oken , c’est le cæcum ; et de ce point la vésicule envoie deux prolonge- ‘ mens qui forment l’intestin stomacal et l’intestin anal. Meckel veut que ce soit l’iléum , parce qu’il en est ainsi cliez les oiseaux, parce que cet intestin présente souvent des appendices c|u’il regai’de comme des restes de la vésicule , et que : d’ailleurs le coecum n’existe pas dans tous les mammifères. Il est évident que ce ne sont là que des conjectures.
Au reste , s’il est vrai que le système muqueux I commence par avoir la disposition que nous avons indiquée, une grande obscurité règne encore sur son mode de développement ultérieur , sur la ma- ! nière dont ce demi-canal , d’une longueur très- ; bornée, ouvert dans toute son étendue, se complète > en devant d’une part, et se change de l’autre en un long tube , ne tenant plus à la vésicule cpie par un canal étroit et presque imperceptible. Aussi j a-t-on cherché à expliquer autrement la formation j de ce système. Quelques-uns ont dit que les cavités I qu’il tapisse se creusoient de dehors en dedans , et j que c’étoitla peau, en s’enfonçant petit à petit dans I la substance de l’embryon , qui donnoit naissance i aux membranes muqueuses : c’est pour cela, ajou- ! tent-ils, que l’intestin est sujet à offrir des inter- I ruptions dans sa continuité , quand ses deux por- : lions , parties , l’une de la bouche , l’autre de l’anns, ne se sont pas parfaitement réunies. Rien ne prouve cette assertion , qui est contraire à beaucoup de faits, Lucae a émis une autre hypothèse , fondée
ü5ü ADDITiOïïa
sur ce que souvent la cavité de l’intestin est interrompue en plusieurs endroits ; cela prouve, suivant hii , que ce canal est d’abord composé, comme les vaisseaux, de parties isolées, qui vont ensuite les unes au-devant des autres , et linissent par se con- ! fondre. Les diverticules ou appendices de l’intestin j seformeroient quand ces parties, au lieu de se join- i drepar le bout, s’accoleroient pai- un de leurs côtés. Tiedemann, Meckel admettent cette opinion jusqu’à ' un certain point, en la modifiant par celle cpii fait procéder l’intestin de la vésicule ombilicale. Au to- j taî, on voit que ce point exige de nouvelles fecher- ' elles : seulement le fait des occlusions du tube intestinal ne me paroi t nullement démontrer ce que ces auteurs ont avancé ; ces occlusions ne surviennent qu’après l’entier développement de l’intestin.
Il n’y a point de villosités ni de replis muqueux dans les premiers temps de la conception. Meckel ■ assure que les villosités commencent par des plis longitudinaux , qui se partagent ensuite en petites saillies isolées , pour les former.
Anatomie pathologique du Système muqueux (pag. 49^)*
§ P*’. Aliérations dans les formes extérieures. •
Les conduits mucpieux sont dilatés, rétrécis, dans une foule de cii’constances : la plupart ont été indiquées à l’article des Propriétés de tissu de ce système. Presque toujours ces cbangemens de dimension, dans les maladies, dépendent d’un
stade au cours des matières qui trayersent ces conduits dans l’état de santé : c’est ce qui est roanifeste pour les excréteurs : les moins extensibles , tels que l’urètre, peuvent former, dans ce cas, des poches ou dilatations plus bu moins grandes, aA^ant de se rompre : le fond des lacunes muqueuses pai'oît être quelquefois le siège spécial de ces dilatations. Tantôt l’obstacle est étranger à la muqueuse, et celle-ci ne se resserre au-dessous cpie parce que moins de fluides la tiennent écartée : tantôt le rétrécissement occupe primitivement cette membrane, soit qu’il dépende de plaies, d’ulcères, d’inliammaîion , ou de toute autre cause. Dans l’un et l’autre cas, comme dans celui où les fluides prennent une autre direction , parce qu’une ouverture accidentelle leur livre passage, la portion située au-dessous ne s’oblitère point , comme on l’a vu.
Cependant les membranes muqueuses sont susceptibles de contracter des adhérences ,* mais il faut pour cela que la sécrétion du mucus y ait été suspendue par l’inflammation , ou que leur épiderme soit détruit , pour celles cjui en ont. C’est dans des circonstances analogues qu’on a aui la langue adhérer aux parois correspondantes de la bouche , le vagin disparoître par l’adhésion mutuelle de ses parois , les trompes utérines , celle d’^Eustachi , le canal nasal, les conduits lacrymaux, s’oblitérer, etc. Du reste, ces adhérences sont beaucoup moins communes ici que dans le système séreux.
Les membranes muqueuses sont le siège d’épaississemens, de A^égétations , d’excroissances, qu’on peut regarder comme des accrolssemens de leur
‘substance. Les polypes sont une altération de ce genre : on en distingue, comme on sait, de plu-? | sieurs espèces ; beaucoup appartiennent autant au tissu cellulaire sous-muqueux cpi’à la membrane muqueuse elle- même, qu’ils ne font cpte soulever ; il en est cpii naissent du périoste situé en certains ! endroits au-dessous de la muqueuse, et qui sont 1 de véritables corps fibreux ; quelques - uns sont formés par un tissu qui diffère plus ou moins du 1 naturel, et rentrent, sous ce rapport, dans les altérations de texture : tels sont ceux qu’on nomme i cancéreux. '
Diiférens organes que revêtent des muqueuses à l’intérieur sont exposés à des vices de situation et de, configuration auxquels participent ces dernières ; mais elles en ont aussi qui leur sont propres , comme les divers déplacemens qu’éprouvent celles du rectum, du vagin, de la vessie, etc., | dans les prolapsus , renversemens , hernies mu- ■ queuses , etc., de ces oiganes, en fournissent des | exemples. La tunique interne ou villeuse qui double . : ces v iscères à l’intérieur abandonne alors les autres Æi tuniques, et se prolonge seule dans une certaine 1 étendue, soit par une ouverture naturelle, soit à î travers une ouverture accidentelle résultant d’un | écartement des fdjres de la tunique nerveuse. Les | anus contre nature sont prescjue toujours compbr » qués de ces sortes de déplacemens , auxquels le sys- « tème muqueux, est singulièrement disposé par le r, peu d’adhérence de son tissu soujacent ou mem- ' èrans nen>euse des anciens avec la membrane mus- Guîeiise des organes qu’il concourt à former. .
§ IL Altérations clans C organisation.
L’inflammation produit dans le système muÿfueiix , outre les altérations de couleur et le développement vasculaire C[ui lin sont pu’opres , des suppurations, des fausses membranes, des ulcérations, des gangrènes , etc. De tous ces phénomènes , aucun n’est plus remarquable que la formation des fausses membranes, analogue à celle qui a lieu dans les séreuses. La conjonctive dans des ophthaljnies causées par la vapeur de l’acide hydro-ciilorique, le rectum dans des injections irritantes faites chez les animaux, la membrane muqueuse de la bouche et du pharynx, celle des voies aériennes dans le croup, ont offert cette altération ^ dans lacjuelle une couche molle , couenneuse , blanchâtre, peu adhérente, revêt plus ou moins uniformément la membrane muqueuse enflammée. Cette couche n’a presque jamais le temps de s’organiser! elle est rejetée auparavant , ou l’inflammation est promptement mortelle : Albers l’a trouvée vasculaire dans des croups qui aflectoient une maixhe chronique.
Dans quelques cas , l’inflammation occupe plus particulièrement les follicules muqueux , qui se gonflent et deviennent alors très-apparens : cette variété a été décrite par Rœderer et Wagler. Une autre forme que présente cette affection, quoique moins manifestement qu’à la peau, est celle à' exanthème : on l’observe surtout dans les parties de ce système voisines de la surface du corps.
Les soiiitlons de continuité des membranes mu— cjueuses se cicatrisent comme celles de la peau : c’est ce qu’on voit dans certains ulcères de la bouche et du pharynx , après l’excision des végétations qui surviennent aux parties génitales, etc. Le nouveau tissu foiraé est plus blanc et plus résistant que le premier; il représente quelcjuefois des brides qui peuvent devenir gênantes.
Dans les cas cités (t. iv, p. 426) , le système muqueux finit par éprouver la transformation cutanée, comme cela arrive toutes les fois qu’il est en contact avec l’air extérieur; sa surface se dessèche alors, les fluides muqueux cessent de la lubrifier , les villosités disparoissent , une apparence d’épiderme les remplace, la membrane devient, en quelque sorte, plus coriace. Diverses parties de ce système peuvent aussi se changer en cartilage : nous en avons cité des exemples dans le système cartilagineux ( V ojez, ci-dessus, pag. iqS).
Le cancer est ici très-fréquent; il se présente sous plusieurs formes : 1°. il cdàTfitue des excroissances semblables , pour l’aspect , aux polypes , mais bien dilFérentes quant à leur nature ; le rectum, les fosses nasales, l’utérus, offrent de ces' tumeurs. 2“. D’autres tumeurs sont sub^acentes à la muqueuse , qui finit par participer à la maladie, et par s’ulcérer à leur surface : les cancers de l’estomac, de l’œsophage, de l’intestin, de la vessie, affectent le plus souvent cette forme. 3". Enfin , des' ulcères cancéreux ont leur siège primitif dans ié système muqueux, commencent à sa superficie, et ne gagnent qu’à la longue les parties profondes i
Aü SYSTÈME MUQUEUX. ^55
peu d’engorgement les accompagne : cette variété est commune aux lèvres , au gland , et surtout au I col de r utérus.
§ III. Altérations dans le développement.
Tout système organique peut être considéré de deux manières , comme on a dû le voir dans les j systèmes précédemment étudiés , par rapport aux altérations qu’il peut offrir dans son développement : i“. ce développement est c[ue]c|uefois irrégulier dans les endroits oîi il doit se faire naturellement J de là les vices de conformation , les variétés anatomiques, les anomalies de tout genre. 2”. D’autres fois il se fait accidentellement là où il ne devimit pas avoir lieu , il envahit d’autres systèmes ,* de là les transformations et productions organiques. Les altérations du premier genre sont produites par des causes encore peu connues , par des obstacles qui ont arrêté le développement na- I turel à une de ses périodes , et ont ainsi conservé I des formes qui dévoient n’être que passagères , par des maladies C[u’a éprouvées le fœtus dans le sein de sa mère, peut-être, dans certains cas, par une mauvaise conformation première du germe , etc. Celles du second genre arrivent presque toujours i dans les maladies; quelquefois elles sont dues aux I progrès de l’âge. Mais, parmi les dlfférens systèmes,
' il en est qui ne paroissent susceptibles que d’un j seul mode d’altérations, ou du moins auxquels celui-là seul est familier, tandis que d’autres éprouvent également Fun et l’autre mode, de sorte qu’on
pourroit, sous ce rapport, les classer en cieus ordres ; i'’. d’un côté seroient le système cellulaire, qui a tant de tendance à se produire accidentellement et si peu à offrir des vices de conformation ; le séreux , le synovial , le fibreux , qui sont dans le même cas; le nerveux, le musculaire, le glanduleux, pour lesquels c’est l’inverse, ce qui nécessiteroit ici une subdivision ; 2°. de l’autre , l’osseux , l’artériel , le veineux , etc. Or , le système muqueux appartient plutôt à ce dernier ordre qu’au premier.
Ses vices de conformation sont nombreux. Tous les conduits muqueux, sans en excepter l’intestin , sont sujets à manquer dans une plus ou moins gi'ande étendue, et à offrir dans leur longueur des interriq/tions dont le siège varie : tantôt c’est à leur ouverture extérieure qu’ils se trouvent imperforés; tantôt c’est plus profondément que leur cavité est effacée, soit parce que les parois sont confondues entre elles ou fermées par une sorte de membrane, soit parce que le canal lui-même a entièrement disparu. Ces conduits manquent quelquefois dans une partie de leur circonférence, qui présente alors des ouvertures accidentelles , des fentes , des communications contre nature : c’est de cette manière qu’on voit le vagin ouvert dans le rectum , la vessie , dépourvue de paroi antérieure, ouverte à l’hypogastre, manquant lui-même de paroi, l’urètreouvert au périnée, la voûte palatine établissant une communication entre la bouche et les fosses nasales, le voile du palais fendu dans son milieu, les lèvres divisées de même dans le bec-de-bèvre , etc. Ces altérations
lie sont souvent que des restes du développemei:t naturel, qui ne s’est point aclierë; cela est évident pour le bec-de-lièvre > l’extroversion de la vessie, etc.
Il ne faut pas oubliei’, dans les anomalies de développement du système muqueux, les prolongemens digitijorines ou appendices digitales de l’intestin. Ces prolongemens sont formés par toutes les mem-» branes de celui-ci : nous avons vU plus haut comment on a cherché à expliquer le mécanisme de leur formation. On trouve quelquefois, vers le point de jonction du pharynx et de l’œsophage, de semblables appendices qui retiennent les alimens , ce qui donne lieu à une sorte de rumination : ceux-ci parolssent consécutifs et formés par une hernie de la membi’ane muqueuse à travers les fibres de la tunique nerveuse. Les calculs de la vessie sont souvent logés dans des cavités produites par le même mécanisme.
On peut considérer comme des membranes muqueuses accidentelles, i°. la membrane qui tapisse l’intérieur des abcès, 2°. celle des trajets fistuieux anciens.
La membrane des abcès, quoique appaitenant à des cavités fermées de toutes parts , a en elFet plus de points de contact avec les membranes muqueuses qu’avec les séreuses : on n’y a pas, il est vrai, décrit de follicules ; mais sa surface est molle , pulpeuse, fongueuse, comme celle des membranes muqueuses; mise dans l’eau, elle semble, de même que ces dernières, hérissée de filamens. L’analogie de sécrétion est une raison de plus en faveur
258 ADDITIONS AÜ SYSTÈME HÜQUEÙX.
de ce rapprochement : tjuol de plus analogue aiï mucus que le pus?
La ressemblance est encore plus marquée dans les sinus et fistules aboutissant à l’extérieur. Ifunter avoit déjà vu cette ressemblance, sur laquelle Bayle, M. Laennec et autres ont plus particulièrement insisté. La membrane des trajets fistuleux a un épider-^ medlstinctdans le voisinage de la peau; pîusprofondément il disparoît, et la membrane devient rouge, molle, fongueuse ; ilseroit difficile, en cet endroit , de la distinguer d’un lambeau de membrane muqueuse pris dans les sinus, par exemple; elle n’a point de follicules, mais son Iluide est presque de la même ' nature : au-dessous d’elle, le tissu cellulaire est souvent endurci et plus compacte que dans l’état naturel, comme on le voit dans les callosités; c’est un résultat de l’inliammatlon : ce tissu est sain quand rinllammation est peu manifeste. Lorsque rien ne passe plus par la fistule, celle-ci se resserre et le trajet se ferme; il dllfère en cela des conduits muqueux, qui ne s’oblitèrent point dans la même circonstance : mais son oblitération n’est pas toujours facile, surtout au voisinage de la peau, et en général ces sortes de conduits tendent très-peu vers | la cicatrisation ; aussi cherche-t-on par tous les moyens à y développer l’inllammation ou à détruire îa membrane qui les revêt.
Dans les abcès comme dans les fistules, la membrane accidentelle tire son oi iglne du tissu celiu- i lalre , et est due probablement à une exsudation | albumineuse, de la nature de celle qui constitue les fausses membranes.
ADDITIONS AU SYSTÈME SÉREUX. 25q
AU
SYSTÈME SÉREUX
Anatomie pathologique du Système séreux (page 536
Les altérations de ce système sont déjà en partie indiquées par Bichat : voici ce que nous ajouterons à ce qui en a été dit.
§ U*’. Altérations dans les formes extérieures.
Les membranes séreuses s’épaississent quelques^ fois en même temps que leur étendue augmente , comme on le volt surtout dans les hernies et dans les hydropisies : cet accroissement dans tous les sens y suppose alors une augmentation réelle de nutrition ; il faut donc joindre cette cause à toutes celles qui facilitent fextension de ces membranes, comme leur déplacement , la disparition de leurs plis leur extensibilité propre. ( Ployez dans le Système séreux l’article ExiensihiLité). Dans d’autres cas, ces membranes perdent tellement de leur épaisseur par la distension , que souvent on les retrouve à
peine. Il n’est pas rare de rencontrer cette dispos sltion dans la hernie ombilicale.
Le système séreux est sujet à divers déjdacemens, qui altèrent plus ou moins sa configuration. Ces déplacemens ne sont le plus souvent cfue secondaires , et tiennent à des changemens survenus dans les viscères que revêt ce système, ou dans les parois des cavités qui renferment ces derniers, parois sur lesquelles il se déploie également; ils sont par conséquent de la même nature que ceux que déterminent diverses fonctions dans l’ordre naturel. Or , ces déplacemens se font de trois manières : i“. la séreuse cjuitte les parois et se porte sur les viscères ; 2°. elle abandonne ceux-ci pour recouvrir les premières ; 3°. elle se prolonge au dehors des parois , forme une poche ou sac particulier, tenant au sac général qu’elle représente au dedans ; cette poche est constituée par la portion qui tapisse les parois ; mais , à la longue , la membrane se détache aussi des viscères, ou les entraîne quand elle leur adhère trop fortement. Le sac dont il est ici question se produit toutes les fois qu’un viscère, poussé à travers les parois de sa cavité, pousse en même temps devant lui le feuillet séreux de ces parois : c’est le sac des hernies ou le sac herniaire , proprement dit. Mais , dans cpielques cas , ce sac : préexiste à la hernie , et les viscères ne s’y engagent que consécutivement : c’est ce qui arrive quand de la graisse s’accumule à l’extérieur du péritoine, par exemple , et finit par former une masse , que sa ' situation et son poids entraînent au dehoi’S, et quij y entraîne également la séreuse , de sorte que celle-cij
représente un sac prêt à recevoir les viscères à la première occasion ; disposition assez improprement désignée sous le nom de hernie graisseuse. Les déplacemens des membranes séreuses sont importons à connoître dans la pratique , parce qu’ils changent souvent le rapport des parties : le sac des hernies , en particulier, présente une foule de points à étudier.
§ II. Altérations dans l’organisation.
La plupai’t de celles qui sont la suite de l’inflammation dépendent des changemens qu’éprouvent les fluides naturellement exhalés dans les cavités scréuses , chcwngemens qui varient selon que l’inflammation est aiguë ou chronique. Ces fluides peuvent être simplement augmentés en quantité, et avoir conservé toutes les qualités des fluides séreux, ou bien ils sont altérés de diverses manières; depuis cette sérosité simple jusqu’au pus opaque et pourvu de globules comme celui du tissu cellulaire, xine infinité de nuances existent. Le plus souvent une matière concresclble se produit, soit que des flocons albumineux nagent dans le liquide épanché, soit qu’une couche de la même nature, une Jausse membrane , distincte de ce liquide , recouvre la séreuse enflammée , ou que cette couche , interposée entre ses deux feuillets non séparés par. un fluide intermédiaire, établisse entre eux une adhérence molle , glutineuse , semblable à celle qui se forme entre les lèvres d’une plaie réunie par première intention. Les fausses membranes commencent .par des points isolés de matière albumineuse ,
2i\'2 ADDITIONS
déposés d’abord seulement aux endroits les plus enllamrués , confondus plus tard , et formant alors une couche continue, dont l’épaisseur et la consistance varient. Cette couche adhère foibiement à la membrane qui l’a fournie j mais on remarque eu l’en détachant , que des sortes d’engi'enures , des inégalités réciproques, unissent l’une et l’autre : au-dessous d’elle , la séreuse est ordinairement rouge et pénétrée de vaisseaux. De la production de : ces fausses membranes, et de l’adhésion molle et couenneuse qui n’en est qu’une légère modification, puisqu’elle n’en diffère que par l’absence d’un lic(ulde propre à maintenir l’écartement des feuillets de la séreuse , dérivent tous les effets secondaires de r inflammation , tant aiguë que chronique, toutes les variétés d’épaississement , tous les modes j d’adhérence. La matière albumineuse ou couen- ; lieuse dès fausses membranes , qui s’épaissit , s’endurcit, s’organise, se pénètre de vaisseaux, donne i lieu à ces variétés , par la forme variable qu’elle ; affecte au moment où elle éprouve ces changemens : j nous ne reviendrons pas sur la manière dont ceux- j cl s’opèrent ; le développement des vaisseaux , qui , en est le point capital , a été examiné dans le sys- j tème capillaire. On concevra maintenant comment des granulations mlliaii’es , opaques , blanchâtres , , quelquefois plus étendues et tenant par un pédi- ^ cule étroit, recouvrent les membranes séreuses à la ' suite de leur inflammation , résultat évident de la concrétion de l’albumine à leur surface ; comment des plaques de la même nature se remarquent , j dans la même cù’constance , sur le péricardo, l’a- ,
ÂÜ SYSTÈME SÉREUXi
achnoïde, la tunique vaginale, etc.; commentées liverses momLranes , la plèvre, le péritoine, eu articulier, acquièrent souvent , dans l’inllammaion chronique , une épaisseur double ou triple de elle cruelles présentoient auparavant ; épaisseur ui n’est due qu’à la présence des fausses mem- ■ ranes organisées et intimement unies avec ces If lembranes , et qu’il faut bien distinguer de celle ui dépend d’un accroissement réel de nutrition ; ^^^liDminent naissent les adhérences celluleuses, fila- N lenteuses , celles dans lesquelles les deux feuillets . “ >nt entièrement confondus , les brides, etc. , suimt que la matière albumineuse est peu ou point dam%rai!lée , ou qu’au contraire cette matière a été V4aimise par les mouvemens de la partie à des dislisions fréquentes, suivant que l’inflammation a *"ij>aré plus ou moins long-temps et cjue l’organisaa été plus ou moins parfaite, etc. , etc.
' P Une cicatrice nait du système séreux divisé, quoi- ' , lia’ en eu ait douté pendant long-temps. Linéaire ml.L par suite Imperceptible quand les bords de la aie sont restés en^.contact , c’est une membrane [.lluleuse analogue au tissu qu’elle remplace , lors- ,ie ces bords n’ont pas été convenablement rap-
iochés : on pourra se convaincre de ce fait en aminant la plèvre d’un animal auquel on aura ivert cette membrane quelque temps auparavant, iissi , dans les hernies qui succèdent à d’anciennes aies pénétrantes de l’abdomen , le péritoine forme,
. it mme à l’ordinaire, un sac aux viscères déplacés, rqut P en c[u’on ait long-temps soutenu le contraire : seu- ' -lïnent ce sac est plus mince et semble entièrement
^44 ADD^ITIONS
forme par la cicatrice restée plus extensible que 1« tissu voisin.
Les séi’euses s’ossifient ( voj''. t. iv, p. 555); aucum n’est exempte de cette altération, qui se présente sous plusieurs formes. Ordinaii’ement ce sont de‘ plaques paroissant plutôt soulever la membram que lui appartenir en propre ; quelquefois cependant ces plaques sont presque à nu à l’intérieur dt celle-ci. La tunique vaginale, la plèvre, le péritoine renferment aussi, dans certains cas, des espèces de concrétions semblables à celles dont 1( système synovial est le siège, et sur lesquelles noir reviendrons.
M. Laennec a décrit, dans son traité de \ A cultatioii médiate, des tumeurs de la plèvre qu’ij rapporte au cancer cérébriforme : elles occupent 1 face interne de cette membrane , à laquelle ellei] adhèrent fortement ; leurs environs sont marquél par un peu de rougeur due au développement de| vaisseaux sanguins; elles sont ordinairement en p( tit nombre. On trouve assez souvent, dans les uL
|il|
cérations intestinales , particulièrement dans celh i qui surviennent chez les phthisiques, de petits tuij hercules miliaires qui font corps avec la séreuse a; niveau de ces ulcérations. Divers auteurs ont parll de squirrhes des membranes séreuses; mais ils or sans doute voulu désigner ainsi des épaississemeu résultat de l’inflammation, et non une véritahii dégénération.
§ III. Altérations dans le développement.
Les vices de conformation sont assez rares dans le système qui nous occupe. Le péritoine , la plèvre, le péricarde, au lieu de représenter un sac sans ouverture, sont quelquefois ouverts par devant, et manquent de feuillet extérieur dans une certaine étendue, de manière que leurs viscères sont à nu. L’arachnoïde aune organisation très-imparfaite dans les foetus anencéphales ; mais ce vioe n’est qu’une suite de celui qui existe alors dans le cerveau. Le péritoine a offert, dans des cas rares, une sorte d’ampoule ou de sac secondaire situé dans son intérieur, communiquant avec lui par une ouverture étroite, et contenant une partie des viscères ahdominaux.
Bicliat a le premier bien^ prouvé l’analogie qui existe entre les kystes qui se forment accidentellement dans nos parties et les membranes séreuses {Voj. \e Système cellulaire, l- p* io5, elle Système séreux, t. iv , p. 536. ) Il a réfuté l’opinion deLouls sur le mode d’origine de ces kystes , qu’il regarde comme préexistant toujours aux matières qu’ils contiennent. Cependant il faut établir ici une distinction : en effet, 1°. il y a des kystes bien réellement préexistans, comme tous ceux qu’on nomme meYïcém, athérômes , sléatomes ; mais ceux-là ne sont que des follicules sébacés prodigieusement dilatés, comme nous le verrons dans une autre occasion {voj\ le Système dermoide) : les kystes de l’ovaire sont peutêtre aussi dans ce cas , en ce qu’ils ne paroissent dus
qu’à un développement de ve'sicules pre'existantesj 2°. il en est de consécutifs évidemment, qui se forment autour de divers corps venus du dehors, di sang dans l’apoplexie, du pus dans les abcès chro niques; 5°. l’origine est obscure pour un graiu nombre , auxquels s’appliquent parfaitement le considérations présentées par Bichat.
D’un autre côté , quoiqu’on général ils appartiennent au système séreux, l’organisation des kyste! est loin d’être la même. Certains sont'mous et presque fluides, pour ainsi dire; il semble qu’ils soient le résultat d’une simple exsudation : on en trouve de cette espèce dans le cerveau. D’autres fois c’est une membrane peu différente du tissu cellulaire; clans c[uelques fcas , au contraire, c’est une vraie cavité séreuse, très-distincte de ce tissu, comme on le voit au cou, au cordon des vaisseaux spermatic[ues. Î1 en est dont la structure se rapproche de celle des membranes mucjueuses; d’auti^es ont une ressém- i blance grossière avec la peau. Ces kj^stessont d’ailleurs susceptibles de diverses transformations : ils ] deviennent fibreux, cartilagineux, osseux; les dé-’ générations cancéreuse et autres s’y rencontrent également.
Les substances contenues dans ces poches accl- j dentelles varient à l’infini. Des corps étrangers | solides, du sang, une sérosité limpide, une matière visfj[ueuse, gélatineuse, muc|ueuse, des fluides sé- ' reux joints à de l’albumine concresclble et non concrescible, des matières grasses fluides, ou à divers degrés de consistance, une substance pultacée, pierreuse ou crétacée , des concrétions plus ou moins
AU SYSTÈME SÉREUX. "ify]
dures, peuvent y être renfermes. Les auteurs se sont beaucoup occupés d’expliquer ces différences, qui s’observent souvent dans des kystes analogues pour la structure. Elles ont été attribuées en général à des causes purement mécaniques. C’est ainsi que Bostock, qui a examiné la matière de plusieurs kystes trouvés dans l’intérieur du bassin , après avoir loué Cullcn de rejeter ces explications, en propose lui-même une de ce genre, d’après laquelle, suivant l’état du cœur et les modifications qui en résultent dans son action , suivant celles qu’éprouve la chaleur animale ou la disposition des petits vaisseaux, il passeroit par ces derniers, tantôt de la sérosité du sang presque pure, tantôt cette sérosité, plus de l’albumine, soit à l’état fluide, soit à l’état concret, tantôt ces deux matières unies à des matières grasses sous diverses formes, toutes substanceâ qui existent en effet dans les kystes. 11 est évident que le mécanisme des exhalations nous est trop peu connu pour que ces explications puissent être exactes : les causes énoncées doivent sans doute concou- » rir à la production du phénomène, mais assurément ( elles ne le constituent pas à elles seules.
Les hydatides ressemblent aux kystes par leur ! structure apparente, bien que très-differentes par . , leur nature : cela est si vrai que les auteurs ne sont souvent pas d’accord sur ce qu’il faut appeler kyste et hjdatide. Voici po^'vrtant les principaux caractères à l’aide desquels on les distingue ; i°. les kystes tiennent aux parties environnantes par du tissu cellulaire et des vaisseaux; les hydatides sont, au contraire, parfaitement libres : il est vrai que , dans
certains cas , on trouve des kystes à peine adhérons; mais ces cas sont rares. 2°. Les parois du kyste ont toujours plus ou moins de consistance; Thydatide n’a que celle du blanc d’œuf cuit. 3“. Celle-ci offre souvent, dans un point quelconque de sa surface; comme de petits grains qu’on y aperçoit à l’œil nu ou armé d’une loupe, et qui semblent être lesrudimens d’autres hydatides : les kystes ne présentent jamais l’ien de semblable. Malgré ces différences, qui sont tranchantes , il y a des cas où il est difficile de décider à quel genre de production l’on a affaire : c’est ce qui a presque toujours lieu, par exemple, pour les vésicules du plexus choroïde, et plus encore pour les amas du même genre qui ont leur siège sur le placenta , et dont la nature est jusqu’à présent fort douteuse.
AU SYSTÈME SYNOVIAL.'
j ADDITIONS
AU i ^
il SYSTÈME SYNOVIAL.
i Des Membranes synoviales.
! Page 554* « D’après ces diverses considéra- I » tiens, on se convaincra facilement, je crois, que^ j » malgré l’adhérence de la synoviale sur divers
I) points, elle doit être envisagée comme une
: » véritable poche sans ouverture, par-tout conti- : n nue , et déployée sur tous les organes de l’articu- I » lation. »
I La réalité de cette disposition , déjà reconnue par j Nesbith, Bonn, Hunter, et dont quelques pert sonnes ont douté, est encore prouvée par les considérations suivantes.
1°. Dans l’inflammation de la synoviale, la rou- I geur, commençant sur la portion libre de cette j membrane , s’étend peu à peu du côté du cartilage,
! dont elle finit par gagner la surface, à-peu-près comme, dans l’ophthalmle, la conjonctive rougit ' graduellement sur le globe de l’œil, à mesure qu’elle ' se rapproche du centre de la cornée. Cette gradation
aSo
est facile à observer, sur les chiens , dans une articulation cp’on ouvre, et dont on laisse l’intérieur en contact avec l’air. La rougeur, dans cette expé- S rience, n’atteint jamais l’épaisseur du cartilage : elle est bornée à sa surface, et lui est, pour ainsi dire , étrangère.
2°. Il y a continuité de vaisseaux entre Tespèce de capsule que forme la membrane autour des surfaces osseuses , et la surface du cartilage, comme on le voit manifestement dans l’expérience précédente. La synoviale du genou, injectée de cette manière , présente , dans son ligament adipeux , des vaisseaux qui se prolongent immédiatement dans sa portion qui revêt le cartilage , aux deux extrémités de ce ligament.
5°. Si l’on divise un os perpendiculairement à son extrémité articulaire, en laissant Intact le cartilage de cette extrémité, et que, par l’écartement des deux moitiés de l’os , on produise ensuite la rupture du cartilage, les deux fragmens tiennent encore ^ par la synoviale qui passe de l’un à l’autre. Il en ! est de même cjiiand on entame obliquement la surface d’un cartilage , et qu’on soulève le lambeau j qu’on a formé, de manière à le rompre à sa base ; ce lambeau reste adhérent, au moyen de la synoviale que l’effort a épargnée.
Concluons de ces différens faits que les membranes synoviales, loin d’êti-e bornées au pourtour des articulations , se prolongent dans toute Fétendue des surfaces osseuses, sur les cartilages c{ui encroûtent ces surfaces, et constituent véritablement des sacs sans ouverture, en tout semblables à ceux de^
AU SYSTÈME SYNOVIAL. sSi
memîîranes séreuses , comme l’a très - bien vu Bichat.
Franges sjnoviales.
Page 55j. « Si une rougeur remarquable dîs- )) tingue quelquefois ces jDelotons (les prétendues )) glandes de Havers) d’avec le tissu cellulaire , )) c’est que les vaisseaux y sont plus concentrés et
)) plus rapprochés Cette rougeur de quelques
» prétendues glandes synoviales , seul caractère qui » les distingue , ne leur est donc, pour ainsi dire , » qu’accidentelle , n’indique pas plus leur nature )) glanduleuse qu’elle ne la prouve dans la ple- » mère, où elle dépend de la même cause. «
Ce qui est dit ici des paquets graisseux si improprement nommés glandes de Havers , il faïUü^ff'dire exactement des franges synoviales qui surmontent ces paquets, et dont la structure vasculaire ne prouve pas davantage qu’elles soient des conduits excréteurs. Ces franges , fort bien décrites et figu-
irées par Monro, sont des replis de la synoviale flottant dans l’articulation, et parfaitement I analogues, sous ce rapport, aux épiploons des [ membranes séreuses, aux appendices épiploïques ! de l’intestin. Ces replis sont sillonnés à leur sur- 1 face, ont leur bord libre découpé de diverses manières , comme on le voit très-bien en les faisant flotter dans l’eau, et ressemblent en quelque sorte à des franges ; de là le nom qui leur a été donné, et qui peut être conservé , quoiqu’il n’exprime nullement leur nature. Entre les deux lames de ces
replis, et dans ces lames elles-mêmes, existent im très-grand nombre de vaisseaux, artères, veines, exhalans , et sans doute aussi absorbans : aussi la synoviale est-elle bien plus rouge là que par-tout ailleurs. C’est à la pi'ésence de ces vaisseaux, des exhalans en particulier, qu’est dû le phénomène suivant , qui a pu en imposer à Havers : si on presse ces replis , on en fait suinter de la synovie , laquelle provient évidemment des orifices exhalans béans à leur surface, et non de conduits particuliers.
Toutes les synoviales ont de ces prolongemens , tant celles qui appartiennent aux tendons que celles destinées aux articulations , bien qu’ils soient plus marqués dans ces dernières que dans les premières : parmi celles-ci , celles en forme de vésicules en ont plus constamment que les vaginales. Les grandes articvîlations, comme celles du genou, de la hanche, renferment les plus considérables : dans les petites , ils ne sont souvent que des points rougeâtres , légèrement saillans. Ils sont, en général, situés près de l’endroit où la synoviale se réfléchit autour du cartilage articulaire , et correspondent ordinairement au tissu adipeux des paquets synoviaux, en partie contenu dans leur épaisseur : ceux des synoviales t- ndineuses ont souvent entre leurs lames , au lieu de ce tissu, des corps mollasses et comme gélatineux, les paquets graisseux analogues aux articulaires dits glandes de Havers manquant dans plusieurs de ces membranes.
Les franges synoviales, en raison du grand nombre de vaisseaux qu’ elles contiennent, sont le siège spécial de la sécrétion de la synovie. Cette sécré-
AU SYSTÈME SYNOVIAL.' ^55
tion est persplratoire , et manifestement du genre des exhalations : seulement elle a lieu là plus que dans tout autre point de la membrane, parce que les exlialans y sont plus abondans.
Ainsi, 1°. des vaisseaux sanguins entourés d’un tissu cellulaire et adipeux plus ou moins abondant ; 2°. des replis qui les embrassent et dans lesquels ils se terminent particulièrement; replis plus ou moins nombreux, plus ou moins étendus, et dont la surface verse en abondance la synovie ; voilà l’idée qu’il faut avoir des franges et paquets synoviaux.
Le système muqueux présente quelque chose d’analogue aux franges des membranes synoviales dans les replis qui existent au-dessous de la langue, sur ■les côtés du frein de cet organe : ces replis sont <de véritables franges sécrétoires , destinées à augmenter l’étendue du système exhalant, in
Parallèle entre les membranes synoviales et les séreuses proprement dites.
Page 55j. « Quoique très - analogue aux sur- )) faces séreuses, la synoviale doit présenter ce- « pendant des différences de tissu, puisque le
J) fluide quelle exhale est un peu différent Son
» tissù n’a point la souplesse du leur... Il résiste » plus à la macération , etc. »
Les synoviales pourroient, à juste titre, être nommées les séreuses des articulations et des tendons : néanmoins la différence des parties qu’elles
Ai>t>ltiONS
revêtent fait qu’elles ont des caractères propres. Là plupart de ces caractères ont été exposés : en voici encore quelt|ues-uns.-
Les membranes synoviàles reçoivent moins de vais'^ seaux, sanguins et autres, que les séreuses. Celles-ci paroissent , pourainsi dire, entièrement formées de vaisseaux dans rinflammation , à la suite des injections fines, etc. : les synoviales en contiennent beaucoup moins dans les mêmes circonstances. Comparez la teinte foncée des membranes séreuses dans l’aspbyxie à celle beaucoup moins marquée des membranes synoviales dans le même cas, et vous ! se ez frappé de cette différence. Les lymphatiques j sont en Immense c[uantlté dans les membranes sé- [ reuses, comme le montrent les injections : on ne j les admet cjue par analogie , et seulement à cause j de leurs fonctions, dans les synoviales.
La macération fait voir dans celles-ci deS lames j et des fibres distinctes : les membi n.es séreuses en ont également; mais les leurs sont bien moins ap- ' parentes.
Les membranes synoviales, surtout celles des | articulations. Sont moins extensibles, et semblent ij se déchirer plus tôt que les séreuses ; du moins les j ruptures y sont-elles plus fréquentes que dans ces ' dernières. Cette différence tient peut-être uniquement, ou au moins en grande partie, à ce que les connexions de ces membi’anes ne sont pas les me- | mes, non plus cjue les causes qui les distendent : j
les unes , fixées à des os , et fortement tiraillées par ces organes , doivent céder et se rompre , comme il arrive dans les luxations; les autres, en rapport
AU SYSTÈME SYiS'OYIAL.
lavée des parties molles et susceptibles de prêter elles-mêmes, sont simplement allongées , ainsi qu’on le voit dans les hernies*
Existence , Formes , Organisatioji , etc. ^ du Système synovial des tendons.
Page 568. « Il ’y a plusieurs synoviales dont » l’existence est variable : telle est , par exemple , » celle du grand fessier, à la place de laquelle an » ne trouve souvent qu’un amas cellulaire. »
Sous ce rapport, savoir, cjue certaines parties de ce système manquent quelquefois et sont alors remplacées par du tissu cellulaire , le système synovial des tendons se confond, plus peut-être que le séreux et le synovial articulaire, avec le cellulaire. Mais, en outre, ce dernier se rappr-oclie en beaucoup d’endroits , par sa disposition , des bourses muqueuses ou membranes synoAÛales des tendons. Par-tout oh se passent de grands mouvemens , le tissu cellulaire est lâche, lamelleux, abreuvé de fluides ; ses lames sont séparées par de larges intervalles , imitant plus ou moins exactement la cavité des membranes séreuses ou synoviales, de sorte qu’on peut dire réellement que ces membranes existent en rudiment par-tout oh ces sortes de m.ouvemens s’opèrent. C’est ce qu’on voit à la cuisse, entre le tendon du droit antérieur et celui du triceps, entre le biceps et le brachial antérieur au bras, etc. Il y a même une soi’te de gradation suivant la mobilité des parties, dans cette disposition du tissu cellulaire : les téguraens du dos de la
ADDITIOKS
main , ceux qui recouvrent la face antérieure de la rotule, l’apopkyse olécrâne, l’acromion, ont au-dessous d’eux, à cause de leurs glissemens fréquens, un tissu cellulaire qui ressemble déjà à celui que l’on trouve autour des tendons, quelquefois même de véritables bourses muqueuses. Enfin là où les frottemens sont très-marqués, comme entre les tendons et les os, celles-ci sont à-peu-près constantes. On les trouve même presque constamment, à un degré de développement plus ou moins grand, entre la peau et les os, dans les endroits où ces parties ontdesmouvemens fréquens, comme au coude, au genou, en sorte qu’il y a le plus souvent des bourses muqueuses sous-cutanées, comme il y en a de tendineuses.
Il est une circonstance qui peut encore influer sur l’existence et le nombre des synoviales tendine,uses ; c’est que certaines sont tantôt isolées , tantôt confondues entre elles , comme on le voit pour celles qui tapissent les gaines des tendons, suivant que ces gaines sont elles-mêmes séparées ou confondues.
Pour bien observer ces membranes quand elles existent, on soulève le tendon au-dessous duquel elles se rencontrent , on les ouvre dans une trèspetite étendue , et on pousse par cette ouverture de l’air ou la matière de l’injection ; elles se distendent et deviennent alors très-apparentes, et distinctes du tissu cellulaire environnant : ou bien on se contente de les ouvrir avec précaution ; l’humide et le poli de leur surface servent à les dis-
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Les synoviales tendineuses présentent quelques différences dans leurs formes, outre la division générale en vésiculaires et vaginales indiquée plu.5 haut. Leur cavité , au lieu d’étre simple , est souvent multiloculaire , divisée par des prolongemens qui se détachent de leur intérieur : ces projongernens sont mous ordinairement, mais fibi'eux dans certains cas. Les bourses muqueuses vaginales ont une de leurs extrémités divisée en manière de digitations , lorsque plusieurs tendons , réunis d’abord dans une gaine unique, se séparent ensuite , etc.
Ces membranes ont, comme nous l’avons dit, des franges et même quelquefois des paquets synoviaux à leur intérieur. Fourcroy et Koch y ont vu des villosités. Les synoviales vésiculaires sont d’un tissu plus dense, plus serré que les vaginales, et comme libreuses dans quelques points.
Leur fluide est jaunâtre, quelquefois rougeâtre f mais alors cette teinte est accidentelle , et le plus souvent un résultat de la transsudation qui a lieu après la mort. 11 paroit plus ténu dans les synoviales de peu d’étendue , et qui n’éprouvent pas de frottemens considérables, plus épais, plus visqueux dans les autres , dans celle qui recouvre ^ le grand trochanter, par exemple, et dont les mouvemens sont très-marqués. Ce fluide n’a pas été analysé ; il paroît formé d’eau, d’albumine , “ de soude , et peut-être de quelques sels; il est miscible à l’eau en toute proportion ; la chaleur et les acides le coagulent; il verdit le sirop de violette ; desséché, il se transforme en une espèce de
lame cornée , très-mince , qui brûle comme du blanc d’œuf également desséché.
Les bourses muqueuses sont très-extensibles , comme on le voit lorsqu’on les insuffle ; leur hydropisie en fournit également la preuve. Elles re-^ viennent sur elles-mêmes cjuand elles cessent d’être distendues.
Anatomie pathologique du Système synovial ( p. 568).
§ 1®^ Altérations dans les formes extérieures»
La distension des synoviales articulaires par un amas de synovie constitue Xhydarthrose , aÜéction peu commune et qu’on observe surtout au genou , C[ui , en général , offre les' exemples les plus fréquens de toutes les maladies des articulations. La quantité de fluide accumulée varie , de même que la nature de ce fluide : celle-ci est subordonnée aux diverses complications cjui peuvent exister , comme à l’inflammation en particulier. La distension est ordinairement plus marcjuée dans un ou plusieurs points, là où la synoviale est le moins soutenue par les parties environnantes.
Dans les bourses muqueuses , l’hydropisle prend le nom à' hy^roma quand son fluide est séi’eux, incolore , limpide , et celui de ganglion quand c’est une matière rougeâtre, épaisse, visqueuse, et plus ou moins semblable à de la gelée de groseilles.
AU SYSTÈME SYSOYIAL.
î/un et l’autre n’ont pas toujours leur siège dans les boiu’ses muqueuses natur-eiles ; ils sont quelquefois des tumeurs accidentelles, des espèces de kystes. C’est ainsi c|ue les ganglions se forment sur le dos de la main, quoiqu’il n’y ait pas de bourses muqueuses en cet endroit, L’hygroma est fréquent au-devant de la rotule , à l’épaule , au coude , endroits où le tissu cellulaire a tant de rapport avec les synoviales ; il survient surtout chez les person- ■ nés qui ont ces parties soumises à une pression habituelle.
L’ankylose présente , comme on sait , plusieurs A'arlétés. Dans celle qu’on appelle jaw-se , et qui devroit faire une maladie à part , toutes les parties qui entrent dans la composition des articulations sont épaissies. Mais l’anhylose proprement dite affecte spécialement la membrane synoviale. Tantôt des brides d’une étendue et d’une consistance variables traversent l’articulation et unissent tes deux feuillets opposés de cette membrane revêtant les surfaces articulaires ; une sorte d’amphiarthrose existe a,lors ; une articulation peu mobile et à surfaces continues remplace celle très-mobile et à surfaces contiguës qui existoit auparavant : c’est à cette première variété qu’on pourroit donner le nom de fausse ankylosé , si l’on Amuloit consei’ver cette distinction. Tantôt l’adhérence est intimé entre les deux surfaces , la synoviale disparoît ou se change en tissu cellulaire , les os se soudent et finissent même par se dépouiller de la lame de substance compacte qui recouvre leur extrémité ; c’est là l’ankylose vi’aie. Ces deux genres
d’aclîiërences supposent ici , comme dans les sys-^ tèraes prëcédens , une inlîammation anterieure.
§ II. Altérations dans l’organisation.
Outre ces adhérences , l’inflammation des membranes synoviales y produit quelquefois l’ulcération , quoique cela soit assez rare : M. Brodie en rapporte deux exemples. Dans d’autres cas , cette inlîammation se termine par résolution , et il en résulte seulement un peu de roideur et de gène dans les mouvemens , dues à l’épaississement de& parties. Elle peut encore être suivie de suppuration et d’épanchemens de diverse nature , quoique ces épanchemens s’observent moins souvent que dans le système séreux.
Les synoviales tendineuses offrent dans leur inflammation , heureusement assez rare , les deux modes d’adhérence dont il a été question, savoir, des brides et des adhérences proprement dites. Elles suppurent aussi d’autres fois , et alors le plus souvent leurs tendons s’exfolient.
Les corps étrangers des articulations, que les uns ont pris pour des concrétions formées clans leur intérieur , cpie d’autres regardent comme des portions d’os ou de cartilage rompues et détachées , sont toujours situés, dans le principe, en dehors de la synoviale. Ce sont des productions osseuses ou cartilagineuses déposées d’abord dans le tissu cellulaire, poussées ensuite peu à peu , soit dans les divers mouvemens, soit par toute autre cause, dans la cavité de cette membrane, dont ils s’enve-
AU SYSTÈME SYNOVIAL. 261
loppent, et qu’ils allongent prodigieusement à mesure qu’ils s’en éloignent; elle finit par ne plus leur former qu’une sorte de pédicule qui s’amincit à la longue, et se rompt enfin : quand cette rupture a eu lieu , le corps est libre dans la cavité articulaire. L’état qu’il présente alors varie ; sa consistance est quelquefois très -molle et comme albumineuse, d’autres fois cartilagineuse ou osseuse : dans certains cas le même corps offre ces différens états. Le séjour prolongé de ces corps et la pression qu’ils exercent déterminent souvent sur le cartilage articulaire des espèces d’empreintes ou de cavités dans lesquelles ils se logent : ces empreintes ont pu faire croire à une perte de substance du cartilage, dont un morceau séparé auroit donné naissance au corps étranger; mais on ne conçoit aucune cause capable de produire une semblable séparation, et d’ailleurs, l’inspection ne confirme nullement cette idée.
Des corps d’une autre nature se développent dans les bourses muqueuses , et quelquefois aussi dans les synoviales articulaires. Ils sont ordinairement extrêmement nombreux, du volume d’un gros pépin, aplatis en divers sens, d’une couleur blanchâtre. On les a* crus animés, mais ils paraissent inorganiques; leur origine est peu connue. Monro a encore trouvé dans les bourses muqueuses de petits corps d’une nature particulière. Le même auteur dit y avoir rencontré des plaques cartilagineuses.
Dans les tumeurs blanches , mot impropre par lequel on confond divei’ses dégénérations et l’inflaramatlon chronique de la membrane synoviale , celle-ci devient souvent le siège d’une dégénération
particulière; son tissu est épaissi , grisâtre, larclacéy homogène , surmonté de fongus ou champignons mollasses, dont la présence au-dessous des tégumens peut en Imposer poui un abcès , à cause d’une sorte de Iluctuatlon obscure c[u’on croit y sentir.
'§ ni. Aller niions dans le déi^eloppement.
Les membranes analogues aux synoviales qui se rencontrent dans les articulations supplémentaires, à la suite des luxations non réduites, sont en partie formées parles débris de l’ancienne rompue, et en partie par la production réelle d’un nouveaiu tissu. Les fractures non réunies ont quelquefois une capsule cpi semble également appartenir au système synovial, en ce qu’elle contient un fluide séreux, comme nous l’avons dit ailleurs.
Les kystes synoviaux dont il a été fait mention au commencement de cet article sont des bourses muqueuses accidentelles.
L’absence de quelques synoviales tendineuses , dans certaines circonstances , est le seul vice de conformation propre à ce système.
AU SYSTÈME GLAHDULEUX.
AU