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SYMPTOMES FONCTIONNELS

Un fait qui domine les troubles fonctionnels des adénopathies, c’est l’absence de douleur en dehors des poussées aiguës et la rareté des phénomènes de compression. Cependant citons à titre exceptionnel :

V A la région cervicale. — a) Les troubles laryngés, graves par la compression qu’exercent sur le nerf récurrent les petits ganglions développés dans le sillon trachéo-œsophagien (Gouguenheim) ;

b) La paralysie faciale survenant par compression au cours d’une adénopathie parotidienne (Dodin).

2° A la région axillaire. — Le symptôme fonctionnel qui domine est la gêne des mouvements, car la compression des vaisseaux avec œdème consécutif si fréquente dans les dégénérescences eancéreuses est ici presque inconnue. Les ganglions suppurent au fur et à mesure avant d’avoir acquis le volume nécessaire pour produire une gêne sérieuse de la circulation en retour.

3° A la région iliaque. — La douleur est variable et s’accompagne souvent, quand elle existe, d’irradiation sur le trajet du crural et du sciatique, diminuant par la flexion de la cuisse. Quand le malade marche, il le fait un peu à la façon des coxalgiques, et cette attitude a pu même faire errer le diagnostic, comme nous le verrons.

Comme troubles de voisinage, on a signalé l’œdème

des membres inférieurs et des troubles digestifs un peu analogues à ceux de la pérityphlite.

Quand les ganglions remontent jusqu’à la région lombaire, ils peuvent, par la compression des nerfs lombaires, donner à des crises névralgiques non seulement lieu daus les membres inférieurs, mais encore dans les reins (Peters).

A la région rétro-pharyngienne. — Il n’est pas nécessaire d’insister sur la gêne de la déglutition, la sensation de corps étranger, la roideur du cou et même dans certains cas les troubles de la voix, qui devient nasillarde et sourde.

Abandonnées à elles-mêmes les adénopathies peuvent ainsi durer pendant des années avec des alternatives de mieux et de moins bien sans tendance à guérir naturellement. Mais il faut cependant établir des distinctions :

Dans l’enfance, on observe souvent des adénites isolées ou multiples qui n’arrivent jamais à la suppuration, restent pendant des années volumineuses et dures, puis se mettent à rétrograder lentement plus tard, à l’époque de la puberté ou sous l’influence d’un changement favorable de milieu. Même quand elles ont suppuré ces adénopathies sont susceptibles de guérisons spontanées ; elles ne doivent même pasêtre très rares, si on en juge par le nombre considérable des adultes qui portent des cicatrices non discutables d’écrouelles guéries.

Il n’est pas jusqu’aux masses ganglionnaires fistuleuses qui ne puissent se vider, puis se rétracter, ne

laissant à leur place qu’un noyau induré plus ou moins volumineux.

Ces guérisons se voient quand intervient le traitement rationnel général ; relativement faciles à obtenir, elles sont en faveur de l’expectation chirurgicale armée. Tout au moins, avant d’opérer, doit-on attendre plusieurs mois et n’agir que si les modifications apportées dans le modus vivendi de l’enfant paraissent sans influence.

C’est dans la première enfance que Legroux, Grancher et après eux Pascal ont étudié sous le nom de micro-polyadénopathie ou d’adénopathies généralisées périphériques une forme très intéressante de dégénérescence des ganglions dont Mirinescu a bien établi la nature tuberculeuse.

Ces adénopathies ont pour caractère d’être généralisées à presque tous les ganglions périphériques, au cou, à l’aine, à l’aisselle. La peau est intacte et les ganglions n’ont point un volume considérable, ils roulent sous la peau comme de petits grains de plomb, sans adhérences superficielles ou profondes, sans manifestations inflammatoires, durs, indolents, sans tuberculisation viscérale.

Dans ces cas, le bacille a envahi tout le système lymphatique, mais borne là, au moins pendant quelque temps, son envahissement.

Il a existé sans doute une porte d’entrée, mais on n’en trouve plus traces, si bien que les adénopathies ainsi constituées n’en restent pas moins une maladie très'spéciale comme figure clinique bien différente des adénopathies similaires décrites par Parrot et Hervouêt.

marche, durée, terminaisons. 89

Ces adénopathies multiples s’accompagnent d’une cachexie progressive qui ressemble tellement à celle de l’athrepsie qu’on pourrait se reporter à la description magistrale qu’a donnée Parrot de cette maladie, s’il existait des troubles digestifs, mais ils manquent complètement. Cette cachexie aboutit au bout de trois ou quatre mois à la mort par aggravation de l’état cachectique, par une localisation viscérale secondaire, par une méningite ou par des accidents méningés de coma, ou bien encore par des convulsions ne répondant pas tout à fait à l’allure de la méningite ordinaire.

Nous reviendrons sur le pronostic de ces adénopathies généralisées qui n’est heureusement pas toujours aussi grave.

Dans l’adolescence,c’est-à-dire après treize ou quatorze ans, les guérisons spontanées, surtout s’il y a suppuration, sont beaucoup moins faciles ; après vingt ans, l’intervention chirurgicale, quand elle est possible, devient presque indispensable, et si les injections modificatrices ne donnent pas de résultats, l’ablation devient la dernière ressource. C’est à cette période de la vie qu’on assiste par l’abstention systématique à des généralisations ou à l’apparition d’autres tuberculoses locales qui viennent dominer la scène et peuvent emporter le malade.

Chez les adultes et chez les vieillards, les adénopathies tuberculeuses ne sont pas rares, contrairement à ce qu’on a cru pendant longtemps ; elles offrent à cet âge, chez les vieillards particulièrement, leur maximum d’indolence et surtout ne manifestent aucune tendance vers la guérison. Elles sont le signe d’une profonde déchéance de l’organisme et ne sont

adénopathies tubercdleuses.

souvent que la manifestation secondaire d’une cachexie grave, de la tuberculose pulmonaire, d’une profonde misère physiologique, de l’impaludisme chronique, du diabète, etc.

Le mode qu’emploie la nature pour arriver à la guérison des adénopathies tuberculeuses est le même que pour la tuberculose pulmonaire; c’est l’enkystement, l’étouffement des éléments tuberculeux par le tissu fibreux qui les enserre de tous côtés. Si nous admettons l’extrême fréquence de la tuberculose ganglionnaire chez les enfants, la sclérose doit être un mode très fréquent de guérison. Quand les ganglions ne sont point encore arrivés à la fonte, le tissu fibreux se substitue peu à peu aux éléments normaux et arrête l’extension bacillaire. Quand il y a eu fonte tuberculeuse, le tissu fibreux forme autour du ganglion dégénéré une capsule isolante remplie de caséum plus ou moins liquide. C’est également par ce mode que se cicatrisent les ganglions et le tissu périadénique envahi après l’évacuation par abcès du contenu tuberculeux.

La calcification est une terminaison plus rare; nous disons rare en ce qui concerne les ganglions externes; nous n’en avons jamais vu et on en trouve peu d’exemples dans la littérature médicale. Quand elle existe, elle est incomplète, n’atteint que la périphérie des ganglions et coexiste avec des lésions caséuses ou même purulentes. Le fait de Dubar* où un ganglion parotidien accompagné d’autres ganglions tuberculeux cervicaux avait subi une dégénérescence

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