POUR SOLLICITER UN LOGEMENT AU LOUVRE
Monsieur,
J'ai pensé que vous faire remettre le mémoire que vous m'avés permis de vous présenter par des artistes célèbres, ne pouroit qu'ajouter à l'intérêt que vous avés bien voulu me témoigner. Permettés-moi, Monsieur, de vous observer que les mêmes motifs qui m'ont fait regretter, en 1785, que le Roy m'aye donné une pension au lieu du logement que Je soliicitois, me feroit également craindre qu'il ne m'accorda la certitude de la conservation de cette pension, au lieu du logement que je sollicite. Je ne demande cet aveu que par le désir de cultiver mon talent ; c'est un logement oii il y a un atelier propre à un peintre de portrait, qui peut m'en faciliter les moyens, et, sans l'amour de mon art, je saurois me contenter à la campagne de la très-modique fortune à laquelle je suis réduite.
S'il étoit possible que la petite pension que j'ai ne me soit pas supprimé, j'espère. Monsieur, que vous ne regreteriés pas d'avoir contribué à me faire obtenir une double faveur, accordé à plusieurs de mes confrères et qui me seroit aussi utile dans ces circonstances.
Je suis, avec respect. Monsieur, votre très-humble et très-obéissante servante.
Fnio fiUIARD.
Ce 4 juillet 1792 i.
NOTE JOINTE A LA l,ETTRE CI-DESSUS
Mme Guiard, de l'Académie royale de Peinture, a déjà sollicité des bontés du Roi un atelier au Louvre, pour y cultiver son art, avec toutes les commodités qu'exige le talent. En 1791, elle a été demandée en Angleterre, mais flattée alors de l'espoir de' faire le portrait de Sa Majesté, elle a rejette les propositions étrangères qui luiétoient faites et, depuis, sans aucune espèce d'occupations, sa fortune a éprouvé une diminution considérable, en sorte qu'elle s'est vue forcée de vivre la plus grande partie du temps à la campagne, dans l'impossibilité de se soutenir à Paris.
Déterminée à y rester, par le désir impérieux pour une artiste d'ajouter à sa réputation, déjà soutenue par les portraits qu'elle a fait dans la famille royale, l'accroisement qu'y apportera le portrait de S. M., et voyant ce bonheur retardé, elle prend la liberté d'insister de nouveau pour obtenir le logement aux galleries du Louvre, qui est vacant par la mort de M. Caffiery.
Cette grâce serait un dédommagement des pertes que les circonstances actuelles lui ont fait éprouver ; et elle lui sera d'autant plus précieuse qu'elle la mettra à même, en cultivant son art, d'accroître son talent par lequel, seul, elle peut mériter les boutés dont Sa Majesté l'a honorée.
1. Archives Nationales, Oi 1924. Pièce coniuninir|ucc par M. Marc Furcy-Raynaud.
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MAINLEVEE DE L'OPPOSITION DE M"»; GUIARD
SUR LES REVENUS DU PRINCE ROGER DE BAUFEREMONT-LISTENuIS '
Aujourd'iiuy, devant les notaires à Paiis soussignés, fut présente Adélaïde Labille, femme séparée quant aux biens du sieur Nicolas Guiard, peintre de l'Académie royale, demeurant à Paris, rue Richelieu, — laquelle a par ces présentes donné main-levée pure et simple de toutes oppositions, saisies-arrêts et autres empêchements quelconques formés à sa requête sur M. Charles-Roger de Haufîremont-Listenois, à tous bureaux des hypothèques et es rnains de tous fermiers, locataires, séquestre et débiteurs du dit sieur Rauffremont-Listenois, consentant que le tout soit regardé comme nul et non avenu... et en rayant par les conservateurs des hypothèques les dites oppositions, ils en soient bien valablement quittes et déchargés. — Dont acte fait et passé à Paris, dans la demeure de ladite dame comparante, le 3 juillet 1792, l'an quatrième de la Liberté.
Signé : Labille, Gi.nard, Perig.non, ces deux derniers notaires.