Des abcès du poumon dans la pneumonie
(Leçon clinique ifaite en 1868 à i'hôpital Necker, et publiée par G. Bouchard dans la Gazette des hôpitaux, les 4 et H août de la même année).
Mes recherches à ce sujet viennent confirmer la possibilité du diagnostic de ces abcès, énoncée par Trousseau, et établir les conditions pathologiques dans lesquelles cette complication rare de la pneumonie peut avoir lieu.
38. Dictionnaire de diagnostic médical. Seconde édition, présentant l’exposé des travaux les plus récents.
texte;''l810).
Cet ouvrage, qui me semble combler une lacune importante dans Tétude pratique du diagnostic, a été l'objet d’un remaniement considé-
Dans ces différentes modifications, j’ai tenu compte des progrès scientifiques qui ont influé, dans les dernières années, sur la médecine pratique, en modifiant l’interprétation ancienne de certains faits cliniques et de certaines lésions, au point de vue de la pathogénie.
39. Traité clinique des maladies aigues des organes res|uratoircs.
1“ L’étude clinique de VIcyperémie pulmonaire simple, et de celle qui s’observe dans les autres maladies en général;
U. bronchite;
S° Enfin, j’ai réuni sous la dénomination de mafa&smixtes ou Aj/in&s, toutes celles qui, ne se rapportant pas exactement à l’un des types précédents (hyperémie, bronchite, pneumonie, pleurésie), empruntent leurs caractères et leurs lésions à plusieurs d’entre elles, tout en conservant une physionomie propre qui doit les faire décrire à part. Ce sont :
A. Les hémo-bronchites; B. les hémo-pneumonies; C. les broncho-pneumonies; D. lespneumo-pleurésies-
GH.4P. I. — Gonsestion pulmonaire simple. — Parmi les faits nouveaux consignés dans cet ouvrage, je place en première ligne celte description de la congestion pulmonaire simple, qui s’est révélée à moi dans le cours (le mes recherches sur l’emploi de la mensuration de la poitrine.
inflammatoire de ces conduits, qu’à l’hyperémie des poumons, qui aggrave surtout la dyspnée, jusqu’à la cyanose et l’asphyxie, en constituant une forme de la maladie appelée bronchite capillaire suffocante.
GHAP. 111. — Pneumonie. — La pneumonie aiguë franche a une première période dite et engouement, que je démontre n’être qu’une période d’hyperémie, avec des caractères parfaitement reconnaissables.
Le rôle que joue l’hyperémie pulmonaire comme jihénomène concomitant de la pneumonie était inconnu. J’ai trouvé cette hyperémie constante, reconnaissable à ses signes physiques, non-seulement au niveau des points du poumon hépatisé qui sont exempts d’hépatisation, mais encore dans le poumon du côté opposé. Les signes de cette hyperémie disparaissent avec l’hépatisation elle-même.
Comme dans la bronchite, la gravité des symptômes qui se remarque ici quelquefois, même quand la pneumonie est limitée, dépend de la congestion pulmonaire concomitante, qui diminue le champ de l’hématose.
Ces données pratiques, qui découlent de la connaissance précise de l’hyperémie pulmonaire, ma. paraissent jeter un jour nouveau sur les signes, l'évolution et le traitement de la pneumonie.
CHAP. IV. — Pleurésie. — Dans ce quatrième chapitre, je traite de la pleurésie. Cette étude est une monographie clinique plus complète que toutes celles publiées jusqu’ici.-Je ne rappellerai pas toutes les particularités qui y sont décrites pour la première fois à propos des signes physiques, du diagnostic, des formes de la maladie. Je veux seulement mettre en relief les services que rend au praticien la mensuration de la poitrine, soit pour faire exaclementsuivrel'évolution croissante, stationnaire ou dé croissante de la pleurésie, soit pour se prononcer sur le pronostic, et pour formuler le traitement médical ou chirurgical.
11 ressort de l’étude des faits de pleurésie avec épanchement que ceux dans lesquels la percussion et l’auscultation révèlent exactement la marche croissante ou décroissante de la maladie sont très-rares. On ne niera pas qu’il en soit ainsi au moins quand l’épanchement est généralisé d’un côté du thorax.11 est impossible alors de s’assurer, à l’aide de ces deux précieux moyens d’exploration, si l’épanchement augmente ou diminue. Or, la
nombre dans mon livre. Je les ai imaginés pour faire suivre avec une grande facilité la marche de la pleurésie, jour par jour si on le désire. J’appelle l'attention sur leur importance; ils constituent un des points que je puis dire intéressants de mon travail, ils montrent, par la direction du tracé : les progrès {ligne ascendante), l’état stationnaire {ligne à direction horizontale), et la résolution (ligne descendatue) de l’épanchement pleurétique. Ces tableaux, comme le montre la figure précédente, parlent aux yeux; leur tracé est d’ailleurs d’une facilité extrême.
Grâce à l’emploi de la mensuration ainsi utilisée, j’ai pu démontrer ;
1° Qu’il n’y a plus de pleurésie à marche latente ;
2° Que le pronostic défavorable est subordonné à la marche croissante insolite de l'épanchement, et le pronostic favorable à la marche décroissante de cet épanchement révélée par la mensuration;
3“ Que l’épanchement pleurétique a une marche croissante naturelle jusqu’au 20* ou 23' jour au plus et que, s’il croit passé ce terme, il fait des progrès insolites qui nécessitent l’intervention chirurgicale;
4“ Que ces données de la mensuration fournissent les indications les plus sûres pour pratiquer en particulier la thoracentèse, non celle de nécessité qui s’impose d’elle-même, mais la thoracentèse inopportunité qui est adoptée dans la pratique.
En se guidant ainsi d’après les résultats de la mensuration, on ne s’expose plus à faire des thoracentèses inutiles ou hâtives, ou bien à ne pas opérer quand c’est opportun.
CHAP. Y. Maladies aigues mixtes ou hybrides. — J’ai rangé dans cette dernière division (celle des maladies aiguës spontanées) les affections qui n’offrent pas, comme l’hyperémie simple, la bronchite, la pneumonie franche, la pleurésie, un ensemble tranché de phénomènes ou de caractères qui en font de véritables types morbides. Elles se rattachent à l’un ou à l’autre de ces types; et si l’on ne connaissait pas l’hyperémie, on serait privé d’une des principales données qui peuvent éclairer les questions
obscures que présente l'étude de ces maladies hybrides. Ce qui le démontre, c’est la confusion dans laquelle on s’est trouvé en adoptant des pneumonies catarrhales fausses, bâtardes, et des bronchites si variées, que Laënnec lui-même trouvait leur description extrêmement difficile.
L’étude faite de l’hyperémie me paraît aider beaucoup à la compréhension de ces faits complexes. Elle a montré :
1" Qu’il y a des congestions pulmonaires légères ou graves, dans lesquelles il existe une congestion prédominante et une bronchite qui n’est qu’accessoire.
De là, les hémo-bronchites bénignes et les hémo-brmichites graves, qui comprennent le catarrhe pulmonaire suffocant {lorsqu’il n’est pas une simple hyperémie), dans lequel la congestion pulmonaire exagérée est la lésion fondamentale.
2“ Qu’il y a, en second lieu, des hyperémies dans lesquelles la congestion est à peu près tout encore, et la pneumonie simplement révélée, soit par de simples crachats caractéristiques, soit en même temps par des signes stéthoscopiques (souffle, râle crépitant) très-circonscrits, l’ensemhle des phénomènes caractérisant plutôt la congestion que la pneumonie.
3” Qu’il y a des broncho-pneumonies légères, avec bronchite dominante et pneumonie très-bénigne ; tandis que, dans d’autres, ces deux éléments sont intimement confondus en apparence. La concomitance constante de la congestion pulmonaire rend cette confusion encore plus complète.
4” Enfin, j’ai fait une division à psal&espneumo-pleurésies, qui sont différentes de ce que l’on a décrit souvent sous la dénomination de pleuropneumonies. Dans les pleuro-pneumonies, en effet, il y a concomitance des deux affections pleurésie et pneumonie ; tandis que, dans les pneumopleurésies, il y a d’abord une pneumonie, puis une pleurésie qui se développe graduellement après la résolution de la pneumonie, et qui est par cela même fort insidieuse. Ces pneumo-pleurésies sont cependant d’autant plus utiles à bien connaître, que l’épanchement est alors presque
toujours purulent, et menace par conséquent la vie des malades si le pus n’a pas une issue continue au dehors.
On voit que ce qui caractérise l’ensemble des maladies aiguës spontanées des organes respiratoires, c’est d’abord : l’enchaînement possible de leurs expressions diverses, qui peuvent rester isolées, typiques, ou se combiner entre elles; et ensuite la netteté de leurs caractères, lorsqu’on fait prendre à l’byperémie le rang important qui lui convient.
Dans la Seconde partie, consacrée aux maladies aiguës accidentelles, il me reste à signaler en quelques mots les particularités pratiques et scientifiques nouvelles qu’elle présente.
Je montre, dans le premier chapitre, que la congestion pulmonaire constitue une complication aiguë de l’emphysème pulmonaire au ,même titre que la bronchite aigue, avec laquelle elle était précédemment confondue.
h’apoplexie du poumon, les. obstructions de tartere pulmonaire, les infarctus du poumon, sa gangrène, les corps étrangers dans les bronches, et les perforations pulmonaires, forment autant de chapitres qui contiennent aussi des particularités nouvelles.